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Lotfi Nagdh assassiné, la justice enterrée !
15/11/2016 | 19:58
10 min
Lotfi Nagdh assassiné, la justice enterrée !

 

Le Tribunal de première instance de Sousse a prononcé, tard dans la soirée de lundi 14 novembre, le verdict dans l’affaire de l’assassinat de Lotfi Nagdh. Les Tunisiens se sont réveillés ce mardi, en apprenant que les accusés ont été acquittés. Un verdict qui a suscité l’indignation et des critiques à l’encontre de l’institution judiciaire. Retour sur l’affaire d’un meurtre aux relents politiques et qui aboutit sur un dénouement « consensuel »...

 

Lotfi Nagdh a été lynché à mort, un certain 18 octobre 2012. Cette année-là, Troïka était au pouvoir avec, à sa tête, le mouvement islamiste Ennahdha. Il faudra rappeler le climat qui prévalait à cette époque. Une chasse aux sorcières était lancée contre tous ceux qui symbolisaient de près ou de loin l’ancien régime. A coups de « dégage » et d’intrusion dans les institutions publiques, les défenseurs de la révolution, chassaient les anciens responsables : leur but:  une épuration et un assainissement de l’administration de ces responsables tant honnis.

C’est dans ce cadre que la Ligue de protection de la révolution à Tatatouine, Ennahdha et le CPR, avaient décidé de mener une marche pour « déraciner le RCD ». Un communiqué de la LPR, publié à cet effet, rend compte de l’agressivité de ton et d’un esprit de vindicte étayé par des références religieuses.

 

Des affrontements surviennent lors de cette marche. Les manifestants, dont certains brandissaient les drapeaux d’Ennahdha, s’étaient rendus au siège de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche pour en déloger les responsables. Lotfi Nagdh est le président de l’UTAP et coordinateur de Nidaa Tounes à Tataouine. La manifestation dégénère en affrontements des deux côtés avec échange de cocktails molotov et jets de pierres. Feu Nagdh est sorti du siège de l’UTAP, malmené, roué de coups, tabassé au vu et au su de tous. Des témoins filment la scène, d’une violence inouïe, des vidéos sont partagées sur les réseaux sociaux attestant de l’agression. Les agresseurs sont clairement identifiés.  Toutes les preuves sont là pour que les responsables soient écroués.

Sauf qu’au cours de la même journée, le ministère de l’Intérieur soutient que Lotfi Nagdh est mort des suites d’une crise cardiaque, se basant sur les résultats de l’autopsie réalisée par l’hôpital de Gabès : « la cause du décès est la crise cardiaque et la victime ne porte aucune trace de violences ». C’est le tollé sur la scène politique. On appelle à l’ouverture d’une instruction pour établir les véritables causes du décès. On a tous visionné les séquences du lynchage public. Des preuves, qui en temps normal, devraient être irréfutables…

 

Au lendemain de la mort de Lotfi Nagdh, un communiqué conjoint signé par les représentants de la ligue de protection de la révolution de Tataouine, des représentants du CPR à Tataouine et d’Ennahdha à Tataouine, accuse Lotfi Nagdh d’avoir présidé, le jour de la manifestation des milices armées de sabres et de cocktails Molotov. Milices qui ont ouvert les hostilités selon les signataires, poussant les jeunes militants à riposter. Les organisateurs de la marche « pacifique » ont essayé, précise le communiqué, de faire sortir les personnes présentes à l’intérieur du siège de l’UTAP et les présenter aux forces de l’ordre : « La mort de Lotfi Nagdh suite à une crise cardiaque n’est qu’un accident regrettable causé par les RCDistes qui veulent semer le trouble dans le pays ». Le défunt se retrouve accusé, alors que le communiqué même avoue que les manifestants se sont introduits de force au siège de l’UTAP, d’autant plus que la thèse de la crise cardiaque est démentie par plusieurs témoins …

 

Pour Hammadi Jebali, alors chef du premier gouvernement de la Troïka, qualifier ce décès d’assassinat politique est une ligne rouge à ne pas dépasser. « M. Nagdh n’a pas été assassiné, selon les résultats des différentes autopsies, mais a succombé des suites d’une crise cardiaque, qui a pu être causée par des échanges violents ». Par la suite, plusieurs figures d’Ennahdha prendront la défense des personnes arrêtées et accusées du meurtre.

Abdelfattah Mourou intègre le comité de défense des membres de la Ligue de protection de la révolution de Tataouine, inculpés dans l’affaire du meurtre de Lotfi Nagdh. Rached Ghannouchi affiche son soutien aux familles des agresseurs, Abdelkarim Harouni rend visite aux inculpés, Farida Laâbidi, députée d’Ennahdha s’est présentée en tant qu’avocate des assassins…

 

Entre temps, un deuxième rapport d’autopsie réalisée à Sfax révèle l’existence d’œdèmes sur tout le corps du défunt ainsi que des fractures des côtes. Un rapport différent du précédent qui, lui, n'a aucunement mentionné l’existence de traces de violences subies par la victime.

Initialement, le juge d’instruction près du Tribunal de première instance de Tataouine avait émis 8 mandats d’arrêt à l’encontre de membres de la LPR Tataouine. Le 4 avril 2013, le même juge d’instruction émet des chefs d’accusation pour meurtre avec préméditation, complicité et port d’armes.

L’avocat des accusés contestait ces chefs d’accusation, déclarant que « la victime souffrait déjà de problèmes cardiaques » et que « les fractures des côtes, ne sont que la conséquence des massages cardiaques qui lui ont été prodigués pour le secourir »…

Au mois de juin de la même année, le Tribunal de première instance de Tataouine est dessaisi de l’affaire, qui sera instruite par le Tribunal de Sousse. Ce, sur décision de la Cour de cassation de Tunis, suite à une demande du comité de défense de Lotfi Nagdh qui a fait part à la Cour de grosses pressions subies par le Tribunal de Tataouine.

Juillet 2015, le Tribunal de Sousse décide la libération de quatre accusés. Il s’agit de : Mongi Maiz, Brahim Thabti, Béchir Harrabi et Mabrouk Kasser.

Le 14 avril 2016, s’est ouvert le procès de l’assassinat de Lotfi Nagdh dans une importante tension au sein du tribunal et une très forte présence sécuritaire. Les familles des accusés jouent de la provocation et qualifient même, à haute voix, l’un des accusés de « docteur ». Il s’agir de Said Chelbi, soutenu par des CPR et des Nahdhaouis.

 

A plusieurs reprises le procès sera reporté. Aujourd’hui, le verdict a été prononcé et pour une grande part de l’opinion publique, cela a été un choc. Un choc parce que tous les éléments attestent que la mort de Lotfi Nagdh n’est pas due à une crise cardiaque. Quand bien même le rapport de l’autopsie le confirme, le défunt a été victime de tabassage, lynché en public et assailli de tous les côtés. Si les soutiens des agresseurs s’en tiennent au scénario de la mort survenue suite à une attaque cardiaque, ils ne peuvent pas nier que celle-ci a été provoquée par l’agression. C’est sur ce détail que la justice devait trancher, et elle a tranché en faveur d’un acquittement des agresseurs. On a joué sur les mots et le meurtre de Lotfi Nagdh restera impuni. Sa famille, sa femme, les cinq orphelins qu’il a laissés derrière lui, n’obtiendront pas justice.

Une injustice, dans un procès à fort caractère politique ? Non selon les soutiens des agresseurs ! Il s’agit là d’un dénouement équitable et impartial, de cette justice, pourtant tellement décriée.

Les révolutionnaires en tous genres à commencer par les CPR se sont réjouis du verdict. Sur les murs Facebook des uns et des autres, c’était la liesse !

Imed Daïmi, ancien secrétaire général du CPR et actuel SG d’Al Irada, parle d’une nouvelle « géniale » : « Après quatre années d’emprisonnement, de maltraitance et de torture psychologique, ils sont aujourd’hui libres et acquittés ! Le mythe fondateur de Nidaa Tounes est tombé à l’eau, c’est la plus grande arnaque dans l’histoire de la Tunisie ». Daïmi continue sur sa lancée en vilipendant Nidaa Tounes et en assurant que c’est le début de la fin de la contre-révolution, affichant son contentement du fait que des témoins de la scène du meurtre  aient écopé d’un an et demi de prison pour faux témoignage.  

Samir Ben Amor n’a pas manqué d’afficher son bonheur face à la victoire des « révolutionnaires » contre « la bande à Molotov », publiant dans la foulée, le texte du verdict le présentant pompeusement comme étant « le déclaration de l’indépendance de la justice » (sic !).

Depuis hier, des islamistes notoires, des CPR et des membres des LPR, crient leur joie de cette victoire « inattendue ? ». Sur l’une des photos, on voit l’un des individus acquittés prendre la pause pour un selfie avec Imed Dghij ou encore Recoba. Les agresseurs d’hier sont fêtés et accueillis en héros !

 

Une sentence douloureuse pour la famille et les proches de Lotfi Nagdh, qui n’auront pas de réponse à leur question. La justice en a décidé autrement. Personne ne semble avoir causé la mort de Lotfi Nagdh.

Nidaa Tounes dont est issu le défunt, a tardé à réagir. Pourquoi ? « Lotfi Nagdh est la victime de Nidaa Tounes et du fait que le parti avait cru qu’un changement était possible dans le pays …», affirme avec amertume l’avocat de la partie civile dans l’affaire de l’assassinat, Mekki Jaziri. Le premier parti de Tunisie, ayant perdu sa majorité au parlement et essuyé une scission, se partage le pouvoir avec son ennemi d’autrefois Ennahdha…

 

Ce n’est qu’en fin de journée de ce mardi, qu’un communiqué officiel est revenu sur le verdict de lundi soir. Exprimant sa déception du verdict, Nidaa a contesté le retour sur la scène des Ligues de protection de la révolution, et réitéré son soutien à la famille du défunt, tout en assurant son respect envers la justice tunisienne.

Nidaa a appelé, en outre, son allié islamiste au pouvoir, à clarifier sa position quant aux LPR, ainsi que celle de plusieurs dirigeants politiques ayant affiché leur soutien aux présumés assassins acquittés de Lotfi Nagdh.

On apprend qu’une réunion élargie du comité politique du parti se tiendra dans les prochaines 24 heures, afin de fixer une position sur « l’avenir des relations avec les composantes du paysage politique ».


A l’heure actuelle, le comité de défense du défunt a décidé d’interjeter appel. Le ministère public a lancé la même procédure.

 

Les images choquantes du lynchage du coordinateur général de Nidaa, sont restées gravées dans la mémoire des Tunisiens. Un meurtre qui avait marqué un tournant dans l’histoire post-révolution et annoncé une période trouble, cautionnée « officieusement » par les partis alors au pouvoir. Quoique le modus operandi du meurtre de Nagdh soit différent de celui de Chokri Belaïd ou de Mohamed Brahmi, il n’en demeure pas moins un assassinat politique.

Durant la campagne électorale de 2014, Nidaa Tounes et le candidat à la présidentielle, Béji Caïd Essebsi, avaient promis de dévoiler toute la vérité sur ces assassinats et que justice sera faite. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et les meurtriers se retrouvent en liberté et innocentés.

 

 

Ikhlas LATIF

15/11/2016 | 19:58
10 min
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Commentaires (14)

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kameleon78
| 18-11-2016 19:11
Pour la Nahda c'était vital à que ces accusés ne soient pas condamnés, sinon cela deviendrait un procès politique anti-islamiste d'où l'importance de la sentence pour eux puisque en blanchissant les accusés, la Nahda serait blanchie aussi. Donc les islamistes feront tout pour que le procès en première instance soit confirmé en appel. espérons que ce deuxième procès soit délocalisé à Tunis, la donne sera changée car pour mettre fin à cette polémique, la justice condamnera les prévenus à de lourdes peines de prison, la stabilité du pays en dépend.

URMAX
| 18-11-2016 13:54
Les vidéo ne comptent pas, pour ceux de la balance (déséquilibrée), qui sont aveugles.
Allez savoir pourquoi .....
- Sont-ils tout simplement de pauvres idiots ?
- Ont-ils été achetés par le parti de "l'oiseau bleu" ?
Une chose est cependant certaine : En ces circonstances, il nous est absolument impossible d'avoir confiance en notre "balance" de roberval tordue !
Bonne à recycler.
URMAX

HatemC
| 17-11-2016 11:29
On va rester objectif ... et ne considérons pas la vidéo comme une preuve @ retenir ...

pourquoi d'après vous ces 3 énergumènes ont été arrêté par la police ????

La police ne les a pas choisi dans le lot par hasard .... Pourquoi eux et pas d'autres ???
Pourquoi @ leur libération ... ces 3 énergumènes n'ont pas crié leur innocence en accusant la police de partialité ... ces 3 énergumènes sont coupables et nous narguent grâce @ leur appui les nahdhawi ... CpR qui ont noyauté la justice et LpR, puisqu'ils sont les 3 membres LpR ... Hatem Chaieb

Nahor
| 17-11-2016 10:40
Journaliste honnête et courageuse, vous nous avez donné la radiographie du CANCER ISLAMISTE arrivé au sommet de l'Etat par l'action mafieuse, le mensonge et la tricherie, la corruption et- notamment- le TERRORISME et le CHANTAGE depuis les bases libyennes...

L'Etat guérira si le PEUPLE opérera en extirpant ce cancer, et je sais bien que le moment s'approche...

Alors, nous fêterons ensemble la guérison et la LIBÉRATION de la Tunisie!

N.G.M. - activiste des Droits Humains

Belgacem Snoussi
| 17-11-2016 09:58
Je sais de quelle vidéo tu parles. Tu parles de la vidéo que tu as partagé sur ta page Facebook. On ne voit absolulement rien. Il y ' a des dizaines de personnes qui entourent feu Lotfi mais la vidéo ne montre en rien qui a causé sa mort.

Sinon, j'ai vu tes autres postes et crois moi qu'on est pas si différent toi et moi. Il te manque un avis subjectif sur certain sujet (je pense principalement à Ennahdha).

Skywalker
| 16-11-2016 20:14
En tout cas il faut reconnaitre une choses aux gueux d'islamistes c'est que bhiri a fait un excellent boulot au Min de la justice deja qu'elle est aveugle il lui a scié les bras et les jambes...

HatemC
| 16-11-2016 18:12
Ces criminels sont identifiés dans une vidéo ... faut-il quoi comme preuve ???
Des aveux ???? Un criminel par définition dira tj qu'il est innocent ...
Lynchage et ils lui ont cassés les côtes .... @ coups de pieds et poings ...
Même si Feu Nagdh a ameute la foule ... et provoqué ... le crime reste PUNISSABLE ... la légitime défense ne joue pas ...
On ne s'acharne pas sur un homme @ terre ... c'est le propre des FOURBES ...

Il a les côtes cassés et l'avocat de ces assassins n'a pas trouvé mieux que de dire que les cotes ont été cassé @ cause du massage cardiaque !!!! Quelle bravoure !!!! et quelle hauteur d'esprit de cet avocat vereux ....c'est vraiment prendre les gens pour des cons .... les secouristes sont tout de même des professionnelles .... et reporter cela sur les secouristes prouve la FOURBERIE des islamistes ....

Maintenant en principe et légalement l'instruction dure 14 mois ou 18 mois .... , mais le juge d'instruction peut toujours la prolonger en fonction de la difficulté de l'affaire....

Même en France la justice garde parfois 4 ans un inculpé en taule pour les besoins de l'enquête et l'instruction ... si tu veux des exemples .... ces types sont des meurtriers point @ la ligne ... y a qu'à voir la gueule de ces énergumènes ... Hatem Chaieb

Belgacem Snoussi
| 16-11-2016 15:47
Nous avons fait toute une Révolution pour pouvoir atteindre une démocratie tant espérée. Maintenant qu'elle est en cours d'acquisition, essayons une minute de penser de manière démocratique. Parce que la démocratie ne se donne pas, elle se gagne, essayons de faire un travail sur nous même pour ressembler, ne serait-on que forcé, aux démocraties les plus avancées. Loin de moi tout romantisme politique, la révolution ne peut aboutir que s'il est accompagné d'une évolution des comportements et des mentalités.
Essayons de penser démocratiquement, disais-je. Essayons de voir comment l'on se comporterait dans une société réellement démocratique si cette dernière venait à être confrontée au même aléa. Tout d'abord, que penseraient les citoyens ? Tout simplement que la justice devrait être à des années-lumière des tractations partisanes. La justice dans une société démocratique est censée être indépendante. Malheureusement en Tunisie, la justice n'est pas seulement dépendante de la politique, mais aussi des citoyens eux-mêmes. Peut-être ces deux dépendances sont liées, c'est-à-dire que le procès politisé atteint inévitablement la population et conduit alors à la création d'un procès parallèle, le premier étant judiciaire et le deuxième politico-populaire.
Ensuite, avez-vous au moins consulté le déroulement du procès ou les éléments du dossier ? Comment peut-on émettre un avis sur un sujet x si l'on ne bénéficie d'aucun élément nous permettant de l'analyser. Avons-nous au moins une connaissance des procédures judiciaires ? Si tel est le cas, pourquoi ne nous indignions-nous pas lorsque l'on voit que l'accusé, innocent jusqu'à preuve du contraire dois-je rappeler, à passer 4 ans en détention alors que la procédure légale impose à la justice de ne le détenir qu'un maximum de 14 mois ? La présomption d'innocence veut que l'accusé soit ou bien relâché au bout de 14 mois, sinon conduit à un procès. L'idée est que quand l'échéance de la détention provisoire est atteinte, soit la justice a suffisamment de preuves pour le condamner ou au contraire l'innocenté, soit le relâcher par effet de présomption d'innocence.
Finalement, ce bon vieux journalisme. Son laxisme ne cessera jamais de me surprendre. À chaque fois que j'ouvre une page d'un de nos chers médias, je garde un espoir au fond de mon âme qui me pousse à croire ou à espérer que le travail sera fait de manière professionnelle. J'espère pendant le chargement de chaque page d'information que le journaliste auteur de l'article en question aura fait son travail correctement. En l'occurrence, le journalisme n'a encore une fois pas fait son travail. Pourquoi ne rendent-ils pas public les rapports de la justice et de l'instruction ? Pourquoi passent-ils directement aux éditos alors qu'ils ne bénéficient pas d'une once d'information ? L'analyse journalistique, ne doit-elle pas se baser sur des faits concrets et avérés ? Dois-je rappeler que le journalisme a pour objectif d'informer et non pas d'exciter ?
J'ai limite envie de m'excuser d'avoir posé autant de questions. À la place, j'aurais voulu écrire des affirmations, tantôt optimistes, tantôt critiques, mais tout en restant dans une normale démocratique. Permettez-moi de vous dire que je rêve d'un pays où les revendications démocratiques se transformeraient en un comportement démocratique de la part la société dans son ensemble.

Hanni2
| 16-11-2016 13:16
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Âne vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Givago
| 16-11-2016 07:25
Nous avons voter NT avec BCE et on c'est fait avoir sur tout les plans,les islamistes ont gangrèner tous les rouages de l'administration,et il sera difficile de les déloger,et ce n'est pas fini notre calvaires va durer longtemps çi nous restons les bras croisés,le mot dégage que nous avons hurler à la face de ben ali et sà famille est maintenant et plus que jamais à l'ordre du jour,pour débarrasser le pays de ce hydre du mal que sont les les fauts musulmans,les cpristes,et leur satellites les LPR, et je n'exclus pas NT.nous étions tous mauvais dans nos choix précédant par immaturité politique,par mauvais calcul,et par une méconnaissance total de chose publique et surtous nous avons acceptés que des saltimbanques ignares, sales, puants,médiocres,et voleurs,gouverne le pays et qui ne peuvent vivre que dans l'anarchie.