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L'essentiel de l'interview de Hichem Mechichi

Temps de lecture : 8 min
L'essentiel de l'interview de Hichem Mechichi


A peine un mois après son installation, le nouveau gouvernement de Hichem Mechichi se retrouve face à l’obligation de relever plusieurs défis. Outre la grande vague épidémique, la Tunisie a vécu, ces derniers jours, plusieurs tragédies successives allant du meurtre d'une jeune fille Rahma, du décès d'une fillette dans les égouts, de la mort d’un quinquagénaire lors d’une opération de démolition jusqu’à l’effondrement d’une maison à la suite d’une explosion de gaz. Aujourd’hui, suite à ces drames et après avoir déposé le PLF de 2021, le chef du gouvernement accorde sa première interview à la chaîne nationale face au journaliste Chaker Becheikh. Décryptage.


La gestion de la pandémie Covid-19


Dans un premier temps, le chef du gouvernement est revenu sur la situation épidémique, indiquant que la situation est difficile et assurant que le gouvernement ne restera pas les bras croisés face à la situation et qu’il la surmontera grâce aux efforts de tous les acteurs. « Ce que nous avons vécu au début n’était pas une première vague. Il s’agissait de quelques cas importés. Pour y faire face, l’ancien gouvernement a fermé le pays. Nous n’allons pas procéder de la même manière puisque cette méthode a démontré ses limites ».


Revenant à la gestion de crise, Hichem Mechichi a indiqué que cette mission revient à la commission scientifique, précisant que le gouvernement ne fait que traduire les recommandations de la commission en une série de mesures adéquates. « Les conclusions sont claires : l’unique solution réside dans les gestes barrières. Le gouvernement les a imposés en infligeant même des amendes en cas d’infraction. Nous allons mettre des masques à disposition des classes défavorisées. Nous avons injecté des fonds supplémentaires pour acquérir des équipements sanitaires et renforcer les ressources humaines ».


Le chef du gouvernement a abordé la question des aides reçues, assurant que les fonds n’ont pas été dépensés à cause de la bureaucratie et de la lenteur des procédures administratives, notamment l’élaboration des cahiers des charges et les appels d’offres. « Ceci est inadmissible, nous traitons une situation exceptionnelle avec des procédures classiques. Il faut agir d’urgence, nous sommes en situation de guerre et il est nécessaire de rompre avec ces procédures classiques ».


Et d’ajouter que le système de la santé publique souffre particulièrement d’un manque de ressources humaines, surtout au niveau de certaines spécialités. « Nous allons renforcer les ressources humaines et améliorer le niveau des équipements. Et ce à travers l’injection de fonds supplémentaires. Nous avons également décidé de considérer le Covid comme étant une maladie professionnelle. Toutefois je tiens à souligner que la majorité du personnel médical a contracté le virus dans le milieu privé et non dans le milieu hospitalier ».


Hichem Mechichi a abordé la question de l’exploitation de la situation épidémique par certains professionnels de la santé. Dans ce contexte, il a indiqué que l’Etat a multiplié les opérations de contrôle et d’inspection, assurant que les laboratoires ayant dépassé le tarif fixé par l’Etat ont été pénalisés. « Nous fixons les prix, nous multiplions les inspections et s’il est nécessaire de passer à la réquisition, nous le ferons ».


Toujours, dans le contexte épidémique, Hichem Mechichi a indiqué que le gouvernement tente de trouver un équilibre entre le respect des protocoles sanitaires et la situation économique. « Face à cette sinistrose, nous avons besoin de la créativité des hommes de culture pour mettre un terme à cette morosité ambiante », a-t-il dit en réponse aux protestations des artistes qui ont déploré l'arrêt total de leurs activités à cause des mesures sanitaires imposées par le gouvernement.


Situation économique et loi de finances 2021

Le chef du gouvernement s’est penché par la suite sur le volet économique et le projet de la LF 2021, « la situation des finances publiques est très difficile, nous sommes face à une dérive budgétaire. D’ailleurs nous avons révisé le déficit budgétaire de 3% à 14%. C’est un chiffre faramineux, mais nous avons opté pour la vérité et la transparence. Nous allons présenter les chiffres tels qu’ils le sont réellement, c’est l’unique moyen de rétablir la confiance. Nous ne pouvons entamer aucune réforme sans connaitre la situation réelle des comptes ».

Et de poursuivre : « nous avons respecté les engagements et les accords déjà conclus. Toutefois, nous n’allons pas nous engager si nous ne pouvons pas tenir nos promesses. Respecter les engagements concernant les augmentations salariales était indispensable pour rétablir la confiance avec les partenaires sociaux. Les bailleurs de fonds et les institutions financières internationales ont réagi positivement avec le gouvernement tenant compte de sa franchise et dans la présentation des chiffres réels ».


Hichem Mechichi a, également, indiqué que la situation financière est exceptionnelle et nécessite des mesures exceptionnelles. « C’est pour cela que nous avons recours à la banque centrale. Les expériences des autres pays ont démontré que l’intervention de la banque centrale n’aura pas forcément un impact sur l’inflation ou sur le cours du dinars ».

Revenant sur la situation des établissements publics, le chef du gouvernement a considéré que ces établissements nécessitent une réforme de fond. « Mais d’abord, il faut que l’Etat paie ses dettes. Il est inadmissible que l’Etat soit un mauvais payeur ».


Economie parallèle et circuit informel


En ce qui concerne l’économie parallèle, M. Mechichi a indiqué que l’Etat doit œuvrer pour encourager l’intégration du circuit formel. « Nous devons mettre en place les mécanismes favorisant l’intégration du circuit formel. Les contravenants par la suite seront sanctionnés, mais avant tout, nous devons chercher à faciliter les procédures et parvenir à un contrat gagnant-gagnant entre les différentes parties ».


Les négociations avec la coordination d’El Kamour


Dans un autre contexte, le chef du gouvernement a abordé les négociations avec la coordination d’El Kamour. « Nous n’avons pas négocié directement avec la coordination, mais l’UGTT et les différentes parties sociales. Je réitère ma position par rapport aux engagements de l’Etat qui doivent être tenus. Je ne suis pas en d’accord pour les entreprises de l’environnement, ce n’est pas le modèle économique que je souhaite pour le gouvernorat de Tataouine, mais les promesses de l’Etat doivent être tenues. Cela dit, la vanne ne doit pas rester fermée et nous n’allons tolérer aucun arrêt de la production dans n’importe quel secteur ».


Le drame de Sbeitla

A propos du dernier drame de Sbeiltla ; le chef du gouvernement a assuré que l’Etat doit assumer ses responsabilités, soulignant que c’est ce qui justifie le limogeage du gouverneur de Kasserine malgré la colère populaire qui a fait suite à cette décision.


La relation avec Kaïs Saïed

Dans un autre contexte, il a abordé sa relation avec le président de la République. « Sur le plan humain, ma relation avec le président de la République est excellente et basée sur le respect mutuel. Sur le plan institutionnel, elle est régie par les dispositions de la constitution qui fixe les prérogatives de chaque partie. En ce qui concerne le processus de la formation du gouvernement, j’ai consulté plusieurs parties, notamment le président de la République et ces consultations font l’objet d’une évaluation par la suite », a-t-il indiqué, expliquant que le ministre des Affaires culturelles n’a pas respecté les obligations de réserves la discipline gouvernementale ce qui a justifié son limogeage.

 

Dans ce contexte, il a affirmé que le remaniement ministériel ne peut s’effectuer sans évaluation préalable. « Certes, nous tenons à la stabilité de ce gouvernement apolitique, mais cela ne veut pas dire qu’on tourne le dos aux partis politiques ».


Quant au retrait du projet de loi protégeant les forces armées, Hichem Mechichi a assuré qu’il y a eu plusieurs divergences, ce qui a nécessité son retrait pour réexamen. « Toutefois, il est nécessaire de mettre en place une loi protégeant les sécuritaires, sur le plan moral, mais surtout matériel ».


Au final, Hichem Mechichi a assuré qu’il est issu de l’administration publique et qu’il n’appartient à aucun parti politique. « Je suis le fruit du système public. Je fais partie de la classe moyenne et j’ai profité de l’ascenseur social. Certes, je n’ai pas d’appartenance partisane, mais j’ai une sensibilité politique. Le fait que je sois issu de l’administration tunisienne est un atout puisque je connais ses rouages et ses défaillances et je sais parfaitement les points de blocage de ce système »



Sarra Hlaoui



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Commentaires (25)

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azzatata@gmail.com
| 19-10-2020 19:29
Il a raté sa vocation de chroniqueur, et puis il n'est surtout pas indépendant.
Celui qui prétend être indépendant ne doit pas se fier et se régulier de nahdha.
Ce pays ne peut pas avancés d'un iota tant que nahdha met les bâtons dans les roues dilune part et n'a aucune compétence d'autre part ; de plus ces gens-là ne pensent que négativement (volontairement ) et ne pensent qu'à leur intérêt personnel et à leur bien-être.

takilas
| 19-10-2020 19:02
M. Mechichi est censé promettre que les assassinats de Belaid, Brahmi, Naguedh, Chéri, les militaires, les gardes présidentiels et autres assassinats, crimes et délits, sont à élucider pour pouvoir repartir de bon pied.

TunExchange
| 19-10-2020 18:15
Des questions stupides
des reponses denuees de sens
CE MECHICHI 100% TRES FAIBLE - BECHYEMCHI -

zba
| 19-10-2020 17:29
il n'est pas à sa place.:
1) il ne comprend pas grand chose aux problemes economiques epineux et n'a aucune solution
2) il est à la merci de partis ennemis du pays
3) il ne fait que gerer l'existant: au jour le jour.
un vrai bureaucrate.
il ne m'a pas rassuré du tout.
Enfin le journaliste m'a paru unitile: aucune question intelligente et il ne fait que caresser dans le sens du poil

trump
| 19-10-2020 16:31
ce monsieur necessite un formatage

Rationnel
| 19-10-2020 13:06
Agréablement surpris par la performance de Mechichi, il maîtrise les dossiers, il est bien informé sur ce qui se passe ailleurs (politiques de la Fed & BCE) et semble comprendre la situation mieux que ses prédécesseurs.
Le c'?ur du sujet est la politique monétaire et la BCT. D'après l'article 9 de la loi de 2016 sur l'organisation de cette institution, la BCT est dans l'obligation de sauver de fournir la liquidité aux entreprises publiques et au gouvernement. Donc les l'application d'une politique monétariste inspirée par la "théorie monétaire moderne" est une obligation comme c'est le cas au Japon, en Europe ou aux USA.
Il est absurde d'avoir un taux de chômage de plus de 20% et présenter le prétexte qu'on n'a pas d'argent pour investir. Il est absurde de s'endetter en dollars pour payer des salaire en dinars, l'endettement ne doit pas dépasser le déficit commercial et le paiement des prêts.

DARK VADOR
| 19-10-2020 13:04
Démissionnez, vous allez être la cause d une guerre civile, avec votre lâcheté, vous avez pas les épaules larges, la fonction vous dépasse

TAW TCHOUFOU
| 19-10-2020 12:55
L'essentiel de l'interview de Mr Méchichi : rectification !
- Il ne peut que gérer " les affaires courantes ".
- Il ne peut pas faire appliquer la loi partout et contraindre les hors-la-loi à s'y plier ( contrebandiers , El kamouriens , et toute la smala !)
- Aucune initiative importante ne sera prise car pieds et poings liés par Ennahdha et Qualb Tounes , ses nouveaux alliés , ainsi que le Makhlouf , reçu souvent au palais !
- Relations avec le président exécrables , mais on réussit à sauver les apparences !
- Situation économique catastrophique , mais c'est parti pour durer , car sa propre administration fait du blocage , et il n'a pas la main dessus !
Bref , rien de nouveau sous le soleil , euh non ..... sous la grisaille plutôt !
- Ah , j'allais oublier ..... " il n'appartient à aucun parti politique " , mais ça ne change rien à l'affaire , puisqu'il ne peut rien faire sans l'aval de ses " nouveaux partenaires " !
Merci Mr le CDG pour ce " moment " de tv .... où on a rien appris de nouveau , mais où vous avez confirmé ce que l'on pensait déjà !

Narjess Larnaout
| 19-10-2020 12:52
Un chef de gouvernement choisi pour s en servir et non pour servir la Tunisie...l interview a demontre encore une fois la faiblesse et l incapacite de Mechichi d accomplir les responsabilites qui sont les siennes pour resoudre un minimum des problemes que traverse la Tunisie...une langue de bois..soumis totalement a la nouvelle troika Rached Ghannouchi/Nabil Karoui et Seifeddine Makloub..qui le tiennent par le bout du nez pour accomplir leurs programmes
Mechichi comme Beji Caied Essebsi fera tout pour les servir pourvu qu il occupe les bureaux d el Kasbah aussi longtemps que possible...il ne tentera jamais un acte politique ou social qui puisse irriter les bandits d El Kamour,ou les barons de l economie parallele et circuit informel ou mener une veritable guerre contre la corruption.. Mechichi est decide a suivre les consignes sous la table de la nouvelle troika qui en echange le menagera tant qu il restera docile ......Encore un responsable au minima pour servir ses maitres

Narjess Larnaout
| 19-10-2020 11:11
Il y a un gros probleme d identite en Tunisie...Le dinar tunisien (arabe : '?'?' '?'?'? ) est la monnaie de la Tunisie depuis le 1er novembre 1958, à la suite de la promulgation de la loi no 58-109 du 18 octobre 1958. Malheureusement c est le franc qui est souvent utilise dans la bouche des citoyens et le plus atroce c est que des hommes politiques, des experts en economie,des banquiers,des journalistes,des radios et des TV..continuent a ignorer que notre monnaie nationale est le Dinar et voila qu au cours de cette interview le journaliste Si Chaker commet la meme erreur au lieu du dinar il nous bombarde avec son franc au lieu du dinar..et le comble c est que le chef du gouvernement et representant de l Etat semble etre d accord pour n avoir pas corriger le journaliste il aurait du lui faire la remarque." Ya Si Chaker notre Dinar national existe depuis plus de 60 ans...et un journaliste de votre niveau ne peut pas se permettre l erreur de le remplacer par le franc en face du chef du gouvernement ...etc." J espere que Si Chaker evitera de tomber encore une fois dans ce piege et s engagera avec ses collegues a la TV nationale de corriger toute personne interviewee qui parlera du franc au lieu du Dinar....

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