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Trump, Saïed et la constitution...
Par Synda Tajine
28/06/2022 | 19:00
4 min
Trump, Saïed et la constitution...

 

Le droit à l’avortement est-il un droit fondamental ? Seule une femme pourrait répondre à cette question. Et pourtant, ce sont les hommes qui l’ont fait.

La Cour suprême des Etats-Unis a révoqué, vendredi 24 juin, le droit à l’avortement. Un droit pourtant constitutionnel depuis 1973.

Sur les neuf membres de la plus haute autorité américaine, six ont voté pour, quatre d’entre eux sont des hommes. La moitié de la Cour a été nommée par Donald Trump.

 

Donald Trump n’est plus là et pourtant il continue à régner. Les juges – conservateurs – de la Cour suprême qu’il a nommés durant son mandat viennent de donner vie à l’une des pires prédictions des féministes. L’interdiction du droit à l’avortement. « N’oubliez pas de règler vos horloges 50 ans en arrière », écrivait une des manifestantes dans sa pancarte dénonçant cette nouvelle.

En 2017, lors de la Women’s March, des millions de femmes sont sorties manifester devant la Maison Blanche au lendemain de l’investiture de Donald Trump. L’un des premiers slogans scandés ce jour-là a été en faveur du droit à l’IVG.

Cinq ans après, nous y voilà. La sombre prémonition s’est réalisée. Longtemps remis en question dans une Amérique divisée, ce droit dresse une Amérique contre l’autre. L’une des deux vient de gagner.

 

La révocation du droit à l’avortement aux US a provoqué un véritable raz-de-marée mondial. En France, l’on s’interroge si, pour protéger l’IVG, il fallait inscrire ce droit dans la Constitution. En Tunisie, on ne nous demande pas notre avis.

Chez nous, le droit à l’avortement n’est pas directement menacé mais son accès demeure parfois restreint, et empreint d’une certaine victimisation des femmes – non mariées ou pas – qui demandent de le pratiquer.  Même si notre loi l’autorise, les femmes qui cherchent à se faire avorter doivent souvent faire face aux jugements – loin d’être bienveillants - de la famille, de la société et même du personnel médical appelé à le pratiquer.

En dehors du droit à l’avortement, beaucoup d’autres droits, en revanche, suscitent des tensions. Ils pourraient bien être tranchés dans la nouvelle constitution à venir.

 

Dans 48 heures, les Tunisiens pourront enfin connaitre de quoi sera faite leur nouvelle constitution. Quels seront les droits dont nous pourront continuer à jouir et quels seront ceux dont il faudra apprendre à vivre sans. Alors qu’on parle en leur nom, à aucun moment les Tunisiens n’ont été appelés à donner leur avis pendant qu'il est encore temps de le faire.

Plusieurs questions attendent depuis des années d’être tranchées. Et pourtant, aucune d’elles n’a sa place aujourd’hui dans le débat public.

S’il est appelé à voter en référendum, le Tunisien n’aura nullement son mot à dire avant que ce texte ne soit effectif. Il devra se contenter de dire si « oui » ou « non » il approuve le texte dans sa totalité. L’essentiel du débat autour de la constitution devra se tenir pendant le mois de juillet. Il sera déjà trop tard pour y apporter le moindre changement.

25 jours de tergiversations autour d’une constitution qui devra fixer les grandes règles de la vie des Tunisiens, mais des tergiversations qui ne serviront à rien car le sort sera déjà scellé jeudi soir 30 juin.  

 

Dans 20 ans, Kaïs Saïed ne sera plus là et pourtant il continuera à régner via une constitution qu’il aura imposée à un peuple en parlant en son nom. Il est peu probable que la majorité des Tunisiens qui se déplaceront aux urnes le 25 juillet prochain sauront exactement sur quoi ils votent. Le jour du référendum, le vote sera tranché en fonction de l’opinion que chaque électeur aura de « la voie » entreprise par Kaïs Saïed. Il votera oui s’il estime qu’il s’agit d’une « rectification de trajectoire », et non, s’il qualifie les récents événements de « coup d’Etat ». 

Triste manière de trancher une constitution qui décidera du sort des Tunisiens pour les 20 années à venir. Pas encore rendue publique, cette constitution dresse déjà une Tunisie contre l’autre.

 

Pour l’heure, aucun débat sérieux sur la scène nationale n’a lieu autour des questions essentielles. Elles sont totalement occultées par le débat politique d’une prétendue légitimité. Quel débat pouvons-nous observer alors que tout ce que nous savons sur la constitution n’est que fuites et rumeurs…Et pourtant, l’heure tourne…

 

Par Synda Tajine
28/06/2022 | 19:00
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Commentaires
nazou de la chameliere
Humm....?
a posté le 30-06-2022 à 16:11
Madame Tajine.
ça sent le " rendez-vous Tunisien", non ?
Ou alors il est partisan des loups garous, jamais avant minuit .
nazou de la chameliere
Demain Demain
a posté le 29-06-2022 à 11:43
Demain nous aurons droit à la fumée blanche !! s'il ne nous font pas le coup du ..." du rendez-vous Tunisien " .
Surtout si le facho s'applique à écrire un pavé, avec la plume d'oie, et sur du papyrus !!!
Demain demain, nous saurons si nous pourrons avorter, ou si nous avorterons sa constipation !!!
DIEHK
@ ST et surtout la constitution de Bhimcop...
a posté le 29-06-2022 à 08:36
ST : Je n'ai pas trouvé 1 angle pour essayer de ramener mon grain de sel pour mieux saler votre article et je suis désolé de faire le "service minimum" dans cette situation constitutionnellement instable.
Et je n'ai trouvé que que la "Déclaration des Droits de l'homme" pour répondre à ce qui se passe de douloureux depuis un certain 25 juillet de tous les "Bhimcop" Tunisiens :
L'utilité de la Constitution
La Constitution n'a pas pour unique objet de déterminer la forme de l'?tat, d'organiser les institutions et de déterminer les règles de production des normes. La Constitution est un acte fondateur par lequel une société se constitue une identité et décide de l'ordre sociétal voulu. En particulier, elle consacre des droits et libertés fondamentaux et définit les modalités de leur protection. En définitive, la Constitution se présente comme un acte de limitation des pouvoirs ainsi que l'exprime l'article 16 de la Déclaration de 1789 qui prévoit que « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ».
Et, en Tunisie, nous n'avons pas 1 seule institution, mais plusieurs, "Islamiste qui dirige encore la
Tunisie profondément Zislamiste , l'institution Laicarde, l'institution sécuritaire (Armée, Garde Nationale et autres milices non déclarées.."
Personnellement, je ne me suis jamais intéressé aux "USA" et leur Cour Suprême Raciste et fascisante et on et n'en parlant pas du Moyen-Orient ou de l'Amérique du Sud, de l'Asie....
Pour vous avouer que j'étais perdu dans ma lecture de votre article (USA + Constitu...) qui brouille le lecteur dans la compréhension et l'assimilation de ce que vous vouliez nous expliquer (USA, Avortement, cour suprême) + (Constitution et +++).
Je vous avoue que : Si je pense, je suis perdu et je ne peux pas dire que j'ai le contrôle de mes émotions; Je ne connais pas mon esprit. Je suis perdu comme tout le monde.
Etre bête, égoïste et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux. Mais si la première vous manque, tout est perdu.
La Russie n'a jamais perdu la guerre froide... parce que la guerre froide n'est pas finie.
Vladimir Poutine
Moi, je ne suis pas orphelin d'avoir perdu père et mère, mais d'avoir perdu l'espoir et ma Tunisie.


DHEJ
C'est de la médecine
a posté le 28-06-2022 à 21:45
Toutefois la Tunisie continue à être gouvernée par la convention de la Marsa...


Et c'est la continuité de l'état.

L'avortement est-il une atteinte au droit à la vie? La vie de qui?