Police de l’environnement – Après la corruption, place à la lutte anti pollution

Businessnews.com.tn | publié le 15/06/2017 17:59

 

«Chaque jour, deux tonnes de déchets sont anarchiquement jetés dans nos rues » dénonce depuis des semaines une campagne de sensibilisation contre la saleté des voies publiques, lancée par le ministère de l’Environnement. Deux tonnes de détritus qui encombrent les quartiers des tunisiens et leur bouchent la vue et l’odorat. Un état de faits qui a longtemps été mis sur le dos des municipalités accusées de ne pas faire leur travail mais qui, avouons-le, est aussi dû à l’incivilité manifeste des citoyens.

Une police environnementale a ainsi été lancée le 13 juin 2017 pour pallier ce fléau qui abîme la vitrine d’une Tunisie à cheval entre un tiers monde auquel elle ressemble et le rêve de développement auquel elle aspire…

 

 

La cérémonie de lancement de la police environnementale s’est tenue mardi sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui n’ a pas manqué de rappeler que la question environnementale fait aussi partie, autant que la lutte contre le terrorisme et la corruption, des priorités de son gouvernement.

En présence du ministre de l’Environnement et des Affaires locales, Riadh Mouakher ; de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Majdouline Cherni ; de la ministre du Tourisme, Selma Elloumi Rekik et du ministre du Transport, Anis Ghedira, le chef du gouvernement a souligné que l’instauration d’un meilleur environnement de vie dans les différentes villes du pays et un premier pas vers le développement des régions tunisiennes.

 

Ce corps d’agents sera ainsi placé progressivement, sous l’égide de l’administration des collectivités locales, soit dans 34 arrondissements du Grand Tunis, 20 municipalités dans les chefs-lieux de département des 20 gouvernorats de l’intérieur du pays et 20 autres municipalités à grande densité démographique ou à caractère touristique.

Riadh Mouakher a annoncé, pour sa part, que les agents de la police environnementale débuteront leur mission dans la zone du Grand-Tunis lors d’une opération blanche d’une durée d’un mois destinée à permettre aux citoyens de s’acclimater avec ce nouveau mode de vie. « Durant cette période d’évaluation, les citoyens qui enfreindront la loi de 2016 relative à la police de l'Environnement seront sanctionnés par des amendes blanches puis, le 15 juillet 2017, les amendes réelles entreront en vigueur » a-t-il précisé.

 

Nombreuses questions sont posées quant à la conduite désormais à tenir. Il est vrai qu’en Tunisie, à part les regards obliques de certains « marginaux », personne n’était jusque-là inquiété pour avoir jeté sa bouteille d’eau de sa voiture en marche ou encore ses poubelles à côté de la benne prévue à cet effet.  C’est donc avec beaucoup d’espoir mais aussi une certaine appréhension que les Tunisiens ont accueilli la loi n° 6 en date du 30 avril 2016, qui stipule des PV de contraventions contre ceux qui jettent les déchets sur la voie publique ou dans d’autres endroits qui ne sont pas faits pour l’usage, sachant que la même loi, dans son article 10, fixe les amendes à payer en cas d’infraction, entre 300 et 1000 dinars.

Le décret gouvernemental n° 433 en date du 10 avril 2017, relatif à la fixation d’amendes prévoit également des sanctions afin d’empêcher toute éventuelle atteinte à la santé des citoyens, à la propreté et au respect de l’environnement. Il prévoit ainsi  une amende de quarante dinars pour tout jet de mégot de cigarettes ou de tout type d’ordures dans les endroits publics et privés ainsi que le crachat dans les endroits publics, entre autres infractions.

La pose des ordures ménagères dans des endroits inappropriés ou en dehors des délais fixés par la loi, le lavage des voitures dans la rue, le jet d’objets ou de produits émettant des odeurs nauséabondes sont également concernés par ces dispositions et ces amendes. D’autre part une contravention d’un montant de soixante dinars est également prévue, notamment en cas de pollution des plages et des mers ainsi que le non-entretien des espaces communs dans les résidences et pour toute personne qui urine dans les lieux publics.

 

Riadh Mouakher a également évoqué mardi l’instauration d’horaires de déversement des ordures et déchets comprises entre 18h et 21h. Ainsi le déversement des déchets sur la voie publique ou les lieux non aménagés à cet effet, l’incinération des ordures par les particuliers ou des sociétés seront punis d’une amende allant de 40 à 60 dinars. D’autres délits allant de 300 dinars d’amende à des peines privatives de liberté sont également prévues. Les amendes seront numérisées, avait souligné le ministre, via des tablettes électroniques. Une application digitale « Tunisie propre » permettra, par ailleurs, aux citoyens d’attirer l’attention des agents sur des infractions environnementales.

Riadh Mouakher avait néanmoins estimé, plus tôt en 2017, que la police environnementale ne pourra pas, à elle seule, résoudre toutes les problématiques existantes, et que sa mise en place devra s’accompagner de plusieurs mesures complémentaires, comme la sensibilisation des citoyens et la mise à disposition des équipements nécessaires. Youssef Chahed a aussi évoqué la difficulté de la tâche de la mission des agents dédiés à la préservation de la propreté et de l’environnement dans les villes tunisiennes.

 

La mise en place de cette police d’un genre nouveau, a d’ailleurs commencé par susciter une petite polémique assez inattendue. Le syndicat de la police municipale a, en effet, dénoncé le dédoublement de ses fonctions avec la nouvelle police environnementale. Il a exhorté le ministère de l’Intérieur à apporter des clarifications à propos de la relation prévue entre la police municipale et les nouvelles structures de la police environnementale, appelant le ministère à revoir l’appellation de « police » affectée à une structure de surveillance.

Nombreux citoyens se sont également posé la question quant aux dépassements commis par les agents de la municipalité eux-mêmes, qui sont parfois aussi à l’origine de la trainée de déchets qui jonchent les chaussées.

 

L’effort est à entreprendre à tous les niveaux pour qu’enfin nos villes soient salubres. Néanmoins, cette nouvelle structure est plus que la bienvenue tant le paysage souillé par les détritus qui s’amoncellent à chaque coin de rue est affligeant, tant le comportement de certains concitoyens qui estiment que la rue est une poubelle à ciel ouvert est inacceptable, tant la question est primordiale pour une Tunisie qui œuvre à briller aux yeux du monde en tant que destination privilégiée pour les touristes et les investisseurs.

 

Myriam Ben Zineb


Police de l’environnement – Après la corruption, place à la lutte anti pollution

publié le 15/06/2017 17:59

 

«Chaque jour, deux tonnes de déchets sont anarchiquement jetés dans nos rues » dénonce depuis des semaines une campagne de sensibilisation contre la saleté des voies publiques, lancée par le ministère de l’Environnement. Deux tonnes de détritus qui encombrent les quartiers des tunisiens et leur bouchent la vue et l’odorat. Un état de faits qui a longtemps été mis sur le dos des municipalités accusées de ne pas faire leur travail mais qui, avouons-le, est aussi dû à l’incivilité manifeste des citoyens.

Une police environnementale a ainsi été lancée le 13 juin 2017 pour pallier ce fléau qui abîme la vitrine d’une Tunisie à cheval entre un tiers monde auquel elle ressemble et le rêve de développement auquel elle aspire…

 

 

La cérémonie de lancement de la police environnementale s’est tenue mardi sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui n’ a pas manqué de rappeler que la question environnementale fait aussi partie, autant que la lutte contre le terrorisme et la corruption, des priorités de son gouvernement.

En présence du ministre de l’Environnement et des Affaires locales, Riadh Mouakher ; de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Majdouline Cherni ; de la ministre du Tourisme, Selma Elloumi Rekik et du ministre du Transport, Anis Ghedira, le chef du gouvernement a souligné que l’instauration d’un meilleur environnement de vie dans les différentes villes du pays et un premier pas vers le développement des régions tunisiennes.

 

Ce corps d’agents sera ainsi placé progressivement, sous l’égide de l’administration des collectivités locales, soit dans 34 arrondissements du Grand Tunis, 20 municipalités dans les chefs-lieux de département des 20 gouvernorats de l’intérieur du pays et 20 autres municipalités à grande densité démographique ou à caractère touristique.

Riadh Mouakher a annoncé, pour sa part, que les agents de la police environnementale débuteront leur mission dans la zone du Grand-Tunis lors d’une opération blanche d’une durée d’un mois destinée à permettre aux citoyens de s’acclimater avec ce nouveau mode de vie. « Durant cette période d’évaluation, les citoyens qui enfreindront la loi de 2016 relative à la police de l'Environnement seront sanctionnés par des amendes blanches puis, le 15 juillet 2017, les amendes réelles entreront en vigueur » a-t-il précisé.

 

Nombreuses questions sont posées quant à la conduite désormais à tenir. Il est vrai qu’en Tunisie, à part les regards obliques de certains « marginaux », personne n’était jusque-là inquiété pour avoir jeté sa bouteille d’eau de sa voiture en marche ou encore ses poubelles à côté de la benne prévue à cet effet.  C’est donc avec beaucoup d’espoir mais aussi une certaine appréhension que les Tunisiens ont accueilli la loi n° 6 en date du 30 avril 2016, qui stipule des PV de contraventions contre ceux qui jettent les déchets sur la voie publique ou dans d’autres endroits qui ne sont pas faits pour l’usage, sachant que la même loi, dans son article 10, fixe les amendes à payer en cas d’infraction, entre 300 et 1000 dinars.

Le décret gouvernemental n° 433 en date du 10 avril 2017, relatif à la fixation d’amendes prévoit également des sanctions afin d’empêcher toute éventuelle atteinte à la santé des citoyens, à la propreté et au respect de l’environnement. Il prévoit ainsi  une amende de quarante dinars pour tout jet de mégot de cigarettes ou de tout type d’ordures dans les endroits publics et privés ainsi que le crachat dans les endroits publics, entre autres infractions.

La pose des ordures ménagères dans des endroits inappropriés ou en dehors des délais fixés par la loi, le lavage des voitures dans la rue, le jet d’objets ou de produits émettant des odeurs nauséabondes sont également concernés par ces dispositions et ces amendes. D’autre part une contravention d’un montant de soixante dinars est également prévue, notamment en cas de pollution des plages et des mers ainsi que le non-entretien des espaces communs dans les résidences et pour toute personne qui urine dans les lieux publics.

 

Riadh Mouakher a également évoqué mardi l’instauration d’horaires de déversement des ordures et déchets comprises entre 18h et 21h. Ainsi le déversement des déchets sur la voie publique ou les lieux non aménagés à cet effet, l’incinération des ordures par les particuliers ou des sociétés seront punis d’une amende allant de 40 à 60 dinars. D’autres délits allant de 300 dinars d’amende à des peines privatives de liberté sont également prévues. Les amendes seront numérisées, avait souligné le ministre, via des tablettes électroniques. Une application digitale « Tunisie propre » permettra, par ailleurs, aux citoyens d’attirer l’attention des agents sur des infractions environnementales.

Riadh Mouakher avait néanmoins estimé, plus tôt en 2017, que la police environnementale ne pourra pas, à elle seule, résoudre toutes les problématiques existantes, et que sa mise en place devra s’accompagner de plusieurs mesures complémentaires, comme la sensibilisation des citoyens et la mise à disposition des équipements nécessaires. Youssef Chahed a aussi évoqué la difficulté de la tâche de la mission des agents dédiés à la préservation de la propreté et de l’environnement dans les villes tunisiennes.

 

La mise en place de cette police d’un genre nouveau, a d’ailleurs commencé par susciter une petite polémique assez inattendue. Le syndicat de la police municipale a, en effet, dénoncé le dédoublement de ses fonctions avec la nouvelle police environnementale. Il a exhorté le ministère de l’Intérieur à apporter des clarifications à propos de la relation prévue entre la police municipale et les nouvelles structures de la police environnementale, appelant le ministère à revoir l’appellation de « police » affectée à une structure de surveillance.

Nombreux citoyens se sont également posé la question quant aux dépassements commis par les agents de la municipalité eux-mêmes, qui sont parfois aussi à l’origine de la trainée de déchets qui jonchent les chaussées.

 

L’effort est à entreprendre à tous les niveaux pour qu’enfin nos villes soient salubres. Néanmoins, cette nouvelle structure est plus que la bienvenue tant le paysage souillé par les détritus qui s’amoncellent à chaque coin de rue est affligeant, tant le comportement de certains concitoyens qui estiment que la rue est une poubelle à ciel ouvert est inacceptable, tant la question est primordiale pour une Tunisie qui œuvre à briller aux yeux du monde en tant que destination privilégiée pour les touristes et les investisseurs.

 

Myriam Ben Zineb


Commentaires (16) Commenter
Taille des arbres
Jlassi Abdelhamid
| 19-06-2017 21:55
Bon tout ce qui est ordures c'est simple les mettre dans un sac et les placer à l'intérieur des conteneurs à condition qu'ils existent et nombre suffisant pour un cité .Mais quand on pratique la taille des arbres du jardin ou place t-on les branches et le feuillage reste à éclaircir monsieur les responsables .
titre de l'article bien concocté pour la tete de Mouakher qui
hateam
| 17-06-2017 00:54
Porte bien les 02 facettes de l'article et les 02 casquettes aussi!!!
Pour qu'il soit comblè voilà qu'une enquête judiciaire lui a étè offerte comme ça il sera comblè dans les 2 sens ...de l'article...
A bon????
electronlibre
| 16-06-2017 11:51
Ok pour une police qui pourra mettre des PV. Mais qui va nettoyer? On va se marrer!!!!
@Letranger
zohra
| 16-06-2017 11:22
Bonjour,

Dans le mille, c'est justement la réflexion, je m'étais faite pour les voitures,

En ce qui concerne la corruption, c'est vraiment certains comme vous dites, ils ne peuvent pas s'en passer c'est dans le sang.

Bonne continuation
Enfin quelque chose d'intéressant...
Letranger
| 16-06-2017 10:36
Je suis impatient de voir comment empêcher un Tunisien de:
1) Glavioter dans la rue
2) Pisser ou uriner dans la nature
3) dégueulasser les plages avec ses détritus
4) balancer ses clopes dans la rue
5) foutre ses détritus (je n'emploie pas le mot noble de poubelle) directement dans la rue (sans même un sac)
etc.etc.etc.etc....etc.
Sans compter que les amendes sont si élevées que seuls les nantis pourront se les offrir.
Et je n'aborde pas le problème des "amendes au noir sans reçus", les agents s'en frottent déjà les mains.
Enfin, pourquoi pas, tout est possible en Tunisie... enfin presque.
Pour conclure, je trouve que des patrouilles pédestres ou cyclistes seraient largement suffisantes, là je les vois équipés de véhicules flambants neufs qui probablement serviront plutôt à des "patrouilles privées".
Mais peut-être que je me trompe...
C'est une police de la propreté et de l'hygiène
Benje
| 16-06-2017 10:02
Et non une police de l'environnement ! Car soyant modeste la tâche de ce nouveau corps est d'obliger le citoyen de mettre ses ordures dans les conteneurs et surtout ne pas jeter n'importe où e n'importe quoi dans les espaces publiques rue jardin ... ! L'environnement c'est la surveillance des milieux naturels et les rejets industriels les stations d'épurations et la pollution de l'air par ces véhicules diesels complètement déréglés ... ces tâche sont immenses et nécessitent plus qu'une police. il faut des techniciens et des ingénieurs des urbanistes équipes des moyens de mesures de là qualité des eaux de l'air et des analyses des rejets industriels sans oublier la pollution sonore (Klaxon , les hauts parleurs des mosquées n'en déplaise aux religieux ...)
Enfin ce problème de propretés et de déchets éparpillés c'est avant tout l'éducation parentale : si une mère ou un père voit son enfant jeter l'enveloppe de son bonbon ou de son épluchure de pastèque n'importe où il doit le gronder et le punir mais hélas la majorité des tunisiens ne sont pas éduqués même s'ils sont instruits et diplômes !
@ammarfeti
Blu
| 16-06-2017 09:18
Rien de plus simple, pour ne pas payer d'amende il suffit de ne pas polluer.
Qui contrôler ?
MED
| 16-06-2017 09:10
Il s'agit d'abord et surtout de contrôler l'exactitude des passages des bennes de ramassage / les versements de déchets de constructions par les camionneurs /Les origines essentielles du problème ne viennent pas du citoyen toujours l'accusé à tort ou à raison.
Eduquer à travers des spots TV
Elyes
| 16-06-2017 08:31
le Tunisiens est un fan de télévision. Cette police ne résoudra pas le problème, c'est une mentalité à changer. Le Tunisien est sale dans son comportement. Le matraquer par des spots TV intelligents pour lui apprendre comment se comporter vis-à-vis de son environnement et garder sa ville propre. Pour nos enfants ceci peut être renforcé à l'école dès le jeune age et la Tunisie sera un pays propore.
Bon courage il y a du boulot
zohra
| 16-06-2017 07:47
Le chemin est très long, pour d'aller sur le terrain, j'espère qu'ils ont subi une bonne formation sur leur fonction, pour que tout cela marche, ils doivent travailler en collaboration avec la police municipale, la police, et le ministère de la Justice car ceux qui sont verbalisés doivent être condamnés.





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