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Les applications d’e-taxi, un racket des temps modernes !
26/05/2023 | 14:08
7 min
Les applications d’e-taxi, un racket des temps modernes !

 

La problématique du transport est très compliquée en Tunisie. Souvent, des citoyens se retrouvent rackettés par des applications e-taxi illégales et aux tarifications exorbitantes. Sans d'autres choix, ils font face à une hausse de la tarification souvent injustifiée.

 

 

 

La Tunisie n’a pas su développer un transport public qui répond à ses besoins. La situation a empiré après la révolution, les sociétés de transport étant incapables de faire face à leurs obligations tout en maintenant leurs investissements dans l’acquisition et le renouvellement de leur flotte, surtout que ces sociétés n’arrivaient pas à augmenter leurs tarifications et que le nombre de resquilleurs a exponentiellement augmenté, outre le retard dans la mise en exploitation de plusieurs projets d’envergure comme le réseau ferroviaire rapide (RFR).

Résultat des courses, aujourd’hui, certaines lignes bénéficient de quelques dessertes alors que d’autres, ne sont pas desservies du tout. En septembre dernier, le syndicat avait indiqué que la Société des transports de Tunis (STT), communément appelée la Transtu, ne pourra pas assurer l’ensemble des dessertes à la rentrée et devra choisir entre le transport des élèves et étudiants, d’une part, et des citoyens, d’autre part.

Quant à l’acquisition d'un véhicule particulier, elle est devenue carrément impossible pour toute une frange de Tunisiens, avec le rythme effréné des hausses des prix des véhicules, aggravée par une taxation accablante d’au moins 45% hors véhicules populaires (dont l’attente atteint pour certaines marques plusieurs années, ndlr). En cinq ans, les prix des véhicules ont plus que doublé, sachant que pour certains, la taxation va jusqu'à 320%.

Le covoiturage, qui pourrait être considéré comme une excellente option, demeure illégal en Tunisie et aucun cadre légal n’a été mis en place jusque-là pour organiser ce genre de transport avantageux et qui a fait ses preuves dans pleins de pays.

  


  

 

Le taxi reste une solution de dernier recours pour beaucoup de Tunisiens qui se retrouvent obligés d'emprunter ce moyen de transport pour leurs besoins quotidiens. Le hic, c’est qu’en plus des tarifs des taxis qui ont nettement augmenté, les citoyens n’en trouvent plus, particulièrement durant les heures de pointe. Ils se retrouvent obligés d’attendre souvent plus d’une heure pour trouver un taxi libre. En contrepartie, et avec les applications e-taxi, il suffit de quelques minutes pour en trouver. Mais à quel prix ? Là est justement toute la question.

 

 

Ces applications ne rémunèrent pas un service à un taux fixe, mais leur algorithme se base sur la demande, sur le temps nécessaire pour faire le trajet (donc les embouteillages) et sur le kilométrage à faire. La tarification passe du simple au double dans le meilleur des cas (pas d’embouteillage) et peut passer à cinq ou six fois la tarification normale, comme lors de précipitations (Business News a testé l'une de ces applications et le prix a grimpé de trois dinars pour un taxi avec compteur à plus 18 dinars avec application).

 

 

Avant, certains citoyens trouvaient des excuses à ces hausses exorbitantes, car les chauffeurs de taxi étaient souvent lésés dans leur activité, leurs tarifications n’ayant pas été augmentées depuis plusieurs années malgré les diverses hausses des prix du carburant et des divers autres intrants. Or, et depuis décembre 2022, le ministère a décidé une augmentation des tarifications Les prix pratiqués par ces applications n’est donc plus justifié, devenant carrément un genre de racket du citoyen.

D’ailleurs, les témoignages des citoyens se multiplient sur l’usage abusif de ces applications, qui se sont multipliées ces dernières années et qui proposent majoritairement des tarifs exorbitants. Plusieurs utilisateurs attestent que des chauffeurs de taxis, pourtant libres, répliquent souvent aux clients qu’ils sont pris ou qu’ils ne sont pas sur leur chemin alors que, via une application, c'est parfois le même chauffeur qui "redevient" libre et se présente au lieu de rendez-vous. 

 

 

 

Les arnaques sont diverses et les conducteurs innovent : ainsi et selon plusieurs témoignages recueillis par Business News, les fraudes sont multiples et cela malgré les tarifs excessifs appliqués. Au menu, des chauffeurs qui facturent un temps d’attente inexistant ou qui facturent, à l'arrivée, un prix supérieur à celui affiché par l'application. Ces différences de prix dépassent parfois les cinq dinars !

 

 

D’autres n’hésitent pas à annuler la course, lorsqu’elle ne leur convient pas ou demandent aux clients de le faire pour ne pas être pénalisés par l’application. Et quelques-uns n’hésitent pas à embarquer d’autres clients allant vers la même destination, tout en recevant de chaque client le montant annoncé par l’application (les clients ne partagent pas le prix de la course, ndlr). Mieux, des rares chauffeurs profitent pour faire le plein ou carrément faire des courses en route.

 

 

  

 

 

Cerise sur le gâteau, parfois le chauffeur et le véhicule qui parvient au client est différent de celui annoncé par l’application, allant jusqu’à avoir un véhicule "ordinaire" alors que celui commandé est un taxi. Cela pose des problématiques de sécurité, ne sachant pas si le véhicule est conforme, s’il est assuré, etc., et au niveau du chauffeur, n’étant pas répertorié sur les bases de l’application ou du ministère du Transport.

 

 

Les utilisateurs dénoncent aussi les entourloupes des chauffeurs, qui n’hésitent pas faire des détours pour augmenter encore plus les prix des courses qui sont déjà très chères ! D’autres évoquent les réactions violentes et des insultes des chauffeurs lorsqu’ils sont rappelés à l’ordre.

Dans des cas plus extrêmes, certains chauffeurs peu professionnels n’hésitent pas à maltraiter leurs clients malgré les prix consentis. Au menu, mauvais accueil, insultes et menaces et même agressions physiques. Par ailleurs, des cas d'agressions sexuelles et de harcèlement ont été dénoncés par des clientes après que des chauffeurs aient utilisé leurs numéros de téléphone pour les harceler une fois la course terminée. Des données personnelles supposées pourtant être protégées. Rappelons dans ce cadre qu’une plainte a été déposée contre l’entreprise représentant Bolt en Tunisie par l’Instance nationale de protection des données personnelles (INPDP), et cela justement pour violation de la loi sur les données personnelles.

 

 

Il faut dire que ce genre d’applications n’est pas destiné aux taxis à l’étranger mais plutôt aux particuliers, comme Uber. L’objectif étant d’étoffer l’offre avec d’autres produits destinés aux divers usagers et aux divers portefeuilles. En Tunisie, les syndicats de taxis ont tout fait pour faire couler les applications qui ne faisaient pas appel aux taxis comme le service de taxi-scooters Intigo. Ainsi, le lancement d’Intigo avait créé une large polémique mais surtout sucité l’ire des chauffeurs de taxis qui n’ont pas hésité à agresser les chauffeurs de l’application et à vandaliser leurs véhicules, et cela malgré l’obtention de l'autorisation du ministère du Transport.

Le pire c’est que le ministère du Transport reconnaît que les tarifs des taxis via les applications sont illégaux, mais n’a rien fait pour y remédier. Aucun plafond n’a été fixé, aucun taxi n’a été inquiété et aucune société fournissant ce genre de service n’a été rappelée à l’ordre. Les e-applications continuent à opérer en toute illégalité au vu et au su de tous.

Dans les faits, rémunérer le service qu’un taxi se déplace jusqu’à l’endroit où le client se trouve est bien justifié mais ne devrait pas, dans le cas extrême, dépasser les trois à cinq dinars. Le problème est que la majorité des chauffeurs de taxi ne travaillent plus qu’à travers ces applications, pour gagner plus et toujours plus, les sociétés proposant le service ne prennent, en effet, que 15% de la course. Souvent, les Tunisiens, ne trouvant aucune autre alternative, se résignent à faire appel à ces applications, qui sévissent impunément.

 

Imen NOUIRA

26/05/2023 | 14:08
7 min
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Commentaires
grendizer
comment
a posté le 30-05-2023 à 07:37
Il n'y a qu'une chose à faire face aux arnaque : "LE BRYCOTT".
Arretez d'utilser ces e-taxi pendant 1 mois et vous allez voir lmes prix vont chuter , mais si il y a des gens qui se foutent alors les prix vont continuer à grimper et les arques continueront.

ARRETEZ D'UTILSER LES E-TAXI
Anis
Mieux vaut tard que jamais
a posté le 28-05-2023 à 23:46
Merci pour cet article!! Cela dure depuis quelques années déjà dans une indifférence assourdissantes et un silence complet des autorités
Mohamed Obey
le Ministère des Transports promeut l'arnaque!
a posté le 28-05-2023 à 20:13
les citoyens tunisiens sont pris en otage par toutes les parties leur fournissant un service (transport, banques, administration, santé, hygiène, approvisionnement en produits de conso, etc...). On pourrait admettre une hausse de la tarification d'une course taxi en l'attribuant à la tendance générale des prix, etc...mais cette histoire des e-taxi avec leurs applications me rend fou de colère; et je me demande pourquoi les habitants de la capitale continuent à se laisser faire... Franchement, il faut refuser catégoriquement de rester dans le rôle de la victime impuissante et incapable de se défendre ! je pense que les citoyens doivent militer contre ces phénomènes d'escroquerie... Sinon, le pire ne s'arrêtera pas à empirer en gagnant d'autres domaines... Dix ou onze ans de politiques islamo-mafieuses ne sont capables que ces laideurs....
takilas
Une calamité et une aberration en Tunisie et plus exactement dans sa capitale.
a posté le 28-05-2023 à 11:07
C'est la plus grande arnaque, avec celle du transport du phosphate, connue en Tunisie depuis au moins trois décennies.
De surcroît ces bandits et envahisseurs de Tunis, s'opposent au gouvernement pour l'empêcher de mettre en application les bus pour les déplacements urbains, surtout que Tunis connaît une extension démographique inimaginables et seulement profitable aux commerçants qui ne veulent ni poursuivre un enseignement à l'école ni de bénéficier d'une formation professionnelle.
Alya
Les moyens de transport
a posté le 27-05-2023 à 15:28
Récemment, et sans nommer les gouvernerts, je me suis aperçue matière que certains étaient très bien servis en matière de transport commun par bus . Ces bus ont de nombreux arrêts dans la même ville et assurent les distances villes chef lieu avec des arrêts devant l hôpital etc les conditions sont correctes et les prix encore plus . Bien entendu les gouvernerars du grand tunis échappent complètement à cette organisation
Juan
dictature est pourriture
a posté le 27-05-2023 à 13:28
en démocratie, le ministre responsable est convoqué devant le parlement pour s'expliquer.
s'il est fautif, il doit démissionner.
en dictature .... tout va bien , toujours
Juan
30 eur pour un extrait naissance
a posté le 27-05-2023 à 11:43
extrait de naissance en ligne: 30 euros débités sur mon compte !!
au consulat, on accepte pas les cartes. cash et sans reçu !! dans leurs poches !!
racket des fonctionnaires. BASTA.
Contributeur
Quelles arnaques !
a posté le 27-05-2023 à 10:54
Il est temps que les autorités interviennent et mettent de l'ordre dans tout cela.

PS : Bravo IN pour la qualité de vos articles.
Lol
Le business à la tunisienne
a posté le 27-05-2023 à 09:05
Ce n'est qu'un aperçu de la mentalité tunisienne dans toute sa splendeur. Les taxis ne sont que la face visible iceberg.
Qu'est ce que les gouvernements et parlements attendent pour réglementer ? Ces applications existantes depuis bientôt deux décennies.
Loozap
Respect
a posté le 26-05-2023 à 23:01
C'est vraiment une grosse arnaque
Alex
Concurrence
a posté le 26-05-2023 à 15:00
Je viens juste de rentrer de l'Egypte et j'étais agréablement surpris par l'application Bolt qui est beaucoup moins chère que les taxis classiques. En plus, ce sont des personnes qui travaillent avec leurs propres véhicules. C'est ça la concurrence, la vrai.