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L'économie tunisienne sous la loupe de l'OCDE
05/04/2022 | 12:42
7 min
L'économie tunisienne sous la loupe de l'OCDE


La pandémie provoquée par la propagation du Coronavirus a paralysé l’économie tunisienne. Elle a, selon le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), frappé une économie qui souffrait déjà, mettant ainsi sous le feu des projecteurs des vulnérabilités de diverses natures.


Le rapport sur l’économie tunisienne publié le 4 avril 2022 a souligné la contraction enregistrée dans la totalité des secteurs et la chute brutale des investissements et des revenus. Le directeur général de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation avait annoncé une baisse de près de 15% des investissements déclarés en 2021 par rapport à l’année précédente. Le PIB, quant à lui, a enregistré une baisse de 8,8% en 2020.

L’OCDE a considéré que « la marge de manœuvre budgétaire pour procéder aux investissements nécessaires dans les infrastructures est limitée par le déficit budgétaire et la dette publique, qui reflètent en partie l’ampleur et l’expansion de la masse salariale du secteur public ». Pour rappel, la loi de Finances 2022 a fixé le budget de l’État à 57.291 millions de dinars. Les dépenses de l’Etat ont été estimées à 47.166 millions de dinars dont 8.364 millions de dinars alloués à l’investissement, soit près de 14,5% du budget de l’Etat. Ce pourcentage est proche du déficit budgétaire qui a été évalué à 8.548 MD (en comptabilisant les dons), soit 6,2% du PIB et 14,9% du budget de l’Etat.

La crise économique résultant du Coronavirus a, également, mis la lumière sur la situation catastrophique des entreprises publiques. Le déficit de la CNSS, à titre d’exemple, a atteint 1,07 milliard de dinars en 2020. L’OCDE a, également, évoqué les entraves à la concurrence et le monopole de l'Etat exercé dans certains secteurs. « Les entreprises publiques jouissent d'un fort pouvoir de marché et de conditions de financement favorables, mais leurs performances sont médiocres, ce qui oblige l’État à procéder à des injections de capitaux et à garantir leur dette, qui est en augmentation et occasionne un risque budgétaire » a indiqué le rapport. Pour rappel, la dette de la Régie nationale des tabacs et des allumettes avait atteint, en 2020, 645,7 millions de dinars.

Le rapport de l’OCDE a recommandé aux autorités nationales de créer une agence des participations publiques ayant pour principal rôle l’évaluation de la performance, de la restructuration, de la privatisation, et du renforcement des entreprises publiques. La même source est revenue sur le rôle de l’Instance nationale de lutte contre la corruption, de son indépendance et des ressources mises à sa disposition.


Concernant la transition énergétique, l’OCDE a appelé à la promotion des énergies renouvelables en encourageant les investissements et les partenariats public-privé. L’observatoire a souligné l’importance d’ajuster le cadre réglementaire et la fiscalité sur le carbone. Celles-ci devraient opter pour une réduction des subventions énergétiques et une augmentation des transferts directs aux ménages nécessiteux.


L’OCDE a expliqué, dans son rapport, que la reprise de l’activité économique sera lente vue l’absence de réformes structurelles ou le manque de profondeur, dans certains cas, de celles-ci. Le rapport a mentionné un certain nombre de recommandations antérieures et a indiqué que peu d’avancement ont eu lieu à ce sujet. Il a évoqué l’absence de réformes en matière de justice fiscale et de la promulgation d’un code général de l’impôt. Il avait estimé que cette démarche simplifierait les procédures et renforcerait l’engagement des citoyens. La même source a critiqué le maintien du système des autorisations causant un ralentissement et un blocage dans plusieurs secteurs.

 

Afin d’atteindre une reprise durable, de stimuler l’économie tunisienne et d’éviter la dégradation des conditions sociales et économiques des citoyens, l’OCDE a publié plusieurs recommandations dont les éléments suivants :

- Envisager d’étendre le pass sanitaire à la plupart des activités et à l’exercice de certaines professions. Intensifier les efforts pour mieux couvrir les zones rurales, notamment grâce aux centres mobiles de vaccination et à l’activation des acteurs locaux.

- Continuer d'appliquer des mesures de soutien budgétaire pour les foyers et les secteurs de l’économie les plus vulnérables jusqu'à ce que la reprise économique soit bien engagée.

- Veiller au maintien d’une inflation modérée en consolidant l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie et en évitant de recourir au financement monétaire du déficit budgétaire.

- Afin d’adopter une politique monétaire de ciblage d’inflation, suivre une feuille de route qui comprenne une stratégie de communication transparente et crédible, la capacité de produire des prévisions d’inflation à partir de plusieurs indicateurs, y compris des enquêtes régulières sur les anticipations d’inflation, et une approche opérationnelle donnant des indications sur l'orientation future de la politique monétaire.

- Définir, annoncer et mettre en œuvre un plan budgétaire à moyen terme qui permettra de réduire les dépenses courantes tout en ménageant une marge budgétaire pour faire face à des risques éventuels et augmenter l’investissement public dans les infrastructures.

- Diminuer le nombre des régimes spéciaux et les exonérations de TVA, mieux contrôler le régime forfaitaire, soutenir l’application des règles fiscales et rédiger un code général des impôts complet.

- Limiter les recrutements et les promotions internes dans le secteur public ; faciliter les départs volontaires ; et subordonner les ajustements des traitements au respect de critères de performance.

- Accélérer les processus de restructuration des dettes à travers les dispositifs extrajudiciaires de traitement de l’insolvabilité et la création de chambres spéciales dans les tribunaux chargés des affaires concernant les entreprises.

- Réduire les autorisations préalables pour les entrées sur le marché et l’investissement, tout en maintenant des contrôles a posteriori transparents pour assurer le respect des règles. Appliquer une règle de consentement tacite et mettre en place des guichets uniques chaque fois que possible.

- Procéder à un examen complet des subventions et incitations fiscales existantes et à une évaluation de leur impact, et simplifier le système fiscal.

- Améliorer la sélection et la formation initiale et continue des enseignants dans l’éducation et la formation professionnelle, avec une attention particulière aux compétences pédagogiques.

- Mieux informer les élèves du secondaire et les adultes des perspectives d’emploi et de rémunération pour chacune des filières de l’enseignement supérieur et de l’Ecole de formation professionnelle.

- Mettre en place un code d’identification individuel unique pour favoriser l’échange de données entre les ministères et améliorer le système informatique pour évaluer les résultats des programmes de formation et d’enseignement sur le marché du travail pour mieux faire coïncider les compétences demandées dans les offres d’emploi avec les qualifications des demandeurs d’emploi.

- Réduire les facteurs incitant les nouveaux arrivants sur le marché du travail à attendre un emploi dans le secteur public, en ouvrant les procédures de recrutement de la fonction publique à tous les candidats, y compris les travailleurs expérimentés du secteur privé, en basant les recrutements exclusivement sur des tests de performance normalisés et en réduisant les écarts de salaires entre le secteur et les entreprises publiques et le secteur privé.


On notera que l’OCDE a souligné l’impact de l’incertitude politique sur la reprise économique et le coût d’accès aux marchés financiers.

 

Sofiene Ghoubantini

05/04/2022 | 12:42
7 min
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Commentaires
Warrior
économie se résume en ................................
a posté le 06-04-2022 à 14:37
jeter à la mer des chomeurs, pour qu'ils vous envoient des devises.
fabriquer des diplomés à la chaine, dont l'économie n'a pas besoin.
former des ingénieurs, alors qu'il n'y a pas d'industries = "les tapis avant la mosquée" =futur chomeurs ou fonctionnaires burocrates inutiles.
gaspillez les devises à importer l'inutile, le néfaste: alcool, whiskey , bananes , aliments pour chiens ...
etc ....
DHEJ
Un mot clè: déficit budgétaire
a posté le 06-04-2022 à 10:11
Aucun mot sur la canalisation de la "TVA" PERDUE!

Un gouvernement schizophrène comme cette OCDE qui veut égaliser entre le réel et le forfaitaire!