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Bassem Trifi : des juges subissent de grandes pressions de la part du pouvoir politique
27/02/2023 | 11:26
6 min
Bassem Trifi : des juges subissent de grandes pressions de la part du pouvoir politique


Le président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Hommes (LTDH), Bassem Trifi a considéré que les arrestations de personnalités publiques et de politiciens visaient les rivaux politiques. Il a expliqué que l’accusation de complot contre la sûreté de l’État devait reposer sur certains éléments.

Invité le 27 février 2023 de Malek Khaldi durant « La Matinale » sur Shems Fm, Bassem Trifi a indiqué que les atteintes contre la sécurité nationale signifiaient le recours à la violence, l’infiltration des institutions de l’État et l’usage d’armes. « De simples appels et échanges entre Tunisiens ou même avec des étrangers n'évoquent pas un coup d’État armé et ne représente pas, selon mon expertise d’avocat, un complot contre la sûreté de l’État… Les gens ont le droit de parler de politique et d’aspirer à sortir de la crise économique et sociale », a-t-il ajouté.


Bassem Trifi a rappelé que la LTDH avait défendu les droits humains en temps de Ben Ali et lors des infractions et le montage de dossiers en temps de Youssef Chahed. Il a qualifié les déclarations du président de la République, Kaïs Saïed, de dangereuses et a estimé que ce dernier émettait des jugements avant même que la justice ne se prononce. Il a considéré que ce dernier s’appropriait les prérogatives du pouvoir judiciaire et qu'il s'agissait d'une forme d’ingérence. « Des juges d’instruction chargés de dossiers épineux, sensibles et liés à la politique ont affirmé à des avocats qu’ils subissaient de grandes pressions de la part du pouvoir politique… La révocation de 57 magistrats en se basant sur des dossiers vides et le refus d’appliquer la décision du tribunal administratif leur donnant gain de cause terrorise les juges… Les accusations de la part du président de la République de complots sont dangereuses. Il s’agit d’une atteinte au droit de défense et à la liberté d’expression », a-t-il poursuivi.


Bassem Trifi a affirmé que des rencontres pacifiques entre des gens dont les positions sont connues et publiques ne peuvent pas faire partie d’un complot contre la sûreté de l’État. Il a expliqué que le nom de Bernard Henri-Lévy avait été greffé au dossier afin de démontrer l’existence d’un soi-disant complot. « Rencontrer des diplomates n’est pas un crime. Nous devons en connaître le cadre… Les diplomates ont des relations avec le pouvoir en place meilleures que celles des autres acteurs politiques… Les responsables et ministres assistent à des rencontres avec des diplomates dans les ambassades… Selon les données qui m’ont été présentées, il n’y a pas de complot contre la sûreté de l’État… Les appels téléphoniques n’évoquent pas des crimes visant la sécurité intérieure », a-t-il déclaré.

Bassem Trifi a indiqué que les garanties des droits et des libertés et des procédures les préservant étaient transcrites dans des lois, dans la constitution de 2022 et dans les traités ratifiés par la Tunisie. Le problème vient de la non-application et du non-respect de ces éléments. Il a estimé que Shems Fm et l’animateur de l’émission, Malek Khaldi pourrait être poursuivis en justice en raison des avis émis par les invités.




Revenant sur les récentes déclarations du chef de l’État au sujet des migrants subsahariens, Bassem Trifi est revenu sur les conséquences de celles-ci. Il a critiqué les agressions physiques visant ces migrants, la vandalisation de leurs biens et leurs expulsions. Il a évoqué l’arrestation d’un citoyen tunisien. La police avait supposé en raison de son appartenance ethnique qu’il s’agissait d’un migrant subsaharien. Il a estimé que les propos du chef de l’État comportaient des expressions discriminatoires racistes. Il a indiqué que des accords ont été signés entre l'Union européenne et la Tunisie. « Nous sommes tous conscients de crimes de traites visant les filles, les femmes et les vieillards… Ces gens fuient des famines et des exterminations, des vengeances tribales, des épurations ethniques ou des régimes en place dans leurs pays… Personnellement, mes principes soutiennent la liberté de circuler… Toute personne a le droit de passer d’un pays à un autre… La Tunisie ne doit pas subir le fardeau d’expulser nos frères de nos terres », a-t-il dit.


Concernant la tenue du congrès du parti Ettahrir, Bassem Trifi a indiqué que la LTDH n’avait pas suivi l’affaire, car elle était préoccupée par des événements plus sérieux. Il a assuré que la ligue restait attachée au progressisme, aux droits et aux libertés, à la démocratie et à l’État civil. Il a mis en garde contre le discours de ce parti.

Pour ce qui est de l’initiative lancée par l’UGTT, l’ONAT, la LTDH et le FTDES, Bassem Trifi a indiqué que les commissions d’experts avaient entamé la rédaction de propositions et de solutions qui seront présentées par la suite au chef de l’État. Il a considéré qu’il gardait espoir au sujet d’une éventuelle réaction du président de la République. Certaines propositions portent sur la révision de la constitution de 2022 et de la loi électorale, le retrait du décret n°54, la mise en place d’une cour constitutionnelle ou encore la formation d’un nouveau gouvernement. Il a estimé que Kaïs Saïed pouvait accepter certaines propositions telles que la révision de la constitution ou la création d’un nouveau gouvernement.


S.G

27/02/2023 | 11:26
6 min
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Commentaires
SALIM
IL FAUT L'ARRETER IMMEDIATEMENT
a posté le 28-02-2023 à 10:18
Au moins 3 chefs d'accusation.
ALLER
et un de plus !!
a posté le 27-02-2023 à 19:46
Aller, encore un candidat potentiel aux élections présidentielles.
Ils veulent avoir le jackpot
Depuis que l'ancien très provisoire avait accédé (1000 voix) à la fonction suprême, ils se disent tous, si lui est arrivé à l'être, nous aussi, sommes capables d'y accéder.
La médiocratie continue imperturbablement ses ravages.
Espérons que KS puisse minimiser au maximum cette gangrène.

Hamrouni
Droit de regard
a posté le 27-02-2023 à 12:44
Quand on surveille le bon déroulement de l'appareil judiciaire , certains appellent ça , subir une pression de la part du pouvoir .
Ils préfèrent sans doute , continuer leur business d'avant .
DHEJ
Je suis plis que certain...
a posté le 27-02-2023 à 11:51
Que ce mec ne connait pas bien la loi tunisienne.

Art. 70 (nouveau) du code pénal - Modifié par la loi n° 2005-45 du 6 juin 2005


Est puni de deux ans d'emprisonnement, l'auteur de la proposition faite de former un complot, dans le but de commettre l'un des attentats contre la sûreté intérieure de l'?tat prévus aux articles 63, 64 et 72 du présent code.

L'auteur de l'infraction peut, en outre, être interdit de tout ou partie des droits mentionnés à l'article 5 du présent code.
Naim
Réveillé toi et osé regarder la vérité en face.
a posté le 27-02-2023 à 11:47
T'as encore rien compris. Le pays, la nation qui te protège risque de tomber et se dirige droit vers une guerre civile, un v'?ux cher au khamej ghannouchi.
DHEJ
La guerre civile c'est quoi?!
a posté le à 13:24
C'est bien le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien. ( explication retenue de l'article 72 du code pénal).