
A l’occasion de la commémoration du 57ème anniversaire de la fête de l’évacuation, le président de la République, Kaïs Saïed a décidé, ce mercredi 14 octobre 2020, de gracier 307 prisonniers, ce qui implique la libération de 136 parmi eux et la réduction de la peine des autres.
Cette décision a été prise à la suite d’une rencontre avec le ministre de la Justice Mohamed Boussetta et les membres de la commission de grâce, durant laquelle, le président de la République a pu constater les résultats des travaux de la commission ayant examiné les dossiers de 2053 condamnés. « La question de la grâce présidentielle a été le sujet de plusieurs controverses depuis des années. C’est dire que plusieurs considèrent qu’il s’agit d’une atteinte à l’indépendance de la Justice, mais aussi d’une ingérence du pouvoir exécutif dans celui judiciaire. La polémique n’a pas été résolue, et c’est pour cela que la grâce doit être accordée selon des critères précis ».
A cette occasion, le chef de l’Etat a assuré qu’il est nécessaire de traiter les prisonniers sans discrimination selon des critères objectifs. Il a ajouté que la grâce nécessite la prise en considération de certaines situations humanitaires et dans les cas où certains jeunes ont succombé à la tentation de consommer des stupéfiants. Il a considéré que la condamnation dans ces cas peut conduire les accusés à commettre d’autres crimes.
Toujours dans le même contexte, Kaïs Saïed a indiqué qu’il n’est pas question de gracier ou de pardonner ceux qui s’adonnent à la criminalité et au terrorisme, ou ceux qui ont porté atteinte aux droits des Tunisiens pour sa nourriture et ses médicaments au lieu de consolider les efforts de l’Etat. Dans ce sens, il a estimé que les lois doivent être développées et qu’il n’est pas possible de parler d’un Etat de droit sans justice libre et indépendante.« Aujourd’hui, nous avons beaucoup de magistrats honnêtes et intègres, mais nous avons aussi certains jugements honteux auxquels nous devons faire face ».
S.H
Compter facilement 2500 incarcérés innocents qui crèvent inutilement.