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Driss : nous en sommes encore à tenter de convaincre le président de la nécessité du dialogue
31/01/2023 | 11:16
3 min
Driss : nous en sommes encore à tenter de convaincre le président de la nécessité du dialogue

 

Le président de l'École politique de Tunis, Ahmed Driss, était l’invité, mardi 31 janvier 2023, de l'émission « Expresso » animée par Wassim Ben Larbi et diffusée sur les ondes de la radio Express FM.

 

Ahmed Driss a estimé, lors de son intervention qu’il n’existe dans les récentes législatives aucun fil politique clair qui va dessiner les contours de la nouvelle assemblée et autour duquel des blocs seront formés, ajoutant qu’il sera très difficile de définir qui a gagné et qui a perdu du point de vue du courant idéologique et des visions politiques.

« Que le président de la République dise que 90% des Tunisiens ne se sentent plus concernés par la politique n’est pas totalement faux, mais il faut savoir quelles sont les raisons qui ont conduit à cela. Il y a forcément un responsable et le président de par son pouvoir législatif qu’il exerce à travers les décrets est celui qui fixe les règles du jeu, il voulait assainir la scène politique, il n’a pas réussi à le faire, il voulait un parlement conçu différemment il n’a pas réussi, il voulait des élections transparentes, il n’a pas réussi aussi (…) si on considère tout cela comme un succès alors quel est l’échec et c’est à se demander si le président va demeurer dans le déni (…) la situation économique ne changera pas uniquement en organisation des référendums, organiser des élections et changer la constitution (…) nous avons besoin d’un dialogue et on appelle à cela depuis des mois et nous en sommes encore à essayer de convaincre le président de cette nécessité (…) mais là il pense qu’il est le plus fort et qu’il n’a pas à participer à un dialogue », a-t-il affirmé.

 

 

Le 4 janvier dernier Ahmed Driss avait souligné que la stabilité politique conduisait normalement à une productivité et à des résultats positifs aux niveaux social et économique. Ceci n’a pas eu lieu malgré la monopolisation des pouvoirs et l’harmonie entre les composantes du pouvoir politique en raison de l'absence de solutions et de visions. Il a estimé que le pouvoir en place était dans l’incapacité d’impacter le quotidien des Tunisiens.

 

Ahmed Driss avait estimé que le changement de mode de scrutin pouvait être la cause du faible taux de participation aux législatives du 17 décembre 2022. Il a expliqué que les partis politiques encadraient les électeurs et mobilisaient les citoyens. Le changement du mode de scrutin a éradiqué ce rôle. Il a, également, indiqué qu’une partie des électeurs avait refusé de participer à ce processus en raison de l’absence de prérogatives du prochain parlement. Il s’agira d’une assemblée chargée seulement d’accepter ou de refuser des propositions de loi.

Ahmed Driss a également déploré l’absence d’une alternative politique, optant pour la négociation et le dialogue, permettant de sortir de la crise politique actuelle. Le président de la République, selon lui, n’a pas l’intention de mener un dialogue. Il doit, selon lui, présenter une proposition. Il a mis en garde contre un conflit encore plus intense en raison de la dégradation continue de la situation économique du pays, de l’inflation, de la dévaluation du dinar et de la pression exercée par l’UGTT. Il a considéré que l’UGTT, l’Ordre national des avocats de Tunisie et la LTDH devaient communiquer au chef de l’État leur vision et leur proposition pour sortir de la crise. Ceci permettra d’ici fin 2023 de débloquer la situation.

 

M.B.Z

 

 

 

 

 

31/01/2023 | 11:16
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