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Paris illégaux en Tunisie : Faites vos jeux, rien ne va plus !
03/02/2017 | 19:59
6 min
Paris illégaux en Tunisie : Faites vos jeux, rien ne va plus !

Les jeux de paris sportifs ont de tout temps existé. Avec l’arrivée d’internet, le marché euro-américain de ces jeux d’argent a littéralement explosé et l’onde de choc a, ces deux dernières années, touché de plein fouet notre pays.

Désormais accessibles en ligne via une simple connexion internet, ces jeux de hasard, très liés à la gente masculine de par son engouement pour le sport et le foot en particulier, sont devenus le passe-temps préféré de milliers de jeunes tunisiens, voir même, un vrai travail pour certains. Pour les psychologues, un cocktail explosif qui mêle, amour pour le sport, illusion du gain facile et adrénaline.

Alors, comment ça marche? Peut-on encore parler de Monopole d’Etat sur le jeu ? Enquête.

 

Le bookmaker :

Les joueurs sont généralement des jeunes à faible ou moyen revenu. Dans leur grande majorité, pour jouer, ils font appel à des bookmakers, qui sont en réalité, des propriétaires de compte Neteller*(ce n’est pas le seul mais c’est le plus utilisé en Tunisie). Des comptes bancaires en ligne sur lesquels on peut effectuer des dépôts de devises à partir de l’étranger. Une fois l’enregistrement sur cette banque en ligne finalisé et le dépôt effectué, le bookmaker devra s’enregistrer sur un site de jeux de paris sportifs en ligne (Planet Win, Bwin, Bet 365…). Une fois l’enregistrement effectué, cette personne peut commencer son business.

Un business qui peut être très lucratif, si l’on regarde les marges, lors des transactions. Car un joueur qui parie chez un bookmaker et gagne, va récolter son gain en dinars, au taux de change appliqué par les banques, voire un peu moins. En revanche, s’il veut acheter des crédits pour pouvoir jouer, en l’occurrence des euros, il devra multiplier sa mise en dinars, par 3,2 en moyenne, un taux de change largement au-dessus de celui appliqué par les institutions financières (2,46 dinars pour un euro).

 

Modalités de jeu :


Alors que la société tunisienne des jeux, Promosport, propose de jouer dans des points de vente physiques, une fois par semaine, 13 grilles (de jeux), équivalentes aux résultats d’une liste fermée de 13 matchs de football. Les sites de paris sportifs en ligne, proposent un produit bien plus adapté à l’époque. On peut parier sur tout et tout de suite !

Sur ces plateformes, il est possible de jouer 24h sur 24, 7J sur 7, de partout où il y a une connexion internet. Et toutes les combinaisons possibles. Pour ce qui est du football par exemple, on peut même parier sur le résultat d’une seule partie, sur le nom du joueur qui marquera le premier but, sur l’équipe qui remportera le match, sur le résultat à la mi-temps,le tout en mode instantané et même lorsque la partie a déjà commencé.

 

Avec ces plateformes, il est aussi possible de parier sur des matchs de tennis, des courses de chevaux et sur près de 30 sports mondiaux. On y parie instantanément, à toute heure, sur des matches qui se jouent à différents coins du globe. En somme, tout est fait pour que les parieurs n’arrêtent jamais de jouer.

 

Promosport et monopole d’Etat

 

Face à l’ampleur du phénomène, le mot monopole n’a plus lieu d’être. La société étatique régissant les paris sportifs en Tunisie rencontre aujourd’hui, par conséquent, de sérieuses difficultés. Menacée par ces entités considérées comme illégales mais invisibles aux yeux de l’Etat, la direction de Promosport, tente de sauver la mise. La signature, récemment, d’une convention avec Ostrian Games Industries (OGI) dans le but de mettre en place un nouveau système de gestion des paris n’empêche pas la dérive de Promosport. Le nouveau système, qui doit être mis en place par la société autrichienne, permettra aux utilisateurs du service de parier sur plusieurs matchs par semaine avec différentes modalités de jeu. Il est clair que le limogeage du directeur de la société, Mohamed Hédi Bargougui, n’accélérera pas la remise à niveau de la société étatique.

« C’est à l’Etat d’intervenir, par le biais du ministère de la Jeunesse et du Sport et celui du Commerce, et de réglementer le secteur » avait dit Nabil Abdellatif, président d’honneur de l’OECT (Ordre des experts comptables tunisiens) lorsqu’on l’a questionné sur le sujet. Pour lui, le détournement de la législation peut seulement être évité par un dinar convertible. L’Etat devra aussi, collaborer avec des sociétés internationales spécialisées dans les paris en ligne pour mettre en place des garde-fous limitant les risques de fraude.

 

En France, par exemple, l’Etat a mis en place l’ARJEL. L’Autorité de régulation des jeux en ligne est chargée de mettre en place des moyens de régulation, d’information et de contrôle pour protéger les joueurs, prévenir de l’addiction au jeu et lutter contre la fraude. Un numéro vert pour les joueurs qui souffrent d’addiction aux jeux a même été mis en place.

 

 

Le joueur de base ou le pigeon :

 

Le joueur de base ou le pigeon représente, le plus grand pourcentage de la population de parieurs. Une personne qui joue souvent en ligne que nous nommerons Héni **, nous explique que très souvent, il arrive à gagner, mais que « ça reste un jeu de hasard ».

Il ouvre son ordinateur et nous fait voir les derniers gains, publiés sur le site. Il fait remarquer que ces gains (un peu plus de mille euros chacun) ont été faits par des joueurs qui ont misé gros dans un seul pari, limitant de facto les risques. « Il y a des professionnels ! » explique-t-il, l’air impressionné.

 

Le joueur de base, quant à lui, multiplie les paris et ne se concentre pas sur un seul. En variant les combinaisons, il pense maximiser ses chances de gagner alors que c’est l’inverse. C’est justement de l’argent de ces novices, que les sociétés de paris en ligne, installées dans des paradis fiscaux, récoltent des revenus astronomiques. Comme le disait si bien l’ancien parieur Nick the Greek : « Rappelez-vous : la maison ne bat jamais le joueur. Elle ne donne qu'une opportunité au joueur de se battre lui-même ».

 

Désormais considéré comme sport national, le jeu de hasard en ligne, touche de plus en plus de jeunes joueurs. Et comme chez nos voisins européens, le risque de dépendance est présent. Balancés entre euphorie et désespoir, les parieurs accros risquent la dépression, l’isolement, la perte de leur travail et bien d’autres problèmes graves.

De grosses sommes d’argents transitent aujourd’hui par ces sites. Des sommes que l’Etat tunisien ne voit pas. Il y a quelques moi,s les autorités tentèrent de réagir en s’attaquant aux publinets, considérés comme les lieux où l’on pratique ce vice. Les autorités ont infligé de sévères peines à ceux qu’ils ont réussi à prendre mais rien n’y fait, car le jeune tunisien s’adapte et innove, toujours.

 

Sofiene Ahres

 

 

* Neteller : est un porte-monnaie électronique vous permettant d'effectuer des dépôts et des retraits sur des sites de jeux d'argent en ligne

** Le prénom a été modifié

03/02/2017 | 19:59
6 min
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Commentaires (9)

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L'etranger
| 05-02-2017 14:38
Face à cette ampleur il faut juste légaliser les paris en ligne pour limiter les dégâts et surtout mieux contrôler les choses.
A mon avis il n'y a pas d'autres solutions.

Parieur
| 05-02-2017 09:29
Concernant les paris en ligne il faut dire que beaucoup de tunisiens ont un compte personnel - j'en fais partie - et en gagnant ils retirent l'argent par virement bancaire sur un compte tunisien ou avec la carte bancaire de Neteller (actuellement désactivée), et là c'est de la devise qui entre en Tunisie.
D'autre part il faudrait parler aussi des dégâts énormes que le 25% concocté par les représentants illustrissimes de ce peuple. Les recettes de l'Etat des paris hippiques ont chuté de presque 80% (un fonctionnaire de l'agence ATS qui représente le Pmu en Tunisie me l'avait confirmé l'année dernière), et comme conséquence les paris clandestins ont dégénéré! Les cafés où on peut parier pullulent...et TOUT le monde le sait!
L'Etat peut et doit tout simplement accélérer la mise en place du nouveau système de Promosport et permettre aussi les paris en ligne en dinars!

takilas
| 04-02-2017 20:54
Toutes les arnaques en provenance des paris en Tunisie sont multiples et nombreuses ; ceux qui exercent au ministère des finances peuvent dévoiler plusieurs incartades et magouilles, mais la question essentielle est de la part de qui ? (tant's the question). Pour faciliter la réponse on peut dire que cela devient évident, quoique cela existait auparavant mais de moindre ampleur, et ce depuis 2012, et ces arnaques perdurent à ce jour, mais au profit de qui ? (tant's an Roger question). Only one answer : malla bled tsakkhif. Et dire que cela est basé sur un présumé islam, mal la islam et hommes de confiance. Et les milices et les alléchés profitent de ces arnaques et les camouflent, malla thawra wa malla islam.

404
| 04-02-2017 16:47
Tres belle article Monsieur, mais vous devez savoir qu'il y a des région enTunisie qui n'ont pas d'eau potable ou il n'y a pas d'école, ou les gens n'ont pas de voiture, ne s'habille pas en lacoste.
Alors , je pense qu'il est préferable de faire un article sur ses gens la que de parler de parie sportif parce que l'état ne gagne pas d'argent sur ce type de parie

vous chercher quoi en écrivant cet article à rendre privée le jeu en tunisie pour qu'un riche encore et encore puisse y mettre ma main sur ce marché juteux

vous ne pourrez jammais combattre ce que vous ne pouvez atteindre ou faire

vous êtesdes incapables et le monde est fait par l occident aujourd hui, vous etes des suiveurs et c est vous les pigons de l histoire pas les parieurs

c 'est tout a fait normal quand des gens roulent mercedes ou porche dans un pays qui croulent de chomeurs et des miseres ou plus de 90% des richesses du pays ont etemal acquise sont detenues par des familles mafieuses proches des régimes ou il n existe pas de loi sociale ou la loi est au service des riches

tout un sytème à remettre à plat afin de donner aux tunisiens du sud , du nord , du nord ouest , de l est leur chance dans leur vie

he bien , non tout cela est un rève un mythe et bien , il y a toujours et il y aura toujours des vautours comme vous pour écrire des articles aussi minable

Mounir
| 04-02-2017 12:04
A quoi s'attend l'Etat Tunisien? il ferme, il bloque pour d'auto-protéger et n'offre jamais de réel solution.
Dernièrement la Tunisie a perdu beaucoup en retardant (peut être à jamais) la rentré de paypal! Imaginer le nombre de développeurs freelances que nous avons et qui peuvent pour chaque projet offrir une rentré d'environ 1000 euro (un template wordpress rapporte au mimimum 10.000 euros)! Mais non les banques qui veulent se la jouer "up to the news" mais qui ne le seront jamais en ont décidé autrement....

EST CE QUE CA A BLOQUE LE MARCHE??
Non, mais cela incite au MARCHE PARALLELE, puisque pour certains développeurs, les plus coriaces, ils ont trouvé des combines, des solutions de rechanges, au final ce qu'ils gagnent ne sera jamais comptabilisé (c'est ce qu'on appelle en Tunisie illégale, pour ne pas dire une bétise de l'Etat) et sera bien en deçà de ce qu'il pourrait réellement gagné.
Plus de freelance c'est moins de chômages, chercher sur internet le mot "freelance tunisie" et admiré le nombre de freelance Tunisien qui vu la législation tunisien passe par ces combines pour travaillé comme tout le monde.

Pour les jeux en ligne c'est pareils, les bookmakers s'enrichissent sur le dos des Tunisient en leur faisant payer l'euro de 3 à parfois 4 dinars! POURQUOI? parce qu'ils savent que les Tunisiens ne peuvent pas y adhéré autrement vu que nous n'avons en ligne que la navigation (en gros nous sommes insignifiant aux yeux du net). Est ce de l'illégalité??? ou une imbécilité de la réglementation Tunisienne qui au final fait perdre de l'argent à la Tunisie?

Et grâce aux talents des décisions des banques Tunisiennes et également de l'Etat Tunisien dans son ensemble les Tunisiens seront toujours des "epsilons" sur le marché virtuel, alors que les indiens et autres pays de l'Asie permettent une rentré d'argent incommensurable! nous, nous restons dans notre coin à attendre que cela bouge...
Et croyez moi, tant que la Tunisie sera commandée par des Tunisiens rien ne chargera (à moins qu'un bailleur de fond impose à notre gouvernement l'ouverture vers une vrai économie numérique qui permettrait d'encadrer ces milliards de dinars perdus bêtement)

Aujourd'hui un developpeur de plugin wordpress, au d'une maquette PSD se fait au minimum un millier de vente pour un seul template à 60 euros, multiplié cela par le nombre de templates et le nombre de développeurs.
Même les applications android ou les simples blogueurs peuvent obtenir une source incroyable d'argent si ils se basent sur la rentrée d'argent générée par de simple publicité. notre chef de l'etat préfère plutôt aider les promoteurs et endetter les tunisiens avec son projet "premier logement", c'est tout ce que son cerveau ou ces conseillés ont trouvé de mieux

zohra
| 04-02-2017 11:26
Les gens cherchent toujours l'argent facile mais ne se rendent pad compte que ça peut devenir une drogue
Les jeux de grattage, de tirage, de cartes, de paris en ligne... Certaines personnes ne peuvent plus s'en passer et tombent dans une dépendance qui peut devenir dangereuse. c'est à l'état de régulariser

Pour l'anecdote
A Istambul devant des guichets des gens faisaient la queue, beaucoup de gens les files d'attente ne desemplissent pas pendant des heures, toutes catégories d'âges. J'ai été intriguée, je demande à un monsieur, il m'avait dit que les gens jouaient aux promosports. et alors des guichets presque accolés à la mosquée, bizarre.

CHDOULA
| 04-02-2017 07:16
- BCE va t-il se présenter aux prochaines élections présidentielles ?
- HCE sera t-il le prochain chef du gouvernement ?
- Ghannouchi sera t-il le prochain Ministre de l'intérieur ?
- Slim Riahi sera t-il le prochain président de la république ?
- Y aura t-il 15 millions de touristes cette année ? Si vous avez 5 OUI ( et que c'est vraiment le cas ) c'est la fortune assurée et si c'est 5 NON vous êtes un très bon parieur !

Soufa
| 04-02-2017 00:06
La nouvelle loi des finances 2017 a eu un effet contraire puisque elle permet de prélever 25% des gains des parieurs sur les jeux legaux (promosport,courses de chevaux...)ceci a permis l'arrivee de bookmakers qui ont pignon sur rue je parle ici des courses de chevaux ou ces derniers payent sur les rapports du pmu francais et la recette du sts (pari tunisien sur les chevaux)s'est abaissé de presque 50%.

Valery
| 03-02-2017 21:47
C'est comme pour la drogue....les autorités savent tout mais n'agissent pas pour une foule de raisons....les bookmakers locaux sont archi connus mais on les protège.....pour leurs beaux yeux....certainement !