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L’insoutenable dette tunisienne

Temps de lecture : 9 min
L’insoutenable dette tunisienne

 

La dette de la Tunisie est insoutenable. C’est ce que pensent les experts. Depuis la révolution, la dette n’a cessé d’augmenter. Elle a plus que triplé mais sans pour autant qu’elle ne soit dirigée vers l’investissement. Elle a servi à combler des dépenses de gestion et notamment la masse salariale et la compensation.

 

La question de l’endettement de la Tunisie préoccupe de plus en plus l’opinion publique, surtout que le pays s’apprête à aggraver ses dettes avec un nouvel emprunt de plus de 11 milliards de dinars pour parachever le financement du budget de l’Etat et en particulier les dépenses de gestion. Le tout corrélé à une situation politique inquiétante jusqu’à cette heure et malgré des élections anticipées, la Tunisie n’a pas de gouvernement, ce qui augmente l’incertitude et le manque de visibilité, impactant négativement l’économie nationale, les acteurs étant dans l’attentisme.

Déjà l’année dernière, la croissance n’était pas au rendez-vous. On était très loin des 3% prévus par le gouvernement, l’économie tunisienne ayant enregistré une croissance de 1,1% pour les 9 premiers mois de 2019 et à peine 0,2% de croissance au 3ème trimestre 2019, selon l’INS. Et le champ gazier Nawara sur lequel il comptait pour réaliser cette croissance n’est toujours pas entré en activité. Ce qui est assez problématique comme ce sera expliqué ultérieurement dans cet article.

 

Ainsi et pour se pencher sur ce sujet important, le Cercle Kheireddine et le Forum Ibn Khaldoun pour le développement ont organisé samedi 18 janvier 2020 au siège de l’Utica une rencontre-débat qui a pour thème "La soutenabilité de la dette tunisienne" animée par deux commis de l’Etat qui ont passé une grande partie de leur carrière dans le "plan" : Lamia Zribi, l’ancienne ministre des Finances et actuelle présidente du Conseil national de la statistique et Abdelhamid Triki, ancien ministre du Plan et de la Coopération internationale et qui fait partie depuis 30 ans des commissions de négociation avec les bailleurs de fonds.

 

Faire un état des lieux de la dette tunisienne et dégager les voies et les moyens qui sont de nature à préserver la soutenabilité de la dette, à moyen et long termes, et de réinscrire la Tunisie dans une trajectoire de croissance durable sont l’objectif de cette rencontre.

Il faut dire qu’à partir de 2011, la Tunisie est entrée dans une spirale d’endettement croissant, à un rythme sans précédent. Des financements acquis à des conditions de moins en moins avantageuses, qui pèseront lourdement sur les choix des prochaines générations et qui, au lieu de relancer les investissements ou de préparer les transformations structurelles de l’ensemble du tissu économique du pays, sont venus gonfler des dépenses improductives, nourrir l’inflation et aggraver les déficits (masse salariale du secteur public et dépenses de compensation, notamment énergétiques).

Pris dans l’étau des «déficits jumeaux» budgétaire et commercial, et de la très grave détérioration de son solde courant, le pays a de plus en plus besoin de recourir à des financements extérieurs et se trouve entrainé dans un cercle vicieux qui se referme par myopie, ou par manque d’efficacité, de productivité et de réformes courageuses.

 

 

Ainsi et selon les chiffres de la Banque centrale de Tunisie (BCT) rapportés par Mme Zribi, la dette extérieure totale (Etat + entreprises) a atteint plus de 78,2 milliards de dinars en 2018 (74% du PIB dont 60,21 milliards de dinars pour l’administration et 17,99 milliards de dinars pour les entreprises) et 76,97 milliards de dinars en 2019 (67,3% du PIB dont 59,4 milliards de dinars pour l’administration et 17,57 milliards de dinars pour les entreprises). Entre 2010 et 2018, la dette a augmenté de 36,6 points de pourcentage de PIB et plus de 50% de cette hausse est directement imputable à la dépréciation du dinar. Entre 2010 et 2019, la dette de l’administration dans l’ensemble de la dette extérieure est passée de 66% à 77%.

Quant au service de cette dette, il a connu un bond spectaculaire à partir de 2017, avec un doublement par rapport à la moyenne 2011-2015. Côté dette publique (hors entreprises publiques et caisses sociales), elle est passée de plus 25 milliards de dinars en 2010 (40,7% du PIB) à 82,89 milliards de dinars en 2019 (75% du PIB).

Autre fait inquiétant, la dette à court terme a triplé entre 2010 et 2019 passant de 7,1 milliards de dinars à 24,2 milliards de dinars (+11,6 points de pourcentage de PIB).

Ce qui est rassurant c’est que 71% de la dette tunisienne est à un taux fixe (89% de la dette est contracté à un taux d’intérêt compris entre 0 et 5% en 2018), même si ce taux a diminué après la révolution.

 

 

2020-2025 sera une période de fortes tensions sur les finances externes de la Tunisie : au taux de change actuel du dinar vis-à-vis des principales monnaies internationales, un montant annuel moyen de 10 milliards de dinars devra être remboursé aux créanciers, soit le triple de la moyenne de la période 2011-2015. Un à deux prêts seront remboursés chaque année notamment en 2021 et 2024. Les années 2021 et 2024 seront assez contraignantes avec deux remboursements avec respectivement plus de 11 et 10,7 milliards de dinars de service de la dette à rembourser.

 

 

 

Or, compte tenu de la rigidité de son cadre macro-financier (en particulier, une croissance molle et un déficit énergétique incompressible à moyen terme s’établissant à un minimum de 7% du PIB (40% du déficit commercial de la Tunisie en 2019 était énergétique, certes l’entrée en activité du champ de Nawara va diminuer la pression mais ne va pas résoudre la problématique du pays)), la Tunisie ne pourra honorer sa dette sans lever des fonds auprès de ses partenaires internationaux d’un montant avoisinant le service de sa dette. Avec l’incertitude qui règne et le capital confiance et sympathie de la Tunisie qui s’érode ainsi que les évolutions géopolitiques qui rajoutent de la confusion, le pays aura de plus en plus de mal à s’acquitter de ses dus surtout si les réformes nécessaires ne sont pas entreprises pour redresser la situation.

D’ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) n’a pas procédé aux décaissements programmés, considérant que les réformes et les mesures de redressement promises par le gouvernement n’ont pas été mises en œuvre. Les autres institutions financières internationales ou régionales ont certes décaissé les prêts programmés, mais elles partagent la même analyse et posent les mêmes questions.

 

En effet, les deux experts pensent que la dette de la Tunisie n’est pas soutenable. Une dette étant soutenable si le pays dégage des ressources en devises suffisantes pour rembourser sa dette sans affecter sa capacité à investir et à se développer en continuant à recourir à des crédits à des conditions non couteuses.

Or selon Mme Zribi, le taux d’intérêt de la dette extérieure est en train de croitre plus que le taux de croissance du PIB ce qui entraine un effet boule de neige. Le tout corrélé à une épargne nationale et un investissement en baisse, ce qui impacte directement l’endettement qui monte en flèche. Le taux d’épargne est passé de 15,7% en 2011 à 8,5% en 2019 et le taux d’investissement de 21,9% à 18,5% pour cette même période, ce qui est alarmant. Le pays a du mal à capter des ressources en devise, d’ailleurs le retour du tourisme en 2019 a été une bouffée d’oxygène, les répercussions sur les avoirs en devises en nette hausse.

Selon M. Triki, la soutenabilité de la dette extérieure dépend donc de plusieurs facteurs dont les plus importants sont la croissance du PIB et la dynamique d’exportation. Même si la Tunisie ne se situe pas parmi les pays les plus fortement endettés, le problème réside dans la manière d’utilisation des fonds qui n’a pas servi au développement de secteurs clés, à l’infrastructure ou à un environnement favorable.

 

Les tirages effectués sur les crédits à moyen et long terme ont atteint sur l’ensemble de la période 2011-2018 environ 50 milliards de dinars dont essentiellement : 10 milliards de dinars au titre des crédits obligataires sur le marché financier international ou garantis ; 8,6 milliards de dinars d’appui budgétaire mobilisés auprès de la Banque mondiale, la BAD et la Commission européenne ; 5 milliards de dinars du FMI au titre des crédits Stand by et de la facilité élargie. Ils sont constitués, pour près de la moitié, de crédits à décaissement rapide, non liés à des projets, et ont permis de financer des dépenses courantes du budget, notamment les salaires et la compensation surtout pour l’énergie. Il n’y a pas eu donc de réformes qui changent radicalement l’environnement pour stimuler l’investissement et la croissance.

M. Triki souligne que la mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds multilatéraux sera très limitée compte tenu du niveau élevé d’engagement atteint et que le recours au marché financier international à des conditions favorables sera difficile après les dégradations successives de la notation du risque souverain de la Tunisie (sept fois depuis 2011).

 

L’ancien ministre estime que si la croissance de la dette se poursuit dans les conditions actuelles, la dette sera explosive, ce qui se traduit à terme par un défaut de paiement. Soit il faudra créer les conditions de soutenabilité pour que le remboursement de la dette baisse à des niveaux tolérables. Ceci implique le renversement de la tendance observée au niveau de l’évolution du taux d’endettement, à travers la relance de la croissance et la limitation du recours à l’emprunt (amélioration de situation de la balance des paiements) ; Soit via le recours à l’austérité qui s’imposera avec la réduction des dépenses courantes (compensation, salaire, etc…), donc avec des actions sévères très difficile à mettre en œuvre pour des considérations politiques et sociales.

Il pense que le recours au rééchelonnement de la dette entrainera nécessairement l’imposition par les bailleurs de fonds de programmes d’austérité peut-être encore plus durs que les programmes que nous aurons à prendre de façon souveraine. Pour lui, la Tunisie a intérêt à consolider sa crédibilité pour pouvoir mobiliser des ressources de financement en progression aux meilleures conditions. Il recommande un plan d’action basé sur 3 axes : la relance de la croissance et la stimulation des exportations, la rationalisation des dépenses courantes et la diversification des ressources de financement.

« La marge de manœuvre se réduit d’année en année. Le potentiel de croissance s’inscrit dans une tendance baissière. La réduction du déficit budgétaire, outre le fait qu’il ne prend pas en compte la situation des entreprises publiques, se fait sur la base d’une augmentation de la pression fiscale, donc au détriment de l’entreprise. D’importantes rigidités demeurent au niveau du rééquilibrage de la balance commerciale. D’importantes ressources sont affectées aux subventions donc privilégiant le court terme au détriment du long terme.

Le recours à des expédients a atteint ses limites. Plus que jamais la Tunisie doit s’engager dans un large processus de réformes pour traiter en profondeur les distorsions, libérer les énergies et s’insérer davantage dans la chaine des valeurs mondiale. La situation de l’économie tunisienne en ce début de la nouvelle législature est particulièrement difficile. De sérieux risques d’insolvabilité existent. Seule une forte volonté politique et un large consensus sur les restructurations requises peuvent autoriser un début d’optimisme sur la capacité du pays à transcender ses problèmes », affirme Abdelhamid Triki.

 

Avoir une vision claire et engager les réformes nécessaires sont le seul moyen pour la Tunisie pour pouvoir faire face aux prochaines échéances. Le pays doit retrouver la notion de productivité, car sans croissance rien ne peut se faire. Or, depuis la révolution, le pays n’arrive pas à démarrer la machine productive et à créer la richesse nécessaire pour créer de l’emploi et répondre aux revendications du peuple en ce qui concerne une vie digne. Bien au contraire, la pression fiscale n’a pas cessé d’augmenter et le pouvoir d’achat à s’éroder.

 

Imen NOUIRA

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Commentaires (15)

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Gg
| 20-01-2020 14:57
"... l'axe du Mal, mais bien le Mal réel, Siono-Occidental..."
Vous oubliez l'autre axe du mal, bien réel aussi: l'axe du fanatisme islamique.
J'ai fais partie du premier, et tout bien comparé, j'en suis heureux!
Je me suis arrêté là dans ma lecture, mais je présume que c'est du même acabit...

Rationnel
| 20-01-2020 14:09
La dette extérieure tunisienne est le résultat du déficit commercial qui est à 40% énergétique.
On n'a pas besoin d'emprunter en dollars pour payer des salaires en dinars.
La dette n'a pas vraiment augmente au rythme suggéré par l'auteur, c'est le dinar qui a baissé. 'La dette est passée de plus 25 milliards de dinars en 2010, à 82,89 milliards de dinars en 2019'?'. En 2010 le dinar = 0,77 dollar, en 2019 le dinar = 0,33 dollar. Donc la dette est passée de 19,25 milliards de dollars en 2010 a 29,66 milliards en 2019. Une augmentation de 14,41 milliards de dollars, ce qui n'est pas un montant important pour un pays. La fortune de Jeff Bezos le patron d'Amazon est estimé à 120 milliards de dollars.
Le dinar a baissé à cause des choix faits par la banque centrale sous la pression du FMI et à cause du déficit commercial qui est à 40% énergétique.
Si on élimine le déficit énergétique le problème est a moitié résolu. Donc pour sortir de cette crise on doit accélérer le rythme du déploiement des énergies renouvelables et introduire les voitures électriques, une stratégie 'Electrify Everything'?'. La Tunisie va commencer en 2020 avec la réalisation de 500 Mw (megawatt: million de watt) de projets d'énergies solaire, on doit passer a 2000 Mw (2 Gw: Gigawatt) ou plus.
La société Norvégienne Equinor (ancien Statoil) va réaliser en quelques mois un projet sur les côtes britanniques avec une capacité de 3,6 Milliards de watts (3,6 Gw, le projet Dogger Bank Wind Farms). Un projet semblable (solaire ou éolien) en Tunisie suffira à sortir le pays du déficit énergétique. C'est un défi à la portée de la STEG et de notre pays. Des sociétés étrangère réalisent la majorité du projet, la STEG sera en charge d'utiliser l'électricité qui coûtera quatre fois moins chère qu'à présent. Ces projet peuvent être réaliser entre 6 et 12 mois si la STEG n'impose pas trop de délais.
Tout est présent et à la portée pour résoudre les problèmes du pays mais les rentiers bloquent tout pour préserver leurs avantages.
J'invite Imen Nouira a écrire un article qui explore la transition énergétique en Tunisie.
La STEG produit plus de 18 000 GwH a partir de gaz naturel importée (la production domestique est facturée en majorité en dollar vu qu'elle est produite par des sociétés étrangères). Combien est ce qu'on va économiser si la production avec les énergies renouvelables?

Dr. Jamel Tazarki
| 20-01-2020 13:43
L'amélioration de la qualité des statistiques macroéconomiques est une première priorité en Tunisie !

Je rappelle à nos politiciens que les résultats des politiques dépendent de façon décisive de l'utilisation de statistiques aux stades du processus de l'énonciation qu'il s'agisse de reconnaissance du problème, de la conception ou de l'établissement de prévisions et non pas seulement au niveau du suivi et de l'évaluation.

Des statistiques solides et transparentes sont la clé d'une prise de décision efficace. Nous sommes victimes en Tunisie des idéologies politiques purement intuitives qui sont en contradiction avec les faits scientifiques.

Les décideurs en notre pays devraient utiliser des données statistiques exactes, en temps réel et susceptibles de les avertir des problèmes socio-économiques et politiques immédiats ou futurs de notre société. Très peu de politiciens tunisiens utilisent des statistiques afin d'élaborer les programmes sur lesquels les tunisiens seront appelés à se prononcer.

Il est temps que les Conseils de nos Ministres à la Kasbah adaptent un esprit scientifique. Il faut changer tout d'abord le décors actuel: une longue table, des chaises tout autour, un premier ministre qui parle en monologue dans le vide et des Ministres distraits (inattentifs) ou font semblant de prendre des notes, de toute les façon ils feront (les Ministres) ce qu'ils voudront dans leurs Ministères et lui (le premier Ministre) pourrait dire ce qu'il voudrait en monologue, je vous prie de voir l'horrible photo du temps de Mr. Essid sur le lien suivant:

http://www.businessnews.com.tn/conseil-des-ministres-a-la-kasbah-autour-du-plan-de-developpement-2016-2020,520,56930,3

===> Je ne pourrais jamais travailler dans ces conditions!


Oui, il faut changer le décors des Conseils de nos Ministres à la Kasbah==> plutôt Amphithéâtre, vidéoprojecteurs, système de sonorisation mobile, système de diffusion vidéo mobile, écrans de projection (entre autre pour la projection des données empiriques), lecteurs audio/vidéo, Captation vidéo des réunions, etc.

oui, il faut dépasser les monologues et passer aux discussions et au Feedback constructif avec un bon fondement statistique macroéconomique, ===> oui beaucoup de statistiques macroéconomiques et un premier ministre qui défie ses ministres avec des questions, avec beaucoup de questions pour qu'ils ne s'endorment pas ou passent à la distraction (inattention).:


Des statisticiens/mathématiciens doivent être associés au processus d'élaboration des politiques à un stade précoce afin de faire des calculs qui permettraient d'apprécier l'impact d'une nouvelle mesure. Il est temps de mettre en place en Tunisie une culture privilégiant la prise de décision fondée sur l'observation des faits statistiques.

L'absence de statistiques macroéconomiques à jour, exactes et cohérentes constitue un sérieux obstacle pour la mise en oeuvre d'une stratégie de développement en Tunisie. L'amélioration de la qualité des statistiques macroéconomiques doit être une première priorité en Tunisie.

Ce que je reproche aux membres du Conseil des analyses économiques est l'absence de fondement statistique dans leurs études/analyses de la situation socio-économique de la Tunisie! ==> une étude/analyse socio-économique sans fondement empirique est sans valeur et elle est bonne pour la poubelle!

Nous avons le droit et nous souhaitons dans une démocratie de savoir comment, pourquoi et sur quelle base statistique sont prises les décisions qui affectent notre vie.

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

Dr. Jamel Tazarki
| 20-01-2020 11:04
Introduction: Il nous faut des solutions urgentes et radicales afin de garantir l'autosuffisance alimentaire

D'après le Spiegel-online, 13 millions d'allemand vivent avec moins de 900 euros par mois! Comme si je disais que 13 millions de Tunisiens pourraient vivre avec moins de 100 dinars par mois! Est-ce possible? Oui, si l'état tunisien pourrait garantir l'abondance des aliments de base sur le marché tunisien et ceci à un très bas prix. En Allemagne, un sac de pommes de terre de 5 Kg coûte 2 euros, un Kg de pain coute 80 centimes, 12 oeufs coutent 1,19 euros et un litre de lait coute 60 centimes (la marque JA).


Faisons un très simple calcul numérique:
a) Nous formons un panier de biens (on néglige les différents services) qui contient des aliments de base: pain, huile, lait, pommes de terre, céréales, fruit (on se limite aux oranges, dattes, pastèques, figues), sucre (bien que le sucre industriel n'est pas à mon sens un aliment de base), oeufs.
b) Pt est le prix sur une période t de notre panier défini ci-dessus.
c) ===> Si on compare l'évolution de l'indicateur Pt de l'Allemagne avec celui de la Tunisie pour la période 2011-2017, on remarque que l'indicateur Pt de la Tunisie a subi une inflation de 5%, alors que l'indicateur Pt de l'Allemagne est resté constant. Je rappelle que l'Allemagne a eu entre 2011-2017 une inflation moyenne de 3% (2% pour 2016).
d) conclusion: si on arrivait à maintenir le panier des aliments de base hors de l'effet de l'inflation (comme c'est le cas de l'Allemagne), on aurait beaucoup moins de problèmes sociaux, et on n'aurait pas besoin de s'endetter encore plus afin de nourrir notre peuple'


Le problème d'optimisation afin de faire sortir la Tunisie de la crise socio-économique est si simple: comment vivre dans les limites des moyens qu'offrent nos ressources naturelles afin d'assurer à chaque Tunisien une qualité de vie suffisante (je dis bien suffisante)?


Je propose/conseille de garantir l'abondance des aliments de base sur le marché tunisien (comme les pommes de terre et les céréales) et de renoncer/limiter la culture des aliments qui ne sont pas vraiment indispensables afin de satisfaire les besoins nutritionnels de notre peuple. Si on continue à gaspiller nos réserves d'eau pour la production entre autres des fraises, nous allons sans un aucun doute vers une crise alimentaire (pour la production d'un Kg de fraise il faut sacrifier une tonne d'eau ---> pensez à l'empreinte écologique).

La pomme de terre est un aliment de base. On peut vivre des années et même tout une vie seulement des pommes de terre. Au 18ème siècle la pomme de terre a permis à l'Europe de vaincre les famines. La culture de la pomme de terre a nourrit toute l'Europe et continue à le faire. La stabilité alimentaire en Allemagne et partout en Europe n'est garantie que grâce à la pomme de terre. La pomme de terre est très nutritive, facile à cultiver et à conserver'

Je connais le problème d'eau qu'ont nos paysans à Tazarka et je sais aussi que la pomme de terre peu mieux supporter la chaleur et la sècheresse que la tomate ou les fraises. Puis, il n'y a aucun doute que la pomme de terre est plus nutritive que beaucoup d'autres légumes.

J'étais récemment chez une famille allemande au Ruhrgebiet (ancienne région industrielle allemande, jusqu'aux années 60). Oui, les Allemands au Ruhrgebiet mangent quotidiennement des pommes de terre, ils n'ont pas les moyens afin de manger autres choses que les pommes de terre et ne connaissent pas autres choses que la pomme de terre. Ceux d'entre eux qui vivent dans des petites agglomérations ont un petit poulailler pour avoir des oeufs frais. L'état allemand subventionne la culture des pommes de terre pour que la classe pauvre et même moyenne pourraient se nourrir à bons prix et d'un aliment très nutritif.

Oui, il faut arrêter/limiter entre autres la culture des fraises en Tunisie, et garantir d'abord l'abondance des aliments de base dans nos supermarchés.

Mon père m'a dit qu'à Tazarka on ne cultive les pastèques que depuis les années 70 et les fraises qu'à partir des années 90 aux dépens des aliments de base comme les pommes de terre et le blé.


Le but serait d'atteindre une autosuffisance alimentaire en produits de base (blé, huiles, maïs, pommes de terre, lait) à l'horizon de 2021, au prix de minimiser notre consommation de viandes rouges/blanches et de sucre, de limiter les dépenses inutiles pour les soins médicaux. Il faut même renoncer à certaines cultures agricoles non vraiment indispensables'

Je ne mange pas de viande, je ne prends pas de sucre, je mange quotidiennement des pommes de terres cuites à l'eau avec un peu de sel et une cuillère d'huile d'olive, je prends tous les matins deux oeufs et un verre de lait, j'utilise seulement les plantes médicinales pour mes soins de santé et je fais la navette à vélo entre mon Appartement et mon lieu de travail que de prendre la voiture, soit une distance de 20 Km par jour.

Je résume: l'idée centrale de mon commentaire est de vivre dans les limites des moyens qu'offrent nos ressources naturelles afin d'assurer à chaque Tunisien une qualité de vie suffisante (je dis bien suffisante). )! ===> minimiser les importations et ainsi plus besoin de s'endetter!

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

Dr. Jamel Tazarki
| 20-01-2020 10:53
Oui, on a fait en 2017 une grande connerie d'avoir décidé de planter deux millions d'oliviers au nord de la Tunisie. Oui on voulait exporter des "barils" d'huile d'olive que des barils de pétroles avec la justification sans fondement suivante: "Aujourd'hui [c'était en 2017], un baril de pétrole contient 159 litres et coûte 58 dollars. Le même baril rempli d'huile d'olive extra vierge vaudrait 636 dollars sur le marché international. En 2020, la Tunisie aura dépassé les 100 millions de plants d'oliviers, une source de richesses renouvelables à l'infini qui reste encore malgré tout, peu exploitée", voir les lien suivant:

https://www.businessnews.com.tn/lhuile-dolive-devient-un-produit-de-luxe-pour-le-tunisien,519,75678,3

De même on peut lire en 2017: "Ainsi, [...] le développement des cultures dans le nord du pays est une priorité pour le ministère et que 2 millions d'oliviers y seront plantés dans les prochaines années.", voir le lien:

https://www.businessnews.com.tn/Samir-TaC4BCeb-prC3A9side-lE28099ouverture-de-la-ConfC3A9rence-sur-lE28099organisation-olC3A9icole,520,73622,3

==>

Oui, cette idée de vouloir exporter des "barils" d'huile d'olive plutôt que des barils de pétroles est absurde sans aucune étude intelligente préalable. Alors que la Tunisie et les Tunisiens manquent plutôt de pommes de terre et des légumes....

Les résultats de cette idée absurde d'exporter des "barils" d'huile d'olive sont néfastes pour l'économie tunisienne et pour notre auto-suffisance alimentaire... Oui, on n'arrive pas en 2020 à exporter notre surproduction d'huile d'olive et on ne peut pas faire bouffer aux Tunisiens quotidiennement un litre d'huile d'olive afin de calmer leur faim:((

Il est temps de se rattraper et de se méfier de nos intuitions superficielles quand on a la responsabilité de la nutrition de tout un peuple de 12 millions d'habitant. Oui, il faut faire des études sérieuses afin de prendre des décisions qui pourraient ruiner la Tunisie socio-économique...

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

DHEJ
| 20-01-2020 09:17
Comment le vidanger ou comment le remplir?

A défaut d'un bon emplacement et de bon dimensionnement, quelle régulation possible entre la vidange et le remplissage?!

Gestion des affaires courantes et HYDRAULIQUE de BERNOULLI!

Dr. Jamel Tazarki
| 20-01-2020 09:04
Introduction: L'Etat doit intervenir pour donner des projets innovants aux start-ups

I) La collaboration public-privé
Je propose de lire d'abord l'article sur le lien suivant qui parle de l'achat par l'Etat tunisien d'un logiciel à 76Millions de dinars afin de gérer les parcs de conteneurs de nos ports et aéroports:

https://www.businessnews.com.tn/coup-denvoi-du-nouveau-systeme-dexploitation-portuaire-tos,520,93355,3
==>

Si j'étais le Premier Ministre, j'aurais confié le projet de la programmation d'un logiciel de gestion logistique de nos ports, aéroports et nos chemin de fer à nos diplômés (gestion des parcs de conteneurs).

En vérité, on ne va utiliser au maximum que 5% des options qu'offre l'OTS, et vous savez pourquoi...


Pourquoi la chine utilise son propre logiciel afin de gérer des milliards de conteneurs de ses ports de Shanghai, Ningbo, Shenzhen, Qingdao, Guangzhou et Tianjin alors que la Tunisie ne fait pas confiance à ses académiciens afin de créer un logiciel de logistique afin de gérer nos ports relativement minuscules? Et que l'on pourrait commercialiser à l'international ou même l'offrir gratuitement sur le web afin de se faire un nom dans le monde informatique...

Comment voulons nous créer de l'emploi pour nos académiciens en chômage avec notre mentalité?

Il n'y a aucune collaboration public-privé en Tunisie ==> si l'Etat tunisien ne comprend pas ça, il serait difficile de résoudre nos problèmes socio-économiques. L'Etat doit intervenir pour donner des projets innovants aux start-ups, à nos académiciens, à nos universités à nos profs. universitaires, etc.

Il n'y a aucune créativité en Tunisie, c'est tout un peuple qui a attrapé le virus de la passivité mentale. Le rôle de l'Etat en cette période difficile est de remuer le peuple de sa passivité mentale...

Puis, il faut oublier cette idée à la con de construction d'une voiture tunisienne à la turc, Non, et non et non. La Tunisie à d'autres urgences que la fabrication d'une voiture...

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

Dr. Jamel Tazarki
| 20-01-2020 08:53
2ème partie

En Tunisie, 40% du déficit commercial est énergétique!
-Je propose de relire l'article "40% du déficit commercial est énergétique" sur le lien suivant:

https://www.businessnews.com.tn/40-du-deficit-commercial-est-energetique,520,94317,3

a) Je propose d'abord des solutions simples, efficaces et urgentes => fabriquer des biodigesteur afin de fabriquer de produire du biogaz.

Le biodigesteur anaérobie est un dispositif utilisé pour produire du biogaz, un mélange de gaz ' principalement du méthane ' produit par des bactéries digérant de la matière organique dans des conditions anaérobies. Un biodigesteur n'est donc rien d'autre qu'un réacteur chimique dont les réactions chimiques ont une origine biologique. Il est l'élément capital dans la transformation anaérobique.


Il existe différents types de biodigesteurs, certains traitant les déjections animales uniquement, d'autres les excréments humains, d'autres encore étant mixtes.

voir le lien suivants:
https://www.youtube.com/watch?v=f-Lz7vqIai0

Une jeune allemande commercialise des biodigesteurs en Afrique:
https://www.deutschlandfunkkultur.de/geschaeftsmodell-fuer-afrika-biogas-aus-dem-rucksack.979.de.html?dram:article_id=467930&utm_source=pocket-newtab

Avec un biodigesteurs et 5 Kg de défécation animale une famille pourrait satisfaire tous ses besoins en biogaz pour toute une semaine.

==>
Il n'y a aucune créativité en Tunisie, c'est tout un peuple qui a attrapé le virus de la passivité mentale. Le rôle de l'Etat en cette période difficile est de remuer le peuple de sa passivité mentale...




b) je propose une solution beaucoup plus technique mais que nos ingénieurs pourraient maîtriser, qui est celle de la Géothermie

Géothermie, l'énergie issue de la chaleur du sous-sol de la Terre:
"la géothermie est l'énergie issue de la chaleur du sous-sol. Les sols accumulent la chaleur sans cesse renouvelée par l'énergie radioactive et de la présence proche du magma en-dessous de la croûte terrestre. Ce principe consiste à extraire l'énergie contenue dans le sol pour l'utiliser sous forme de chauffage ou d'électricité. Selon les latitudes et les régions l'augmentation de la température avec la profondeur est plus ou moins forte, et varie de 3°C tous les 100 mètres.", voir le lien:
https://www.picbleu.fr/page/geothermie-l-energie-issue-de-la-chaleur-du-sous-sol-de-la-terre

1) La structure de la terre
https://www.pressreader.com/canada/les-fiches-du-petit-quotidien/20190308/281505047510474

2) L'Allemagne voudrait satisfaire tous ses besoins énergétiques à partir de la géothermie, l'énergie issue de la chaleur du sous-sol de la Terre.

3) je rappelle que la croûte continentale de la Tunisie ne dépasse pas les 10Km, alors que la croûte continentale de l'Allemagne dépasse en certains lieux les 30Km.

==>
Ce qui fait qu'en Tunisie nous sommes même relativement près du magma en-dessous de la croûte terrestre dont la température pourrait atteindre les 3000°C (ça dépend de la profondeur)

Je me demande ainsi pourquoi ne pas utiliser, comme l'Allemagne, la géothermie alors que nous avons l'avantage que notre croûte continentale est relativement mince? En plus la Géothermie est une énergie renouvelable qui nous permettrait de protéger notre environnement et notre écosystème...

La Tunisie n'a plus de visions intelligentes et nous refusons de reconnaître le changement de paradigme.

Dr. Jamel Tazarki, Mathématcien

PS: afin de rembourser notre dette (d'un point de vue mathématique/rationnel):
a) il nous faut une croissance continue de 3% pendant au moins 5 ans (ce qui est faisable)
b) notre dinar devrait retrouver sa valeur d'avant 2010 (afin de minimiser entre autres la valeur de notre dette)
c) faire travailler nos chômeurs même sur des chantiers d'infrastructure et de logistique (les faire même participer à la récolte des olives qui sont entrain de périr sur nos plantations)
c) se garantir l'auto-suffisance

mizaanoun
| 19-01-2020 22:24
Toutes les dettes des pays sous "domination" de l'axe du Mal, mais bien le Mal réel, Siono-Occidental sont odieuses conséquent aucun pays n'est obligé de les prendre en considération. D'ailleurs la France même est endettée auprès des mêmes banques privées qui appartiennent par hasard aux Rothschild- Lehmann Brother- Goldmann Sachs- JP Morgan etc. La dette de la France aujourd'hui équivaut au BIP. Les financiers ne demandent pas aux débiteurs de rembourser les montants de la dette mais seulement les intérêts ! C'est tout. Mais pour l'éternité. Ainsi sont-ils les diables ! Alors que les Etats-Unis eux-mêmes personne n'est en mesure de calculer leurs dettes auprès des mêmes banques privées alors qu'ils n'ont plus cessé d'imprimer des dollars en papier depuis 1971 quand Richard Nixon avait supprimé l'étalon-or. La globalisation ou la mondialisation est venue justement combler les banquiers les ardents désirs des mêmes banquiers de tenir le monde entier par les chaînes de l'endettement à jamais. Un de ces messieurs, « grand conseiller » des présidents successifs actuels de la France était tellement content de voir Jérusalem « finalement » annexée et devenue capitale, avec un large sourire, affirme qu'il voyait la ville historique devenir la « Capitale du Monde » et quel monde !

Larry
| 19-01-2020 21:43
Toutes ces méandres administratives ainsi que les douanes BLOQUENT tout les projets à venir par le manque d'objectivité pour produire nationalement ...
Combien de projets industriels n'ont pas vu le jour depuis 2011... Combien d'investisseurs ont été dégoutés par nos services douaniers et administratifs...
On ne produit plus rien... On n'exporte plus rien... Ne cherchons pas ailleurs !...

Tant qu'il n'y aura pas une réforme administrative de nos lois complètement hors d'actualité et obsolètes pour favoriser l'industrialisation, ne nous attendons pas à des miracles ...
(interdiction de fabriquer : des autos, des motos, des panneaux solaires, des drones, des télescopes, etc... etc... j'en passe et des meilleures)

A titre personnel (preuves à l'appui) je connais des investisseurs avec plusieurs millions d'euros... qui n'ont même pas pu obtenir un rendez-vous avec l'UTICA, le Ministère de l'Industrie, etc... Comment voulez-vous que ces gens là puissent faire travailler 800 personnes en emplois directs si on ne veut déjà pas les écouter. Il faut toujours une autorisation de Pierre, Paul, Jacques, etc... car personne ne veut donner son accord de principe.
Quant aux douanes, il faut d'abord investir avant de vous donner une réponse... et si réponse négative, ils ne pourront pas récupérer le total de leurs investissements...

Un trou sans fin notre administration.... Ne venons plus pleurer sur le pourquoi du comment !!!....

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