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Hakim Ben Hammouda : Si rien n’est fait, on se dirige vers le scénario libanais !
10/05/2021 | 10:53
6 min
Hakim Ben Hammouda : Si rien n’est fait, on se dirige vers le scénario libanais !

L'économiste et ancien ministre des Finances, Hakim Ben Hammouda a présenté, ce lundi 10 mai 2021, une lecture des réformes proposées par le gouvernement tunisien au Fonds monétaire international (FMI) selon le document fuité.

 

L’économiste a indiqué, au micro de Karim Ben Said dans l'émission "Dans le vif du sujet" sur RTCI, que dans sa réflexion, il a toujours mis l’accent sur deux choses qui lui paraissent importantes : rétablir les grands équilibres macroéconomiques et financiers et contrôler la dette. Ces objectifs figurent dans le projet du gouvernement.

Mais pour lui, « il faut des décisions courageuses et fortes pour véritablement maitriser ces équilibres et limiter cette dérive de la dette interne et externe ».

 

S’agissant de la compensation, M. Ben Hammouda a déclaré que cette question fait l’objet de controverse. « Depuis 2015, les différents gouvernements ont choisi la méthode de ciblage pour faire face à l’augmentation de la compensation, moi j’ai toujours appelé depuis 2012/2013 a des solutions plus pragmatiques et à éviter les prêt-à-penser préparés par des institutions qui ne prennent pas en considération la réalité. Je pense que la stratégie du ciblage est une stratégie dangereuse et peut mener à des tensions sociales très fortes.

Cette stratégie part d’un bon sentiment et d’une analyse assez réaliste, mais la situation de la compensation est marquée par deux choses : une importante montée des dépenses de l’Etat en matière de compensation qui sont à l’origine des grands déséquilibres macroéconomiques et particulièrement des finances publiques et la compensation ne touche pas ceux pour lesquels elle était destiné ».

Pour lui, la montée des dépenses de compensation est liée essentiellement à l’augmentation des prix mondiaux des deux aspects les plus importants de la compensation : barils de pétrole et produits agricoles.

Et d’estimer : « Il y a une forte augmentation des prix subventionnés et ceux qui consomment le plus bénéficient le plus. Ainsi à titre d’exemple, pour la compensation de carburant, ceux qui ont de grosses cylindrées bénéficient le plus de la compensation ».

 

L’ancien ministre a souligné que pour mettre fin à ces dérives, des stratégies sont nées.

« De là sont venues la nécessité de maitriser les dépenses et de les orienter vers ceux qui en ont le plus besoin et est venue la stratégie des grandes institutions internationales, particulièrement la Banque mondiale et le FMI : essayer de mettre la compensation dans les prix et essayer de la donner directement à la population la plus nécessiteuse via des transferts financiers à des populations cibles et après on passe à la vérité des prix sur le marché.

Or, cette subvention ne bénéficie pas qu'aux classes populaires les plus pauvres mais aussi à la classe moyenne : la compensation est un élément important du maintien de la classe moyenne, sans elle je pense qu’on aurait plus de classe moyenne qui est au cœur de la dynamique sociale et économique du pays et une multiplication par trois des prix, qui ne sera pas soutenable par la classe moyenne », a-t-il précisé.

 

 

Pour lui, il faut être pragmatique et faire la différence entre les subventions énergétiques et les subventions alimentaires (produits de bases).

« Pour les produits de base, moi j’ai toujours dit qu’il fallait éviter d’éliminer les subventions d’une manière radicale, je pense qu’il faut envisager des augmentations régulières des prix et faire en sorte que la subvention bénéficie aux ménages et éviter que les industriels en bénéficient

Pour les produits énergétiques je rappelle qu’on a fait un énorme effort, notamment sur le coût de l’électricité qui est beaucoup plus lié à des tranches de consommation. La subvention a été éliminée des secteurs énergivores (cimenterie, verrerie, …). Maintenant, il faut réfléchir sur des solutions pratiques et pragmatiques, soit en distribuant des cartes de consommation ou en subventionnant un certain niveau de consommation, en faisant des études techniques ».

En réponse à une interrogation du journaliste sur la possibilité d’une suppression de la compensation à l’horizon 2024 avec un retour aux prix réels, comme indiqué dans le document du gouvernement, l’économiste a rétorqué : « Non, moi je n’y crois pas. Je pense que c’est un engagement qui a été pris par le gouvernement dans le document d’orientation qu’il a présenté, qui n’est pas un vrai programme pour 2 ou 3 ans ».

Et de noter que ce qui a circulé c’est un résumé, l’"executif summary", ce n’est pas le document lui-même. C’est un document qui donne des idées et un condensé de la politique.

Et de marteler : « Ce qu’il manquait à ce gouvernement, au vu de la réaction des syndicats et en particulier de l’UGTT, c’est le manque de concertation. Le poids et les défis liés à la crise économique sont tellement importants qu’ils dépassent la capacité d’un gouvernement, assez faible pour les mettre en place.

La gravité de la situation épidémiologique, économique et financière ne peut pas être réglée par la bonne volonté du gouvernement, elle ne peut être réglée que dans le cadre d’un débat, d’un dialogue national, proposé par l’UGTT et que j’ai appelé de tous mes vœux pour véritablement prendre ensemble des décisions fortes sur beaucoup de choses notamment la masse salariale, la compensation, les entreprises publiques… ».

 

L’économiste considère que les objectifs qui ont été fixés ne sont pas réalistes et demandent à être revus : « On est devant une crise sans précédent, qui demande des solutions radicales, novatrices, importantes et majeures, qu’un gouvernement seul, de mon point de vue, ne peut pas prendre.

Pour éviter le scénario libanais et un défaut de payement, il faut prendre des décisions fortes, que le gouvernement seul ne peut pas prendre. Je pense qu’il faut éviter la stratégie appliquée, c’est à dire concocter des solutions dans le secret. Au contraire, il faut dire que nous allons véritablement à un scénario à la libanaise pas dans les prochains mois mais dans les prochaines semaines et donc avoir la transparence sur les chiffres et se mettre ensemble autour d’une table pour discuter des moyens susceptibles d’éviter cette situation financière difficile d’ici la fin de l’année, car les négociations avec le FMI seront longues et la sortie sur les marchés internationaux de capitaux pour une émission de bons de Trésor tunisien sera très coûteuse. A nous de trouver des solutions alternatives, qu’un gouvernement dans le contexte d’aujourd’hui ne peut pas faire seul. Ce sauvetage de l’économie ne peut être que le résultat d’un dialogue national entre le gouvernement, les différentes composantes sociales, les syndicats, les partis politiques, toutes les institutions de l’Etat ».

Pour lui, la demande d’un moratoire des dettes tunisiennes n’est pas faisable. Il a recommandé au gouvernement de ne surtout pas envisager une restructuration de la dette à la libanaise, qui est pour lui la dernière chose à faire et qui sera chaotique pour le pays.

 

I.N

10/05/2021 | 10:53
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Commentaires
Candide né
@GZ
a posté le 11-05-2021 à 19:35
Bonsoir ou Bonjour
Votre petit clin d'oeil me va droit au coeur.
J'étais en train lire l'info relatant le drame d'une femme
trucidée par son mari sécuritaire!!
Le hasard surement!!
Aussi violent que la peinture!!
Bien à vous et bientôt
Dr. Jamel Tazarki
@Mr. Hakim Ben Hammouda
a posté le 11-05-2021 à 08:30
Très Cher Compatriote,

vous écrivez: "Pour les produits [alimentaires] de base, moi j'ai toujours dit qu'il fallait éviter d'éliminer les subventions d'une manière radicale, je pense qu'il faut envisager des augmentations régulières des prix et faire en sorte que la subvention bénéficie aux ménages et éviter que les industriels en bénéficient"

-->
non, et non et non, Il n'y a qu'un seul mot magique: augmenter la productivité tout en diminuant les prix de revient des aliments/produits de base ce qui conduirait à des prix dérisoires/accessibles par la masse pauvre et ceci sans aucune subvention

Les Hollandais produisent 460 tonnes de tomates par hectare alors que la Tunisie ne dépasse pas les 20 tonnes par hectare et ils n'ont besoin que du 1/10000 de quantité d'eau d'arrosage que la Tunisie...


La politique des bas prix de revient joints à la plus ample productivité a depuis longtemps été la politique des Allemands. C'est grâce à cette politique surtout que les Allemands ont pu si largement accroître leurs exportations. Ils ne craignent pas de payer des salaires élevés. Ils abaissent cependant le prix de revient par une productivité devenue beaucoup plus intense avec le temps, par un outillage perfectionné, par une organisation supérieure qui fait intervenir tous les éléments de ce qu'on appelle la rationalisation. C'est même en Allemagne que le mot rationalisation a été créé: spécialisation, standardisation, outillage à grands rendements, fermeture des usines vieillies, riches laboratoires de recherches, concentration même en grands trusts, tels que celui de l'acier ou de l'industrie chimique, voilà ce qui fait la force économique de l'Allemagne. Par contre, l'Allemand n'est pas plus assidu ou plus intelligent que le Tunisien.

il faut se libérer de ce que l'on appelle "Mental Sets" qui sont à l'origine de la décadence socio-économique de notre pays...

Bonne journée à tout le monde.

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

PS: How Mental Sets Prohibit Seeing Solutions to Problems: A mental set is a tendency to only see solutions that have worked in the past. This type of fixed thinking can make it difficult to come up with solutions and can impede the problem-solving process. For example, imagine that you are trying to solve a math problem in your algebra class. The problem seems similar to ones you have worked on previously, so you approach solving it in the same way. Because of your mental set, you are unable to see a simpler solution that might be possible. When we are solving problems, we often tend to fall back on solutions that have worked in the past. In many cases, this is a useful approach that allows us to quickly come up with answers. In some instances, however, this strategy can make it difficult to think of new ways of solving problems. Impact of Past Experiences: While in many cases we can use our past experiences to help solve the issues we face, it can make it difficult to see novel or creative ways of fixing current problems. For example, let's imagine that your vacuum cleaner has stopped working. When it has stopped working in the past, a broken belt was the culprit. Since past experience has taught you that the belt is a common issue, you replace the belt again, but this time the vacuum continues to malfunction. You ask a friend to come to take a look at the vacuum, and they discover that one of the hose attachments was not connected, causing the vacuum to lose suction. Because of your mental set, you failed to notice a fairly obvious solution to the problem.
-->
https://www.verywellmind.com/what-is-a-mental-set-2795370

GZ
@ Titien
a posté le 11-05-2021 à 05:34
Bonjour.
Sombre mais authentique tableau d'un pays qui se voile la face .
Ne prenez pas ce qui suit en mauvaise part et sans nullement vouloir vous offenser, la réalité du pays, vos commentaire et pseudo me font penser à ces mots de Pierre Desproges : " le Titien aboie, le Caravage passe " *.
On trouve dans les peintures du Caravage qui sait ce qu'il peint, des scènes de meurtre d'une saisissante réalité.
Sombre présage.
Bien à vous.
_____
* Clin d'oeil à l'ami @ Candide né, amoureux de peinture, que je salue
chaleureusement.

El chapo
Scénario Libanais......ou Afghan/somalien
a posté le 11-05-2021 à 03:08
Avec ce qui se passe au conseil de sécurité de l ONU et la prise de position puérile de votre Tunisie, soyez assuré que vous vous dirigerez vers bien plus que le scénario libanais...le scénario somaliens ou Afghan....
A moins que l'Europe craigne de supporter cette masse de futurs migrants et vous maintienne sous perfusion pour que puissiez défendre ses frontières suds
Candide né
@Léon
a posté le 10-05-2021 à 21:17
C'est un pavé ou j'ai mal compris?
Je ne parle pas du poste qu'il a occupé!
MDR
OUA
Même avant Corona..
a posté le 10-05-2021 à 15:11
Même avant Corona, le monde était confronté à une crise économique historique. Corona a donné aux politiciens responsables des gouvernements avec les banques centrales l'occasion de transmettre leur échec à Corona.

Remarque: les politiciens des gouvernements n'assument jamais la responsabilité de leurs actes, ils en reportent toujours la responsabilité sur les autres.

Cependant, ce sont des gouvernements qui ont fait de Corona un "monstre sous le lit" afin d'augmenter leur pouvoir sur les gens.
Petit x
En bref
a posté le 10-05-2021 à 14:42
YA MACHACHOU, YA GOUROU GHANNOUCHOU, YA ROBOCOP,
Essayez de toucher à la compensation du pain, de la semoule, des pâtes, de l'huile végétale et du lait et vous allez voir le GRAND BOOM qui va se produire dans le pays.

Le Grand BOURGUIBA l'a fait en janvier 1984, mais il s'en est cassé les dents et il ne s'en est plus relevé.

La politique tunisienne de compensation a été la meilleure au monde surtout pendant la période 90/2010 basée sur une enveloppe soutenable que le gouvernement ajuste en douce chaque année, par des augmentations de 20 à 40 millimes par produit, pendant l'été (en août) où tout le monde est occupé par les fêtes de mariages et s'amuse dans les plages et le tout passe inaperçu.

Mais voilà les incompétents, Khouanjias en tête, lorsqu'ils ont infesté le pays par leurs âneries en promettant monts et merveilles en 2011, ils ont abandonné la stratégie que je viens de décrire plus haut en bloquant ces petites augmentations pendant 10 ans en faisant leur propagande bête et méchante auprès des ZOUAOULAS pour qu'ils votent pour eux et le résultat on le connaît: une enveloppe de compensation faramineuse qui plombe les finances publiques.

Inutile de vous parler des autres gouffres financiers des cadavres des entreprises publiques chères à l'UGTT...

Allez je m'arrête ici sinon je vais vous faire pleurer sur le sort de ce pays.

Léon
Et toi donc ya Si Ben Ahmouda?
a posté le 10-05-2021 à 14:39
N'oublie pas que tu as pris part à cette catastrophe. Il ne fallait pas accepter le poste.

Léon, Min Joundi Tounis Al Awfiya;
Résistant.

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.
Titien
et oui....
a posté le 10-05-2021 à 14:35
Ce qui me fait très mal: c'est que la personne qui devrait nous unir en ces moments difficiles est en train de nous départager jouant le protecteur du peuple. On va couler et l'histoire ne le pardonnera pas comme il ne pardonnera pas les mesures populistes prisent juste au début de la révolution et on voit très bien où on est aujourd'hui. On est un pays pauvre avec très peu de ressources naturelles (qui ont été dilapidé par nos mauvais dirigeants) le savoir faire est une denrée rare dans ce pays, l'innovation il faut attendre les autres pour recopier. La consommation, on voulait être sur le même pied d'égalité que les européens et les américains quant au travail c'est la dernière des choses dont en devrait en parler...
Tn
.....
a posté le 10-05-2021 à 13:31
Il faut revoir les dépenses de gestion.... c'est simple, trop de micmac....
Crow85
Le même discours
a posté le 10-05-2021 à 13:10
On entend toujours nos valeureux "économistes" parler de compensation un truc qui date des années 60....au lieu de nous parler d'économie numérique, de mettre finn aux cartels et aux autorisations...Mr Ben Hamouda est de la vieille école qui a fait en sorte à ce que quelques familles contrôlent 90% de l'économie, il est grillé..
retraité
le scéhnario grec et non libanais
a posté le 10-05-2021 à 12:43
ce n'est pas ce gouvernement qui peut éviter au pays et à la population le scénario grec et non libanais et ce sont les gouvernements successifs avec l'encouragement du syndicat que le pays est arrivé à ce nouveau d'endettement et de banqueroute possible et qu'in n'arrive pas à acheter des kits d'analyse PCR et autres et des quantités de vaccins laissant mourir bientôt plus de 12000 citoyens ce qui a fait que notre pays a le sinistre premier record de décès par rapport à sa population bien qu'elle soit la première élève pour sa meilleure gestion du covid 19 au printemps de l'année dernière
Tunisino
De la poésie!
a posté le 10-05-2021 à 12:12
je pense qu'il faut envisager des augmentations régulières des prix: C'est la seule chose à retenir de ce Ben Hammouda, sauf que les augmentations doivent être intelligentes. Par exemple, ce n'est pas normal que le prix d'une baguette est de 200 millimes, moins que le prix d'une cigarette, son prix naturel est de 500 millimes, mais pour y arriver il faut au moins 6 ans, une augmentation de 50 millimes par année! L'effondrement de la Tunisie n'est que certain avec un Etat en décomposition faute de compétence et de patriotisme, sauf surprise!
El Chapo
Here we are
a posté le 10-05-2021 à 11:58
Et dire que mes sombres prévisions de 2011 se réalisent actuellement:

Au pire ça aurait été un scénarios à l'afghane, et au mieux un scénarios à la libanaise ...

Suis je devenu un oiseau de mauvais augure ....
Zba
Monsieur l 'opportuniste laisser nous tranquille
a posté le 10-05-2021 à 11:30
Vous etes grillé ben hamouda.
Le scénario libanais vous conviendrait le mieux à vous.
Casse toi
saga
commentaire absurde
a posté le à 12:37
votre commentaire n'apporte rien!
comme tous les nuisibles
veritas
Je l'es dit et répéter moult fois .
a posté le 10-05-2021 à 11:28
C'est une certitude le scénario libanais est une certitude je dirais même pire '?'.les libanais sont dans la merde a cause de hizbollah la Tunisie est dans la merde a cause d'ennahba,tant que les khwanjias règnent sur le pays il n'y aura aucun espoir '?'les investisseurs qui ont fuit le pays depuis 2011 se compte par centaines et ça continu '?'Shell partira l'Anne prochaine tout les investisseurs plieront bagage à cause des khwanjias ,de leur politique de destruction et de leur haines envers certains pays européens.
Frankofob
Hizb YHWH et son islamophobie patente ................
a posté le à 11:52
les Libanais , c'est à cause du directeur de la Banque du Liban, un chrétien, qui a monté un "ponzi" pour siphoner les réserves en dollars de la BDL, depuis 30 ans.
donc rien à voir avec Hizballah.