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Le drame de Sabellat Ouled Asker
27/04/2019 | 12:00
4 min
Le drame de Sabellat Ouled Asker

 

Samedi 27 avril 2019, à 5h30 du matin, 12 travailleurs agricoles ont été tués dans un accident de la route survenu sur la nationale 13, au niveau du carrefour de Sabellat Ouled Asker, gouvernorat de Sidi Bouzid, alors qu'ils étaient en route pour leur travail. 20 autres ont été blessés.

 

Deux camions légers sont entrés en collision, l'un d'eux transportait des ouvriers agricoles. L'accident est dû, selon le communiqué du ministère de l’Intérieur, à l'éclatement du pneu de l'un des deux véhicules qui a perdu son équilibre et a percuté le deuxième camion.  Les blessés ont été transportés aux hôpitaux de Sabbelat Ouled Asker, de Sidi Bouzid, de Sfax et de Sousse. 

 

Selon un témoin interrogé par une confrère journaliste de la Télévision tunisienne, l’accident a causé la mort de femmes, d’hommes et d’enfants, tous en route pour aller travailler dans des conditions déplorables.

« Voici ce qu’ils transportaient pour manger, du pain rassis et un poivron ! Ils sont sortis pour aller travailler à 3h du matin et maintenant ils sont morts. Une famille entière a été tuée dans cet accident, quatre personnes ! Une femme était écrasée par le camion, des têtes coupées, des corps démembrés ! J’ai dû ramasser des membres dans mon écharpe ! » a raconté une femme, témoin de la scène, à notre confrère qui peinait à retenir ses larmes.

 

Le ministère de la Femme et de la Famille a précisé qu’il coordonne avec toutes les parties concernées pour que des mesures soient prises à l’encontre des responsables de l’accident. Les drames de ce genre frappent constamment les ouvriers agricoles, pour la plupart des femmes.

 

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sofiene Zaag, a annoncé qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame, ajoutant que le ministère de la Santé a mis en place tous les moyens nécessaires pour prendre en charge les blessés de l’accident.

 

Les organismes nationaux, UGTT, Utica et Utap ont exprimé leur soutien aux familles des morts et des blessés, appelant le gouvernement à prendre des mesures pour que les ouvriers agricoles puissent bénéficier d’un transport sûr et décent. Ils ont également condamné le laxisme du gouvernement devant la régularité de ces accidents, et son incapacité à mettre en pratique des accords et décisions déjà signés dans ce sens.

 

Ennahdha a, de son côté, appelé le gouvernement à prendre des mesures strictes pour réduire ces tragédies et l’ARP à approuver l'initiative législative présentée par le bloc du parti concernant la révision de la loi sur les transports terrestres pour réglementer le transfert des travailleurs du secteur agricole.

 

Nidaa Tounes a appelé, pour sa part, le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour mettre en pratique les décisions prises en faveur des ouvrières agricoles et pour mettre en place un contrôle strict permettant de réduire ce type de tragédies.

 

« Des transporteurs aspergent leurs camions d’eau pour que les ouvrières ne puissent pas s’asseoir et pour ainsi en transporter le maximum » a affirmé le ministre de l'Agriculture, Samir Taïeb dans une déclaration accordée aux médias. Le ministre a également souligné que l’accord conclu entre le ministère de l’Agriculture et les parties concernées, sur le transport des ouvriers agricoles n’est pas venu à bout des réseaux de transport illégaux.

 
Des propos confirmés par la ministre de la Femme, Naziha Lâabidi, qui a expliqué que l’accident d’aujourd’hui n’est pas de la responsabilité du gouvernement.
 
La ministre a indiqué, dans une déclaration à la TAP, que le gouvernement a mis en place tout un programme destiné aux ouvrières agricoles et que le chauffeur du camion est le principal responsable du drame. « Le gouvernement a appelé les gouverneurs, depuis septembre 2018, à accorder des autorisations aux chauffeurs du transport rural afin qu’ils puissent assurer le transport des ouvrières, cette circulaire n’a pas été appliquée jusqu’à aujourd’hui » a-t-elle assuré.
 
 
L’Association tunisienne de prévention routière s’est, quant à elle, indignée de la récurrence des accidents routiers alors que des mesures sont prises sans être appliquées. L’Association a annoncé des sit-in dans toutes les régions du pays, à partir de lundi, pour exiger la mise en pratique de toutes les mesures de sécurité routière.
 

 

Myriam Ben Zineb

27/04/2019 | 12:00
4 min
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Commentaires (23)

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Sémir
| 02-05-2019 10:34
Il faut savoir que les esclavagistes Tunisiens aspergeaient d'eau le camions pour que ces pauvres femmes restent debout dans le camion... cela fait moins de places !!!
Voilà jusqu'où va l'exploitation en Tunisie.
Un crachat pour tous ces gens-là.

adel
| 29-04-2019 15:52
Ce n'est pas une affaire de femmes, rurales ou autre et la cause de l'accident n'est pas un éclatement de pneu.
C'est une affaire de corruption, de relâchement total et d'irresponsabilité.
C'est une affaire de gouvernement qui considère les citoyens pire que le bétail.
C'est une affaire d'immobilisme et de rejet des responsabilités sur l'autre.
C'est une affaire de mentalité exécrable de nos dirigeants et des représentants du peuple.
Je continue ? '?'.

manixsv
| 29-04-2019 11:04
Forcement, le modèle économique des louages est totalement délirant et les amènent à se considérer comme des participants des 24H du Mans.. qui plus est sur des routes en mauvais état.
C'est a l'?tat d'édicter des règles ( ET DE LES FAIRE APPLIQUER) de manière à assainir la concurrence et le fonctionnement de ces entreprises de transport.
Mais les députés doivent d'abord aller profiter du goûter

Monia
| 28-04-2019 21:07
point à la ligne

HatemC
| 28-04-2019 18:50
Les islamistes et la plupart de tes protégés du CpR habitent la Marsa dont Mourou et l'ex sinistre de la femme la sinistre Badi '?' imbécile '?' Trouves mieux comme argument pour diviser ce pays saloperie immonde '?' HC

Zohra
| 28-04-2019 18:09
Non seulement les pratiques dangereuses du patronat agricole en matière de transport sans aucun minimum de sécurité

En plus les droits et les conditions de travail de ces ouvrières agricoles ne sont pas respectés : absence de contrats de travail, non respect du salaire minimum et du temps de travail, absence du moindre droits, ni congés, ni couverture sociale, des fois même la rémunération est définie non pas en fonction du nombre d'heures travaillées mais en fonction de la pesée des récoltes l'esclavage quoi autrement dit
Privé même de leur droit à la retraite, les vieux sont obligés de travailler tard jusqu'à épuisement.

Il est temps de sortir dans ce secteur vital de la marginalisation.

A l'époque de Bourguiba il était bien organisé ce secteur "les coopératives", avec des droits a la participation au bénéfice et des droits à la pension retraite ect. ..

Aujourd'hui retour à l'esclavage malheureusement

Raad
| 28-04-2019 10:24
Cette ,ou ces catastrophes ne sont que de la faute de l'humain, du manque de sérieux, du gaspillage de tout genre.
On transporte des hetres humains comme du bétail, sans aucune considération.
Honte à ceux qui profite de ces pauvres gens qui ne demandent que travailler pour nourrir leurs familles et vivre le plus simple du monde.
Voilà à quoi cela nous conduit, par le manque de civisme des uns et des autres, à des catastrophes et des pertes humaines.
Des mères de familles entière disparaissent par la faute des imbéciles qui n'ont rien dans la tête.
Que dieu les beni et apaise le chagrin de leurs familles.

Le Baron
| 28-04-2019 09:27
Ces femmes n'habitent pas à la marsa, elles sont pauvres et n'ont aucun soutien ni intérêt, elles sont déjà de l'histoire ancienne, rien ne changera pefff

Zico
| 28-04-2019 03:08
Lorsque vous circulez en campagne sur les routes secondaires surtout le matin vous allez voir plusieurs de ces camions transportant homme femmes et enfants comme du betail. C'est une image anodine pour les habitués mais qui continue toujours de m'etonner parcequ'elle montre a quel point on ne se soucit des regles de la securité routiere en Tunisie.
C'est malheureux a quel point ce peuple est insouciant de preserver la vie.

Trançonneuse
| 28-04-2019 00:25
Tous ceux qui réagissent d'une manière officielles le font juste pour ne pas être mis sur le banc des accusés: ministres, chefs de partis (yerzina fikom inchallah ellkol), députés, etc. A les entendre ils ont tous proposé des initiatives qui n'ont pas abouti faute d'entrain de la part de leurs adversaires.
Ils roulent dans des berlines rutilantes avec 8 airbags, des prétentionneurs de ceinture, des zones d'absorption de choc et ayant 5 étoiles à l'Euro Ncap. Certains comme le gourou baveux à la voix de bouc roulent dans des voitures blindées et se font ouvrir la route pour ne pas être dérangés par les autres automobilistes. Tous ces minables ont maintenant un avis et surtout une conscience. Taisez-vous à jamais: on ne vous aime pas et on souhaite votre disparition pure et simple.
Si l'Etat devait agir en urgence il faudrait endiguer la corruption chez la flicaille à coups de renvoi et de procès