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Chroniques
Kaïs Saïed, grand consommateur de personnel politique
Par Sofiene Ben Hamida
23/06/2024 | 17:00
3 min
Kaïs Saïed, grand consommateur de personnel politique

 

Le président de la République a démis le ministre des Affaires religieuses de ses fonctions. Cela n’a été une surprise pour personne sauf peut-être pour le ministre lui-même qui, jusqu’au matin de son limogeage, continuait à fustiger ses détracteurs et à les menacer de poursuites.

Depuis plusieurs mois, il y avait une multitude de raisons pour éloigner ce ministre de la composition du gouvernement : l’affaire de sa voiture de fonction, les problèmes à répétition dans la gestion des campagnes du pèlerinage, son comportement inadmissible avec les fonctionnaires de son ministère.. Pour avoir divulgué et traité ces dossiers, deux journalistes, Monia Arfaoui et Mohamed Boughalleb, se trouvent poursuivis aujourd’hui. L’un d’eux (Boughalleb) est déjà sous les verrous depuis plusieurs mois déjà. La dernière campagne de pèlerinage a été catastrophique. Plus d’une cinquantaine de Tunisiens ont trouvé la mort dans l’indifférence criminelle des services du ministère qui accompagnaient leur ministre et qui étaient plus soucieux de prendre des photos de leur patron que de secourir des Tunisiens en détresse.

Le ministre des Affaires religieuses est le 80e ministre ou haut responsable de l’État limogé par le président de la République depuis le 25 juillet 2021. Un nombre pléthorique qui a contribué au climat d’instabilité politique dans le pays. Plus grave encore, il a mis à nu les difficultés du président de la République à bien choisir ses collaborateurs. Depuis son élection en 2019, le président a nommé pas moins de quatre chefs de gouvernement, ce qui est beaucoup pour un seul quinquennat.il s’agit de Elyes Fakhfakh, Hichem Mechichi, Nejla Bouden et Ahmed Hachani.

À titre indicatif seulement, durant ses 32 ans de règne, le premier président de la République, Habib Bourguiba, n’a eu que cinq premiers ministres. Il s’agit de Béhi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine Abidine Ben Ali. Sous le régime du président Ben Ali, le pays n’a connu que trois premiers ministres en 23 ans, en l’occurrence Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi.

 

Après la révolution, même le régime de la Troika semble être plus stable que celui de Kaïs Saïed. De 2011 à 2014, il n’ya eu que trois chefs de gouvernement, deux islamistes (Hammadi Jebali et Ali Laârayedh) et un indépendant (Mehdi Jomaâ). Le quinquennat du président Béji Caïed Essebsi n’a connu quant à lui que deux chefs de gouvernements : Habib Essid et Youssef Chahed.

 

Il est évident donc que le président Kaïs Saïed « consomme » plus de personnel politique que ses prédécesseurs. Il est clair aussi qu’il a des difficultés à choisir la bonne personne à la bonne place ce qui explique le nombre exorbitant des limogeages. Parfois, il semble être indécis au point de laisser des postes de première importance (ministères, gouvernorats..) vacants durant de longs mois.

Ces indécisions et ces tergiversations s’expliqueraient par une volonté chez le président de la République de couper avec le modèle du gâteau à partager entre les différents acteurs qui a marqué le paysage politique du 14 janvier 2011 au 25 juillet 2021. Seulement, sans concertations, sans consultations et sans essayer de connaitre les différents avis et points de vue, le risque d’erreur dans le choix des hauts responsables de l’État augmente d’une manière exponentielle. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est une dérive inquiétante et un dérapage annoncé vers un système d’anthropophagie politique jamais connu par le pays, sauf durant les derniers mois de l’ère Bourguiba, quand le « Zaim » était terrassé par la maladie et le pays était livré à une guerre fratricide entre les dauphins. L’importance de la prochaine élection présidentielle est, entre autres choses importantes, de donner au pouvoir plus de calme et de sérénité, on l’espère en tout cas, pour faire les bons choix au profit du pays et de l’ensemble de ses citoyens.

Sofiene Ben Hamida

Par Sofiene Ben Hamida
23/06/2024 | 17:00
3 min
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Commentaires
SALIM
ET TOI SOFIENE
a posté le 24-06-2024 à 11:42
Tu est un grand consommateur de quoi?
le financier
les incapables
a posté le 24-06-2024 à 10:16
je ne vais pas defendre le preseident mais honnetement il entourait de beaucoup d incapables donc c est pas facile de choisir entre 2 incapables .
qu il fasse appel au TRE qui ont reussi et occupe de grande et meme de petite fonction a l etranger.
Il y a une methodologie , une deontologie et une non corruption chez les TRE que les gens du pays n ont plus depuis que le grand mechant loup ben ali est parti . les fonctionnaires n ont plus peur des organes regaliens du pays
IBN KHALDOUN
Je suis un TRE mais
a posté le à 13:36
Je suis un Tre mais vous oubliez que Ghannouchi, Marzouki, Jomaa, Fakhfakh et bien d'autres sont TRE
EL OUAFFY Y
Précautions à prendre pour les prochains élections
a posté le 24-06-2024 à 10:15
Ces décisions sont étonnants peut être s il avait relevé ce Ministre de ces fonctions ce n' est pas à cause de décès des pèlerins car ce Ministre le décès de ces pèlerins dépasse ces prérogatives il n' y a dernièrement L influence religieux comme notre président est libre de faire les retouches dans la religieux ce que est évident que les Tunisiens sont de sunnites mais où est le problème si notre président prendra la décision de pratiquer le model chiaat et obliger les autres à le pratiquer ? Ce n' est pas que le ministre des affaires religieux qui été relevé de ces fonctions il y a des dizaines hauts dirigeants qui ont été relevé est c est normal car un homme un président appliquera ce qu il convent ce peut on peut constater que ces mouvements non pas de relation avec les prochains élections présidentielles préparer un climat qui garantit le succès sans équivoque au deuxième tours qui ne tardera pas révoquer les dizaines Ministre mettre derrière les bateaux les hommes de savoir faire la classe des intellectuels qui pourra influer sur le résultat des élections.
Nostradamus
Limogeages et numérologie
a posté le 23-06-2024 à 19:51
* 80 (l'article qui nous a foutu dans cette situation): Brahim Chaïbi, ministre des Affaires religieuses, limogé le 21 juin.

* 58 (happy birthday Mister President): Moez Aouini, directeur général de la sûreté publique à la direction générale de la sûreté nationale au ministère de l'Intérieur, limogé le 7 septembre 2023.

* 54 (l'épée de Saidoclèce): Mosbeh Kardamin, gouverneur de Gabès, limogé le 30 mars 2023. Il l'a lui-même nommé le 6 juin 2022. Il n'a pas été remplacé depuis.

* 17 (allumez le feu): Sami El Ghabi, gouverneur de Gafsa, limogé le 21 octobre 2021.

* 11 (record mondial): Akram Sebri, gouverneur de Monastir, limogé le 5 août 2021.

* 1 (les débuts d'un arbitraire naissant): Hichem Mechichi, Chef du gouvernement, limogé le 25 juillet 2021 dans des circonstances obscures et contraires à la Constitution en vigueur à l'époque.