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Chroniques
Pour Béji Caïd Essebsi, la vengeance est un plat qui se mange froid
28/11/2018 | 15:59
3 min

Par Marouen Achouri

 

Affaibli, isolé, critiqué, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, n’est certainement pas dans la meilleure période de son mandat. Il a commis l’erreur de descendre dans la mêlée politique et d’abandonner son rôle fédérateur. L’échec cuisant de la procédure de l’accord de Carthage 2, par laquelle il voulait évincer le chef du gouvernement Youssef Chahed, a montré qu’il était incontestablement dans les rangs de son fils Hafedh et qu’il était prêt à mettre tout son poids symbolique dans la balance.

 

Cet aspect a été largement analysé et discuté dans les colonnes des journaux et dans les plateaux télé ou radio. Toutefois, il faut toujours faire attention à l’eau qui dort. Béji Caïd Essebsi est un animal politique redoutable qui ne s’épanouit que dans l’adversité politique déclarée. Comme le fût Jacques Chirac en son époque, son efficacité en tant que président est contestable, mais en campagne il est redoutable. De ce fait, Béji Caïd Essebsi reprend du poil de la bête quand il se trouve devant un adversaire déclaré qu’il faut battre. Moncef Marzouki en sait quelque chose.

Aujourd’hui, son adversaire est Youssef Chahed et, derrière lui, le parti Ennahdha. Par trois manœuvres distinctes, le président de la République est en train de mettre en place un plan visant à battre en brèche l’allié principal de Youssef Chahed, à savoir Ennahdha. La première de ces manœuvres est l’adoption en conseil des ministres du projet de loi concernant l’égalité de l’héritage. Au-delà du fait que BCE inscrira son nom dans l’Histoire du pays par cette avancée, il accélère la présentation de ce projet de loi devant l’ARP. L’objectif est de montrer à l’opinion publique que le principal soutien de Youssef Chahed est un parti rétrograde opposé à toute avancée sociale, particulièrement concernant les droits de la femme. Il n’est un secret pour personne que Ennahdha est opposée à ce projet de loi et votera contre. L’impact de ce vote, en plus des débats qui le précéderont, mettront certainement le chef du gouvernement dans une posture délicate.

 

La deuxième de ces manœuvres est la prise en charge par la présidence de la République du fameux dossier de l’appareil sécuritaire secret d’Ennahdha. Selon les dernières informations, ce sujet sera à l’ordre du jour de la réunion du conseil de sécurité nationale demain 29 novembre. Autrement dit, les accusations qui visent Ennahdha depuis un certain temps prennent de l’ampleur avec l’intervention de la présidence de la République. Béji Caïd Essebsi donne de sa propre légitimité à ces accusations et fait mine de les adopter tout en restant prudent. Encore une fois, Béji Caïd Essebsi met en défaut le parti Ennahdha et l’oblige à publier des communiqués nocturnes et à faire la tournée des plateaux. Il s’agit là d’une autre attaque visant à remettre au goût du jour le passé criminel et parfois meurtrier du parti islamiste.

 

La troisième de ces manœuvres passe par le nouveau secrétaire général de Nidaa Tounes, Slim Riahi. Il est difficile de croire que la plainte déposée par ce dernier, visant Youssef Chahed en plus d’autres personnalités de son cercle, soit passée sans l’aval de Béji Caïd Essebsi. Indépendamment du bien fondé ou non de cette plainte, elle a déjà provoqué suffisamment de « bruit » médiatique. D’autre part, l’accusation est très grave et jette un doute sur la sincérité des intentions du chef du gouvernement. L’objectif est évidemment de lui porter atteinte et de le réduire à des intentions dictatoriales pour casser la rhétorique de « l’intérêt du pays ». Béji Caïd Essebsi, même s’il n’est peut-être pas à l’origine de la plainte, a certainement donné son accord.

 

Ce serait une erreur monumentale de sous-estimer la roublardise politique de Béji Caïd Essebsi. A cela s’ajoute un aspect personnel visant Youssef Chahed. Il ne lui pardonnera probablement jamais l’intervention télévisée durant laquelle il s’est attaqué frontalement et nommément à son fils Hafedh. Une intervention qui, selon certains échos, avait mis le président dans une colère noire.  


28/11/2018 | 15:59
3 min
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Commentaires (18)

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hamza
| 05-12-2018 06:44
Depuis 2011, BCE est sorti de l'archive. Avant personne ne connait vraiment qui est BCE surtout la nouvelle generation. Generation de la revolution. on nous fait sortir un abdelaziz aroui pour raconter des fables et des blagues qui cassent avec la langue de bois des ex ministre de Zaba. On pensait qu'il fera son court ere le temps de passer aux vraix politiciens de la nouvelle republique. Mais l'imagination de l'ancienn system n'a pas trouve mieux vu zaba a vide la scene politique de toute competence politique. Pour cela BCE est desormais est le dernier de la classe ou tous les eleves ont quitte les bancs. il ne reste que lui.
quant a ses competence politiques ou ses ruses et deplomaties ce sont que des fables qu'on raconte comme des legendes pour faire dormir les enfants. Il n'a puise sa notoriete et sa presence que par le vide politique autour de lui et du lobby mediatique qui avait en ligne de mire de contrer Nahdha meme si il coopere avec le diable lui meme. alors on souffle dans l'image de BCE pour le montrer comme sauveur de la patrie et le hero de tous les temps (pas d'imagination , meme scenario pour HB et zaba. on cree un monstre de l'imaginaire et on apporte un hero de papier pour contrer le diable)
enfin BCE n'est que le fruit du petit jeu mediatique et lobby des l'argent et pouvoir qui regne sur la Tunisie.
Ce lobby a apporte BCE pour le guider de derriere le rideau comme fait les generaux avec boutafliqa, mais BCE a cru qu'il est Don Quichot alors il a pris les commandes tout seul mais son fils a herite le sale boulo celui d'obeir au lobby de l'argent et du pouvoir... to be continued

ASSYL
| 03-12-2018 16:21
Vous n etes pas objectif dans vos jugements ..par manque flagrant d expérience ... vous n avez pas la faculté de' prévoir...les roseaux plient mai ne cassent pas ...Voilà une comparaison qui va guider vos analyses...:BCE cest de l or et cet peut etre couvert de poussière mais si si on se frotte à lui il redeviendra brillant ...tandis que le s faux bijoux brillants au départ deviendrontterns et ne rfleteront aucunes couleurs.......

Ali Baba
| 02-12-2018 14:16
je répète: je n'aimerais pas être à votre place si le vieux de la colline arrivait à ses fins

Ali Baba
| 02-12-2018 07:13
là mon cher ami journaliste, votre jeune protégé est dans de beaux draps; ***. je n'aimerais pas être à votre place si jamais il parvenait à ses fins ... le journalisme est un métier dangereux , c'est bien connu .

Abidi
| 29-11-2018 22:58
Bonsoir et que pourrez-vous attendre d'un centenaire en pensant de la sorte le problème se révèle notre et bonne nuit

Lecteur
| 29-11-2018 20:50
Sauf que ces dernieres magouilles sont trop grossieres et trop insultantes pour l intelligence des tunisiens. Ces manoeuvres grossieres de derniere minute, refletent plutot l amertume et le desespoir d Essebssi de voir son art de la magouille sombrer totalement, face a un Chahed determine et appuye fortement par l Occident qui tient absolument a la stabilite du pays, alors que les dernieres basses manoeuvres d Essebssi risquent de le destabiliser serieusement, ainsi que face a une Ennahda devenue une force politique, sociale et electorale que personne ne peut plus mettre hors jeu et qui ne ne permettra aucunement de se laisser eradiquer comme en revent les nostalgiques d une epoque revolue pour toujours. Essebssi appartient deja au passe meme s il a une certaine capacite de nuisance qui risque de semer la pagaille lors d une annee electorale. La vieillesse est un naufrage avait dit De Gau'les,s agissant d Essebssi il aurait peut etre affirme la vieillesse est un naufrage tragi-comique des maitres magouileurs

helara
| 29-11-2018 16:46
L'adversaire direct du Président n'est pas YC mais Ennahdha. Si l'expérience politique de BCE est incontestable, il ne faut pas mésestimer celle de M Gannouchi ! Quant à la stratégie qui consisterait à dénoncer une supposée alliance entre YC et Ennahdha pour affaiblir le Premier Ministre, elle ne me semble ni judicieuses, ni productive car elle manque cruellement d'objectivité. Comment peut-on en effet qualifier de rétrograde et dénigrer un allié stratégique, avec lequel on a conduit les affaires d'Etat et par-dessus au mépris de la volonté d'une bonne partie de l'électorat qui l'a hissé aux fonctions de Président ? Dénoncer Ennahdha à ce stade, revient à reconnaitre implicitement ses propres erreurs en l'associant à la gouvernance du pays.
S'il faut considérer que l'adoption en conseil des ministres du projet de loi sur l'égalité de l'héritage relève d'une man'?uvre tendant à affaiblir son adversaire, cela prouverait plutôt sa faiblisse politique notamment devant Ennahdha. Il aurait surement mieux fait de porter ce projet plus tôt quitte à s'opposer vertement à ses détracteurs. La majorité de l'opinion publique lui est acquise sur ce projet et à mon sens, il n'a pas réussi à capitaliser sur l'adhésion citoyenne.
S'agissant de l'intéressement apparent et la prise en compte dossier de l'appareil sécuritaire secret d'Ennahdha, faire mine de'?' est une chose. Faire croire qu'il découvre brutalement l'affaire est une autre'?' Et il faut faire appel à des magiciens pour faire avaler la pilule aux citoyens.
Quant au reste des man'?uvres, elles reflètent tout simplement le désastre d'un parti politique, qui, après avoir donné beaucoup d'espoir à ses électeurs, n'est plus en fait qu'un champ de ruine où rodent des loups affamés'?'.
Au final, l'issue de la bataille au sein du couple BCE ' Ennahdha est loin d'être tracée d'avance et celui qui présume de la faiblesse de l'autre l'apprendra à ses dépens !

Tunisino
| 29-11-2018 13:52
BCE est un avocat, il est habitué à réagir mais malheureusement pas à agir, d'où son échec à gérer le pays et Nida depuis 2014. Les nouvelles man'?uvres de BCE visent à diviser la scène politique en deux clans: Avec ou Contre Nahda; pour créer un environnement favorable à refaire l'expérience de 2014, en 2019. En effet, il est entrain de diaboliser Nahda et son ami YC d'une part, et d'attirer Jebha et ses amis d'autre part. Malheureusement,
1. La scène politique n'a que deux choix: Nahda ou Nida; malgré la faiblesse de Nida et l'anarchisme de Nahda. YC et sa coalition sont à risques.
2. Les tunisiens n'ont généralement ni le temps, ni les aptitudes pour dévoiler les combines politiques, d'où ils sont faciles à être bipolarisés une deuxième fois.
Pour terminer, est-ce que les tunisiens vont être gouvernés de la même manière après 2019? Où sont les intérêts des tunisiens dans les projets de Nahda, Nida, et les autres? Le futur ne semble pas être plus brillant que le présent sachant les désastres de gouvernance de BCE en 2011 à YC en 2018! Nos politicards ne veulent que gouverner, les tunisiens pour eux n'ont qu'un seul droit: Voter, mais après être manipulé.

HatemC
| 29-11-2018 13:16
MTI = Nahdha, l'emballage change mais pas les crimes de cette secte.

Ce jour se réuni le Haut conseil de la Sécurité National sur demande de BCE ... depuis cette annonce les Salafistes Islamistes Tunisiens sont dans tout leur état .... recouper les déclarations et comprendre.

Tous les cadors se sont lancés dans des appels entachés de menaces ...

- Ameur Laarayedh appelle la présidence de la République à ne pas s'ingérer dans la justice.

- Abdellatif Mekki interpelle le ministre de la défense sur l'ordre du jour du haut conseil de la sécurité nationale, l'appareil secret d'Ennahdha sera à l'ordre du jour de la réunion du haut conseil de la sécurité nationale.

- Mehrezia Laâbidi demande à la présidence de la République de « se limiter à ses prérogatives ».

- Abdelhamid Jelassi met en garde et menace.

- La direction de la sécurité présidentielle se chargera de la sécurité du juge d'instruction en charge du dossier de l'appareil secret d'Ennahdha ... ça en dit long sur la nuisance de cette secte maléfique qui zigouille tous ceux qui la menace.

- BCE qui apprend que son allié Nahdha, ( les islamistes sont des traitres et faut jamais leur tourner le dos ), envisageait de l'assassiner ainsi qu'un président étranger en la personne de François Hollande, accusation très grave, et cela n'étonne en rien ceux qui connaissent le degré de nocivité de ces gens ...

La peur des islamistes se comprend si ces affaires des crimes et projet d'assassinat ne sortent de l'appareil judiciaire sous la coupe de B'hiri et passe entre les mains du Haut conseil de la Sécurité National....

Sans oublier que la France diligentera son enquête concernant le projet d'assassinat de François Hollande par ces salafistes islamistes que la France présente comme modéré, là les Salafistes Islamiste Tunisiens auront de quoi se faire du soucis, d'où les menaces de cet individu, .... la peur changera de camp et il est important que ces criminels réunis dans un partis soient identité comme dangereux et inscrit dans le patrimoine mondiale des terroristes '?' les US les classeront terroristes très bientôt.

D'autres affaires vont sortir tel l'attaque de l'ambassade US, la fuite de Yadh vers la Libye déguisé en Nikabé sous la barbe de la police de Laarayedh !!!!! l'envoi des djihadistes, l'assassinat en embuscade de nos soldats, autrement dit qu'un appareil parallèle renseigne ces terroristes du Chaambi ... qui font du jogging en toute impunité '?'. mais aussi l'affaire de baraket sahel qui n'est qu'une tentative de coup d'état et les criminels aujourd"hui sont indemnisés par l'IVD de l'autre sihem benTroika

Et cerise sur le gâteau la visite de MBS, quelle est la nature de cette visite ? Les jours qui viennent seront fructueux en rebondissement ... HC

HSE1994
| 29-11-2018 10:29
Nombreux sont qui ont pris la défense de BCE et de Nidaa contre les attaques répétées du couple Abbou, par souci de respect du prestige de l'état.
Malgré sont caractère parfois un peu hystérique et populiste sur la forme, je doit reconnaître que Samia Abbou avait raison sur le fond dans ses positions, les derniers événements le montrent bien.