Pollueurs et urineurs dans le même sac !

Businessnews.com.tn | publié le 20/04/2017 19:59

 

Dans un souci de préserver l’environnement et de lutter contre la pollution, le gouvernement a annoncé un décret N° 433 en date du 10 avril 2017, relatif à la fixation d’amendes de divers montants. Des amendes qui prévoient d’empêcher toute éventuelle atteinte à la santé des citoyens, à la propreté et au respect de l’environnement.

 

Le décret gouvernemental relatif aux infractions environnementales est paru dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) stipulant une amende de quarante dinars pour tout jet de mégot de cigarettes ou de tout type d’ordures dans les endroits publics et privés ainsi que le crachat dans les endroits publics, entre autres infractions.

La pose des ordures ménagères dans des endroits inappropriés ou en dehors des délais fixés par la loi, le lavage des voitures dans la rue, le jet d’objets ou de produits émettant des odeurs nauséabondes sont également concernés par ces dispositions et ces amendes.

D’autre part une contravention d’un montant de soixante dinars est également prévue, notamment en cas de pollution des plages et des mers ainsi que le non entretien des espaces communs dans les résidences et pour toute personne qui urine dans les lieux publics.

 

Dans l'absolu l'on ne peut qu'applaudir de telles mesures destinées à conférer un plus grand respect aux règles et aux conditions d’hygiène de la vie courante des citoyens qui passent plus que la moitié de leur temps, justement, dans les lieux publics.

Et là, on ne fait que suivre l’exemple des autres pays avancés et développés qui disposent de réglementations rigoureuses en la matière avec tout un arsenal répressif à l’encontre des contrevenants.

 

Mais ce qu’il faut savoir, aussi et surtout, c’est que ces pays ont mis au point les dispositifs adéquats avant de prendre des mesures répressives. Ils ont, d'abord, mis tout un système pour préserver l'environnement, avec notamment la pose des poubelles partout, la construction de toilettes publiques, des petits cendriers portatifs pour les mégots de cigarettes, sans oublier l’organisation de nombreuses campagnes de sensibilisation.

C’est, donc, seulement, après la mise en place de toutes ces conditions, que des décisions engendrant des sanctions contre les éventuels contrevenants et un régime d'amende, sont mises en pratique.

 

Mais c’est l’amende de soixante dinars contre « les urineurs » dans les lieux publics qui a déclenché un buzz énorme générant les anecdotes les plus et les moins subtiles. Il est utile, dans ce cadre, d’avoir un aperçu de ce qu’ont fait les Français, à titre d’exemple, en la matière, aussi bien dans les endroits publics qu’au sein des entreprises, considérées, également, en tant que lieux publics.

Les entreprises doivent respecter certaines règles en matière de toilettes. Il faut au minimum un cabinet et un urinoir pour vingt hommes, et il faut deux cabinets au moins pour vingt femmes.

Les toilettes des hommes doivent êtres séparées de celles des femmes. Par ailleurs, le code du travail indique également que les WC ne doivent pas communiquer avec des locaux fermés où le personnel est amené à séjourner. Il est aussi formulé que les toilettes doivent êtres équipées d’une chasse d’eau et de papier hygiénique. Sans oublier qu’au moins un des cabinets doit être pourvu d’un lavabo.

En règle générale, le droit français reconnaît un droit individuel d’accès aux toilettes. Elles doivent être mises à disposition dans chaque logement, sur les lieux du travail, dans les lieux ouverts au public, en l’occurrence, les hôtels, les restaurants, les cafés, les théâtres, les lieux sportifs, les piscines. Il en est de même dans les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite, les casernes, les prisons, etc.

 

Il va de soi pour les lieux en liaison avec les déplacements  et les transports dont notamment les gares, les haltes d’autoroute, les aires de repos des gens du voyage. Ces toilettes sont, généralement, à la charge des propriétaires des bâtiments ou des installations. Chaque personne peut mettre en cause la responsabilité du propriétaire si les lieux qui en relèvent sont insalubres.

A noter, toutefois, que les municipalités ne se trouvent pas dans l’obligation de créer des toilettes publiques, mais pour le bien de tous, ils sont nombreux les conseils municipaux qui installent des toilettes, souvent payantes, mais parfois gratuites.

 

Or, et pour revenir à notre pays, d’aucuns s’interrogent sur ce qu’ont fait les autorités compétentes, au préalable, en matière d’infrastructure hygiénique ? Les lieux publics disposent-ils des moyens nécessaires et suffisants pour pouvoir répondre positivement aux nouvelles exigences ?

Les conteneurs pour la pose des déchets ménagers existent-ils en nombre suffisant et bénéficient-ils de l’entretien régulier et adéquat pour pouvoir obliger les citoyens à y recourir ? Car, dans plusieurs endroits, ces engins sont, plutôt, source d’insalubrité et de tracasseries pour l’environnement à cause de leur état générant, souvent, des odeurs fétides, notamment en temps de grandes chaleurs pendant la saison d’été.

 

Et pour les toilettes dans les lieux publics, à part, certains établissements, tels les aéroports, elles sont souvent dans un état lamentable, ce qui entraîne la répugnance et le rejet d’y entrer pour un grand nombre de citoyens. Sans oublier l’absence de ce type de commodités dans les artères des villes. Et là où le bât blesse, c’est l’état dégradé dans lequel se trouvent ces toilettes dans les établissements hospitaliers.

Tout ceci nous amène à nous interroger sur le manque, voire l’absence de toute action de sensibilisation avant l’annonce de ce décret gouvernemental. A moins que l’objectif principal de cette mesure consiste, principalement, à trouver une nouvelle source de recettes pour renflouer les caisses de l’Etat.

 

D’ailleurs, plusieurs citoyens réclament un délai avant la mise en application des nouvelles dispositions, le temps de la mise à niveau de l’infrastructure qui va avec et de la diffusion d’une campagne de sensibilisation et de prise de conscience par les citoyens.

 

Sarra HLAOUI

 

Pollueurs et urineurs dans le même sac !

publié le 20/04/2017 19:59

 

Dans un souci de préserver l’environnement et de lutter contre la pollution, le gouvernement a annoncé un décret N° 433 en date du 10 avril 2017, relatif à la fixation d’amendes de divers montants. Des amendes qui prévoient d’empêcher toute éventuelle atteinte à la santé des citoyens, à la propreté et au respect de l’environnement.

 

Le décret gouvernemental relatif aux infractions environnementales est paru dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) stipulant une amende de quarante dinars pour tout jet de mégot de cigarettes ou de tout type d’ordures dans les endroits publics et privés ainsi que le crachat dans les endroits publics, entre autres infractions.

La pose des ordures ménagères dans des endroits inappropriés ou en dehors des délais fixés par la loi, le lavage des voitures dans la rue, le jet d’objets ou de produits émettant des odeurs nauséabondes sont également concernés par ces dispositions et ces amendes.

D’autre part une contravention d’un montant de soixante dinars est également prévue, notamment en cas de pollution des plages et des mers ainsi que le non entretien des espaces communs dans les résidences et pour toute personne qui urine dans les lieux publics.

 

Dans l'absolu l'on ne peut qu'applaudir de telles mesures destinées à conférer un plus grand respect aux règles et aux conditions d’hygiène de la vie courante des citoyens qui passent plus que la moitié de leur temps, justement, dans les lieux publics.

Et là, on ne fait que suivre l’exemple des autres pays avancés et développés qui disposent de réglementations rigoureuses en la matière avec tout un arsenal répressif à l’encontre des contrevenants.

 

Mais ce qu’il faut savoir, aussi et surtout, c’est que ces pays ont mis au point les dispositifs adéquats avant de prendre des mesures répressives. Ils ont, d'abord, mis tout un système pour préserver l'environnement, avec notamment la pose des poubelles partout, la construction de toilettes publiques, des petits cendriers portatifs pour les mégots de cigarettes, sans oublier l’organisation de nombreuses campagnes de sensibilisation.

C’est, donc, seulement, après la mise en place de toutes ces conditions, que des décisions engendrant des sanctions contre les éventuels contrevenants et un régime d'amende, sont mises en pratique.

 

Mais c’est l’amende de soixante dinars contre « les urineurs » dans les lieux publics qui a déclenché un buzz énorme générant les anecdotes les plus et les moins subtiles. Il est utile, dans ce cadre, d’avoir un aperçu de ce qu’ont fait les Français, à titre d’exemple, en la matière, aussi bien dans les endroits publics qu’au sein des entreprises, considérées, également, en tant que lieux publics.

Les entreprises doivent respecter certaines règles en matière de toilettes. Il faut au minimum un cabinet et un urinoir pour vingt hommes, et il faut deux cabinets au moins pour vingt femmes.

Les toilettes des hommes doivent êtres séparées de celles des femmes. Par ailleurs, le code du travail indique également que les WC ne doivent pas communiquer avec des locaux fermés où le personnel est amené à séjourner. Il est aussi formulé que les toilettes doivent êtres équipées d’une chasse d’eau et de papier hygiénique. Sans oublier qu’au moins un des cabinets doit être pourvu d’un lavabo.

En règle générale, le droit français reconnaît un droit individuel d’accès aux toilettes. Elles doivent être mises à disposition dans chaque logement, sur les lieux du travail, dans les lieux ouverts au public, en l’occurrence, les hôtels, les restaurants, les cafés, les théâtres, les lieux sportifs, les piscines. Il en est de même dans les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite, les casernes, les prisons, etc.

 

Il va de soi pour les lieux en liaison avec les déplacements  et les transports dont notamment les gares, les haltes d’autoroute, les aires de repos des gens du voyage. Ces toilettes sont, généralement, à la charge des propriétaires des bâtiments ou des installations. Chaque personne peut mettre en cause la responsabilité du propriétaire si les lieux qui en relèvent sont insalubres.

A noter, toutefois, que les municipalités ne se trouvent pas dans l’obligation de créer des toilettes publiques, mais pour le bien de tous, ils sont nombreux les conseils municipaux qui installent des toilettes, souvent payantes, mais parfois gratuites.

 

Or, et pour revenir à notre pays, d’aucuns s’interrogent sur ce qu’ont fait les autorités compétentes, au préalable, en matière d’infrastructure hygiénique ? Les lieux publics disposent-ils des moyens nécessaires et suffisants pour pouvoir répondre positivement aux nouvelles exigences ?

Les conteneurs pour la pose des déchets ménagers existent-ils en nombre suffisant et bénéficient-ils de l’entretien régulier et adéquat pour pouvoir obliger les citoyens à y recourir ? Car, dans plusieurs endroits, ces engins sont, plutôt, source d’insalubrité et de tracasseries pour l’environnement à cause de leur état générant, souvent, des odeurs fétides, notamment en temps de grandes chaleurs pendant la saison d’été.

 

Et pour les toilettes dans les lieux publics, à part, certains établissements, tels les aéroports, elles sont souvent dans un état lamentable, ce qui entraîne la répugnance et le rejet d’y entrer pour un grand nombre de citoyens. Sans oublier l’absence de ce type de commodités dans les artères des villes. Et là où le bât blesse, c’est l’état dégradé dans lequel se trouvent ces toilettes dans les établissements hospitaliers.

Tout ceci nous amène à nous interroger sur le manque, voire l’absence de toute action de sensibilisation avant l’annonce de ce décret gouvernemental. A moins que l’objectif principal de cette mesure consiste, principalement, à trouver une nouvelle source de recettes pour renflouer les caisses de l’Etat.

 

D’ailleurs, plusieurs citoyens réclament un délai avant la mise en application des nouvelles dispositions, le temps de la mise à niveau de l’infrastructure qui va avec et de la diffusion d’une campagne de sensibilisation et de prise de conscience par les citoyens.

 

Sarra HLAOUI

 

Commentaires (8) Commenter
à propos des toilettes de la SNCFT ( suite et fin)
abonné SNCFT @ kameléon 78
| 21-04-2017 17:40
je confirme que la recette quotidienne est de 150 à 200 Dinars et que les toilettes dames et hommes sont tenus par un privé et non La SNCFT qui peut se charger de leur gestion en créant au mois 6 emplois permanents et cela pour écrire que l'on comprendrait de "payer pour se soulager" mais à la condition que ces toilettes soient propres et le paiement se fasse contre "reçu" .Je confirme qu'il y a une recette quotidienne importante.Je persiste a écrire que la SNCFT se doit d'offrir cette commodité gratuitement à ses voyageurs...-
@ abonné à la SNCFT
ines
| 21-04-2017 15:46
C'est clair que vous connaissez pas les gares des grandes villes d'Europe. La bas, vous ne pourriez pas aller vous soulager sans payer, tant pis si vous n'avez pas de la petite monnaie sur vous. Par contre les toilettes des aéroports sont gratuites.
@abonné de la SNCFT | 21-04-2017 07:52
kameleon78
| 21-04-2017 11:18
Je ne suis pas d'accord avec vous, car faire payer les gens permettrait de recruter des employés de service sanitaire et ainsi d'améliorer l'hygiène des toilettes dans les gares par exemple. Ce qui se fait en France dans les gares et personne n'est contre ce principe, c'est très pratique (on paie environ 50 centimes d'euro) et on bénéficie de toilettes très propres.
Eduquer mieux que punir
kameleon78
| 21-04-2017 10:56
Mettre des amendes pour des personnes qui urinent ou qui polluent n'est pas une bonne idée, car la saleté est dans l'ADN des arabes, vous pouvez menacer, mettre des amendes plus ou moins lourdes cela ne changera en rien si vous ne changez pas la mentalité des gens : il faut éduquer les gens par des campagnes publicitaires par exemple, les inciter à ne pas jeter un papier dans la rue, les inciter à mettre les immondices dans les poubelles, dissuader les gens d'uriner n'importe où voilà ce qu'il faudrait faire et pour les piscines en été prendre des mesures comme en Europe, pas de short ou pire un niqab ou un burnikab plein de bactéries dans la piscine, donc éduquez les gens et interdire dans les piscines car elles sont contrôlables.
C'est l'expression de la volonté du peuple tunisien sans ministère public...
DHEJ
| 21-04-2017 08:38
Un ministère public qui ne sait pas aménager les villes et les espaces publics!!!

Bref, tout ira mieux dans la cité Sijoumi!!!


Le tunisien est PRODUCTEUR DE LA SALETE comme ces lois d'ailleurs!
A la Gare Centrale de la SNCFT toilettes et urinoirs
abonné de la SNCFT
| 21-04-2017 07:52
Savez vous que pour se soulager après un voyage de grandes lignes ( Sfax ou Sousse ou Bizerte ) ou même de la banlieue Sud ( Borg Cedria ou Hammam-lif ) à la Gare Centrale de Tunis - SNCFT - il faut payer 200 millimes ? C'est tout simplement un scandale et de l'exploitation pure et simple. La Direction est au courant puisque " le tarif est affiché " sur une grande pancarte .Etant prestataire Public , offrir à ces voyageurs des toilettes gratuites seraient la moindre des choses.Il en est ainsi dans toutes les gares du Monde . Ces Toilettes ( dames et hommes ) rapportent 150 Dinars à 200 Dinars par Jour . Aucun doute , il y a certainement " un arrangement en dessous de la table ". Pauvre SNCFT , et Pauvre TUNISIE. AU FAIT , avant la NOTRE REVOLUTION , les toilettes étaient GRATUITES !!!
fixer c'est bien mais qui va faire respecter la loi ?
sauvons la nation tunisienne
| 21-04-2017 07:24
Qui a une réponse à cette question ?
La propriété
Zohra
| 20-04-2017 21:09
"Montre-moi tes toilettes, je te dirai qui tu es"
La plupart des toilettes publiques en Tunisie infectes, dégueulasses, horribles, même ceux de l'aéroport sont dégoûtantes, c'est le miroir d'un pays c'est à partir delà les étrangers commence à juger un pays ou un peuple.

Vous allez en Indonésie la propriété des toilettes très impressionnant.

On est très très loin de certains pays au niveau propreté et entretien des toilettes publiques.
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