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Chroniques
Kaïs Saïed et ses opposants nous feront perdre la Tunisie
Par Marouen Achouri
24/11/2021 | 16:41
5 min
Kaïs Saïed et ses opposants nous feront perdre la Tunisie

 

Il est indéniable que nous nous trouvons au beau milieu d’une crise dont les horizons de résolution sont bien lointains. Nous faisons partie d’un peuple adepte du « mieux est l’ennemi du bien ». Nous sommes incapables de capitaliser sur ce qui se fait de bien dans notre pays et nous manquons cruellement de mémoire.

Croire que Kaïs Saïed peut être la solution à n’importe quel problème de la dimension d’un pays est en soi un signe de désespoir. Nous sommes enclin à croire au messie, au sauveur, à celui qui aura toutes les solutions, même si ce n’est que Kaïs Saïed. L’actuel président de la République représente aujourd’hui cette crise et n’a pas de solutions à présenter à ce peuple. Des solutions crédibles et applicables évidemment. Le peuple tunisien est tellement désemparé qu’il se réfugie dans un populisme de bas étage représenté par Kaïs Saïed, par ses propos et par son incompétence à régler le moindre petit problème. Une grande majorité de ce peuple, à en croire les sondages, est prêt à se mentir à lui-même en estimant que le pays va dans la bonne direction avec Kaïs Saïed à sa tête. Il s’agit d’un président auteur d’un coup d’Etat, qui s’est accaparé tous les pouvoirs un certain 22 septembre en vertu d’un simple décret. Demain, cela fera quatre mois depuis le coup d’Etat du 25 juillet et rien, ou presque n’a été fait dans tout ce que Kaïs Saïed a promis. Aujourd’hui, c’est un hyper président qui ne connait rien à l’économie, qui aborde le social avec un populisme primaire et qui est responsable de l’isolement international d’une Tunisie qui a tant besoin de ses relations extérieures. Il faut ici préciser, à l’attention des soutiens fanatisés du président que voir un ministre ou même une cheffe du gouvernement participer à un sommet sur le Moyen-Orient vert n’est pas un signe d’acceptation diplomatique. Par contre, être royalement ignoré quand il s’agit d’un sommet sur la Libye, par exemple, devrait mettre la puce à l’oreille.

 

Mais la question qui se pose ici est celle de savoir pourquoi nous en sommes arrivés à un tel point de désespoir que nous sommes prêts à donner le destin du pays à Kaïs Saïed ? La réponse se trouve dans la décennie qui a précédé le coup d’Etat. Les islamistes ont œuvré de manière méthodique à détruire la Tunisie et à la mettre à genoux. Par incompétence pour certains, par perfidie pour d’autres, les islamistes d’Ennahdha sont très largement responsables de la déliquescence institutionnelle, sociale et économique d’une Tunisie qui a toujours été fragile. Ennahdha, et à sa tête Rached Ghannouchi, n’ont appris de la politique que son aspect combinard et n’ont jamais été au niveau de la Politique au sens noble du terme. Ils ont été tout aussi incapables, incompétents et intéressés que peut l’être aujourd’hui Kaïs Saïed, mais ils ont su le cacher à l’opinion publique grâce à un vernis très fin de politique politicienne et de combiens en tout genre. C’est dans le désert politique créé par Ennahdha qu’est arrivé Kaïs Saïed. Ce sont eux qui ont créé tellement de désespoir que n’importe quoi, n’importe quelle entité, peut devenir une alternative crédible à l’hégémonie islamiste. Le même Rached Ghannouchi qui se permet aujourd’hui de donner des leçons de démocratie et de légitimité a fait preuve d’une grande constance en bas du classement des personnalités politiques auxquelles les Tunisiens font confiance. Le seul qui a contesté, un temps, le trône est Hafedh Caïd Essebsi. Mais depuis dix ans, dans toutes les configurations politiques, quels que soient les alliés d’Ennahdha, Rached Ghannouchi est détesté par les gens. Il vaudrait mieux pour lui aujourd’hui de se taire, d’aller se reposer et de passer son chemin. Rached Ghannouchi et son parti sont arrivés, en dix ans, à susciter autant de dégoût et de désespoir que le régime de Ben Ali en 23 ans. C’est une réelle performance que d’avoir transformé le peuple du 15, 16 et 17 janvier 2014 en celui d’aujourd’hui.

 

Mais l’opposition à Kaïs Saïed regroupe d’autres entités politiques. Les progressistes d’abord. Dans un témoignage de bêtise et d’opportunisme sans nom, les progressistes font la même erreur que dans les années 90. A l’époque, le régime de Ben Ali s’était mis en tête d’éliminer, purement et simplement, les islamistes. Une large part de progressistes, à cette époque, ne sont pas intervenus et n’ont même pas exprimé d’indignation. Ils pensaient profiter de la situation puisque le régime les débarrassait de leurs ennemis islamistes. Ils n’avaient pas prévu, à l’époque, que le régime se tournerait contre eux dès lors qu’il en aurait fini avec les islamistes. Bis repetita aujourd’hui, après tout, les progressistes font aussi partie de ce peuple dépourvu de mémoire.

De l’autre côté, il y a Abir Moussi. Privée de son théâtre d’expression habituel, à savoir le Parlement, Abir Moussi a été désarçonnée, un certain temps, par les décisions de Kaïs Saïed. Il fallait prendre le temps de comprendre où le vent allait tourner, ce qui est la preuve d’une sagesse politique certaine. Ce qui l’est moins par contre c’est de dire que durant cette période-là elle voyait –déjà, évidemment- le danger Kaïs Saïed venir mais qu’elle a préféré « accompagner le peuple dans sa joie ». Le challenge pour elle aujourd’hui est de tenter de représenter une alternative et de se démarquer de ce que les fans de Kaïs Saïed appellent le système d’avant 25-juillet. Un autre challenge sera aussi de ne pas finir comme ce garçon qui criait au loup en alertant sans cesse contre les desseins et les volontés cachées de celui qui gouverne, quel qu’il soit.

 

Les vraies victimes dans tout cela c’est cette petite partie des Tunisiens qui sont contre les islamistes et leur en veulent pour la destruction du pays, mais qui pensent aussi que Kaïs Saïed ne pourra que finir le travail et qu’il n’a ni l’étoffe, ni les compétences pour être président de la République. Ces Tunisiens qui ne se retrouvent dans aucune offre politique actuelle, qui ne croient pas que l’on était en démocratie et qui sont certains que Kaïs Saïed ne représente aucunement la solution pour ce pays. Ceux-là sont dans de beaux draps car ils refusent de s’aligner en faveur d’un camp ou d’une autre, mais qui savent une chose : ça ne pourra pas marcher comme ça.

Par Marouen Achouri
24/11/2021 | 16:41
5 min
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Commentaires
Bechir
essayer du nouveau, oser le renouveau
a posté le 26-11-2021 à 16:36
L'auteur qui s'est distingué dans maintes articles précédents par son opposition à tout ce que fait le Président, ne fait-il pas partie de ces opposants qui vont nous faire perdre la Tunisie.

Encore, une fois je note que le Président de la République et le gouvernement leur fournissent de l'eau à leurs moulins.
Léon
@BN
a posté le 26-11-2021 à 10:14
Y avait-il un problème avec mon commentaire (de hier) dans cette rubrique?
Cordial.
Léon.
Tounsi Fakhour
Un petit bilan provisoire et de bonne foi
a posté le 25-11-2021 à 13:20
Qu'on le veuille ou non, l'action salvatrice de KS, entamée le 25 juillet a abouti, pour le moment, au moins :
1. De caser la pourriture islamiste sous le tapis, plutôt dans le caniveau,
2. Des campagnes de vaccinations, très efficaces, contrairement à l'hécatombe sanitaire d'avant le 25 juillet,
3. Un gouvernement (non politique pour une fois et essentiellement technocrate) en place et actif,
4. Un vrai processus d'assainissement en cours.
Par ailleurs, on ne veut pas, on ne veut plus de ZAIM. On veut une vraie démocratie (participative ou pas) et un peuple souverain.
Prétendre que KS cherche le pouvoir pour le pouvoir, est ridicule. Il n'a ni parti politique ni machine médiatique et il est vraiment intègre.
KS directement, n'a pas (et ne peut pas avoir) la charge de tout, il n'a pas de baguette magique. Son background est prof d'université en droit constitutionnel. On ne lui demande pas d'être docteur en économie, en finance, etc. Il y a un gouvernement, des conseillers, des experts.
KS n'est pas responsable du bilan catastrophique de la décennie nekba et ses satellites.
Alors, un minimum de patience, laissons l'exécutif faire son travail et JUGEONS AUX ACTES ET AUX RESULTATS.
DHEJ
Ah les pauvres, combien sont-ils?
a posté le 25-11-2021 à 10:33
"Ces Tunisiens qui ne se retrouvent dans aucune offre politique actuelle"?

Non plus dans le pouvoir judiciaire ni dans le pouvoir de l'UGTT!!!
adel
Mo,sieur !
a posté le 25-11-2021 à 10:03
On ne peut pas perdre ce qui est déjà perdu.
La graine de la perte a été semée il y a des décennies.
Rationnel
Le pays va dans la bonne direction
a posté le 24-11-2021 à 22:57
Bourguiba citait cette ayat dans presque tous es discours: « Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant qu'ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. »
On ne peut tout mettre sur le dos de KS, si la situation va mal en Tunisie c'est la corruption est tellement répandue qu'elle devient très difficile a contrôler. Si tous la majorité est corrompue qui va lutter contre la corruption. Les prisons sont déjà pleines, et les juges ne sont pas irréprochables.
Malgré tous les efforts consentis, on n'a pas réussi a changer la nature du peuple.
Mais la Tunisie sera sauve en de-pis des efforts de son élite de la couler.
Le monde a besoin du Maroc (75 a 85% des réserves de Phosphates ) et de la Tunisie (5 a 10% des réserves).
Le monde a besoin des phosphates pour survivre mais aussi pour la transition énergétique. Les véhicules électriques a batteries LFP (Lithium Fer Phosphates ) vont dominer pour au moins une décennie. La formule de la cathode est LiFePO4, elle est composée de 20% de phosphates. Chaque voiture a besoin de quelques kilos, un bus ou un poids lourd d'une tonne ou plus. Si on fabrique 75 millions d'engins par an on parle de plusieurs millions de tonnes.
L'Europe a besoin d'énergie renouvelable, l'Allemagne a déclaré qu'elle vont encourager les citoyens a installer des panneaux solaires sur chaque toit, mais un panneaux solaire installe en Tunisie produit 3 fois plus électricité. Le câble sous marin liant la Tunisie a l'Italie peut être fini en 2 ans si la volonté y est.
Les options pour la Tunisie ne manque pas, mais l'egoisme des corporations qui dominent fait que tout le monde échoue. La corporation des juges protège les siens même s'il sont corrompus, les syndicats de la STEG bloque les énergies renouvelables et les voitures électrique même s'ils peuvent aider le pays a réduire si un déficit commercial de 40%, chacun tire la couverture vers lui et on fini par la déchirer.
souilem
la Tunisie est perdue depuis plus de 50 ans
a posté le 24-11-2021 à 18:32
Ya si Marouen, vous dites que KS et ses opposants nous feront perdre la Tunisie comme si la Tunisie n'est pas encore perdue. Elle est perdue par son peuple qui a donné sa voie électorale à des voleurs, des traîtres, des opportunistes, des marchands de la religion et des corrompus,

On réclame encore et encore la démocratie et la liberté pour des grèves sauvages, pour des sit-in interminables pour des réclamation de salaires sans travailler, pour des recrutements dans la fonction publique en surplus et injustifiables pour voler et voler les innocents,.....La démocratie n'est pas faite pour nous et d'ailleurs elle a démontré dans les pays occidentaux ses lilites. Il nous faut de la dictateur réfléchie et une justice juste et sévère, à suivre....
momo
une dictature éclairée nous convient mieux.
a posté le 24-11-2021 à 17:34
Un texte intéressant pour une fois qui reflète l'ambigüité de la situation actuelle, on peut incriminer les islamistes, les modernistes, les destouriens, mais la faute incombe aux tunisiens eux même, à la presse aux intellectuelles, d'ailleurs, ils sont ou ces intellectuels en hibernation probablement.
Il faut admettre une fois pour toute que la démocratie n'est pas faite pour nous, une dictature éclairée nous convient mieux, je ne parle pas de celui qui est en poste actuellement, il est HS sur tout les plans.
AMELIA
peuple de moutons
a posté le à 14:03
je suis très étonnée de l'absence totale de réaction populaire et médiatique à l'obligation vaccinale par des substances dont le producteur veut garder les secret pour les55 ans à venir, et dont ils ont exigé la non responsabilité des effets secondaires.
Vous n'entrez plus dans l'hôpital si vous n'êtes pas vacciné 2 doses! vous ne serez plus payé si vous n'êtes pas vacciné 2 doses! vous ne pouvez plus aller dans aucune administration si vous n'êtes pas vacciné 2 doses!
Le peuple veut ça?
J'espère que vous savez que ces substances appelées vaccins ne vous empêchent pas de tomber malades et d'être contaminant.
J'espère bien que vous avez compris que le but est de vous identifier dorénavant par une identité numérique appelée dans un premier temps pass sanitaire, et non de vous sauver d'un virus qui ne tue quasi plus personne .
J'espère que vous comprenez qu'il y aura une suite , que cette identité numérique servira non seulement à vous contrôler vous, vos déplacements mais surtout vos biens!!!!
J'espère que vous comprenez bien que ce contrôle a pour but de vous confisquer vos biens en vous laissant des miettes comme au temps de la plus grande gloire du bolchevisme dans les pays de l'est ( Ridha Lenine...)
Pour en revenir a la vaccination obligatoire, j'espère que vous avez compris qu'elle le deviendra en Janvier pour les petits enfants, forcément puisque vous avez déjà accepté l'inacceptable, autant pousser le bouchon jusqu'au bout.
Et tout ça pour le bénéfice de qui? Je suppose pour le boss de notre président...
Allez y , déchainez vous pour votre sauveur Kais Said, vaccinez vous, asservissez votre pays pour des décennies à venir, asservissez vos enfants....vous avez de la merde dans les yeux , vous ne voyez pas qu'un président élu via Facebook ne peut être qu'un représentant du nouvel ordre mondial, le preuve, il va passer au vote électronique hahahaha!!!!
Un serviteur pur et dur du NOM qui va livrer la population tunisienne et les terres cultivables et les quelques ressources du pays à l'exploitation et au contrôle numérique total par les élites de la sphère Klaus Schwab.
Bon courage à la future résistance, il est grand temps qu'elle s'organise!!!!!!!!


zozo Zohra
Marouen
a posté le 24-11-2021 à 16:59
Tout ça donne un pays bancal.

Chacun veut gérer le pays à sa guise.
Vous avez l'exemple des flamants de droite et des wallons de gauche.

Tout ça ne parle pas la même ici en Tunisie en sens figuré.

Vous avez ceux qui veulent travailler
Le pays honnêtement et ceux qui veulent travailler leurs intérêts.

Ahhhhh ya nari
zozo Zohra
Correction
a posté le à 19:33
Ils ne parlent pas la même langue ici en Tunisie au sens figuré