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Paymee ou comment un État archaïque tue l’entrepreneuriat des jeunes
21/02/2024 | 13:12
4 min
Paymee ou comment un État archaïque tue l’entrepreneuriat des jeunes

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est ainsi que l’on peut résumer la situation d’une jeune startup tunisienne : Paymee. Une startup qui aurait pu devenir un fleuron de l’économie numérique dans un pays qui prétend encourager l’initiative personnelle et l’entrepreneuriat des jeunes pour, entre autres, remédier à un taux de chômage élevé. Aujourd'hui, cette startup est à l'arrêt à cause d'un État embourbé dans le passé.

 

À sa création en 2018, Paymee de Marwen Amamou, a lancé un service de portefeuille électronique qui, une fois alimenté, permet d’effectuer des paiements électroniques dans une Tunisie qui, alors, souhaitait limiter l’utilisation du cash. 

Un an plus tard, soit en 2019, la startup a obtenu son label startup, conformément aux dispositions du Startup Act; le fameux cadre juridique régissant les startups et un des grands accomplissements qui représentait une fierté pour l’écosystème entrepreneurial qui rêve d’une Tunisie digitale. 

Ce rêve s’est vite effrité, du moins pour Paymee. Sans surprise, pour des raisons réglementaires, la startup a dû se réinventer devenant une solution de paiement en ligne pour les entreprises. Ne pouvant remplir la principale condition pour obtenir l’agrément d’établissement de paiement - cinq millions de dinars de capital - Paymee a créé un QR Code permettant de remplacer les terminaux de paiement électronique (TPE). 

Dans ce parcours pour l’obtention de l’agrément d’établissement de paiement, la jeune startup a, en effet, fait chou blanc, compte tenu de la rigidité des conditions d’éligibilité et du temps administratif.

Paymee a même perdu deux investisseurs en un an et demi de course interminable pour être en conformité avec la réglementation en vigueur. Le premier est parti, car il ne pouvait attendre jusqu'à la publication des décrets d’application de la circulaire de la Banque centrale sur les établissements de paiement et le second car il n’a pu obtenir, auprès de la BCT, un document attestant de la reconnaissance de l’activité de Paymee sur le marché tunisien. 

 

En dépit de ces obstacles, le fondateur de Paymee s’est armé de patience et de volonté et a réussi à percer et à faire grandir sa startup en gagnant la confiance de centaines de clients. En 2022, croyant en ce potentiel indéniable, le fonds d’investissement P1 ventures a décidé de financer la startup, permettant ainsi à Paymee de clôturer un tour de table et de se hisser à un niveau supérieur dans son développement. 

Alors que Marwen Amamou pensait son travail de Sisyphe presque terminé et la montagne de freins surmontée, il a été rattrapé par le tsunami de complotisme qui ravage le pays depuis deux ans. La startup a été accusée de blanchiment d’argent, par ignorance ou par mauvaise foi. Si l’on se tient aux faits, Paymee n’est que facilitateur de paiement et non un établissement de paiement. 

Paymee n’est pas la seule à exercer cette activité. Des facilitateurs de paiement, il en existe plusieurs en Tunisie. D’ailleurs, pour apporter davantage de transparence et accompagner les fintechs tunisiennes opérant dans ce domaine, la BCT a publié en janvier 2024, les lignes directrices pour l’exercice de l’activité de facilitateur de paiement.

Cependant, la startup a vu ses comptes gelés tout comme ceux de son fondateur sur la base d’un cafardage - qui plus est infondé - et a plongé dans une débâcle sans précédent.  

 

S’exprimant sur l’affaire, la startup a précisé dans un communiqué que suite à une déclaration de soupçons reçue par la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) – dont l’émetteur est inconnu, elle a fait l’objet d’une enquête, en plus d’une affaire pénale par la CTAF, avec une inspection minutieuse des activités par la Banque centrale de Tunisie. 

Onze mois plus tard et bien que l’enquête de la BCT a blanchi la startup des soupçons d’activité illégale, l’enquête reste ouverte. Selon le même communiqué, « une note de la BCT stipule que les activités de facilitation de paiement doivent être conduites en partenariat avec une banque, garantissant le respect de certains critères réglementaires. Cette directive provisoire marque un pas vers la reconnaissance et l’encadrement de notre rôle dans le secteur ». Et pourtant, le gel des comptes de l’entreprise et de son représentant légal est toujours d’actualité, ce qui affecte plus de 750 de clients, compromet gravement leur capacité à respecter leurs obligations financières, et les exposent à de sérieux problèmes bancaires, en plus du risque de cessation d’activité. 

Pire ! Les poursuites qui visent actuellement Paymee ont eu un effet domino. Elles menacent et la pérennité de la startup et celle de ses clients. Plusieurs ont, d’ailleurs, mis la clé sous la porte, selon une déclaration du fondateur Marwen Amamou à Mosaïque FM. Au total, 30% des clients de la startup sont bloqués et ne peuvent continuer à exercer. 

M. Amamou n’a cessé de crier qu’il y a péril en la demeure. Rien n’a, toutefois, été fait pour débloquer la situation et permettre à la startup de reprendre ses activités bien que le rapport de la BCT atteste de son innocence des accusations calomnieuses. 

 

Une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur les slogans portés par les gouvernements qui se sont succédé en faveur d’une jeunesse désemparée. L’histoire de Paymee n’est qu’une preuve supplémentaire que cette terre n’est, in fine, qu’un immense cimetière pour les idées brillantes et la volonté d’innover. Certes les success stories existent, mais celles-ci se font de plus en plus rares face à un système archaïque qui persiste à assassiner les projets, grands comme petits.  

 

Nadya Jennene 

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21/02/2024 | 13:12
4 min
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Commentaires
Gg
Mais heu...
a posté le 24-02-2024 à 23:48
Il n'y a pas un ministre pour renverser la table?
C"est incompréhensible !
Fares Gharbi
Cette situation n'est pas nouvelle
a posté le 22-02-2024 à 09:43
En Tunisie, nous sommes coupables jusqu'à ce que nous pouvions notre innocence.

Vous êtes arrêté en voiture : coupable jusqu'à preuve du contraire.

C'est exactement ce qui se passe avec cette jeune startup. Il est impossible de prouver son innocence tout en gardant une activité entrepreneuriale réussie.

La justice tunisienne est à réanimer.
skahia
La Faute
a posté le 22-02-2024 à 08:57
la faute est à Marouane El Abassi, le bon gouverneur qui s'en va !!!

Texte de loi des sociétés de paiement, sur mesure pour évincer les jeunes et les startup.
MH
Le poisson pourrit par la tête
a posté le 22-02-2024 à 08:34
Il faut couper la tête !
Mohamed
Le grand chef est à l'image du peuple
a posté le 22-02-2024 à 05:42
Le populisme de bas étage, voilà comment pense ce chef qui sera réélu. Il est à l'image de 99% du peuple tunisien.
Le nivellement par le bas.
'?a résume tout.
Un lecteur
On a les dirigeants que l'on mérite '?'
a posté le à 08:41
Et l'histoire ne ment pas
riri
ce pays va disparaitre d' ici 20 ans.
a posté le 21-02-2024 à 16:48
on peux aller en prison si on a des crypto!!
et l'IA est le grand danger de tout les dangers !!

Ce pays ne serais pas foutu d'inventer la roue tout seul si on ne l'aidais pas!

quelle honte, on prend des siècles de retards alors qu'on aurais du faire la course en tête!!

L'IA est la plus grande source d'opportunité pour la Tunisie des prochaines années. elle peux booster notre recherche medicale, nos services exportés, la gestion des recoltes et du réchauffement climatique, la gestion des imports, et tant tant tant de choses!! la destruction des rentes qui tu notre pays, la libéralisation de tant d'energie


Je vois mon pays être en train d'être étouffé assassiné par des vieux hommes bercés toute leur vie au salaire du secteur public tout leur vie..

Reveillez vous!! vous tuez lnos jeunes et volez leur avenir!
Bbaya
Le résultat des lavages des cerveaux par le populisme
a posté le 21-02-2024 à 15:17
J'ai déjà raconté ici que nombreux qui sont déjà parti au Maroc, d'autres en côte d'ivoire et l'Afrique,... pour investir
Ce pays est gouverné par des vieux formaté sur le populisme et la bureaucratie.
Prenez l'exemple de l'argentine, avec un jeune président ultra libéral a basculé des comptes déficitaire en excédant dans deux mois de gouvernance seulement!
Nous on s'occupe d'une piscine, d'un aquarium, ...
Un lecteur
Une destruction en règle du pays
a posté le 21-02-2024 à 14:41
Faudra pas s'étonner ensuite que toute notre jeunesse fou le camps de ce pays sans futur et qui refuse obstinément de changer ses structures et sa législation archaïque et en décalage complet par rapport aux évolutions du monde '?'
ghasseb
paymee quel gachis
a posté le 21-02-2024 à 14:31
Il est raiment étrange comment le populisme qui régne peut nous éloigner l'essentiel.
Alors que ce qui se passe pour cette brillante startup qui aurait pu étre une fierté de la jeunesse et de la matière grise tunisienne va être enseigné dans les annales de la bureaucratie, on continue a nous servir au plus haut niveau de fausses urgences de société publiques en mort clinique et des monuments qui sortent tout droit de l'ére médivale comme étant la caus des peines d3 notre économies en panne de roissancz et nous servir encore des complots comme étant la seule gangraine de ce pays oh combien schlérosé à entendre le cas Paymee !!!!
Meskina Tounes
Larry
Tout ceci est connu de tout le monde
a posté le 21-02-2024 à 13:32
Pourquoi pensez vous qu'il y ait de moins en moins d'investisseurs étrangers chez nous ?...

BCT ... Pourrie
Banques Tunisiennes... Pourries
Ministères... Pourris
Douane... Pourrie et corrompue
Administrations... Pourries et corrompues
Etc...

Comment voulez-vous qu'une Start-up puisse évoluer dans de telles conditions ?...
('? titre personnel, j'ai tout revendu ici ... et j'ai tout réinvesti à l'étranger)
Le résultat :
(700 à 800 personnes au chômage en emplois directs et indirects....)
C'est désolant !...
C'est à vomir !...

Alors continuez à faire vos courbettes devant KS qui lui aussi POURRI la vie des entrepreneurs....
Continuez comme ça !.....
Juan
il tout réinvesti en isra-HELL ....
a posté le à 13:56
...."à titre personnel, j'ai tout revendu ici ... et j'ai tout réinvesti à l'étranger"
cad en isra-HELL ...
les ***sont citoyens comme les autres ? pwahaha ...
Larry
@Juan
a posté le à 18:42
Apprend d'abord à connaitre l'origine de tes chiffres arabes .... inculte !

Ensuite, quand tu voudras aboyer ...
Je te sifflerai !...

(et pour ta gouverne personnelle, tu n'as et ne feras jamais ce que j'ai pu faire ici.... même pas 10% à la vue de ton savoir et de tes connaissances )
Baltringue !...
riri
et a prison a cause de votre poeme
a posté le à 16:49
et en plus: rien que votre poste pourrait vous conduite en prison pour diffamation en vertu de l'art 54.

Larry
PS : Sincèrement désolé pour le dirigeant de Paymee
a posté le à 14:22
Tout part en vrille chez nous...

(apparemment, il est plus important de s'occuper d'aquariums, de piscines et de populisme que de promouvoir l'économie, l'accroissement et le développement industriel du pays)
PAUVRE TUNISIE !....
riri
a vomir
a posté le à 16:54
Il a réussit a forcé la BIAT a financer les rénovations qui avaient 2 ans de retards et on a eu la flirté de voir l'armée se mettre au travail au bout de quelques heures..

pour réhabiliter une piscine...

ce qui aurait du être le travail d'un conseil municipal s'il y a avait les financements...

et on est supposé applaudir et être reconnaissant et heureux...

Moi j'ai juste envie de vomir tellement j'ai mal a l estomac en voyant la destruction en direct de la Tunisie.

et fini les commentaires pour moi,

ces dirigeants et politiciens et rentiers ne méritent pas que je finissent en prison.