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Présidentielle 2024 : ce qu’il y a à savoir
15/06/2024 | 12:00
5 min
Présidentielle 2024 : ce qu’il y a à savoir

 

Prévue entre septembre et octobre, la présidentielle de 2024 s’annonce comme étant le scrutin le plus difficile dans l’histoire moderne de la Tunisie. Aucune date fixée, candidats exclus, code électoral non encore amendé, toujours pas de convocation des électeurs. Le tout dans un climat de tension générale. Que savons-nous pour l’instant de ce scrutin tant attendu ?

 

Pour l’instant, les électeurs disposent de très peu d’infos concernant la présidentielle de 2024. Ce que l’on sait, c’est qu’elle devrait se tenir avant le 23 octobre, date de fin de mandat de l’actuel locataire de Carthage Kaïs Saïed. La convocation des électeurs n’a pas encore été publiée et la liste des candidats est encore un puzzle auquel plusieurs pièces manquent.

En plus d’une date claire, les électeurs ont besoin, pour faire leur choix, de connaitre la liste des candidats qui se présentent ainsi que leurs programmes. À trois mois des élections, un débat public aurait dû être amorcé pour discuter des idées et des programmes. Non seulement, ils ne sont pas encore connus - certains hésitant même à se présenter - mais, en plus, des candidats sont actuellement en prison.

 

 « Le parti destourien libre ne reconnaitra aucune élection de laquelle Abir Moussait serait exclue », avait annoncé le PDL hier dans un communiqué. L’exclusion de sa présidente de la course à Carthage priverait, selon le parti, « plusieurs catégories de citoyens de leur droit de choisir un représentant pour les gouverner lors d’élections conformes aux normes internationales ».

La présidente du PDL est détenue depuis le 3 octobre 2023. Arrêtée à cause d’un simple dépôt d’une demande de recours administratif au bureau d’ordre du palais de Carthage, elle traine aujourd’hui cinq affaires.

Si Abir Moussi fait partie des favoris de la course à Carthage (selon les derniers sondages d’opinion), elle n’est pas la seule candidate à se retrouver derrière les barreaux à quelques mois du scrutin. Autre candidat en prison, Issam Chebbi, proposé à la présidentielle par son parti Al Joumhouri. Le secrétaire général d’Al Joumhouri et ancien député est en effet détenu depuis février 2023 dans le cadre de l’affaire de complot contre la sûreté de l’État. Le bureau politique de son parti a tout de même décidé, en mars 2024, de le proposer comme candidat.

 

Le mystère qui entoure la présidentielle va jusqu’à la date même du scrutin. Selon le porte-parole de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), Mohamed Tlili Mansri, celle-ci devrait se dérouler soit le 6, soit le 13, soit le 20 octobre 2023. On n’en sait pas plus pour l’instant.

La non-désignation d’une date claire, à l’approche du scrutin, suscite de nombreuses interrogations. « Le retard et le flou soulèvent des questions, des interprétations et des soupçons que nous voulons éviter » a commenté le secrétaire général du parti « Âmal w Injaz » (travail et réalisation), Abdellatif Mekki.

D’après la constitution, le décret de convocation des élections devrait être publié trois mois avant la tenue du scrutin afin de permettre aux électeurs et aux candidats de bien se préparer. Soit, donc, en juillet pour une élection prévue en octobre. Il ne reste ainsi que quelques semaines-voire jours- au chef de l’Etat pour publier ce décret, si toutefois il décidait de le faire.

 

Faire régner le flou et maintenir les autres candidats dans l’expectative, ne peut que les fragiliser davantage, les plongeant dans un climat de tension et d’incertitudes. Selon le secrétaire général d’Attayar, Nabil Hajji « Kaïs Saïed ne fixera une date que lorsqu’il sera prêt pour gagner la présidentielle ». Une théorie défendue par d’autres dirigeants politiques qui estiment que ce flou, dans lequel le chef de l’Etat est grandement responsable, est tout sauf innocent.

Plusieurs commentateurs de la scène politique s’accordent, en effet, sur le fait que « le climat n’est pas sain pour la tenue d’une présidentielle », comme le dit le secrétaire général du mouvement Echaâb, Zouhair Maghzaoui. Comme Echaâb, des partis affirment, dans ce sens, ne pas pouvoir désigner de candidat à la présidentielle, la décision finale dépendant de nombreuses données notamment « la loi électorale et le climat électoral ». « Nous espérons qu’une date exacte soit fixée rapidement et qu’il y ait un climat sain et transparent, en permettant à tous les Tunisiens désireux de candidater », avait-il déclaré.

 

Quant à l’amendement de la loi électorale, il est possible qu’il ne voie jamais le jour. D’après le porte-parole de l’instance des élections, le scrutin devrait à priori se dérouler selon les dispositions du présent code. L’Isie a cependant annoncé qu’elle amendera la décision relative aux conditions de candidature à la présidence de la République, « notamment en ce qui concerne les conditions d'âge et de nationalité ainsi que la condition de jouir des droits civils et politiques et d'être libre des empêchements prévus aux articles 161 nouveau et 163 de la Loi électorale et à l'article 30 du Code pénal, et de ce qui en découle en l’occurrence la nécessité que le candidat fournisse une copie de son casier judiciaire (Bulletin n°3, communément appelé B3) ».

 Là, encore, les spéculations restent ouvertes quant à la possibilité de candidats ne remplissant pas toutes les conditions de se présenter. C’est le cas des candidats trainant des affaires en justice, mais c’est aussi le cas de candidats, qui comme Olfa Hamdi, n’ont pas encore atteint l’âge minimum légal de quarante ans mentionné dans la constitution.

Face à tant d’interrogations, l’instance des élections se contente de jouer au pompier. Complètement privée de son rôle essentiel de prise de décision, elle se limite désormais à l’exécution en tentant d’éteindre des feux déjà allumés. Force est de constater que les membres de l’Isie ne font qu’appliquer les directives du chef de l’Etat, sans se risquer à prendre de décision unilatérale. Dans ce jeu, l’actuel président – lui-même candidat – à la fois juge et partie.

 

Puisque la date du scrutin n’est pas encore fixée, tous les scénarios sont possibles, y compris celui de la non-tenue d’un scrutin présidentiel. Que se passera-t-il donc lorsque, le 23 octobre, le mandat de Kaïs Saïed devrait théoriquement prendre fin ? Seul le président connait la réponse à cette question…

 

Synda Tajine

 

 

15/06/2024 | 12:00
5 min
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Commentaires
EL OUAFFY Y
On voudrez savoir quel genre régime est appliqué en Tunisie
a posté le 30-06-2024 à 10:56
Pourquoi en précède au amendement des lois précédents et pourquoi jeté au prisons que les hommes de politique et ceux du savoir faire ou bien on voudrez se débarrasser de cette classe en se contente que la classe non instruites ce qui est étonnant L affaire D'Abir Mouissy les raisons pour lesquelles était incarcérée ne sont pas valables et certain lorce qu il s agit D une femme une femme comploté contre la sécurité de son '?tat ? Impossible et surtout chez une cheffe de parti au contraire elle devra donner L exemple car le poste qu elle s occupait ne lui permettra pas d après ce lui qu il a constitué le dossier il n a pas donné L importance aux secteurs chargé de la sécurité combien le trésorier publique dépense aux profit de ces fonctionnaires ? Comment une simple femme pourra influer sur la sécurité de L'Etat elle ne pourra pas échappée aux centaine D homme réservé à cet effet peut être Monsieur Ammar 4X4 04 pourra me partager avec moi cette idée et même lui il serra très étonné D avoir cette militante le Souwahlya jetté en prison son preuve et sans jugement et L inconvénient sa percute sur la crédibilité de L'Etat su est ce qu il observé les spécialistes à la matière et surtout ceux de L extérieure et son au courant que la femme en Tunisie pratique sa liberté mieux que certain pays Européens elle est présente dans toutes les domaines tel que L agriculture et la liste est trop longue.Vraiment l'ancien président était très conscient qu il était en train de faire aucun détenu n était incarcérée pour son avis Merzougui Monséf aime d être entouré par les opposants car il se considère qu il est que un simple Tunisien comme les autres .
Ilhem
Procrastination
a posté le 17-06-2024 à 17:55
Ainsi va la Tunisie vers l'inconnu sans pilote à bord.
Gg
Demandez la recette à Macron!
a posté le 17-06-2024 à 17:35
En tois semaines ce sera plié !
Hhhhhhhh....mdr
Nephentes
Il faut cesser ce cirque minable
a posté le 17-06-2024 à 11:12
Le pouvoir doit assumer ce qu'il fait en sous main et cesser ces faux semblants minables. Il perd chaque jour davantage de légitimité et les Tunisiens ne sont pas dupes.

Saed doit justifier au peuple pourquoi Il n'y aura pas d'élections digne de ce nom en 2024 ni en 2025 probablement Il doit assumer son orientation autocratique au lieu de se livrer à une comédie de très mauvais gout qui ne fait que le décrédibiliser chaque jour un peu plus sur la scène internationale.
Hammadi
Pourquoi organiser des elections
a posté le 17-06-2024 à 09:18
Dans un pays comme la tunisie,organisé des elections libre et donné l opportunité aux profiteurs, corrompus d accéder a la tete de l etat représente un vrai danger pour l avenir du pays et on a vecu une épisode de ce danger durant la decinie noire.
Brinib
D'accord
a posté le à 15:59
Complètement d'accord
C'est honteux de le dire mais on n'a pas encore atteint un degré de maturité politique et de patriotisme et de civisme pour donner au people le droit de voter.
Il faut d'abord apprendre à respecter le code de la route et à ne pas jeter nos ordures dans la rue et,et.et,et.....
elfribo
Imbecile!
a posté le à 12:54
D'apres ta cervelle de limace, les elections sont une occasion pour les corrompus d'acceder au pouvoir, la decennie noire n'etait pas le fruit d'elections libres, mais d'un putsch de BenALi.
Et tu preferes une dictature et un President a vie qui ne craint pas d'etre battu dans les prochaines elections, puisqu'il n'y en aura pas; je pense c'est a cause de types comme toi que le pays est ce qu'il est.
Par types come toi, je veux dire des gens qui pensent avec leurs pieds, ignorants et manifestement soumis a la volonté 'divine'?' ,Inchallah populace.
naceur fah
Légitimité
a posté le 16-06-2024 à 21:14
Dans tous les cas, le pays sera à la date du 23 octobre sans président ... Légitime
juan
pauvres démocrates ..... continuez de rèver
a posté le 16-06-2024 à 10:30
qu'espérez vous de qq quia piétiné le parlement et la constitution, pas un tank ?
qu'il soit démocrate ou despote à vie ?
NO WAY !!
Fares
Nihilisme et murs
a posté le 15-06-2024 à 23:56
Ce climat toxique n'est guère propice à la tenue des élections présidentielles. Si ks est candidat, alors il faut boycotter car ces élections ne seront qu'une mascarade. Ks a bien réussi à créer le vide autour de lui, un peu trop même. Les médias ne parlent plus de politique, le type a limogé son lieutenant le plus fidèle un Samedi soir comme il a trahit avant plusieurs de ses collaborateurs. Ni les médias, ni les citoyens ne s'intéressent au type. Il parle aux murs depuis quelque temps et il finira par gouverneur des murs jusqu'à ce que quelqu'un le dégage. Donc boycott.
Saleslafistes
Octobre
a posté le 15-06-2024 à 20:36
Que va-t-il se passer si les élections ne se passent pas correctement ? Kais Saied se fera dégager par la rue. Comme d'habitude.
Nephentes
Quelle élection ?
a posté le 15-06-2024 à 18:58
D'ores et déjà les conditions minimales de tenue d'une élection sérieuse sont absentes. 2 hypothèses existent

Il y aura une mascarade qui placera définitivement la Tunisie dans le statut peu valorisant de république bananière et aggravera davantage la marginalisation accéléré du pays

Il n'y aura pas d'élections.

Kaes Saad et son équipe sont en train de rater l'opportunité historique de faire de la Tunisie un modèle de pays émergent ouvert au monde

Ils hypothèquent ainsi gravement l'avenir des générations futures ,le potentiel de croissance durable et la cohésion sociale du pays
Bacchus
Logiquement parlant!
a posté le 15-06-2024 à 17:41
Madame vous, ou d'autres évoquent l'article 30 du code pénal, je ne vois pas le rapport avec les conditions requises pour être candidat aux présidentielles. Certes parmi les peines complémentaires du Code Pénal énoncé dans son article 5, existe l'interdiction de voter. Mais la Constitution qui prime sur les lois est claire et nette sur le sujet elle énonce tout tunisien et non tout électeur. Vous me dites les droits civiques qui sont cités dans la Constitution. Les gens qui ne sont pas maitres de leur décision et placés sous tutelle, ne sont pas seulement les condamnés à des peines de plus de 10 ans mais aussi les malades mentaux. Donc d'après ma la liberté de pensée et mon interprétation de la Constitution de 2022 l'ISIE devrait impérativement demander pour les candidats le dossier médical qui sera avalisé par une commission médical et non le bulletin N°3, et il va de soit les gens qui purge une peine définitive ne peuvent pas se présenter. Mais les gens qui ont purgé leur peine et ceux qui sont en détention préventives le peuvent. Concernant les dates, il n'y a pas 36 mille solutions, pour être dans les délais, et nous avons la chance que le 15 septembre, comme le 13 octobre tombent un dimanche comme en 2019 ; alors pourquoi cherchez midi à quatorze heure. Le premier tour devra être le 15 septembre.
Observateur
Le régime illégitime donnera le choix
a posté le 15-06-2024 à 17:23
Exact.
Il laissera à ses 11% de pom pom girls le loisir de choisir entre Kais et Said.
Simple mais efficace.
Raggouj
Un avis sceptique et proppsition défaitiste ?
a posté le 15-06-2024 à 17:18
Limiter les dégâts et laissons-le jouer tout seul. '?a passera, la Tunisie se relèvera. Retrouvera le seul et précieux acquis de la révolution : la liberté d'expression. Apres quoi elle reecrira son histoire, son Destour....Plus il se sent concurrencé plus il va s'acharner sur les opposants.
Lamjed
L'ISIE doit être indépendante.
a posté le 15-06-2024 à 14:43
La principale condition pour des élections libres et transparentes est l'existence d'une instance des élections indépendantes. Or, celle ci a été nommée par un candidat potentiel. C'est comme si une équipe désigne les arbitres pour organiser un tournoi. Juge et partie.
elfribo
Tous les indices
a posté le 15-06-2024 à 12:54
Je me souviens vividement des election de 72. J'etais en visite dans les bureaux de Tunis Air a Rome. Ils ont ouvert un bureau de Vote. Un jeune Tunisien, entre, salue tout le monde et attrape un bulletin de vote, le lit et pose la question tout haut " OU EST L'AUTRE?" quelqu'un lui repond" Il n'y pas d'autre. Le jeune homme jette le bulletin et dit " Pas d'autre? alors " salam aleikom" et s'en va.
Je pense que vous allez voir un seul candidat aux prochaines elections.
"Pour sauver la Tunisie".
juan
exactement
a posté le à 15:36
élection se dit WAHL en allemand = CHOIX ...;
juan
tout est à fixer ....
a posté le 15-06-2024 à 12:45
pas de lieu fixe, de date fixe, pas de candidats fixes, pas de code fixe, pas de convocation fixe ......
il n'y aura rien de fixe, pour cette élection pas fixée du tout ....