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Processus du 25-Juillet : rien n'a véritablement changé au niveau de l'ARP !
24/11/2023 | 16:30
7 min
Processus du 25-Juillet : rien n'a véritablement changé au niveau de l'ARP !


Comme tout parlement, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) compte parmi ses membres quelques élus capables de nous surprendre avec leurs déclarations plus hilarantes les unes que les autres. C’est ce que nous a prouvé jusqu’à maintenant les plénières, dont celle portant sur la loi de finances et le budget de l’État pour l’année 2024.


Dégrader l'image du pays a été souvent évoqué comme étant le principal motif justifiant la dissolution de l’ancienne Assemblée des Représentants du Peuple. Les soutiens au pouvoir place n’ont pas cessé d’évoquer les altercations entre les différentes factions représentées au sein du parlement. Principale star des exemples qu’on pourrait citer : Abir Moussi. La présidente du PDL n’a pas cessé, durant son court mandat, de nous surprendre. Live, casque de moto et gilet pare-balles étaient devenus une composante essentielle du paysage politique tunisien. Elle n'était, bien évidemment, pas toujours fautive. Abir Moussi a été agressé à plusieurs reprises au sein de l’ARP, allant jusqu’à recevoir un coup-de-poing de la part d’un autre élu, Sahbi Samara.


Durant ces dernières plénières, l’ARP élue en 2019 et dissoute en 2022, s’est transformée en une véritable mascarade. Cris, slogans et échange d’insultes et d’accusations étaient devenus le quotidien de l'ancienne assemblée. Sa dissolution a même été saluée, voire fêtée par certains. On leur avait promis que cette décision, prise d’ailleurs de façon unilatérale par le président de la République, Kaïs Saïed, permettra de mettre en place un nouveau parlement discipliné et synonyme d’unité et de calme. Malheureusement, rien de cela n’a eu lieu. Dès ses débuts, jusqu’au débat entamé depuis les derniers jours au sujet de la proposition de la loi de finances 2024, la nouvelle ARP a fait parler d’elle, mais pas pour sa cohésion ou ses performances exemplaires.

Le premier scandale demeure l’interdiction d’accès aux journalistes lors de la première plénière de l’ARP. Ils ont, par la suite, été autorisés à s’introduire à l’intérieur du bâtiment, mais en délimitant leur accès. On s’était interrogé sur les raisons d’une telle mesure. Que cherchent à dissimuler les élus ? L’incompétence de quelques-uns peut-être... D’ailleurs, nous avons pu découvrir la chose lors de la plénière portant sur la loi de finances. Mais avant d’aller vers les perles de cette plénière, revenons sur d’autres faits et déclarations à la fois tristes et comiques.


Nous pouvons citer à titre d’exemple l’affaire Sami Ben Abdelaali. L’élu de la circonscription d’Italie a été accusé de subtilisation des deniers publics au consulat de Tunisie à Palerme et de falsification de diplômes, outre autres crimes. Il a fait l’objet d’une demande de levée d’immunité. Son dossier devrait théoriquement être étudié par la commission parlementaire du règlement intérieur au sein de l’ARP et, en cas de constat d’un dépassement, être soumis à un vote lors d’une plénière. Or, le président de l’ARP, Brahim Bouderbala en avait décidé autrement. Enfreignant des règles simples, claires et précisées noir sur blanc dans le règlement intérieur du parlement, Brahim Bouderbala a décidé par sa propre volonté de radier l’élu et de retirer son nom de la liste des députés figurant sur le site web de l’ARP. De leur côté, les autres élus ont assuré ne pas avoir été informés ou consultés à ce sujet. Au final, Sami Ben Abdelali s’enfuit en Italie avant de se faire radier de l’ARP suite à une plénière tenue le 10 octobre 2023.

Après cet épisode, les choses se calmeront durant à peine une dizaine de jours. À l’issue d’une réunion du bureau de l’ARP du 19 octobre 2023, les élus ont décidé de s’octroyer une prime mensuelle exceptionnelle de mille dinars pour les mois d’octobre, novembre et décembre. Certains ont affirmé ne pas avoir été informés de cette prime. Or, ceci ne les a pas empêchés de l'accepter.


Après cela, nous avons eu droit à la fameuse plénière portant sur la criminalisation de la normalisation. Celle-ci s’était transformée en un véritable feuilleton mexicain des années 90. On ne compte plus le nombre de levées, de reprises et de reports de celle-ci. Ce que nous retiendrons de cette mascarade, ce sont les images d’une partie d’élus criant sous l’hémicycle. L’un d’entre eux s’est même cru en plein mouvement estudiantin et est monté sur l’un des pupitres parlementaires afin de scander son attachement à la cause palestinienne et à la promulgation d’une loi de criminalisation de la normalisation. Le lendemain, un groupe d’élus a assuré qu’il s’opposera à la tenue de toute plénière autre que celle dédiée à cette loi. Mais, quelques jours après, suite au discours du président de la République, les députés ont sagement repris leur travail.

Les élus ne se sont pas arrêtés à ce niveau. « The Show must go on ! ». L’un d’eux a, à titre d’exemple, appelé à la fusion des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Il a considéré que le ministère des Affaires étrangères avait échoué dans sa tâche et n’avait pas réussi à attirer des investisseurs. Il s’agit d’Ali Bouzouzia. Ce dernier considère donc que le ministère des Affaires étrangères était chargé des affaires économiques et de l’investissement. De plus, certains élus ont décidé de boycotter la plénière dédiée au budget du ministère des Affaires étrangères puisque le ministre avait considéré qu’une partie des députés se donnait en spectacle.

Un autre élu a, même, eu l’audace d’exiger la réinstauration de la police de la sûreté nationale. Ces bons vieux agents chargés d’espionner les Tunisiens, notamment les opposants. Nous en aurions tant besoin ! Il s’agit du député Abdelkader Ben Zineb. Ce dernier avait fait parler de lui durant les derniers jours à la suite d’un passage télévisé du 20 novembre 2023. Il avait inventé le terme « instamation » en voulant dire « estimation ». Il a expliqué que la loi sur le budget de l’État était une prévision. 

Nous pouvons citer un troisième exemple : celui d’un député ayant appelé à la réduction des jours dédiés au pèlerinage de la Mecque. Le député Messaoud Grira a considéré que le pèlerinage était excessivement cher. Il a appelé à réduire la durée du pèlerinage de 21 à dix jours tout en affirmant qu’en théorie, seulement quatre jours suffisent : un pèlerinage express !


Ces faits et déclarations ne sont que quelques exemples de ce qui se passe au niveau de la nouvelle ARP. Ceci nous montre qu’en vérité, il n’existe pas de parlement exemplaire et irréprochable. Il est de la nature humaine de se tromper que ce soit pour les représentants du peuple lors de leurs fausses bonnes idées ou pour les électeurs lorsqu’ils se rendent au bureau de vote !


Sofiene Ghoubantini

24/11/2023 | 16:30
7 min
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Commentaires
Carthage Libre
Le 14 janvier se rapproche....
a posté le 29-11-2023 à 10:50
ça va exploser contre ces bandits qui ont accaparés pouvoir et argent et leurs "chefs", avec 8% !!!!
takilas
C'est faux, archi-faux !?
a posté le 26-11-2023 à 17:43
à commencer par la mascarade relative aux indemnisations de cirque gratuitement et sans raison pour la secte de nahdha, les accords qui se faisaient la nuit à Montplaisur pour favoriser nahdha et lui permettre d'avoir une hegehégémonie incroyable et que tout était concocté pour que nahdha obtienne une suprématie sans respect d'autrui ni de la soi-disant devenue un fonds de commerce et un alibi pour coloniser en interne le paysvtunisien et ce par un de proches parentsvetvde surcroît dîne même région, et que tout le monde sait que ce plan diabolique était préparé lors de la sinécure royale royale à Londres du clan mafieux nahdha dont ses menbres gangsters sont devenus des milliardaires du jour au lendemain en 2011 et 2012 à la suite d'une arnaque satanique qui donnait la possibilité de gouverner pour soidisant préparer une constitution en une année, mais pire encore cette année ne finira jamais sauf par l'obtention caricaturale d'un prix Nobel de cirque.
Ok
Ce sont les représentants du peuple
a posté le 26-11-2023 à 10:49
Ils ont été élus et représentent par leurs concitoyens dont ils sont une image réduite. Il faut les accepter tels qu'ils sont.
Citoyen
Oui'?' mais non
a posté le 26-11-2023 à 00:16
Effectivement beaucoup de choses décevantes
MAIS
'?a ne sera jamais pire qu'avant ! Enfin j'espère'?' c'est l'avenir qui nous le diras