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Chroniques
Les femmes et la magie inaccessible de la Coupe du monde
Par Synda Tajine
29/11/2022 | 16:59
4 min
Les femmes et la magie inaccessible de la Coupe du monde

 

La légende raconte que les femmes resteront toujours étrangères au concept ô combien mystérieux du hors-jeu. On raconte même, qu’à chaque match, les hommes devront leur expliquer – encore et encore – pourquoi ce but marqué vient d’être annulé par l’arbitre. Leur énumérer les raisons qui ont fait que ce dernier a dû faire appel à la VAR et leur répéter que non, les joueurs d’une équipe ne peuvent pas rester postés devant le but de l’équipe adverse à l'affût d'un but.

Élémentaire pour eux, trop complexe pour elles visiblement. Elles ne comprendraient jamais par elles-mêmes. Un peu comme un homme à qui on irait expliquer comment trouver tout seul le pot de miel rangé dans le placard. Peine perdue. Quatrième dimension de connaissances inatteignables pour les deux sexes. C’est du moins ce que raconte la légende…

Chez les hommes, on appelle cela la vision sélective, ils ne sont programmés que pour voir ce qu’ils ont envie de voir. Ils ne peuvent, par exemple, pas voir toute la frustration qui se cache derrière cet événement fantastique qu’est la Coupe du monde de football…du moins pour les femmes.

 

En cette période de Mondial, qui s’accapare à lui seul l’actualité nationale et internationale, les femmes arrivent encore en premier. Vraiment ? Oui, mais pas pour les raisons que vous croyez. Sur la toile et dans les conversations, on prépare les femmes à la Coupe du monde. « Mesdames, préparez-vous à laisser votre homme tranquille durant le Mondial, ne lui demandez pas de faire les courses ou de vous aider avec les enfants à l'heure des matchs, ni d’arrêter de hurler et de jurer pendant les buts. N'espérez pas le voir rester à la maison pour regarder les matchs avec vous », comprenez par-là que ceci est un univers auquel vous ne pouvez pas accéder.

 

On évoque les performances des joueurs, leurs prouesses, leurs faux-pas, la magie de leur jeu, les attentes des supporters, les erreurs des entraineurs… Mais, les femmes elles, on en parle aussi. Elles sont là sur les gradins et les tribunes pour embellir, acclamer et soutenir.

Sur la toile défilent des photos et images de supportrices du monde entier devant lesquelles on s’extasie en admirant la beauté ou en critiquant amèrement en énumérant les défauts. Les jolies blondes au sourire étincelant, les Brésiliennes avec leurs formes généreuses, les orientales et leur maquillage prononcé, les Tunisiennes au regard de braise et toutes ces femmes à qui on demande d’être jolies pour divertir et rendre le jeu un peu plus agréable. L’occasion rêvée pour les commentaires sexistes d’affluer de toutes parts.

Les supportrices du monde entier sont raillées pour leur physique, leurs tenues, leurs décolletés ou leur hijab, leur maquillage, leur âge, leur utilisation excessive d’injections, leur besoin de se faire lifter, leurs formes avantageuses ou leur  « absence » de formes… tout est passé à la loupe des milliers de supporters déchaînés les critiquent entre deux coups francs ou pendant la mi-temps.  

Dans les tribunes, les femmes des joueurs, des arbitres, entraineurs… sont là pour les acclamer. « Elles sont leurs premières fans », écrit la presse sportive.

 

Mais pour qu’elles soient placées sur le devant de la scène dans ce genre d’événement réservé aux hommes,  les femmes sont, comme à chaque fois, obligées de faire partie d’un « quota rose », comme pour intégrer les conseils élus…ou le rang des arbitres.

En 2022, pour la première fois dans l’histoire du football, des femmes arbitres ont été désignées pour arbitrer des matchs de la Coupe du monde. A l’instant, aucune des six arbitres féminines sélectionnées – sur 36 arbitres au total - n’a été sélectionnée pour utiliser son sifflet. « Elles doivent avant tout être perçues comme des arbitres, qui méritent leur sélection et doivent, comme les autres, travailler dur pour être désignées sur les rencontres », a déploré Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la FIFA. Encore une fois, pas de place pour les femmes dans ce jeu hyper masculin.

 

A l’occasion, la semaine dernière, de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes – fêtée le 25 novembre de chaque année – plusieurs ONG et mouvements féministes ont profité de la Coupe du monde pour analyser les reculs enregistrés dans certains pays en matière de droits des femmes. Le Qatar, pays organisateur, a été évidemment sur la sellette. On reproche à l’Etat gazier, des lois et usages oppressant pour les femmes, les plaçant sous la tutelle permanente des hommes dont elles sont condamnées à dépendre. Toute leur vie, elles seront obligées de demander la permission d’un homme pour voyager, se marier, divorcer, se faire avorter…

 

Au-delà de la magie du football, une réalité moins glorieuse s’offre à nous. Ce sport hyper-masculin, pourtant aussi apprécié des femmes, n’est pas encore prêt pour leur faire de la place. Pour l’instant, leur place reste dans les gradins…

Par Synda Tajine
29/11/2022 | 16:59
4 min
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Commentaires
Ronalgol
Les supportrices sud-américaines sont fabuleuses !
a posté le 30-11-2022 à 13:02
Sans langue de bois, les supportrices sud-américaines sont au top du top du classement.
Elles allient entre le charme, la beauté, la féminité envoûtante, la simplicité, la bonne humeur, la joie de vivre, la chaleur humaine, la vie qui coule dans les veines bref de véritables reines.
Lol
Et votre éducation a vous
a posté le 30-11-2022 à 09:47
Vos mères ont élevé la génération actuelle comme ça et vous êtes en train de préparer une génération similaire sur ces points.
Avant de vous énerver contre vos maris, réfléchissez à votre façon d'éduquer vos fils et vos filles. Ce n'est pas seulement la faute des autres...
Gg
Une copine...
a posté le 29-11-2022 à 19:20
Une de mes copines est passionnée par le foot. Au point qu'un jour je lui demandai "mais comment ca se fait que tu aimes le foot à ce point? C'est rare chez les femmes..."
A quoi elle répondit "ben oui, mais tu as vu les culs qu'ils ont?"
Heu....non, en tant qu'homme, je n'avais pas vu!