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Tribunes
Pour la tenue d'un REFERENDUM POPULAIRE le 24 juillet 2011
14/05/2011 | 1
min
Pour la tenue d'un REFERENDUM POPULAIRE le 24 juillet 2011
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Par Riadh Azaiez*


Voilà quatre mois que notre classe politique s’affaire à trouver la meilleure réponse possible à la crise institutionnelle que traverse notre pays.
Une commission dite Instance Supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique nous a, à cet effet, prescrit l’élection d’une assemblée constituante le 24 juillet 2011.
Cette prescription aurait recueilli le soutien de la nouvelle classe politique et l’assentiment des amis de la Tunisie.
Or, le passage aux urnes supposerait la réalisation d’au moins deux préalables :
-L’émission, le renouvellement ou l’actualisation selon les cas de toutes les cartes d’identité nationale, support de toute opération de vote.
-La désignation, la formation et l’encadrement des agents qui devraient tenir les bureaux de vote.
L’état d’avancement des préparatifs sur ces deux points, purement techniques, reste incertain à ce jour.

Sur le plan du scrutin même, le mode retenu est celui du scrutin par liste à la proportionnelle avec le plus fort reste.
Ce mode favorise la particratie au détriment des personnalités indépendantes.
Ce choix peut paraître étrange quant on sait que quatre vingt dix pour cent des partis sont naissants et plus du quart attendent encore leur visa.
Le mode du scrutin favoriserait d’ailleurs les grands partis soit les partis d’avant le 14 janvier au détriment des partis post- révolution.
Selon certains, les simulations présentées à titre pédagogique pour illustrer le mode retenu seraient orientées.

En outre, le scrutin se fera à un tour. Ce même mode appliqué à la France d’aujourd’hui placerait le front National au cœur de l’échiquier politique.

En prime, une parité factice, bénéficierait aux femmes tunisiennes. Cette parité est appliquée au niveau des candidatures et non au niveau des personnalités élues.
Les filles d’Elissa, de la Kahena, de Aziza Othmana, et de Tahar Haddad ont vite découvert la supercherie.

Si nos nouveaux politiciens veulent réaliser pour la femme, un geste fort, qu’ils réservent pour le prochain mandat, la présidence de République à une tunisienne. Cela consacrerait le rôle essentiel tenu par la tunisienne depuis Trois mille ans, au service de sa nation.
Outre cette prétendue parité, des tunisiens sont exclus de la participation à cette constituante, au mépris des droits national et international.
Et pour finir, ni la nature, ni la durée du mandat de la future constituante n’ont été définis à ce jour.
Nous préférons ne pas évoquer le problème du financement de ces élections, car la problématique n’a pas encore solutionnée et les flux apparemment importants n’ont toujours pas été cernés.
Sur le plan purement électoral, la centaine de partis déclarés sont censés s’organiser pour affronter les prochaines échéances.
L’offre électorale semble gagner depuis plus d’une semaine en visibilité.
Le salut viendrait de la constitution de fronts.
Et à propos de salut, Un front islamique pourrait naître du regroupement autour d’Ennahdha de cinq partis de la même obédience.
Un second front dit démocratique se composerait de 12 partis de gauche réunis autour d’une initiative d’Ettajdid et du Parti Socialiste de Gauche.
Le Front Républicain regrouperait quant à lui des forces centristes y compris des partis se proclamant du mouvement de la lutte nationale.
La constitution, la consolidation et la définition des plateformes communes d’action nécessiterait au moins deux mois de travail.
Ces fronts, sous leur forme accomplie, donneraient un visage plus clair au paysage politique tunisien.
Il appert ainsi que la solution de la chambre constituante souffre de la précipitation, de l’improvisation, du manque d’expérience politique et dans certains cas des calculs partisans purement électoralistes.
Tous ces éléments militent pour la suppression pure et simple d’un processus électoral complexe et peu transparent.

L’organisation, à la date initialement prévue, d’un référendum pourrait rassurer nos concitoyens, les opérateurs économiques et tous nos partenaires.
Le référendum est pour rappel une procédure par laquelle l’ensemble d’une population, en âge de voter, exprime un choix, dans le cas présent une constitution, c'est-à-dire un texte régissant l’organisation et le fonctionnement de l’état.
De manière classique, lors d’un référendum, le citoyen est appelé à voter par un oui ou par un non.
Dans le cas présent, le citoyen pourrait choisir entre trois projets, un présidentiel, un semi présidentiel et un parlementaire.
Les trois projets devraient être confectionnés par un collège d’experts en droit constitutionnel et en sciences politiques.
Chaque parti politique fera campagne pour son projet de prédilection.
Les médias rempliraient un rôle fondamental sur le plan pédagogique et éclaireraient l’opinion quant aux avantages et aux limites de chaque système.
Sur base des résultats de ce référendum, le peuple sera appelé, selon les cas, dans un délai de trois mois, à des élections législatives ou à des élections législatives en concomitance avec des élections présidentielles.
Des élections municipales et des élections régionales viendraient, avant la fin de l’année, achever le processus électoral restaurant ainsi la légitimité totale de l’ensemble de nos institutions.
L’annonce d’un calendrier clair et cohérent restaurerait la confiance de tout un peuple en sa classe dirigeante et rassurerait les opérateurs économiques et étrangers.
La machine économique, hésitante depuis plusieurs mois, se remettrait en marche.
Nos autorités provisoires actuelles assureront la transition douce jusqu'au parachèvement de tout le processus.
Notre Tunisie a besoin plus que jamais de tous ses enfants, alors serrons nos rangs.

*Riadh Azaiez : Consultant en Marketing politique.
14/05/2011 | 1
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