alexametrics
dimanche 21 avril 2024
Heure de Tunis : 10:10
Dernières news
Bassem Trifi : les Tunisiens évitent de s’exprimer par crainte d’être emprisonnés
20/02/2024 | 13:11
2 min
Bassem Trifi : les Tunisiens évitent de s’exprimer par crainte d’être emprisonnés

 

Le président de la ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Bassem Trifi, a accordé une interview au journal Acharaâ Al Magharibi parue dans son numéro du mardi 20 février 2024.

Dans cet échange avec Mohamed Jallali, Bassem Trifi a réitéré la position de la ligue concernant l’amendement du décret 88 relatif aux associations, soulignant que cette mesure porte atteinte aux piliers de la société civile et rappelant que le décret actuel, et d'autres lois, disposent de mécanismes pour contrôler l'activité des associations de leur constitution à leur financement et gestion.

Dans un autre registre, il a affirmé que si le nombre de cas de torture dans les centres de détention et les prisons a considérablement baissé après la révolution, certains cas isolés sont encore observés. « Ces cas sont liés au fait que les coupables se soustraient à leurs responsabilités dans la mesure où ils n’ont pas été traités avec le sérieux nécessaire. Parfois ce laxisme est le résultat d'une certaine complicité entre des sécuritaires et leurs collègues et la peur ressentie par certains juges » a-t-il ajouté.

« Nous avons des conventions avec les ministères de l’Intérieur et de la Justice, nous pouvons donc nous rendre régulièrement aux centres de détention et aux prisons mais la plupart de nos demandes ne sont pas satisfaites par la suite (...) les services de sécurité continuent d'être traités de la même manière même après le 25 juillet 2021 avec une certaine indulgence... la clémence des juges envers les sécuritaires accusés de torture et de maltraitance me pousse parfois à croire que les juges ont peur des sécuritaires » a poursuivi Bassem Trifi.

Concernant la liberté d’expression dans la Tunisie d’après 25 juillet, il a estimé que la situation est inquiétante et que les citoyens évitent désormais de s’exprimer craignant que cela les conduise à être emprisonnés.

« Les Tunisiens vivent aujourd’hui dans un climat de suspicion et de peur d’être poursuivis. Aujourd'hui nous avons six secrétaires généraux de partis politiques en prison, d’autres sont poursuivis (...) des journalistes également (...) tout le monde est menacé de poursuites en vertu du décret 54, la plupart des journalistes font face à des poursuites, de nombreux avocats aussi, cela est un message clair qui dit qu’il faut cesser de se mêler des affaires publiques (...) nous sommes pour la lutte contre la corruption mais contre les règlements de comptes politiques » a confié Bassem Trifi.

Il a enfin estimé que le pouvoir judiciaire n’est plus indépendant, qu’il est terrorisé à l’idée d’aller à contre courant du pouvoir sous peine de subir des représailles. « Ceux qui ne vont pas dans le sens du pouvoir politique sont limogés » a conclu Bassem Trifi.

 

M.B.Z

20/02/2024 | 13:11
2 min
Suivez-nous
Commentaires
Naim
Pathétique !
a posté le 20-02-2024 à 15:49
Pourtant, je ne suis ni poursuivie ni emprisonné.
Jean Neymar
Si ce que tu dis est exact..(1)
a posté le 20-02-2024 à 14:45
Revenons un peu en arrière;quel était le but premier de la Révolution,des Emeutes appelez cela comme vous voulez,du départ de Ben Ali en 2011 après 30 ans de règne bourguibien suivi de 23 ans de règne Benalieen?
N'était-ce pas de libérer la parole? et il faut dire que la parole a bel et bien été libérée du 14 Janvier 2011 au 25 Juillet 2021...
Et quel était l'objectif avancé et qui avait obtenu l'accord de tout le monde?de faire une Constitution qui devait empêcher le retour à jamais d'un pouvoir tenu entre de seules mains.....
Mais le bon peuple tunisien a été dupé dans sa majorité,par quoi? par qui? je dirai en premier lieu par sa propre naïveté,par son inexpérience de vécu démocratique,ne sachant pas qu'une Démocratie pour être viable dans le temps doit avoir ses garde-fous,que les Elus doivent avoir un minimum de sens patriotique pour faire abstraction de leur EGO face à l'intérêt de la Nation,que la scène politique doit dégager en premier tous ces opportunistes,et ma Foi,n'est-ce pas avec le temps que l'on reconnait les Menteurs et que l'Urne est le meilleur moyen de les dégager?
Revenez un peu en arrière,2011 : 90 sièges,2014:69 sièges et 2019 une cinquantaine de sièges pour ce parti d'Ennahdha qui a vu son crédit fondre comme neige au soleil jusquà ce jour du 25 Juillet 2021,où on l'avait déjà compris,sa fin politique n'était que question de temps.....(à suivre)
Jean Neymar
Si ce que tu dis est exact (2)
a posté le à 15:16

Donc durant cette Décennie 2011-2021,une parole libérée mais en même temps le règne d'un seul parti, arrivé deux fois premier et une fois second et en tout cas n'ayant jamais pu obtenir à lui seul une majorité absolue, alors comment en est-on arrivés là ?
La réponse est simple : Seul le POUVOIR intéressait les Elus quitte à faire Fi de leurs promesses électorales en s'acoquinant avec le parti arrivé en-tête malgré toutes les choses contraires dites pour se faire élire'?'.
La constitution de 2014 aurait pu réussir si deux conditions eûssent (ce qui n'est pas le cas) été satisfaites : 2 Camps bien tranchés : les conservateurs (Nahdha et affiliés) et les NON-conservateurs (Non-Nahdha et affiliés) qui s'affrontent dans l'hémicycle en pôle majoritaire et pôle d'opposition, charge à une Cour Constitutionnelle d'apporter son arbitrage, lesquels membres de cette Cour ayant fait auparavant Serment d'ingratitude envers ceux qui les ont élus ,n'étant là que pour respecter ce Destour séparant les 3 pouvoirs,exécutif,législatif et judiciaire.
Tout cela pour dire que cette Constitution de 2014 n'a été respectée ni dans la lettre ni dans l'esprit déjà bien avant qu'elle ne devienne caduque . (à suivre)
Jean Neymar
Si ce que tu dis est exact (Fin).
a posté le à 15:53
Est arrivé un président démocratiquement élu (2019),qui plutôt à continuer à cautionner ce Cirque qu'est devenu le Parlement où un minimum de bienséance n'était plus respecté,où certains élus en étaient même arrivés aux mains,où la Chienlit s'était installée sous le regard de tous grâce aux débats télévisés,où le président du parlement,comptant sur un rapport de forces qui était favorable à ses yeux,lui qui aura toujours réussi aussi bien sous BCE à s'acoquiner le chef du gouvernement bien que censé être au départ en provenance de Non-ennahdha (Youssef Chahed) puis Hichem Mechichi,la première fois grâce cette première violation du Destour et le Putch de YC avec le parti dissident TT, replaçant Ennahdha en tête ,une seconde fois en s'attirant les bonnes grâces de NK et de son Kalb Tounèss,un président démocratiquement élu qui donc,menacé au sein de l'Hémicycle même de révocation dés que la CC allait être instituée par un élu avocat du parti à l'Extrême droite d'Ennahdha,un président qui à son retour de voyage du Caire,décida de prendre les choses en mains en mettant fin à cette Comédie du Pouvoir au sein du palais du Bardo le 25 Juillet 2021,avec le soutien d'une majorité de Tunisiens contents d'assister à la fin de cette Méhna.
Et depuis direz-vous ? Ma Liberté d'expression n'a jamais été mise à défaut car pour ceux qui ont vécu Bourguiba et Ben Ali ,j'estime que celui qui après le 14 janvier 2011,a quelque chose à dire « bi Sédk » et qui la retient en son for intérieur mèhouch rajel ;En ce qui me concerne ,mon ambition s'arrête là,tout à la joie de pouvoir penser librement et de librement exprimer ma pensée, JE NE VOIS FRANCHEMENT PAS pourquoi et contrairement à ce qu'affirme l'auteur de cet article ;maintenant que la Campagne est quelque peu lancée,je ne vois donc franchement pas pourquoi un BON PATRIOTE,qui veut du bien pour la Tunisie et qui des idées bien claires dans sa tête, n'ayant rien à se reprocher,ne se déclarerait-t-il pas'?'..
Houcine
Des réserves.
a posté le 20-02-2024 à 13:56
Des associations, nombreuses et variées, intervenant dans des champs divers s'activent pour nous persuader qu'au fond elles seraient visées par un article de loi.
En vérité, personne ne s'est enquis de faire l'état de ces activités, ni en tirer un bilan pour comprendre et
en évaluer les effets sur la societé et leurs bénéficiaires.
On sait, cependant d'observation première qu'un hégemonisme idéologique fut entrepris, à toutes les strates sociales.
De la crèche jusqu'à la maternelle, au sein des barreaux et la Justice, même au niveau syndical, et j'en oublie, toute la société a fait l'objet d'une OPA dans le but d'irriguer tous les secteurs, les pénétrer et parfois les dominer au point d'en faire des bastions acquis.
Le discours, alors, était transparent, et le geste joint à la parole tout devait se conformer au projet d'une société homogène.
Je laisse de côté la part du feu.
Si bien que de toute évidence, ni les moyens de contrôle, et pas davantage la volonté n'auront été au rendez-vous pour freiner cette irrésistible tension sans frein.
C'est pourquoi, il serait d'abord opportun et utile de regarder ce qui existe, investiguer afin d'en faire l'état réel existant à toutes fins utiles plutôt que de dénoncer une cabale d'attribution qu'on sent bien commode en ce moment.