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Portrait : Souad Abderrahim, le revers de la médaille !
07/12/2011 | 1
min
Portrait : Souad Abderrahim, le revers de la médaille !
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Tête découverte «brushinguée», et pourtant tête de liste d’Ennahdha, se proclamant féministe ardente mais officiellement ennemie jurée des «mères célibataires», Souad Abderrahim reste l’énigme à «dévoiler». Que de rumeurs, de déclarations, de jugements, d’accusations, de condamnations, n’a-t-on entendu sur son compte depuis et même avant son élection ! D’où sort-elle ? Depuis sa fameuse «infamie» elle est la plus courue par les médias qu’elle craint finalement. Mais Ouf! la patience paye! On a eu notre interview!
Alors, qui est cette femme, un tantinet coquette, à l’allure entreprenante, qui fait la promotion du parti islamiste?


Souad Abderrahim, 47 ans, pharmacienne et nutritionniste, mère de deux adolescents, a déclaré à Business News que son parcours n’a absolument pas débuté avec Ennahdha. Elle se considère indépendante et non Nahdhaouie. Au cours de sa vie estudiantine, elle figurait parmi les jeunes étudiants qui ont fondé l’Union Générale Tunisienne des Etudiants (UGTE), en 1985. Elle n’était ni de droite, ni de gauche. Elle était, dit-elle, simplement pour la liberté d’expression et d’action des étudiants. Souad Abderrahim a été ensuite élue au sein du syndicat des étudiants qui était à l’époque, composée à 70% d’islamistes. Elle tenait à jouer un rôle conciliant, qui «défendait les faibles» et qui atténuait les différends entre les étudiants.

En 1991, à la décision du retrait du visa de l’UGTE, elle est passée à la vitesse supérieure en entamant un parcours de militante pure et dure. Elle commençait avec ses «camarades» à déranger les détenteurs du pouvoir de l’époque et son activisme lui a valu l’arrestation et l’emprisonnement en tant qu’opposante du régime et notamment du projet de Ben Dhia.

A l’aube de la révolution, Souad Abderrahim a regagné la rue pour revendiquer avec les autres anciens membres de l’UGTE, dans un communiqué daté du 22 janvier 2011, la restitution de la légitimité de leur syndicat, l’indépendance de la faculté de toute autorité et l’intention de créer «la ligue des anciens membres de l’UGTE». Elle a ensuite participé aux fameux sit-in de Kasbah 1 et Kasbah 2. Ce retour vers le militantisme et les retrouvailles avec ses anciens amis du syndicat, auxquels s’ajoute la cérémonie d’hommage faite à Monastir en l’honneur des anciens détenus politiques, a propulsé Souad Abderrahim à nouveau sous les projecteurs de la scène politique.

Par ailleurs, en date du 12 février 2011, Mme Abderrahim a concocté une caravane humanitaire, après collecte de dons de médicaments, d’équipements médicaux et de produits alimentaires, d’une valeur de 70 000 dinars. La caravane, s’est alors dirigée vers El Hamma, où l’hôpital régional manquait de tout.
«Cette caravane m’a rapprochée des souffrances des profondeurs du pays. C’était une caravane pour le peuple. Nous l’avions organisée, les membres de ma famille et moi-même discrètement et nous ne voulions aucune propagande», a-t-elle ajouté.

Quelques mois plus tard, la première assemblée de la ligue des anciens membres de l’UGTE, se tenant le 9 juillet 2011 a été présidée par Souad Abderrahim. Des représentants d’Ennahdha étaient présents. Elle a été par la suite contactée par le bureau politique du parti Nahdhaoui.
«J’ai commencé par étudier leur programme et je l’ai trouvé convainquant. En outre, il y avait déjà une grande confiance entre eux et moi. J’ai trouvé propice de défendre les acquis de la femme en présentant ma candidature à la Constituante avec Ennahdha. En tant que femme, ma présence pourrait être une garantie, un garde-fou pour nos droits!».

Questionnée à propos d’une éventualité, celle qu’Ennahdha se serait « embellie » par sa candidature, qu’elle aurait servi de vitrine attrayante, qu’elle aurait servi de « figurante » dans le long-métrage d’Ennahdha, Souad Abderrahim rejette toute mise en cause des intentions d’Ennahdha en la recrutant.

Souad Abderrahim a par ailleurs déclaré qu’il y a une sorte de phobie envers Ennahdha chez beaucoup de gens. Elle s’explique en ajoutant «Cette phobie est compréhensible, si l’on sait que l’islamisme, ailleurs dans le monde a échoué. Mais Ennahdha est loin d’être extrémiste. Par exemple, jamais je n’ai reçu de remarques par rapport à mon look et ma conviction de ne pas porter le voile!».
Souad Abderrahim n’a pas omis d’exprimer sa reconnaissance face à la solidarité exprimée par les membres de la Constitution, toutes tendances confondues, le jour de son agression devant le siège. «A la Constituante, je sens que je suis la représentante du peuple et non celle d’Ennahdha. Le respect mutuel et l’amour de la patrie nous unissent tous » a-t-elle conclu.
07/12/2011 | 1
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