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Chroniques
Après le règne des nuls, voici le règne des menteurs
Par Sofiene Ben Hamida
17/11/2019 | 15:00
4 min
Après le règne des nuls, voici le règne des menteurs

Par Sofiene Ben Hamida

 

Il n’y a pas de mensonge grave et de mensonge blanc. Il y a une vérité et une contre-vérité. Après le règne des nuls qui ont conduit le pays au bord du gouffre, voici le règne des menteurs invétérés.

 

Choisi par le parti islamiste Ennahdha, Habib Jomli a été désigné par le président de la république Kais Saïed pour former un gouvernement dans un délai d’un mois. Et c’est à ce titre que l’une de ses premières actions a été d’accorder une interview au site de la chaîne qatarie Al Jazeera. Mais passons tout ce que peut susciter, présager et sous-entendre l’acte de s’adresser aux Tunisiens à travers un canal étranger, qatari de surcroit. La tendance chez certains politiques étant de fuir les médias tunisiens et d’opter pour une communication offshore. Ils auront tout le temps de se rendre compte que seuls les médias tunisiens, malgré toutes les critiques que l’on peut leur adresser, leur donnent une visibilité auprès de leurs concitoyens.

 

Ce qui a été très remarqué dans l’interview de Habib Jomli à Al Jazeera par contre, c’est son affirmation qu’il est indépendant de tous les partis politiques, y compris le parti islamiste Ennahdha. Ceci est une contre-vérité grossière et un mensonge avec préméditation. En effet, après les élections de l’assemblée constituante en octobre 2011, les tractations entre les différentes formations politiques ont conduit à l’apparition de la troika entre les islamistes, Ettakatol de Mustapha Ben Jafaâr et le CPR de Moncef Marzouki. Le gouvernement qui en était le fruit, a été annoncé le 22 décembre 2011 sur la page officielle d’Ennahdha. Il était présidé par la secrétaire général du parti islamiste Hammadi Jebali et composé par 29 ministres et 12 secrétaires d’état. Parmi eux on trouve le nom de Habib Jomli nommé secrétaire d’état à l’agriculture. Devant son nom, il était clairement spécifié, sur la liste publiée sur la page officielle du parti islamiste, qu’il appartenait au parti Ennahdha. Habib Jomli a continué à faire partie du gouvernement d’Ali Laârayedh et personne n’a jamais entendu depuis qu’il a démissionné du parti islamiste.

Ce mensonge sur l’appartenance du candidat à la présidence du gouvernement est relayé par le parti islamiste Ennahdha qui affirme dans un communiqué de son bureau exécutif que Habib Jomli est « indépendant, compétent dans les domaines économique financier et agricole, et intègre ». Trois qualités qui sont, preuves à l’appui, fortement contestées.

 

Pour son indépendance, Ennahdha va plus loin que le mensonge. Elle renie l’un des siens ainsi que ses propres publications officielles. Pour sa compétence, il existe de lourds soupçons que Habib Jomli n’a pas son baccalauréat et que ses diplômes sont, d’une part des diplômes maison sans aucun intérêt académique et que d’autre part, ils sont en rapport avec l’élevage des chameaux, un secteur qui n’est pas franchement porteur et qui ne préoccupe visiblement que Monsieur Jomli et un certain ancien député nommé Imed Dami. Quant à son intégrité, elle est contestée publiquement par son ancienne collègue de parti et ancienne députée islamiste Fattouma Attia. Elle accuse Habib Jomli, alors qu’il était secrétaire d’état à l’agriculture, d’être impliqué dans une affaire de corruption en rapport avec un projet de pisciculture à Zarzis.

 

Mais il y a longtemps que les mensonges des islamistes n’offusquent plus personne. Si on les répertoriait, on en ferait des recueils. Le dernier en date nous vient de l’une des figures de proue d’Ennahdha, Yamina Zoghlami qui a avoué que les déclarations des islamistes concernant l’impossibilité de s’allier ou de coopérer avec le parti rival Qalb Tounes étaient de simples déclarations électorales sans plus.

 

D’ailleurs, les islamistes ont trouvé dans leurs nouveaux alliés politiques, de sérieux concurrents, et pas seulement sur le plan électoral. Le patron de Qalb tounes, Nabil Karoui n’a-t-il pas écrit, il n’y a pas si longtemps, du fond de sa cellule,  une longue lettre ouverte au chef des islamistes Rached Ghannouchi lui annonçant que son parti ne s’alliera jamais avec Ennahdha ? Pour toute réponse à ce mensonge collectif, le député et dirigeant Qalb tounes Hatem Mliki a promis, en guise de « kaffara », d’offrir des plats de macaroni à 60 pauvres. Gageons qu’il ment !

         

 

  

Par Sofiene Ben Hamida
17/11/2019 | 15:00
4 min
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Commentaires (22)

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Arab
| 20-11-2019 21:26
C'est le règne des médiocres et de la médiocrité

RIGOLO
| 18-11-2019 17:09
Ils ont trouvé le chemin libre SAHA LIHOM ECHAAB MDAMAR MESKINE DAAIF LA HAOULA OU LA GUOUA donc sans pitié ils profitent au maximum ...................;

Dr. Jamel Tazarki
| 18-11-2019 15:03
1ère partie:

Introduction:
a) pourquoi un grand pourcentage de tunisiens sont égoïstes, excentriques, profiteurs, corrompus, etc?
-la faute est à qui qu'un grand pourcentage de tunisiens sont asociales dans le sens du point a) ci-dessus?
-comment remédier à notre situation?


Je voudrais parler dans la suite du Concept d'exosystème de Urie Bronfenbrenner qui met l'accent sur l'importance de la composante de l'environnement dans le développement d'un individu, il parle d'une écologie du développement humain. Dans son livre "The Ecology of human development" Bronfenbrenner définit sa théorie comme "l'étude scientifique de l'adaptation réciproque et progressive entre un humain actif, en cours de développement, et les propriétés changeantes des milieux immédiats dans lesquels il vit, compte tenu que ce processus est affecté par les relations entre eux et par les contextes plus généraux dont ces milieux font partie"

Voir la vidéo sur le lien suivant:
https://www.youtube.com/watch?v=5htRhvm4iyI


Chaque individu constitue le centre d'un système d'environnements de quatre différents niveaux imbriqués les uns à l'intérieur des autres comme des poupées russes. Ces quatre différents niveaux sont par ordre de proximité le micro-, le méso-, l'exo- et le macrosystème. Et ainsi le comportement d'un individu devrait être analysé en considérant l'influence réciproque des quatre niveaux qui composent la niche écologique et les caractéristiques propres du sujet:

a) Le microsystème correspond au niveau le plus interne. Il concerne l'environnement immédiat de l'enfant en développement, les personnes avec lesquelles il interagit régulièrement: les parents, les grands parents, les voisins, amis du jeu, l'école maternelle, primaire et secondaire, etc. Afin de simplifier la chose, je considère l'enfant en développement comme étant lui-même un microsystème qui interagit régulièrement avec les microsystèmes respectifs parents, voisins, amis du jeu, l'école maternelle, primaire et secondaire, etc. Ce qui fait que le microsystème au niveau le plus interne est un ensemble de microsystèmes interagissant directement'?'

b) Le mésosystème comprend les relations mutuelles existant entre les microsystèmes dont j'ai parlé ci-dessus ==> Le mésosystème est ainsi un ensemble (dans le sens mathématique) de microsystèmes en interaction. Et maintenant faites attention: Ces interconnexions sont aussi décisives pour le développement d'un enfant que les évènements d'un environnement où l'enfant intervient directement. Dans ce sens, Bronfenbrenner explique que "Les habiletés de l'enfant à l'école ne dépendent pas seulement de la manière de l'enseignement, mais également de l'existence et de la nature des liens entre l'école [nos enseignants] et la maison [les parents].
===>
Je reviens au cas de la Tunisie, et je me/vous demande ainsi comment pourrions-nous garantir un enseignement de qualité et efficace si les liens entre nos enseignants et les parents sont endommagés/brisés au sens propre du mot (Merci UGTT et Merci Mr. Jalloul:(, deux nuls dans le domaine de la pédagogie de l'enseignement qui ont ruiné notre système éducatif).

c) Le troisième niveau de l'environnement écologique est l'exosystème, Bronfenbrenner explique que le développement d'un enfant est fortement affecté par les perturbations émanant de certains environnements avec lesquels l'enfant n'a pas d'interaction directe. Dans ce sens, Bronfenbrenner donne l'exemple des conditions d'emploi des parents qui peuvent influencer profondément le développement de l'enfant.
===>
Je reviens au cas de la Tunisie, la peur/traumatisme continuel des parents de perdre leur boulot dans un milieu socio-économique tunisien catastrophique peut influencer profondément le développement de l'enfant. Oui, ce traumatisme se transmet automatiquement à l'enfant. De même et d'après les statistiques 70% des chefs/dirigeants tunisiens tyrannisent leurs employés, oui ces parents tyrannisés ont un effet négatif sur le développement de leurs enfants.


d) Le quatrième niveau de l'environnement écologique est Le macrosystème, se définit comme l'ensemble des croyances, des valeurs socio-politiques, des idéologies partagées, de nos institutions et par la culture ou sous-culture.
===>
Je reviens au cas de la Tunisie et au sujet de l'article ci-dessus, si nos politiciens sont des menteurs, des tricheurs, des non éduqués qui dénigrent et font des injustices à leurs conquérants même jusqu'à l'abus de pouvoir, le sabotage, l'emprisonnement sans des procès juridiques justes, alors comment voulons nous faire de nos enfants des citoyens justes et responsables. Non, nos enfants seront à l'image de ceux qui nous gouvernent et à l'image de nos institutions

Jamel Tazarki

Dr. Jamel Tazarki
| 18-11-2019 15:01
2ème partie
Fazit:
-afin de mieux éduquer nos enfants il faut d'abord que nos politiciens changent d'habitus et de comportement, il faut qu'ils soient un exemple pour la jeune génération. Oui, certains de nos islamistes du clan RG qui devraient donner l'exemple sont plutôt pire dans les fabrications des mensonges et la tricherie'?' Et ne parlons pas de notre Premier Ministre qui culpabilise ses conquérants alors que le pouvoir exécutif ne doit pas s'ingérer dans les affaires/décisions du pouvoir juridique, oui le Premier Ministre par sa fonction/position devrait donner l'exemple du respect des règles socio-politiques. Comment voulons-nous que nos enfants respectent les règles si nos hauts responsables au pouvoir ne respectent pas la règle la plus importante pour la survie de notre jeune démocratie qui est celle de la séparation des pouvoirs?
-Afin de mieux éduquer nos enfants il faut améliorer la relation entre parents et enseignants (école)'?' Oui, Mr. Jalloul et note UGTT ont ruiné la relation Parents/enseignants et ceci a eu des conséquences néfastes sur la relation élèves-Enseignants en notre pays'?'

Jamel Tazarki

(?)
| 18-11-2019 14:54
S'exerce par des nuls, menteurs et islamistes assoiffés de pouvoir ! Il n'y aura pas d'issus de secours

Maryem
| 18-11-2019 10:53
C est une facon humiliante de s adresser aux medias etrangers pour l exclusivite de la premiere interview d un president tunisien elu...BCE a choisi Jean Pierre Elkabbach et aujourd hui le premier ministre Jomli a prefere Al Khanzira aux medias Tunisiens...

Bourguibiste nationaliste
| 18-11-2019 10:43
C'est déjà le règne des menteurs et des nuls en même temps. Il faut le dire et redire : la Tunisie est entrain de sombrer dans l'abîme. Les nationalistes ne peuvent assister à la destruction du pays sans réagir car c'est de cela qu'il s'agit : la Tunisie risque de devenir un territoire asservie à l'islamisme mondial, au Qatar et à la Turquie d'Erdogan. Il faut un mouvement de salut national pour sauver le pays du désastre.

averroes
| 18-11-2019 09:56
Ce qui me sidère à chaque fois est que ces gens là profèrent de gros mensonges en toute conscience sans jamais se soucier du fait qu'ils vont etre démasqués rapidement. Le mensonge n'est pas une honte ni un handicap pour eux. C'est acceptable.

CHDOULA
| 18-11-2019 09:55
" Après le règne des nuls , voici celui des menteurs nuls " serait approprié à mon avis . . Merci si Sofiène

cesarios
| 18-11-2019 09:51
Nos gouvernants pratiquent les mensonges au vu et au su de tout le monde, nos partis se frittent d'un jour à l'autre, nos opposants se querellent jour et nuit et le dimanche, nos ministres dorment debout ,les dons et les emprunts des pays fréres et amis s'évaporent et on ne sait où, on entend chaque jour que nos caisses sont vides et la réalisation des projets promis stagnent et n'avance pas d'un pouce, la prestation et la réputation de notre ARP se dégringole d'une année à une autre, tous les indices de notre économie et de nos finances sont en rouge, nos députés changent de partis comme ils changent leurs cravates chaque jour, , notre ISIE est touchée par la corruption comme beaucoup de nos institutions, de nos organismes et de nos instances, nos tribunaux sont dépassés par le nombre exorbitant des affaires, des procés, des contentieux judiciaires, voilà neuf années passées et il n' y a aucun domaine et aucun secteur qui a donné satisfaction et qui est apparu indemne de toute défaillance,la confiance prévue pour éviter les marasmes et les fléaux subis durant les cinq derniéres années parait aléatoire et douteuse tant que les anciens paramétres restent les mémes ou méme pires