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Matteo Salvini dépasse de nouveau les bornes

Temps de lecture : 5 min
Matteo Salvini dépasse de nouveau les bornes

 

L’ancien ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini a été à l'origine d'une vive polémique suite à la diffusion d’une vidéo le montrant à la porte d’un Tunisien habitant à Bologne, en Italie. Accompagné de caméras et de journalistes, le leader d’extrême droite a sonné à l’interphone d’une famille rien que pour demander à ses membres s’ils étaient des dealers de drogue. Un agissement offensant qui a été fortement dénoncé du côté tunisien.


Matteo Salvini s’est retrouvé, encore une fois, au cœur d’une polémique qui a visé, cette fois-ci, une famille tuniso-italienne. Célèbre pour ses propos racistes et radicaux, le comportement xénophobe de M. Salvini à l’égard de cette famille a pris, cependant, une dimension sans précédent. 

La vidéo a été, d’abord, diffusée en direct, dans la soirée du 21 janvier 2020, sur la page Facebook du leader de la Ligue qui contient plus de quatre millions d’abonnés. Dans cette vidéo, on peut voir une dame de la région indiquer à M. Salvini, entouré d’habitants du quartier situé à la périphérie de Bologne, un appartement d’une famille tuniso-italienne lui assurant qu’elle hébergeait l’un des plus grands dealers du quartier.

Suite à cela, Matteo Salvini a sonné à l’interphone de l’immeuble et a demandé à l’homme au bout du fil s’il était réellement un trafiquant de drogue. Il lui a, également, demandé la permission de monter chez lui pour s’en assurer, sans le moindre respect de la vie privées des individus concernés puisque l’on peut même entendre leurs noms dans la vidéo.

 

Il s’agissait d’un ressortissant tunisien en Italie âgé de 58 ans marié à une italienne et qui réside en Italie depuis 38 ans. La situation de l’homme en question en Italie est régulière et il travaille en tant que chauffeur d’un camion poids-lourd.

Pour justifier cet acte, Matteo Salvini a expliqué qu’il a agi en tant que citoyen suite à une plainte déposée par une dame du quartier ayant eu des soupçons autour de la famille en question. Mais sa justification n’a pas réussi à atténuer l’indignation des tunisiens.

 

L’ambassadeur de Tunisie à Rome, Moez Sinaoui était parmi les premiers à réagir estimant que le comportement de M. Salvini était honteux et portait atteinte à la réputation des immigrés tunisiens en Italie. M. Sinaoui avait, par ailleurs, dénoncé cet incident en adressant un message au président du Sénat italien exigeant des excuses officielles.

Le parti Attayar est, lui aussi, revenu sur la polémique émettant un communiqué condamnant les agissements de Matteo Salvini. La coordination d’Attayar en Italie a, dans ce sens, alerté contre les graves répercussions de ces actes racistes sur les liens amicaux entre l’Italie et la Tunisie.

Le député Yassine Ayari a, de son côté, dénoncé le comportement de Matteo Salvini via un statut Facebook annonçant qu’il avait adressé des correspondances au Sénat italien, à la Chambre des députés ainsi qu’à l’ambassadeur d’Italie à Tunis, Lorenzo Fanara. M. Ayari a, aussi, exhorté le ministre tunisien de l’Intérieur, Hichem Fourati à interdire l’accès à Matteo Salvini et le considérer, désormis, « persona non grata ».

 

Cet incident a, en outre, déclenché une vague d’appui populaire où un nombre de Tunisiens résidant en Italie ont mis à la disposition de la famille en question un avocat pour leur permettre de déposer une plainte contre Matteo Salvini et ce selon l’élu indépendant, Sami Ben Abdelali.

Pour sa part, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a qualifié Matteo Salvini de « xénophobe » et de « populiste » affirmant sa disponibilité à apporter un soutien légal à la victime de cette humiliation.

 

Indéniablement, ce n’est pas la première fois que l’ancien ministre italien de l’Intérieur, écarté du pouvoir en août 2019, s’en prend aux Tunisiens. En 2018, Matteo Salvini avait traité les migrants clandestins provenant de la Tunisie vers l’Italie de « délinquants » et d' « ex-détenus », suite au naufrage d’un bateau de migrants, en majorité tunisiens, au large de Kerkennah.

Ainsi, l’ambassadeur italien à Tunis a été convoqué par le ministère tunisien des Affaires étrangères. Lorenzo Fanara a assuré que les propos de Matteo Salvini ont été sortis de leur contexte et qu’ils ne reflétaient pas la valeur de la coopération bilatérale notamment en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

Toutefois, les positions de Matteo Salvini ne sont pas méconnues des Tunisiens. L’ex ministre ne s'en cache pas d'ailleurs. Matteo Salvini s’oppose fermement à l’immigration irrégulière et prône le rapatriement des clandestins choisissant de s’attaquer en premier lieu aux Tunisiens.

Matteo Salvini, qui est candidat au poste du Premier ministre après son éviction du département de l’Intérieur, est aussi un fervent défenseur de la souveraineté du sol italien. Il a, en effet, défendu le décret sur la sécurité « anti-migrants » attisant, ainsi, la colère de la gauche italienne aussi bien que celle du milieu associatif.

Un décret controversé qui lui a valu une forte mobilisation des citoyens italiens venus par milliers manifester à Rome, en octobre 2018, contre Matteo Salvini et les législations jugées racistes.

 

Quoiqu’il en soit, les convictions de Matteo Salvini et les valeurs qu’il défend ne doivent, en aucun cas, être exprimées au détriment de la dignité des Tunisiens. Qu’il s’agisse réellement d’une action citoyenne comme il a prétendu ou bien d’un coup de publicité orchestrée, M. Salvini semble avoir la mémoire courte quant à l’histoire commune entre l’Italie et la Tunisie.

La Tunisie, devrait-elle, peut-être, inviter de nouveau M. Salvini devant la même fresque représentant Hannibal Barca traversant les Alpes vers l’Italie au début de la deuxième guerre punique déclenchée contre Rome ? Un clin d’œil que la Tunisie serait, probablement, obligée de refaire…

 

Boutheïna Laâtar


 

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Commentaires (17)

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rz
| 27-01-2020 18:20
Ce n'est pas la peine de remonter jusqu'au grand HANNIBAL pour lui rappeler que la Tunisie a été de tout temps une terre d'asile pour les italiens qui étaient au besoin mais c'est vrai que s'était l'Italie du sud qui nous resemble comme 2 gouttes d'eau que Mr Salvini ne considère pas a juste titre faire parti de son Italie à lui.

Messaoud
| 24-01-2020 23:30
L'Italie a le droit de défendre son territoire.et lutter contre l'immigration clandestine. Mais sonner dans le domicile d'une personne sans preuves, mais seulement pour un bruit qui court relève de l'imbécilité et l'inexpérience. Et surtout un manque de savoir-vivre. Salvini se substitue au juge et à la police, et ceux sont les comportements typiques des dictateurs. Il faut se limiter à l'attitude de cette personne au lieu de tout évoquer drogue, prostitution etc..D'ailleurs concernant la drogue il y a bien des " collègues " locaux quant à la prostitution son existence est indispensable depuis la nuit des temps. Ceux sont toujours les frustrés et clients des prostituées qui dénoncent cette activité. Quand aux racistes et populistes chaque pays a les siens dans le monde politique .Nous en avons en Tunisie . Al-Karama et d'autres iar exemple.

Gg
| 24-01-2020 19:46
J'ai sorti quelques phrases:
"Matteo Salvini s'oppose fermement à l'immigration irrégulière et prône le rapatriement des clandestins...."
Oui, oui! Et alors, est-ce un problème? L'Italie a des lois, respectez les.

"...choisissant de s'attaquer en premier lieu aux Tunisiens"
Pas seulement, renseignez vous!

"Matteo Salvini... est aussi un fervent défenseur de la souveraineté du sol italien"
Encore une fois, où est le problème?

"les convictions de Matteo Salvini et les valeurs qu'il défend ne doivent, en aucun cas, être exprimées au détriment de la dignité des Tunisiens"
Tout a fait, soyez respectables, vous serez respectés!

"la deuxième guerre punique....un clin d'?il que la Tunisie serait, probablement, obligée de refaire"
Chiche, montez vos éléphants, et à l'assaut!



Boutheïna Laâtar



Tunisino
| 24-01-2020 18:17
L'Italie est un pays ou la mafia fait la loi, cet idiot de Salvini aurait dû faire mieux qu'utiliser des tunisiens exploités par les organisations criminelles italiennes. Les italiens sont de culture faible, ils font rire en Europe et aux Etats-Unis. Même leur industrie, elle est debout grâce à Hitler. Ce qui dérange est qu'aucun travail n'a été fait par l'Etat pour sensibiliser les tunisiens des dangers de l'immigration clandestine, aucun accompagnement des chômeurs, aucune organisation des opportunités journalières d'emploi, aucun effort pour implanter la fierté d'appartenance. Ce pays n'a jamais eu de projets sérieux, c'est le provisoire qui dure, et ce sont les faibles qui décident.

Nephentes
| 24-01-2020 14:55
Le rejet des communautes arabomusulmanes - particuletement les maghrebins- est profond generalise et durable

Ce n est pas un phenomene passager

Cela touche le monde entier du Canada jusqu a peu bienveillant a l Australie

En Italie le rejet prend des proportions massives ; une grande partie de nos emigres sont des delinquants

A Como Turin Genoa Milan Bologna Firenze des centaines de tunisiennes font le trottoir a cote des albanaises moldaves senegalaises

A Rimini les petits dealers l ete sur la corniche ce sont des tunisiens

Les espaces verts de Rome de Milan de Firenze de Bologna sont infestes de clochards clandestins qui vous devisagent sans vergogne et de prostituees maghrebines surveilllees par leurs maquereaux planques aux alentours

Apres vous vvoulez que .les Italiens nous veulent du bien

Les tunisiens comme d habitude sont des clochards cingles

Abel Chater
| 24-01-2020 14:17
Notre Prophète de l'Islam s'appelle Mohamed (salla Allah alayh wè salle), non pas "Mahomet" de votre haine.
Notre religion n'a qu'un seul nom "Islam". Vous en avez fait deux, "Islam" et "islamisme".
Malgré tout, nous vous lisons et nous comprenons ce que vous voulez nous dire.
Donc, sachez s'il vous plaît, que vous venez chez moi perdre votre temps avec Maldini, Salvini ou Mussolini, comme si ça pourrait changer quoi que ce soit du sens de mon intervention, du moment que l'article de BN l'évoque à plusieurs reprises.
II m'arrive souvent de trouver dans mes écritures des fautes de frappe que l'iPhone change du féminin au masculin, du singulier au pluriel et vice-versa, sans toutefois que le sens ni l'objectivité du texte ne soient lésés. Je souris, je ris et je me moque d'un certain solitaire, qui perd son temps à corriger les fautes des autres bêtement, sans la moindre pédagogie syntaxique. Il joue comme vous deux, aux Indiens qui lisent les traces des chevaux, sans rien comprendre de ce qu'ils portent ni de ce qu'ils veulent faire.
Quant à cette ruse talmudiquement sauvage, de toujours nous demander d'avoir compréhension pour nos bourreaux, tout en leur trouvant toujours des excuses sur mesure à leurs crimes, cela ne pourra en aucun cas passer avec moi.
Vous venez chez nous en Tunisie. Nous vous accueillons à bras ouverts. Le plus pauvre parmi les Tunisiens vous offre l'unique poule qu'il possède, pour vous faire goûter à son couscous. Malgré tout, vous rentrez chez vous la haine des chacals dans les yeux, pleins d'ingratitude. Vous ne respectez que les forts qui vous tapent dessus sans merci. Vous ne vous sentez forts que contre nous les affaiblis par plus d'un siècle de colonisation barbare. Mais hélas pour vous. La roue de l'histoire humaine tourne sans cesse. Vous finirez par vous sauver chez nous de l'autre rive de la méditerranée. Le Tout Puissant dont vous vous moquez de son Islam, saura diriger le vent du nucléaire vers ses utilisateurs. Nos historiens notent tous vos crimes d'une génération à l'autre. Nous saurons vous rendre la monnaie de votre hostilité.
Maldini ou Salvini. Au lieu de me répondre sur le fond, vous virez le sujet comme toujours vers l'écorce.

Gg
| 24-01-2020 12:11
"M. Ayari a, aussi, exhorté le ministre tunisien de l'Intérieur, Hichem Fourati à interdire l'accès à "...Matteo Salvini et le considérer, désormais, « persona non grata »"

Que voila une bonne idée!
De même, j'invite les Européens en général à bien examiner les b3 des députés tunisiens, et à refouler systématiquement tous les voyous et terroristes (dont Ayari) de l'espace européen.
Au moins protégeons nous tous de la décomposition de nos mliieux politiques.
Et nous, les peuples, se rend on compte que toutes ces ordures -Ayari, Salvini...- ont été élus?

Rami
| 24-01-2020 10:30
Salvini c'est trompé de porte et vous de nom ! L'erreur est humaine et que le tout puissant que vous implorez vous pardonne.
Maldini n'a rien fait, sauf si vous parlez d'un autre Maldini qui a vécu en Allemagne il y a 50 ans. Regardez devant, car le passé ne donne pas à manger.

Hafedh
| 24-01-2020 08:48
Maldini est un footballeur, de qui, de quoi parlez vous ? Avant de déverser votre haine et votre autosatisfaction, renseignez vous ou relisez vous. Ferrari, Lamborghini, Maserati, Alfa Roméo, Lancia, Fiat et j'en passe, sont italiens que je sache ? Faites de même !

Abel Chater
| 24-01-2020 06:58
Il m'arrive souvent de bien m'amuser lorsque je vois des Italiens, des Grecques, des Espagnols ou des Portugais jouer aux hautains arrogants avec les étrangers de leurs pays.
Je vous jure au Nom de notre Créateur Allah le tout Puissant, que nos "Chaouchs", nos balayeurs, nos éboueurs, nos femmes de ménage et nos serviteurs en Allemagne, n'étaient presque exclusivement que des Italiens, des Grecques, des Espagnols et des Portugais. Ils étaient bouche bée de ne voir les Tunisiens que dans les postes des étudiants et des étudiés. Ce ne fut qu'après la création de l'Union européenne, qu'ils commencèrent à avoir une grande gueule de bidons concaves. D'ailleurs, les Italiens du Sud sont bien connus pour préférer émigrer vers l'étranger, que d'aller travailler dans le nord de leur propre pays du côté de la Suisse, tellement ils souffrent de l'arrogance régionaliste de ces coqs de bruyère, de la sorte de cet "Arschloch" d'homosexuel Maldini.
Ne vous en faites pas, il viendra chercher refuge en Tunisie, comme son concitoyen d'Hammamet.

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