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Chroniques
Sami Fehri, les grosses merdes et les autres…
27/02/2018 | 15:59
3 min

 

L’événement de cette fin de semaine n’a pas été l’interview du chef du gouvernement, et c’est bien dommage car chacune des apparitions de Youssef Chahed est très suivie et très attendue. On aurait aimé voir un Youssef Chahed avec des annonces plus concrètes, plus à l’aise dans son rôle et plus apte à en assumer la responsabilité. Ce sera sans doute pour la prochaine fois…

L’événement de cette fin de semaine était plutôt la démission du journaliste et animateur télé Elyes Gharbi. Certains diront qu’il « faut savoir quitter la table lorsque l'amour est desservi » d’autres reprendront une maxime bien tunisienne pour dire que « lorsqu’il n’y a plus de respect, il n’y a plus de relation ». Et c’est ce qu’a fait Elyes Gharbi samedi.

Celui qui défendait, bec et ongles, il y a à peine une semaine, sa chaîne El Hiwar Ettounsi, aux prises avec le syndicat des journalistes, a préféré lui tourner le dos en déposant une démission irrévocable. Décision courageuse saluée par ses confrères et par certains politiques intéressés par la chose médiatique. Lorsque la censure est là, plus aucun intérêt à faire son métier de journaliste.

 

Plusieurs personnes ne cessent de répéter que la grande et inaltérable liberté de la presse est le plus grand acquis, et le seul d’ailleurs, de la révolution de 2011. Ces gens-là sont un peu naïfs. De la censure, il y en a encore et il y en aura toujours. Des patrons de médias qui se comportent comme des dieux tout puissants, il y en a aussi.

Elyes Gharbi,  qui traitait de « grosses merdes » tous ceux qui osaient critiquer ou dénigrer la chaîne El Hiwar a finalement compris l’ampleur de son emballement. Derrière cet emballement, un seul homme : Sami Fehri. Sami Fehri a très peu digéré « l’affront » fait par Néji Bghouri, président du syndicat des journalistes, qui a refusé sa présence à une rencontre réunissant le SNJT au gouvernement. Pour laver son honneur, il diffuse en boucle sur sa chaîne un communiqué injuriant le syndicat et son président. Pour ça, il est soutenu par son équipe et par ses journalistes vedettes, dont Elyes Gharbi.

 

Mais Sami Fehri qui était défendu par Elyes Gharbi, contre vents et marées, n’a pas hésité à le censurer « derrière son dos » et de la pire des manières.

Ce même Sami Fehri, qui était lors de ses déboires avec la justice, défendu, contre vents et marées, par le syndicat des journalistes, avec à sa tête Néji Bghouri, et par une bonne partie de la corporation, n’a pas hésité non plus à utiliser sa chaîne pour les dénigrer ouvertement.

Une chaîne qui, il y a à peine une semaine, donnait des leçons de professionnalisme et d’éthique à l’ensemble de la corporation, mais qui s’est, elle-aussi, avouée vaincue par le même mal qui ronge une bonne partie du secteur : la fatale et toute puissante censure brandie par certains patrons de médias pour justifier leurs grands pouvoirs et défendre leur indéfendable droit de « disposer librement de leur média ».

 

Mais Sami Fehri traine encore aujourd’hui des casseroles trop lourdes pour être ignorées et ses déboires avec la justice n’ont toujours pas été résolus. Entre l’affaire de la télévision nationale et celle, en cours, relative à une supposée malversation dans son émission « Dlilek Mlak », Sami Fehri se devait de faire un choix.

Pour y faire face, deux possibilités: se tourner vers sa corporation et assumer les décisions de la justice, ou alors faire ami-ami avec le pouvoir afin de tenter de se blanchir. C’est la deuxième que Sami Fehri choisit, et ce n’est certes pas la meilleure.

Au lieu de préférer l’appel de la raison, c’est-à-dire, garder sa corporation à ses côtés, Sami Fehri préfère faire les yeux doux à un pouvoir qui n’hésitera pas à le lâcher une fois qu’il n’aura plus rien à lui offrir ou qu’il ne sera plus là pour l’épauler. Ce jour-là Sami Fehri sera seul contre tous et ce jour-là n’est pas très loin…

27/02/2018 | 15:59
3 min
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Commentaires (13)

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Léon
| 01-03-2018 13:23
Ceux que tu appelles "les valets de ZABA" ont fait une Tunisie que ni toi ni tes semblables ne sont prêts à recouvrer avant des lustres. Je n'espère qu'une chose: C'est que votre "race" ne se perpétue pas. '?vitez de vous reproduire, sinon la Tunisie sera à jamais colonisée. Sortez, ou plutôt entrez, couverts car vous êtes le pire des virus. La vérole et le sida sont des bénédictions comparés à vous.
Cette "radsa" d'ingrats qui, malgré les diplômes acquis grâce à la bonne politique de Ben Ali et de Bourguiba, a détruit son pays et continue à enfoncer le clou en causant "zaba".
Bourguiba et Ben Ali auraient mieux fait de vous laisser dans vous bouses respectives (que ce soit de la vraie bouse de paysans, que celle de ces eunuques, prétendus beldias, fils et petits-fils de bonnes violées).
Ne disiez-vous pas que sans celui que vous appelez zaba, vous alliez devenir la Suède. Avec vos tronches????? Vous n'avez pas vu la haine que dégagent vos regards? En voulant nuire à Ben Ali, apparemment très bien protégé par Dieu, vous avez enfoncé votre venin dans vos propres chairs.
NOUS reviendrons vous remettre dans le droit chemin bandes de traitres!

VIVE BEN ALI, '? BAS LES TRAITRES, ASSERVIS ET CHIHUAHUAS DES ATLANTISTES.

LEON, Min Joundi Tounis Al Awfiya;
Terreur des traitres!

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES,
VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES,
VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.

You you
| 01-03-2018 11:43
Apparament elgarbi a demissione en raison de la baisse du taux d audience de sa emission

Citoyen_H
| 28-02-2018 15:27
"Combien reste t-il de vrais journalistes en Tunisie ?"

Pas grand monde. Ils se comptent sur les doigts d'une main.
L'opportunisme est leur premier amendement, tout comme la majorité des tunisiens.
Retenez bien que désormais, 2011 y oblige, la "faim" justifiera toujours les moyens dans la plus grosse manufacture de traitres que compte notre planète.
Salutations.



Nephentes
| 28-02-2018 14:01
La liberté d'expression connaît indiscutablment une régression depuis 2 années;

A cela s"ajoute le choix délibéré de courtisanerie de la part des responsables des principaux médias; A mon modeste avis , Business News ne fait pas l'exception; L'évolution du contenu et des sujets abordés le démontre amplement, malgré un maquillage parfois trompeur.

Pour revenir Au sieur Fehri, il est clairement établi qu'il s'agit d'un chef de réseau plutôt que d'un producteur TV; il est loin d'être le seul, rappelez vous des embrouilles d'Attessia.ou de Nessma.

la particularité de Fehri c'est qu'il traîne des dossiers qui mouillent tout le monde ou presque à Nida...Et qu'il est couvert par l'oligarchie en place

Bob
| 28-02-2018 12:13
Il ne s'agit pas d'un commentaire de cet article. J'ai envoyé hier un commentaire critiquant Mohsen Marzouk qui caressait les valets de ZABA. Mon commentaire a été censuré au nom des règles de modération, bien sûr...bien sûr...! Et ce n'est pas la première fois. La ligne éditoriale a ses chapelles. C'est dommage c'est l'entre-soi qui triomphe et ça ne fait pas avancer l'apprentissage de la démocratie.

Bob
| 28-02-2018 11:38
'Lorsque la censure est là, plus aucun intérêt à faire son métier de journaliste.' C'est très juste...j'ajouterais 'Lorsque la censure est là, plus aucun intérêt à commenter les articles et publications de Business News'. Les journalistes tunisiens n'ont pas encore la culture de la critique libre alors ils censurent à tout-va les commentaires qui heurtent leur ligne politique au nom des règles de modération à géométrie variable. En réalité, ils ont leurs intouchables qu'ils préservent, les autres on peut les trainer dans la boue sans restrictions, sans modération. C'est une démocratie locale pittoresque et liberticide.

B.N : Cher lecteur, nous n'avons reçu aucun commentaire de votre part sous cet article, merci de vérifier votre envoi, bonne lecture à vous :)

Hamady
| 28-02-2018 11:06
Bien entendu, vous allez censurer mon com. Mais pas grave, je vous le dis quand même .
Que ce soit Sami Elfehri ou vous , vous êtes tous des opportunistes qui surfez sur des futilités à un tel point que vous n'êtes plus crédibles aux yeux des vrais Tunisiens ! Vos seuls " clients " qui vous croient, sont ceux qui vous soutiennent ! Suivez mon regard et à bon entendeur !

Daly
| 28-02-2018 10:02
Sami Fehri est certes le meilleur producteur TV actuellement, mais il ne faut pas oublier ses affaires avec Imed Trabelsi.
Il aurait effectivement pu choisir d'être honnête pour faire oublier son passé mais comme on dit, la queue du chien restera toujours tordue, même cent fois ajustée dans un moule.

LEON
| 28-02-2018 09:38
Il est parfois des silences qui en disent bien long. Un silence vaut mieux qu'une réponse convenue. Je sais que vous militez pour votre pays et contre son occupation, et que vous ménagez de temps en temps les uns et les autres pour pouvoir continuer à militer.
Bonne continuation.
Cordial.
LEON.
VERSET 112 DE LA SOURATE DES ABEILLES.

LEON
| 28-02-2018 08:32
Et BN? A-t-elle subi de la censure? Les modérateurs sont-ils seulement des journalistes de BN? Si ce n'est pas le cas, y a-t-il d'autres "ingérences" que celles tuniso-tunisiennes?
Si vous répondez à mes questions en toute honnêteté, alors chapeau bas, à BN!

LEON; min joundi tounis al awfiya;

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.