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Scandale du drapeau national : encore des boucs émissaires
11/05/2024 | 15:30
4 min
Scandale du drapeau national : encore des boucs émissaires

 

Après avoir posé, en larmes, tenant le drapeau national, Kaïs Saïed s’est empressé de limoger tous ceux qui, selon lui, seraient responsables des sanctions infligées à la Tunisie. Si ces limogeages devaient servir à calmer le feu des critiques, la réalité, elle, est bien plus complexe.

 

Hier, le ministère de la Jeunesse et des Sports a annoncé, dans un communiqué, une série de limogeages. Aux oubliettes bureau de la fédération nationale de natation, directeur général de l’Agence nationale antidopage, et directeur régional de la Jeunesse et des Sports de Ben Arous.

Il s’agit évidemment de mesures dictées par le président Saïed, prises lors du conseil ministériel portant sur l’incident du drapeau tunisien. Le drapeau national avait été caché par un bout de tissu à la piscine olympique de Radès à la 7e édition du Tunisian Open Master, organisée par la Fédération tunisienne de natation.

En « visite-surprise », Kaïs Saïed a ordonné la levée immédiate du drapeau tunisien et a qualifié cet incident de « crime odieux », ordonnant l’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire à ce sujet.

Des images du chef de l’État, en pleurs et embrassant le drapeau national ont été publiées sur la page de Carthage. Doublement dérangeantes, elles ont beaucoup fait réagir hier. Dans ces images, le chef de l’État semblait très affecté qu’on touche au drapeau national, d’où les décisions hâtives servant à apaiser la colère des foules. Mais ces sanctions ont-elles touché les vrais responsables de ce scandale ?

 

Le 30 avril, l’agence mondiale anti-dopage (AMA) avait annoncé des sanctions contre la Tunisie à cause de la non-conformité de l’Anad. La non-conformité résultait de son incapacité à mettre pleinement en œuvre la version 2021 du Code mondial antidopage au sein de son système juridique. Parmi les sanctions infligées à la Tunisie « le drapeau tunisien ne flottera pas lors des championnats régionaux, continentaux ou mondiaux, ainsi que lors d'autres événements organisés par des organisations responsables de grandes manifestations (y compris les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques) jusqu'à son rétablissement ».

En réalité, cette affaire, pourtant à caractère urgent, aurait tout simplement pu être évitée puisqu’elle traine depuis plusieurs mois.

 

Le projet de loi portant sur la lutte contre les produits dopants dans le domaine du sport (59/2023) avait été déposé au bureau du parlement depuis fin décembre 2023. Il a commencé à être discuté début janvier 2024 avant de finir par être voté en plénière en février. Le 7 février 2024, 122 députés ont voté, à l’unanimité, le projet de loi 59/2023 dans sa globalité.

Depuis, des lenteurs administratives ont fait que le décret n°2024-235 du 2 mai 2024, modifiant et complétant le décret n°2024-187 du 5 avril 2024, fixant l’organisation administrative et financière ainsi que les modalités de fonctionnement de l’Agence nationale antidopage (Anad), n’est paru dans le Journal officiel de la République tunisienne (Jort), que le 2 mai. Soit donc deux jours après les sanctions annoncées par l’AMA.

 

Des lenteurs administratives, dues à la multiplicité des intervenants, ont été pointées du doigt par plusieurs observateurs. Qu’en est-il de la responsabilité de la présidence du gouvernement ?

Au-delà des délais, les dispositions mêmes du décret publié dans le Jort seraient responsables du blocage auprès de l’agence mondiale anti-dopage (AMA). En effet, le député Fakhreddine Fadhloun, président de la commission parlementaire de l'éducation, la formation, la recherche scientifique, des jeunes et du sport, avait expliqué, dans une déclaration médiatique, que la défaillance ne résidait en effet pas au niveau du Parlement, mais plutôt au niveau des décrets d’application. Il a ajouté que l’Agence mondiale antidopage a évoqué des réserves au sujet de ces textes dont certaines dispositions étaient incohérentes avec l’essence même de cette loi.

 

Mais, au lieu de se concentrer sur le fond du problème, la présidence a préféré choisir des responsables tout désignés. La visite-surprise à la piscine de Radès et les images d’un chef d’État en pleurs devaient servir à calmer la colère des Tunisiens face à un drapeau arraché.

Dans les faits, ceux qui se sont contentés d’exécuter les sanctions de l’AMA ne sont pas les responsables des défaillances ayant conduit à cette décision. Ils étaient tout simplement obligés d’appliquer des décisions justifiées par l’incompétence d’autres.

Si le bureau exécutif de la Fédération nationale de natation a été dissous uniquement à cause de sa présence au moment de l’incident du drapeau, il y a lieu de s’interroger sur les raisons qui font que le gouverneur de Ben Arous Ezzedine Chelbi (proche du président) n’a pas, lui, subi le même sort ?

Il y a deux jours, lors de la cérémonie de remise des médailles du championnat d’Afrique de natation, organisé à Angola, le drapeau tunisien n’a pas non plus été levé malgré la victoire de la nageuse tunisienne Habiba El Ghoul (médaille de bronze). Les représentants de la Tunisie présents lors de l’événement devaient-ils, eux aussi, être sanctionnés ?

 

Il ne s’agit certainement pas de la première fois que des boucs émissaires tout désignés paient les frais des incompétences des autres. Rappelez-vous, plus de 70 limogeages ont été effectués par Kaïs Saïed depuis le 25 juillet 2021. Tous ne sont pas responsables des échecs qui leur ont été attribués…

 

Synda Tajine

11/05/2024 | 15:30
4 min
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Commentaires
A chacun ses valeurs
Cherchez l'erreur !
a posté le 13-05-2024 à 15:47
D'un côté, les tr*aîtres protègent la fuyarde recherchée par la justice, et de l'autre côté, le président patriote kaies SAIED protège le drapeau de son pays et le sang des martyrs !!

Cherchez l'erreur !

La Maison de l'avocat est devenue une planque pour les "grande gueule" en apparence mais poules mouillées en vrai... c'est tout vu !

Que la justice fasse son travail.

Vive la Tunisie
Vive la République
Vive SAIED son président





Gharbi Taoufik
Réponse
a posté le 12-05-2024 à 13:45
bjr Mme Synda Tajine. Votre article est intéressant dans l'optique du fait que vous avez étayé les péripéties d'une loi d'un décret-loi qui a tardé a paraitre sur le JORT a cause de la lenteur administrative en Tunisie, ou du cheminement normal d'une décision prise, ce qui m'étonne par dessus tout c'est que la Tunisie possédait dans les années 90 un centre médico- sportif présidée par la doctoresse Mme Bartaji si je ne me trompe qui avait entre autres missions de veiller a la lutte antidopage, d'ailleurs ce centre était considéré comme étant le premier en Afrique et là je me dis pourquoi est t on arrivé là ?, est-ce qu'on efface ce que font nos prédécesseurs pour arriver a des situations pareilles. je tire une conclusion personnelle: La Tunisie n'est pas arrivées a nos jours de mettre la personne qu'il faut là ou il le faut. Merci
Abir
Avec tout mon respect pour notre drapeau nationale, mais
a posté le 12-05-2024 à 11:07
Cet événement et d'autres, sont des cadeaux du ciel pour ce pouvoir et qui lui, saute dessus , un moyen pour occuper ce pauvre peuple et qui n'a rien de retour pour son intérêt de vie au quotidien
Hamza Nouira
Et bien....
a posté le 12-05-2024 à 07:09
Pleurer pour un bout de tissus, quel qu'il soit.... Et un président en plus!!!

Je n'ai jamais vu un seul président pleurer dans ce monde. Quel honte!

Il peut limoger toute la Tunisie s'il le souhaite, cela ne réglera jamais le problème de fond qui est son incapacité et incompétence flagrante à gérer le pays. Il faut laisser votre place monsieur.

Vraiment après l'économie, la fonction publique, les finances l'éducation et maintenant le sport.

Vivement les prochaines élections!
Houssein
je confirmes
a posté le à 14:25
ce n'est pas la première fois qu'il fait honte à la Tunisie et au peuple Tunisien, vivement les élection, s'il y en aura bien sur..
@Houssein
Un blaireau de plus
a posté le à 10:12
Apprenez d'abord la conjugaison et revenez après, blaireau !
KS
@ hamza nouira
a posté le à 00:26
KS sera réélu dès le premier tour sans la moindre difficulté...tu n'as toujours pas compris que les tunisiens ne veulent plus de tes amis les escrocs et les traîtres...vous êtes un epsilon, vous ne représentez que le néant....il n'ya que sur ce site où on va vos agissements et vous n'êtes même pas 20 énergumènes.....
Continuez à aboyer, la caravane est déjà trop loin....
Mehdi
correction
a posté le à 21:35
t'as raison, ils preferent la mediocratie.

Au lieu de limoger le ministre des sports ....
houssein
je suis le 21 énergumène
a posté le à 14:27
Bipède lignard
Fares
Rigolez vous êtes à Kaisistan
a posté le 11-05-2024 à 20:58
Pendant le règne de Ben Ali, la pancarte "Souriez vous êtes en Tunisie" accueillait les visiteurs de notre pays.

Aujourd'hui, les journalistes qui expriment leur opinion sur la situation catastrophique du pays sont jetés en prison, manu militari. Dire que la Tunisie va mal est contraire à la déontologie journalistique disait un chroniqueur sur Diwan FM gravement atteint par le syndrome de Stockholm vu que ses frères subissent les atrocités racistes du régime.

Que doit-on dire alors? Rigolez vous êtes en Tunisie? La situation de la Tunisie est devenue caricaturale. Le régime incompétent n'a rien à offrir aux citoyens que des sitcoms d'un très mauvais goût. Je ne félicite pas les 2.7 millions d'imbéciles qui ont engendré cette situation. Continuez à pleurnicher et à asperger la populace par des larmes de crocodiles.
LMT
Diversion
a posté le 11-05-2024 à 20:35
Il s'agit comme toujours d'une man'?uvre de diversion. Pourquoi celui que je nommerai pas n'a-t-il pas pleuré sur la situation de bon nombre de tunisiens qui vivent dans le dénuement le plus abject de par son incompétence et son arrogance ?
Nephentes
Ubu Roi
a posté le 11-05-2024 à 19:21
ce qui est excessif est insignifiant. Et lorsque l'excessif devient levier de manipulation le pathos n'est pas loin.

et de fait les sanctions prises et la colère présidentielle relèvent d'un état d'esprit maladif lorsqu'une personne a un comportement très dramatique et exagéré.et utilise de manière systématique la théâtralisation la dramatisation et l'irrationnel comme moyens d'échange, de communication, on parle de trouble de la personnalité plus ou moins intense.

Le narcissique pervers de posera en victime, s'épanchera dans le dénigrement d'autrui, aura des accès de colère intense et versera dans la dramatisation émotionnelle. Si ce type de personnalité jouit d'une influence ou d'un pouvoir institutionnel et/ou politique elle peut etre particulièrement nuisible et dangereuse.
1/3i
Je ne voulais pas parler de pervers narcissique... Mais...
a posté le à 20:15
C'est exactement ce trouble ...
C'est toujours la faute des autres, et il n'est jamais responsable de ce qui arrive.

Mais ça commence à se voir....
1/3i
Je pleure votre Tunisie
a posté le 11-05-2024 à 18:47
Comment en est on arrivé là ?
Comment tant d'incompétence peut avoir été accepté 'e depuis si longtemps
Certain, comme veritas, viendront nous expliquer, probablement, que c'est bien la preuve d'un complot organisé contre la Tunisie.
Et il aura bien raison. Mais il ne verra pas qui est celui qui est à l'origine de ce complot. Il n'y a qu'un seul responsable ....
Mais chut... Le dire est interdit. Sous peine de ...
oscar
Préméditation.
a posté le 11-05-2024 à 18:27
Coup monté par Carthage.
Wolf
Le problème principal des limogeages
a posté le 11-05-2024 à 17:21
Limoger sans remplacer, telle est la marque de fabrique du président.
Dans votre décompte, dans un autre article de BN, des limogeages opérés par Saied, la liste gagnerait à être complétée par les postes qui demeurent vacants.
Observateur
Ca sent la manipulation à plein nez
a posté le 11-05-2024 à 17:06
Je suis certain que cette affaire a été fomentée de toutes pièces et montée en épingle pour permettre à Saeid de se faire passer pour le défenseur du drapeau national et le chantre de la souveraineté.
Ca sent la manipulation à plein nez et l'escroquerie électorale.
Cette affaire de l'antidopage a permis aux nervis et spindoctors du régime illégitime d'en profiter et manipuler ainsi le drapeau et les masses.
Cette énième escroquerie finira par éclater au grand jour.