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Al Chaâb Yourid, le nouveau parti qui intrigue…

Temps de lecture : 4 min
Al Chaâb Yourid, le nouveau parti qui intrigue…

 

Kaïs Saïed a été élu en tant qu’indépendant. Il n’appartient à aucun parti politique et se dit attaché à n’en créer aucun. Ceci n’a pas empêché un parti politique de surfer sur le phénomène Saïed en usurpant son slogan et même plusieurs de ses idées. Un fonds de commerce qu’on veut rapporteur…

 

Le candidat anti-système Kaïs Saïed a réalisé un raz-de-marée électoral lors de la présidentielle de 2019 raflant 72% des voix devant Nabil Karoui. L’indépendance de cet électron libre a attiré les électeurs tunisiens en masse. 2,7 millions de personne ont donné leur voix à Kaïs Saïed au second tour d’octobre 2019. De quoi rappeler les scores réalisés autrefois par Zine El Abidine Ben Ali.

 

Un tel plébiscite ne pouvait rester inexploité. Un nouveau parti politique semble en effet décidé de s’accaparer cette manne d’électeurs. Al Chaâb Yourid [Le peuple veut] est un parti politique créé le 14 janvier 2020.

S’il demeure très discret dans les médias et sur la scène politique c’est parce qu’il ne veut pas « faire de l’ombre au processus de constitution du gouvernement d’Elyes Fakhfakh », c’est du moins ce qu’on peut lire dans son manifeste.

Le parti emprunte le slogan mais aussi le logo de campagne avec lesquels Kaïs Saïed a candidaté en 2019 et a été élu président de la République. Il rassemble d’ailleurs des membres de la campagne électorale de l’actuel locataire du palais de Carthage.

 

Pour l’instant, une simple page Facebook créée en février 2020 et comptant quelque 5000 membres et tout autant d’abonnés. Sur cette page, le parti publie son manifeste dans lequel on peut lire que « Al Chaâb Yourid n’a aucun lien avec un autre parti ou mouvement et qu’il fera son annonce et donnera plus de détails sur son programme lors d’un grand événement national ». On apprend aussi que les adhésions seront bientôt ouvertes sur cette même page officielle.

Le parti dit par ailleurs qu’il n’est pas concerné par les tiraillements politiques actuels autour de la formation du gouvernement et que son programme s’articule autour de la construction et non de la destitution de gouvernements. Cependant, et dans le cas où le gouvernement d’Elyes Fakhfakh – dit gouvernement du président – venait à échouer dans le test du Parlement [le vote de confiance étant prévu le 26 février], le parti aura une position sur les développements actuels, qu’il exprimera « via les médias publics ».   

         

 

Toujours à travers son manifeste, le parti dit qu'il n’a pas et n’aura pas de président et qu’il se base sur une vision nouvelle qui rejette toute hégémonie et pensée unique.  Par ailleurs, le parti dispose d’une instance constituante dont le rôle est purement organisationnel et ce afin de conduire à élire ses coordinations locales.

 

Ceci dit, dans sa présentation, le parti affirme qu’il aurait aimé que Kaïs Saïed soit son président mais que « la Constitution ne permet pas au président de tous les Tunisiens d’être à la tête d’un parti politique ». « Il restera cependant le père spirituel de ce projet », peut-on lire également. Ce projet est en effet le même que celui présenté par Saïed lors de sa campagne électorale, entre autres une décentralisation du pouvoir, moins de prérogatives et de privilèges aux élus du peuple ainsi qu’une nouvelle vision des partis politiques qui ne devraient plus exister dans leur forme classique et habituelle.

 

 

Le parti a d’ailleurs déjà débuté ses activités. Le 16 février courant, son instance constituante s’est réunie et a publié un communiqué dans lequel elle s’est dite « préoccupée par le blocage constaté dans le processus de formation du gouvernement d’Elyes Fakhfakh faisant porter aux partis politiques membres du Parlement la responsabilité des tiraillements ».

L’instance constituante a aussi lancé un appel à Kaïs Saïed, l’exhortant à « assumer ses responsabilités historiques et constitutionnelles afin de faire sortir le pays de la situation de blocage dans laquelle il s’est embourbé ».

 

A l’heure actuelle, on ignore qui sont les personnes derrière ce projet. Aucun nom n’a été officiellement annoncé. Ce que l’on sait, en revanche, est que le parti utilise tout ce qui a trait à la personnalité, au programme et à « la recette » de Kaïs Saïed. Du slogan, au programme, tout y est. Ainsi, à chacune de ses apparitions ou discours, le chef de l’Etat fera, sans le savoir, la promotion de ce nouveau parti.

De son côté, Kaïs Saïed ne s’est pas encore prononcé quant à une éventuelle affiliation à ce parti qui utilise son nom et son image. Pourquoi il le ferait, lui qui s’est toujours présenté comme indépendant rejetant les partis politiques. Mais rien ne dit que Kaïs Saïed, qui est connu pour être un homme imprévisible, y est totalement étranger ou, même si tel est le cas, ne se laissera pas éventuellement tenter. L’avenir nous dira si ce parti est réellement sérieux ou une réelle chimère…

 

 

 

Synda Tajine

 

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Commentaires (30)

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A.
| 25-02-2020 13:22
Merci. Le bout de chandelle s'est éteint maintenant. Tout le monde va aller dormir. Bonne nuit

Maxula
| 25-02-2020 00:17
Qui s'y frotte, s'y pique !
Quand on me cherche on me trouve. . .
Je n'ai pas l'habitude de ne pas répondre aux attaques, d'où qu'elles viennent. . .
Surtout quand ces attaques sont le fait des médiocres, qui ne valent même pas. . .un bout de chandelle !
Maxula.

A.
| 24-02-2020 13:47
Bravo t'est une grande personne. Fechit ridhik? Sahhitik hayya yé rejjil Wella rejjela.
Oublie moi maintenant.
Rabbi innik

Maxula
| 24-02-2020 01:02
. . . on ne parle pas, on ne récrimine pas, on ne se plaint pas, on se fait discret et on ne rapporte pas, on ne donne pas de leçons parce qu'on est incapable d'en donner, on se la ferme et on se tient coi. . .et on se fait oublier !
Un bougeoir, ce n'est qu'un vulgaire ustensile qui n'a qu'un trou où l'on insère une bougie, qu'on allume. . . ou pas !
Wouah ! Wouah !
Maxula.

MH
| 23-02-2020 15:00
Je ne vis pas dans un cocon. Mon métier m'a donné une chance ennuie de découvrir le monde et diverses cultures. J'échange au QUOTIDIEN avec au moins une dizaine de nationalité qui se renouvelle sans cesse. J'ai eu l'occasion de visiter plusieurs pays dans le monde (Europe: France, Italie, Allemagne, Pays bas, Royaume Uni, Norvège, Bulgarie, Turquie, Suisse, Autriche, Belgique, Espagne, Russie, Afrique: Algérie, Maroc, Tunisie, Asie: Liban, EAU, Japon, Amérique: Etats Unis). Je me permets juste d'exprimer mon désaccord avec votre idée (et celle d'Amal) d'instaurer une "démocratie" autoritaire, que je n'arrive pas à l'imaginer. C'est vrai, je ne connais pas le Singapour, seulement à travers le petit écran.

A.
| 23-02-2020 14:41
Peut importe l exemple à suivre, vu l état de délabrement de l état de droit, dans tous les cas il faut un régime autoritaire fort pour remettre de l ordre. La société a perdu confiance, la mafia et la corruption a pris le dessus sur tout. L'économie parallèle est devenue monnaie courante dans tous les domaines. Le salut ne peut venir que d'un homme fort qui prend aussi le contrôle de la police.le pays est devenu ingérable.
L'autre façon de faire est de dire ce qui est passé fait parti du passé et maintenant tout le monde a sa chance s'il réintégre l économie légale. Pour cela il faut un président et un premier ministre fort (pas la peine autoritaire) qui sont capable de lancer des grands projets. Il faut embarquer dans un autre cycle de dette pour lancer uniquement de grands projets d'infrastructures. il faut travailler sur plusieurs axes: les zones côtières Nabeul Sousse mehdia kerkena et Djerba : renouveller l'infrastructure touristique plus moderne. Zones intérieurs: Gafsa, Sidi Bouzid, kebilli, Béja: moderniser l agriculture et l industrie alimentaire pour créer un complexe industriel agro alimentaire. Gafsa Gabès et sfaxe: complexe d'industrie lourdes ciment, phosphate, sels.... Médenine Tataouine: industrie pétrolière et tourisme saharien.bizerte Tabarka kerkena: industrie marine. Tunis et environs complexe administratif. Qui osera de tels projets?

Badran
| 23-02-2020 11:06
Le peuple voudrait beaucoup des choses, mais la première est la liberté! Il voudrait qu'on abroge la loi antiterrorisme, qui autorise le kidnapping des citoyens par la police pendant 15 jours. Cette loi a fait de la Tunisie une 1ère dictature dans le monde qui permet par les textes le kidnapping, chose qui n'existe même pas en Corée du Nord! Avec une telle loi, vous osez parler encore de démocratie en Tunisie! vous me faites rigoler lorsque j'entends que la Tunisie est un pays démocratique, elle est la 1ère dictature dans le monde, voilà la réalité qu'on veut camoufler!

Maryem
| 23-02-2020 10:26
Vous vivez dans un cocon...la democratie autoritaire existe...ce n est pas le modele Europeen que nous rejetons,ceux qui nous parlent des droits de l homme a geometries variables...ceux qui exploitent les peuples du tiers monde,ceux qui detruisent des Etats souverains et crient qu il faut arreter le flux de refugies..je continue ou j arrete..? ces systemes de democratie manipulee et a sens unique on en veut pas ,on est pas acheteurs..ce sera plutot la democratie autoritaire nouveau modele Singapourien qui a donne ses preuves et seuls les resultats comptent appelez la comme vous voulez mais le systeme politique de Singapour est le meilleur qui puisse nous arriver...Inchallah ya Rabbi..

A4
| 23-02-2020 10:21
Si ce parti existera un jour; ça ne pourra être qu'un parti "nazi".
Le populisme ne crée que des partis "nazi" !!!

Amal Yahyaoui
| 23-02-2020 09:20
Vous n avez absolument aucune connaissance du petit Etat de Singapour..et en plus vous melangez tout de la Chine jusqu a la Coree au Japon et que sais je encore..des cultures totalement differentes ..des systemes politiques et sociaux totalement opposes...il me semble que vous devez retourner sur les bancs de l ecole primaire...Singapour est un modele qui peut bien etre appliquee en Tunisie et j ai bien explique les raisons...mais a premiere vue ce systeme fait trembler les parasites qui vivent de la rapine,de la fraude,de la corruption ,de l economie parallele...etc.Sachez que la peine de mort a ete appliquee a Singapour pour moins que cela..48 cas d execution capitale et puis tous les traficants et fraudeurs ont disparus de la scene...je ne comparare pas la Tunisie actuelle a Singapour actuel mais le systeme applique a Singapour serait le meilleur systeme politique a imposer en Tunisie soit une democratie autoritaire bien expliquee aussi pat Maryem (lire le commentaire precedent)...Je connais tres Bien Singapour pour y avoir vaicue plus de trois ans...J appelle le president Kais Saied a se pencher sur le systeme politique du petit Etat de Singapour et de charger ses conseiller a bien l etudier et eventuellement activer les reformes dans ce sens...Cet appel a ete aussi lance au dictateur Ben Ali dans les annees 90 par Bechir Ben Yahmed dans 2 editoriaux sur Jeune Afrique et a parfaitement evoque les raison qui sont aussi les miennes et celles de Maryem pour faire de la Tunisie un Singapour Africain car tous les instruments pour le realiser existent exactement comme a Singapour..Ben Ali aurait pu suivre les conseils de Bechir Ben Yahmed et certainement reussir mais il avait prefere la culture de la corruption ,de la rapine et de la peur d un regime policier..Kais Saied peut realiser la ou Bourguiba et ben Ali ont echoue ,soit une veritable democratie autoritaire a la Singapour

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