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Diplomatie tunisienne, un mal-être qui s’aggrave

Temps de lecture : 6 min
Diplomatie tunisienne, un mal-être qui s’aggrave

S’il est un ministère qui a pâti après la révolution d’une mauvaise image liée, essentiellement, à l’intrusion du politique dans le diplomatique, c’est le ministère des Affaires étrangères. La nomination à sa tête de Rafik Abdesselem, gendre du leader islamiste Rached Ghannouchi, puis ses déboires judiciaires, ont marqué un passage de la diplomatie rigoureuse à une diplomatie contestable et contestée. Les intrusions de Moncef Marzouki n’ont fait qu’accentuer le trait d’une politique étrangère, étrangère aux codes en vigueur.

La diplomatie tunisienne a commencé à connaître ses premiers déboires, aux lendemains des élections, lorsque le temps était venu pour partager le gâteau et en distribuer les parts. Par complaisance, par proximité idéologique ou appartenance partisane apparente ou camouflée, les postes au sein des représentations diplomatiques ont été distribués. Les plus attrayants ont été partagés entre les membres de la Troïka au pouvoir.

Ces nominations politiques ont suscité de nombreux remous et, pourtant, rien ne semble changer. C’est qu’un bras de fer s’est opéré, depuis peu, entre les deux présidences, celle du gouvernement et celle de la République. La première ayant promis de faire en sorte que cela soit révisé au plus vite et la deuxième s’entêtant pour que tout cela soit maintenu en l’état. Entre les deux, Mongi Hamdi, ministre des Affaires étrangères doit jouer, péniblement, aux intermédiaires. Moncef Marzouki refuse, selon des sources diplomatiques, que soient révisées les nominations politiques parmi nos représentations consulaires. En attendant, la préparation d’un mouvement prévu avant la rentrée reste en suspens, « otage de l’entêtement présidentiel », nous dit-on au ministère.

Malgré des défaillances de taille, aucune sanction n’atteindra ces ambassadeurs. Adel Fekih avait tout de même commis un impair pour lequel des mesures devaient être prises. A cause d’une négligence de sa part, son supérieur hiérarchique, Mongi Hamdi, ministre des Affaires étrangères a été mal accueilli en France, malgré son statut et le passeport diplomatique qu’il a présenté. Celui qu’on sait proche d’Ettakattol a, semble-t-il, bénéficié du soutien de Mustapha Ben Jaâfar, secrétaire général du parti et président de l’ANC. L’incident est passé sous silence, sans que les autorités françaises ne réagissent. Cela n’a pas été le cas du ministre marocain des Affaires étrangères ayant eu le même traitement de la part des autorités françaises et qui a, lui, bénéficié d’excuses officielles de la France.

Quant aux erreurs de l’ambassadeur de Tunisie en Libye, réputé proche d’Ennahdha, ce sont deux Tunisiens kidnappés par des milices libyennes qui en paient le prix. Selon nos sources au sein du ministère des Affaires étrangères, celui-ci n’a cessé d’être rassurant quant à la sécurité de ses subordonnés. Prétendant, à chaque fois, avoir la situation sous contrôle, ledit ambassadeur avait pourtant affecté des membres du personnel de sécurité détachés du ministère de l’Intérieur à d’autres tâches. Un premier kidnapping a touché le personnel de l’ambassade : le 21 mars 2014, c’est Ahmed Ben Cheikh, employé local qui sera enlevé par des ravisseurs. Ces mêmes ravisseurs  enlèveront aussi Laâroussi Gantassi, diplomate et second de l’ambassade tunisienne en Libye, le 17 avril 2014. Malgré les négociations, les deux otages tunisiens ne sont, jusqu’à ce jour, pas libérés. Mais l’ambassadeur tunisien dit encore avoir, à travers ses contacts sur place, de quoi agir en faveur d’une libération qui peine à venir.

La situation actuelle en Libye, et le semblant de guerre en devenir qui s’y amorce n’a pas arrangé les choses. A Benghazi, comme ailleurs, la sécurité demeure nulle, et nos diplomates sur place sont on ne peut plus exposés, sans un effort particulier pour que soit garantie leur sécurité.

Selon certains observateurs, les personnes nommées à la direction de représentations diplomatiques tunisiennes doivent être rappelées avant les élections. Chafik Sarsar, a relevé ce point, lors de sa rencontre en date du 20 mai 2014 avec Mongi Hamdi, ministre des Affaires étrangères. Le maintien de telles personnes en poste met, selon le président de l’ISIE, en péril le déroulement des élections à l’étranger. Doit-on mettre en péril l’avenir politique du pays par complaisance partisane? Telle est la question qu’on se pose au ministère des Affaires étrangères, un ministère où des compétences sont acculées à attendre que soient rappelés ceux qu’ils voient comme des intrus dans la diplomatie, un domaine où l’on doit gravir les échelons, en y gagnant en compétence, pour mériter des postes à la tête des ambassades.

Outre les nominations politiques que Moncef Marzouki refuserait de réviser, il en est d’autres que celui-ci voudrait imposer. Suscitent donc une polémique des noms comme Khaled Ben Mbarek, proche du CPR, et proposé par le président de la République (dont il a été le conseiller), pour le poste d’ambassadeur à Berne ou encore Abderrazek Kilani, réputé proche d’Ennhahda et nommé depuis 2013, ambassadeur représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, ou encore celui de Mohamed Hnid, qui passerait de conseiller de Moncef Marzouki au poste d’ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco.
Dernièrement, c’est le nom de Adnane Mansar, actuel conseiller à la présidence de la république, qui aurait été proposé « avec insistance » au poste de secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), en remplacement de Habib Ben Yahia. Mais les partenaires de la Tunisie rejetteraient cette proposition. « La Tunisie est en train de perdre des postes diplomatiques à cause du mauvais choix des candidats », nous avoue, sur un ton amer, un diplomate.

Les relations étrangères tunisiennes pâtissent également d’impairs commis par la présidence de la République et prenant la forme de déclarations non pesées et de décisions impulsives. La fermeture de l’ambassade tunisienne en Syrie et l’isolement qui en a résulté pour une colonie tunisienne délaissée par son pays en est un exemple. Le prouve, également, la déclaration faite en Algérie par Moncef Marzouki. En attestent l’intrusion de celui-ci dans les affaires égyptiennes et le rappel de l’ambassadeur égyptien (suite à l’appel de Moncef Marzouki à la libération du leader islamiste, Mohamed Morsi). Le confirme la décision de rappel de l’ambassadeur des Emirats arabe Unis en Tunisie, le 27 septembre 2013 (suite aux mêmes propos prononcés lors de la 68 ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies). Les dernières positions déclarées quant au soutien exprimé par Moncef Marzouki « au peuple libyen contre toutes les agressions orientées vers ses institutions », exprimée à Nouri Bousahmein, président du congrès national général libyen, a déplu à beaucoup, de part son manque de tact quant aux incidents libyens, incidents graves et aux débouchées encore incertaines. Un des premiers à avoir réagi est le ministre des Affaires étrangères Mongi Hamdi. Celui-ci a relevé, d’une manière diplomatique, l’écart à la norme opéré par un président de la République qui a omis que la Tunisie doit suivre « la position de la neutralité positive ». «La diplomatie tunisienne ne tentera pas d’intervenir dans les affaires internes du voisin libyen », a-t-il ajouté.

« La Tunisie a toujours eu des principes, en ce qui concerne le volet diplomatique. Elle ne s’en écartera point », a déclaré le ministre des Affaires étrangères à la presse récemment. Il a, cependant, omis que la diplomatie tunisienne est, désormais, un des terrains où s'exercent les caprices des nouveaux gouvernants. Objet de convoitises de part les hauts postes qui, à travers elle,  s’acquièrent, la diplomatie tunisienne peine, depuis la révolution, à reprendre son souffle. C’est Mehdi Jomâa, qui après son investiture, a entamé une démarche reconstructive pour que soit revu positivement, par plusieurs pays, le partenaire Tunisie. La diplomatie, dans sa forme « bicéphale », est ainsi tiraillée entre deux présidences. Un bras de fer qui se joue entre Moncef Marzouki et Mehdi Jomâa et qui délivrera peut-être notre politique étrangère du poids des mauvaises pratiques.

Inès Oueslati

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Commentaires

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Vérifier vos sources 2
| 30-05-2014 09:53
1- vos sources déforment bien les infos
2-tout le monde voit qu'il y a bel et bien manipulation d'info on tombe donc dans l'intox
3-il y a certe des choses à dire mais malheureusement vos info sont biaisées et ça devient de plus en clair
Attention BN vous perdez de votre crédibilité et on retombe dans l'intox des temps de ZABA. Est ce un hasard ou une coincidence ou une strategie?

Citoyen_H
| 25-05-2014 18:58

chameliers imposteurs affamés traitres à la NATION ont depuis leur holdup, remplacé le ministère des affaires étrangères par celui de l'IDIOCRATIE avec qui vous savez, à sa tête.
il en était de même du reste des ministères qui sont devenus ceux de la médiocratie, preuves à l'appui.

.

Sami Boussoffara
| 25-05-2014 16:44
Un écrit à charge, les mauvaises langues diraient un article conçu et réalisé en service commandé, un écrit basé essentiellement sur des affirmations gratuites.

1- Le ministère des affaires étrangères aurait pâti de l'intrusion de la politique dans le champ diplomatique !? Non mais je crois rêver ! C'était comment sous Ben Ali ?
2- Les nominations politiques seraient une exclusivité tunisienne ? La réponse est non, évidemment. J'estime que Rached Ghianouchi aurait dû s'abstenir et éviter d'exiger la nomination de son gendre à la tête de la diplomatie tunisienne mais rendons à césar ce qui lui appartient : sous la troïka les nominations diplomatiques ont été annoncées et exécutées de manière transparente avec un quota annoncé et respecté de "nominations politiques" liées à la majorité en place, ce qui est normal. Il aurait fallu maintenir les relais de Ben Ali ou offrir ce quota de nominations politiques à l'opposition ?
3- le président de la république ferait des intrusions dans la diplomatie !! elle est mignonne notre petite Inès Oueslati. Ne sait-elle pas que la politique étrangère est un domaine partagé entre les deux présidents de l'exécutif ? Sait-elle que le ministre des AE travaille justement sous la double autorité de ces deux présidents . Le prédisent Marzouki est donc l'un des supérieurs hiérarchiques de si Hamedi, son patron.
4- La nomination de Mansar au poste de SG de L'UMA se heurterait à la réticence de nos partenaires, voire, à leur refus !! Qui au juste ? Le retraité général Haftar ?

Soyons sérieux et BN est un journal sérieux. Il gagnerait à encadrer ses jeunes journalistes à qui je souhaite progression et succès.

Sami Boussoffara
| 25-05-2014 14:52
Un écrit à charge, les mauvaises langues diraient un article conçu et réalisé en service commandé, un écrit basé essentiellement sur des affirmations gratuites.

1- Le ministère des affaires étrangères aurait pâti de l'intrusion de la politique dans le champ diplomatique !? Non mais je crois rêver ! C'était comment sous Ben Ali ?
2- Les nominations politiques seraient une exclusivité tunisienne ? La réponse est non, évidemment. J'estime que Rached Ghanouchi aurait dû s'abstenir et éviter d'exiger la nomination de son gendre à la tête de la diplomatie tunisienne mais rendons à césar ce qui lui appartient : sous la troïka les nominations diplomatiques ont été annoncées et exécutées de manière transparente avec un quota annoncé et respecté de "nominations politiques" liées à la majorité en place, ce qui est normal. Il aurait fallu maintenir les relais de Ben Ali ou offrir ce quota de nominations politiques à l'opposition ?
3- le président de la république ferait des intrusions dans la diplomatie !! elle est mignonne notre petite Inès Oueslati. Ne sait-elle pas que la politique étrangère est un domaine partagé entre les deux présidents de l'exécutif ? Sait-elle que le ministre des AE travaille justement sous la double autorité de ces deux présidents . Le prédisent Marzouki est donc l'un des supérieurs hiérarchiques et si Hamedi, son patron.
4- La nomination de Mansar au poste de SG de L'UMA se heurterait à la réticence de nos partenaires, voire, à leur refus !! Qui au juste ? Le retraité général Haftar ?

Soyons sérieux et BN est un journal sérieux. Il gagnerait à encadrer ses jeunes journalistes à qui je souhaite progression et succès.

Bourguibiste nationaliste
| 25-05-2014 11:06
Si Skander, je ne pensais qu'on était d'accord à ce point, en particulier sur le gouvernement de technocrates et sur le rôle de l'armée. La conclusion logique de tout cela: c'est l'arrêt de la transition et le retour à la case du départ.

Skander Ben Baccar
| 25-05-2014 10:06
Entièrement d'accord avec vous sur la question des compétences et du mérite. Mais hélas la Troika est loin de la cela.

Les apprentis politiques d'aujourd'hui doivent passer par la case d'apprentissage avant de prendre les règnes du pays et de jouer avant la sécurité et le futur de toute une nation. La gestion des affaires publique et politique est une mission très grave à prendre avec un sérieux extrême.

La Troika n'a en son sein que des apprentis politiques, pour ne pas dire autre chose. Leur arrivée au pouvoir est une manne qui leur est tombée sur la tête et qui les a complètement aveuglé. Lorsque des incompétents sont propulsés au pouvoir par une masse aussi ignorante que revancharde, la connerie politique n'a de limite que les abysses de l'enfer. Rached Ghannouchi n'a-t-il pas reconnu au lendemain du 23.10.2011 que ses protégés n'avaient pas aucune compétence politique et connaissance de la bonne gouvernance et que nous devions les laisser faire leur apprentissage. Sans commentaire... le résultat est là. Ben Jaafar qui rêve de renouveler la triste expérience l'a d'ailleurs répété au lendemain du 2ème vote du fameux 167, en appelant les érudits de la politique à ne pas se présenter aux élections à fin de laisser les amateurs et les incompétents faire leur école politique au règne de l'État.

Bref, rien ne va plus dans ce pays. La situation est gravement grave et les apprentis politiques sont aveuglés par l'aura du pouvoir. Plus rien ne les intéresse, Seule la prise du pouvoir et d'y rester compte.

À mon avis la Tunisie ne peut s'en sortir qu'avec un gouvernement de technocrates pour au moins 25 ans. Un gouvernement non partisan qui ne sera jugé que sur les progrès économiques et sociaux qu'il aurait réalisé. Un gouvernement qui a le plein pouvoir pour rétablir l'ordre, la sécurité et surtout taper fort lorsqu'un parti politique dérape. La Tunisie d'aujourd'hui n'est pas encore prête pour être gérée par des gouvernements partisans.

L'armé qui doit demeurer non partisane et neutre doit aussi jouer un rôle plus important dans la gestion du pays. Et à fin de réduire cet aura autour des fonctions suprêmes il faut réduire les privilèges distribués si généreusement aujourd'hui. La Tunisie n'en a pas les moyens.

Concernant la présidence, je crois qu'un collège de présidents de partis les mieux classés aux élections législatives (les 4 premiers) se partageant la présidence de la république serait la meilleure solution pour fermer définitivement cette course effrénée pour Carthage. On n'a pas d'un président de la république qui se sucre sur le dos du citoyen. Cette fonction est désuète. On a plus tôt besoin d'un excellent chef d'orchestre (PM) pour mener à bien les réformes nécessaires et surtout surmonter les défis de la Tunisie d'aujourd'hui et de demain : sécurité, économie, emploi, progrès social. Mais bon sang nous serons 30 millions dans à peine quelques décennies.

Mais....la triste et médiocre nouvelle constitution rafistolée par la troika est là pour nous rappeler que le réveil du cauchemar nommée la Troika ne sera pas demain.

Youssef
| 25-05-2014 09:22
Vous êtes journaliste. Excellent article, sauf que plusieurs faits ne sont pas vrais. vérifiez bien vos sources. Bien sure je suppose que vous ne représentez pas un parti politique particulier.

Bourguibiste nationaliste
| 24-05-2014 14:35
Je partage entièrement le dernier paragraphe de votre commentaire et je vous remercie de l'avoir écrit. En revanche, je ne partage que très partiellement la teneur du premier paragraphe. Qu'il y ait des nominations partisanes dans les démocraties, je peux être d'accord avec vous mais à deux conditions: d'abord les nominations partisanes se font sur la base de la compétence. Ensuite, les nominations partisanes sont soumises à un contrôle des compétences a priori et posteriori.
Enfin, permettez-moi de vous dire que la Tunisie n'est pas une démocratie mais les nominations sont, cependant, partisanes et sans compétence. Les exemples sont multiples.

Skander Ben Baccar
| 24-05-2014 12:47
Les nominations partisanes sont normales et en usage courant en démocratie. Chaque parti qui gagne les élections nomme ses commandants de campagne dans les postes clés de l'État, naturellement tout en se portant garant du prestige et de la viabilité des institutions de l'État.

À la différence de nos contrées où au nom de la démocratie la Troika, une fois au pouvoir, a déclaré la guerre aux institutions nationales, à l'État et à son prestige. Elle a même commencé à vendre notre souveraineté à une internationale islamiste et/ou à un hypothétique califat dirigé par un certain émir du golfe.

Donc que Ennahdha, le CPR et Ettakatol placent leurs protégés aux postes clés des institutions nationales et en mission diplomatique, rien de surprenant dans cela vu ils ont gagné les élections. C'est le jeu démocratique. Vous n'avez aucun droit de critiquer ces nominations. Mais si vous voulez vous réveillez de ce cauchemar et ne plus voir ces médiocres au pouvoir alors NE VOTEZ PLUS POUR EUX.

Lors des élections 2011 on s'est tué à faire comprendre aux tunisiens que voter est un acte réfléchi et grave, c'est pas un jeu, ni une vengeance. C'est l'avenir de notre pays et des générations futures qui se joue. RIEN NADA. Le tunisien a voté pensant prendre sa revanche sur le passé. En faisant ainsi il a complètement tourné le dos au futur et s'est lui même poignardé dans le dos. Aujourd'hui le résultat est là. L'après 23.10.2011 est pire que le cauchemar de Ben Ali.

FETHI
| 24-05-2014 10:51
Mal-être dites-vous? Vous pourriez ajouter malaise profond et désenchantement car les conséquences des dégâts occasionnés par la Troïka perdurent. Une génération de cadres va pâtir des atermoiements et autres tergiversations d'un Président de la République dont le seul objectif apparent réside dans la meilleure manière de "bloquer" la reprise de l'offensive diplomatique souhaitée par le gouvernement de transition. Les frasques et autres prises de position fantasques qui ne procèdent d'aucune logique ni de clairvoyance dans les affaires internationales font que la plupart des pays nous appréhendent aujourd'hui, au moins comme un pays à risque, au plus comme un pays fragile. Qui en est responsable? Vos regards se tournent naturellement vers la banlieue nord. Talleyrand a juste titre disait « il y a trois sortes de savoir : le savoir proprement dit, le savoir-faire et le savoir-vivre ; les deux derniers assez bien dispensent du premier ». Mais en l'absence des trois, c'est la catastrophe ! De quels moyens disposent un ministre des affaires étrangères tiraillé entre un gouvernement qui a une feuille de route à respecter et une crise économique et sociale à gérer dans la perspective d'élections et un président « autiste » qui fonctionne avec des paramètres imprévisibles. En fait, tout ce beau monde continu à gesticuler au détriment bien entendu de notre diplomatie dont l'infantilisme constaté ne fait plus aucun doute. L'exercice d'équilibriste et l'attentisme auquel se livre l'actuel ministre, présage d'un avenir des plus sombres et pour la diplomatie tunisienne et pour nombre de diplomates qui verront leur carrière s'arrêter brutalement sans avoir pu, à l'instar des pays « civilisés » jouir d'une consécration de leur vie professionnelle au bénéfice évident de cette Tunisie. A quel moment estimera-t-on que les prérogatives supposées du président sont frappées de désuétude et que ce gouvernement se doit de prendre les mesures adéquates et indispensables de salubrité publique. Il est vrai que personne ne souhaite ajouter une crise à la crise générale qui sévit dans le pays. Mais aux grands maux, les grands moyens!

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