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Chroniques
Une loi à briser les jeunes
Par Synda Tajine
02/02/2021 | 18:09
4 min
Une loi à briser les jeunes

 

On marche vraiment sur la tête. Tout ce qui s’est passé ces derniers jours a de quoi vous faire perdre foi en l’avenir et, au passage, perdre complètement la tête.

 

Dans ce petit pays - plein d’espoir et de promesses pour les générations futures - des jeunes écopent de 30 ans de prison pour avoir fumé un joint dans un lieu public. La supposée tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat ressemble plus à un épisode de X Files qu’à une menace sécuritaire de la plus grande gravité. Le Parlement a des allures de cirque dans lequel les députés s’insultent, s’agressent physiquement et utilisent des mégaphones pour se faire entendre. Notre Constitution (la meilleure au monde) est un champ de mines truffé de pièges et la pandémie bat son plein au cœur d’une crise économique dont on ne voit pas le bout.

 

Pour nous, la vérité est vraiment ailleurs. Mais elle ne l’est certainement pas dans les tiroirs du Parlement. Là où les projets de lois les plus urgentes, s’entassent, croupissent et prennent la poussière dans l’espoir de jours meilleurs. 

Au diable la cour constitutionnelle en pleine crise politique ; le projet de loi pour la responsabilité médicale en pleine pandémie et les nombreuses révisions de lois liberticides et inconstitutionnelles qui doivent être faites…dans l’urgence.

Que de lois - de nécessité capitale pour les citoyens - qui attendent patiemment que les députés finissent de se chamailler pour faire, enfin, le travail pour lequel ils ont été élus et pour lequel ils sont payés.

 

Au Kef, trois jeunes ont écopé, chacun, d’une peine de prison de 30 ans. Un excès de zèle d’un juge qui a décidé de recourir à la peine maximale sans penser une seconde aux conséquences réelles d’un jugement complètement déconnecté de la réalité.

S’agit-il de la première fois que des citoyens tunisiens fument des joints de cannabis dans un lieu public ? Certainement pas. Pourquoi donc ce verdict ? Le juge a tout simplement décidé de juger chaque acte séparément et d’y infliger la peine maximale. Les jeunes gens ont donc été condamnés pour, séparément, détention, consommation et utilisation de stupéfiants dans un lieu public. Trois charges lourdes pour un simple joint.

 

Dans un pays dans lequel les jeunes suffoquent, les drogues récréatives et douces restent un exutoire très répandu. La Tunisie compte plus de trois millions de consommateurs de cannabis. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter chaque année touchant majoritairement la population des 18-30 ans. La zatla représente à elle-seule 90% de consommation de drogue dans le pays et chaque année, plus de 1000 tonnes entrent en Tunisie.

Au lieu de miser sur la sensibilisation et la réglementation d’un marché livré à lui-même, les autorités préfèrent le moyen, plus simple et plus rapide, de la répression en s’appuyant sur une loi qui date des années 50. 

 

Le combat pour réviser cette liberticide loi 52, née dans un contexte politique très particulier, a été souvent marginalisé et critiqué comme étant une « énième tentative de dépraver une société fondamentalement conservatrice ».  Mais le combat pour abolir l’article 52 est un combat social et représente une question de conscience collective.

 

Non, décriminaliser le cannabis ne revient pas à encourager les citoyens à devenir des junkies. Non, supprimer les peines de prison ne revient pas à pousser les jeunes vers le fléau des drogues dures. Non, entasser des jeunes dans des prisons et compromettre, pour toujours, leur avenir n’est pas le meilleur moyen de les protéger des dérives de la drogue.

 

Au lieu de s’attaquer à des fléaux réels, comme les drogues dures et synthétiques, le législateur perd son énergie en infligeant les peines les plus lourdes pour un simple joint de cannabis. Une substance douce et récréative et plus répandue que ce qu’on croit. L’hypocrisie sociale et la paresse politique font que nous appliquons les peines les plus dures contre une substance sans aucune information, ni sensibilisation. Ces peines, d’un autre temps, n’ont pas pour vocation de dissuader les jeunes ou de les protéger mais tout simplement de les briser.

 

Alors que les organisations et les défenseurs des libertés s'époumonnent depuis des années en appelant à réviser cette horrible loi 52, il aura fallu une peine ridicule et un véritable tapage médiatique pour qu'un projet de loi soit, de nouveau, déposé à l'ARP. Reste à espérer qu'il connaitra pas le même sort que celui de 2016....

 

Février 2021, au cœur d’une reconstruction démocratique, il est plus que jamais temps de se poser des questions sur la stratégie que l’Etat a pour ses citoyens et ses jeunes. Chaque année, la rupture entre le peuple et ses gouvernants se fait de plus en plus profonde. Elle l’est encore plus concernant sa jeunesse et anéantit, petit à petit, les maigres espoirs qu’ils nourrissaient d’être enfin compris et acceptés chez eux…

 

Par Synda Tajine
02/02/2021 | 18:09
4 min
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Commentaires
Achille
En fin mot pour la condamnation de 30 ans
a posté le 03-02-2021 à 13:07
Pour les trois jeunes adultes respensables qui ont pris 30 ans pour mise en place d'une bande organisée (et non pas juste pour avoir fumé un joint on est bien d'accord), disons ils font 10 ans de peine et sortent pour bonne conduite. Dans tous les pays du monde les grandes peines sont revus chaque palier, si le détenu mérite de sortir avant il est libéré. Mais sous conditions de ne pas reprendre, donc récidive égale remise en détention pour le reste de la peine.

L'effet de dissuation contre la délinquance ici il est superbe vous n'êtes pas d'accord ? tout le monde est d'accord ? le peuple tunisien crève de mesures ferme, il crève sous l'insécurité, il veut de la réaction venant de la loi et de l'état, il n'en peut plus ya Synda haka wala lé, t'es bien d'accord ladessus !

Il faut protéger ce petit miracle judiciaire venant de ces juges qui sont eux même un miracle pour avoir lancé un missile nucléaire contre la délinquance pour sauver ce pays qui va couler au fond de la méditerranée !

Laissons cette condamnation s'épanouir dans la société, montrer qu'elle a la, qu'elle existe, laissons la fumée de ce missile visible, son bruit, sa force, sa vitesse, et son explosion sur les terres de la délinquance, un missile contre la no-man's-landisation ( verbe du mot no man's land) de la Tunisie !

Je pense que sur ce point la on est tous d'accord, et on espère des peines pareil pour les délinquants braqueurs, violeurs, tueurs, etc..

Pour que la Tunisie ne meurt pas en ces temps ci où elle risque de mourir ! Toute dissuasion est bonne a prendre et a utiliser quand il s'agit de la pérennité du pays !

Donc on est bien d'accord ? Donc des peines lourdes de dissuasion pour toute la délinquance mais 'ta7t 7es mes' (sans ébruiter ça au niveau sociale pour garder l'effet dissuasif) ils sortent avant, disons ils font 10 ans minimum (c'est rien 10 ans, tout le monde perd 10 ans dans sa vie) sous bonne conduite et avec formation faite en prison et sous programme d'insertion sociale, mais liberté sous conditions donc ! toute récidive les ramène direct en cellule pour purger l'ensemble de la peine.
Achille
Avant de parler de réglementation pour tout le monde
a posté le 03-02-2021 à 12:51
Parlant de réglementation ciblé !

L'identité du consommateur doit d'abord être établit au préalable, son intention de même.

Le consommateur de cannabis doit être identifié et doit disposé d'une licence, ceci pour éviter le même scénario que les armes a feu.

Donc il faut établir qui peut fumer ? qui peut en acheter ? et qui peut en vendre, où et sous quelles quantités ?

Vois-tu Synda, par exemple vous en tant que journaliste patriote, personne cultivé, saine d'esprit, dans les intentions envers autrui ne sont pas officiellement établit hostiles, bien que rien ne garantie qu'un jour vous preniez les armes contre tout le monde sous l'emprise d'un ras le bol total vous vous mettez a descendre l'ensemble de BN et a cribler de balles Nizar Bahloul par exemple pour sortir dehors et descendre tout le monde, on sait pas c'est possible dans l'absolue non sachant que la Tunisie peut rendre fou tout le monde ?

Imaginez une société déja conduite a devenir folle se faire inviter a consommer des psychothropes a sa guise.

Les islamistes n'auraient plus besoin je pense de donner l'ordre aux djihadistes pour massacrer les tunisiens, ces derniers se massacreront d'eux même.

Donc établir d'abord la santé psychologique, l'identité et l'intention de l'individu qui veut consommer des substances psychothropes est necessaire.
Une licence donc doit être délivrer comme pour les armes aux USA (bien que vous voyez bien que même sous réglementation les armes aux USA circulent librement).

Donc disons qu'un couple veut plus de sensation au lit, le mari et sa femme veulent acheter du Canabis en pharmacie, ils doivent présenter leurs licence et doivent dire pour quoi. Dans cette licence il est bien écrit, individus saint d'esprit, ne présentant pas de potentiels dangers de déviance mentale ou morale, d'identité de citoyen simple et sans problème avec la justice sans casier judiciaire. La pharmacienne doit inscrire un coupon où sera inscrit dessus l'intention, le pourquoi le cannabis est délivré, donc dans le cas du couple par exemple, pour plaisir commun au lit, on mettra ça plus discrétement on dira "usage intime". Y'aura l'usage intime solo, pour celui ou celle qui veut planer chez lui seul tranquille sans présenter de danger a la société une fois son cerveau altéré. Y'aura aussi l'usage en groupe, donc canabis dans une fête pour s'éclater, dans ce cas il faut des conditions de garantie de cloisonnement de la fête, ici avec la licence pour chaqu'un d'entre eux.

Par exemple voila ce genre de réglementation oui. La je suis d'accord, ça éloigne l'individu délinquant, le repris de justice, le criminel en série, etc..
'?a éloigne les jeunes, donc licence majeure. Rappelons que les collèges et lycée sont gangréné par la zatla. Des gamins qui fument est ce ça la société que vous voulez établir ?
Ca éloigne donc toutes les possibilité de casser la société et de l'entrainer dans un bordel ingérable.
Achille
Le cannabis, porte ouverte aux drogues dures. Et une possibilité d'une réalité amer face aux rêve
a posté le 03-02-2021 à 12:32
Le cannabis est une substance qui rend addictif, c'est une drogue, une fois consommé on en veut encore et plus, celle ci peut induire une dépendance chronique et substantiel de la famille des hallucinogène, c'est a dire qu'un fumeur de cannabis sous dépendance va avoir envie d'essayer d'autres substance hallucinogène, et en effet crescendo induit donc un comportement de recherche de sensations plus forte et de substance plus forte, donc une porte ouverte sur les drogues dures, par effet de crescendo une porte ouverte sur les drogues les plus fortes du monde.

C'est le problème des pays sous gangrène de la drogue, les pays latino américains. Où la société consomme de la drogue et les cartels de drogue règne sur la société.

Réglementé le cannabis ne sert a rien ici, dans le contexte tunisien actuel, c'est a dire d'un pays effondré, la réglementation en elle même dans le concept ne marchera pas, personne ne la respectera, ni les délinquants, ni les trafiquants qui verront ça comme une autorisation a faire entrer dans le territoire des drogues dures et a en vendre en quantité. Déja que le pays n'arrive pas a tenir la contre bande, ni des poubelles qui entre en milliers de tonnes depuis l'Italie pour nous ensevelir dans la toxicité comme dans une guerre chimique.

Donc entre le rêve d'un modèle sociale parfait et d'un pays parfait tenu par un état parfait, et la réalité Synda il y'a un monde ici.
Faut pas rêver sur le même modèle de la révolution qui serait parfaite dans le récit des mains de ceux qui détruisent le pays en la montrant comme une réussite totale ! la réalité est tout autre, c'est même le contraire.
Achille
Le cannabis substance psychotrope qui altère le fonctionnement du cerveau, qui altère l'équilibre de la société
a posté le 03-02-2021 à 12:14
Le cannabis est un psychotrope hallucinogène, c'est a dire il entraîne une altération du système neuronale et des zones du cerveau respensable de la cohérence de la pensée, de l'humeur et de la perception des objets, ici juste sur ce dernier point, un fumeur de cannabis qui conduit ne peut plus percevoir ni distinguer la forme et la distance entre les objets, le zone du cerveau qui gère la perception du plan physique et de la forme elle devient altéré, elle ne fonctionne plus correctement, ceci veut donc dire que toute personne fumant du cannabis et conduit peut tuer sur la route ou se tuer.

Ceci c'est sans parler du reste des altérations neuronales, le temps de réponse pour freiner par exemple, il devient plus long, car les neurones ne fonctionne plus, et les neuro-transmetteurs (entité chimique qui transmet l'influx nerveux entre les neurones) ne se raccordent plus aux synapses (port de communication entre les neurones la où le neuro-transmetteurs vient se poser pour déposer l'influx electrique donc le message).

Tout ce circuit est bousillé, le fumeur peut donc tuer sur la route, comme une personne alcoolisé c'est la même chose.
Pire que l'alcool le fumeur de cannabis a la perception et la pensée déraillé de sorte qu'elle se déforme, c'est a dire qu'un fumeur délinquant avec une pensée criminel on va dire allant de 6 sur une échelle de 10 va avoir du mal a quantifier la notion du bien et du mal, ce qui va induire une pensée criminel désinhibé qui ira donc a 10 sur une échelle de 10. On le sait très bien en Tunisie on a un terme déja pour ça, on dit "mzatel", pour dire un une personne a tendance délinquante qui a commis un crime sous emprise d'herbes.

Donc le cannabis est une substance psychotrope qui altère le fonctionnement normal du cerveau et altère le comportement normal de l'humain, et dieu sait que déja les délinquants au sein des jeunes en Tunisie sont légions, et dieu sait aussi combien de jeunes et d'individus tout court en Tunisie ont déja le comportement altéré par une culture effondré, milieu effondré, conditions effondrés, civilisation effondré.

Clairement le cannabis est donc un moyen de pousser la société tunisienne a plus d'altération du comportement et de la pensé dans une société déja altéré politiquement, culturellement par l'islamisme et le djihadisme et le culte de la délinquance (série télé désormais de délinquance alias awled moufida et autres) en y ajoutant les habitudes et coutumes et fondement sociaux obscures qui vont a l'encontre de la liberté et de la normalité.

Autres points :

Achille
Cher Synda Tajine, les jeunes fumeurs de cannabis ce ne sont pas des hippies
a posté le 03-02-2021 à 11:54
Ya Synda, tu sais que je suis un jeune, je l'ai déja dis dans ton dernier article. Donc tout ce que je vais dire ce n'est pas a prendre par de l'hostilité a la jeunesse puisque ça vient de la jeunesse que je suis.

Laisse moi te dire quelque chose, puisque tu parle d'hypocrisie. Faut pas nous la faire film américain sur l'époque hippie. Les jeunes fumeurs de cannabis en Tunisie ce ne sont pas des hippies qui voient la vie comme un vallée remplies de fleurs où tout le monde court et saute et joue dans la paix en faisons ensuite l'amour a sa copine ou copain pour finir par dormir a la belle étoile sous une tente ou dans une cabane en bois. Et en faire un style de vie, vivre d'amour et d'eau fraîche comme on dit.

Vois-tu, les jeunes tunisiens et les hippies de l'Europe des années 40 jusqu'a 80, c'est pas la même chose, ni la même culture, ni le même monde. Les uns c'est un monde ravagé, un monde obscure, un monde infiltré par la délinquance et le crime, et les autres c'est un monde merveilleux, un monde de la paix, un monde post guerres mondiales, un monde basé sur la philosophie de l'humain sensible et fragile et de la vie qui est elle même sensible et fragile.

Donc étant donné que ce n'est pas le même monde, ni la même culture, ni les mêmes données géopolitiques, l'un c'est la fin de la guerre, dans un monde construit et qui se construit a la vitesse grand V allant jusqu'au super developpement et aux droits humains, l'autre c'est en plein dans les guerres du 21 ème siècle dans la déconstruction et l'effondrement.

Donc comprenons déja où ça se passe, chez qui ça se passe, comment ça se passe, dans quel contexte, dans quelles données locales et mondiales.

Ceci rend donc la chose claire, et elle est claire car nous la voyons de nos yeux.
Les jeunes en Tunisie sont plus suceptible de tomber dans la délinquance que de tomber dans la philosophie hippie. Ils sont plus appelé (si ce n'est appelé tout court) a tomber dans le djihadisme, le sectarisme, le communautarisme, le fondamentalisme islamiste, le crime, la trafique en tout genre, l'anarchie, la dépravation morale, l'absence de culture et d'intellect, l'absence de perception claire envers les enjeux (manipulation direct facile des jeunes, a la guise)

Donc le cannabis dans les mains d'un jeune tunisien ce n'est pas le cannabis dans les mains d'un hippie scandinave en plein époque d'affranchissement de l'humanité et de super développement.

Ceci ayant été dit :

azzatata@gmail.com
Ils n'ont rien à faire avec les jeunes tunisiens ces nahdha
a posté le 02-02-2021 à 21:58
Puisque leurs enfants sont dans les écoles de Daouha et Paris et ils comptent qu'un jour ils reviendront pour les suppléer dans leur colonisation de Tunis et de la Tunisie.
DHEJ
Les jeunes aiment jouer
a posté le 02-02-2021 à 19:42
A partir de quel âge le jeune devient P'?NALEMENT PUNISSABLE ?

Un jeune sait-il mesurer les conséquences P'?NALES de ses actes ?

Alors pourquoi pas une belle correction à la tunisienne : FALGUA !