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Où est Tahya Tounes ?
18/01/2022 | 11:26
4 min
Où est Tahya Tounes ?

 

Alors que plusieurs de ses dirigeants ont fait les frais d’une justice sévère, le parti Tahya Tounes s’est distingué par son absence. Bien trop timidement, selon certains de ses leaders, le parti n’a pas défendu ses membres qui ont été mis en résidence surveillée puis relâchés, sans aucune explication. Au contraire, le leadership du parti s’est jeté dans le bras de Kaïs Saïed, pour n’en tirer aucun bénéfice.

 

Nous sommes le 1er mai 2019, à la clôture du congrès constitutif du parti Tahya Tounes. Son secrétaire général, Selim Azzabi, prend la parole pour déclarer, devant une foule chauffée à blanc : « Tahya Tounes est né grand ! ». Près de deux ans et demi plus tard, Selim Azzabi a quitté la politique et Tahya Tounes est plus petit que jamais.

 

La dernière fois que le parti dit s’être réuni sous la houlette de son président, Youssef Chahed, remonte au 3 décembre 2021. En plus, c’était une réunion concernant les affaires internes avec l’organisation d’un congrès extraordinaire en mars 2022. Mis à part cela, Tahya Tounes est absent de la scène politique nationale. Il n’y a que les interventions médiatiques de Mustapha Ben Ahmed ou de Walid Jalled qui nous rappellent encore que ce parti existe. Il est vrai que le fait que le président du parti, Youssef Chahed, soit plus à l’étranger qu’en Tunisie depuis quelques mois n’aide pas. Selon certains, il serait chargé de certaines missions par le président de la République lui-même, avec lequel il entretiendrait d’excellentes relations. D’autres estiment que Youssef Chahed est tout simplement en fuite à l’étranger et qu’il n’a même pas voulu rentrer en Tunisie pour y demander son visa pour les Etats-Unis. Il aurait fait toutes les procédures à Paris. Quoiqu’il en soit, les reproches fusent en interne contre le président du parti.

 

Quand des dirigeants importants du parti comme Riadh Mouakher, Lotfi Ben Sassi ou encore Samir Taïeb ont été soit mis en résidence surveillée, soit en prison en attendant l’enquête, le parti a réagi très mollement. Youssef Chahed avait même justifié les mises en résidence surveillée arguant du fait qu’il avait lui-même utilisé le même procédé. Dans une interview donnée en août 2021 il déclarait : « Ce qui devait arriver, arriva ! Le peuple ne peut pas oublier les actes de violence et le blocage au sein du parlement, le gouvernement comportant six ministres par intérim, les 20.000 morts suite à la propagation du Coronavirus et la pénurie d’oxygène. Le président de la République a mis fin à la situation de chaos. Ceci a restitué la confiance avec le peuple et nous devons aller de l’avant en se basant sur ce capital confiance ». Comme beaucoup de partis, Tahya Tounes a adhéré aux décisions présidentielles prises le 25 juillet dernier. Mais ensuite, plus rien.

 

Walid Jalled, l’un des leaders du parti, n’a pas caché que la question du soutien au président de la République a posé problème au sein de Tahya Tounes, surtout après la parution du décret 117 du 22 septembre. Le parti était divisé entre ceux qui craignaient une prise de pouvoir inédite de la part de Kaïs Saïed et les risques de dérapage, et ceux qui voulaient continuer à soutenir le chef de l’Etat dans sa confrontation supposée avec les islamistes et les corrompus. Résultat des courses, le parti n’a pas bougé et a été totalement absent des derniers développements de la scène politique tunisienne. Dernier exemple en date, Tahya Tounes n’a pas pris position concernant le 14-janvier. Fallait-il manifester avec les partis démocrates ? Faut-il fêter la révolution le 17 décembre comme l’a ordonné le chef de l’Etat ? Le parti n’a pas tranché.

Le parti qui est « né grand » comme l’avaient annoncé ses dirigeants, s’est construit une image de parti opportuniste. Tahya Tounes faisait partie de la fameuse « ceinture » politique du gouvernement de Hichem Mechichi. Youssef Chahed lui-même recommandait d’être clément avec son successeur à la Kasbah au vu des difficultés qu’il doit affronter. Mais le même parti applaudissait des deux mains quand le chef de l’Etat a évincé ce gouvernement et a pris en main tous les pouvoirs. En plus, la pilule de la désolidarisation totale envers ses propres dirigeants n’est toujours pas passée.

Jusqu’au matin des élections législatives de 2019, les cadors de Tahya Tounes refusaient la réalité et croyaient encore à la possibilité d’obtenir un bon résultat et même de gagner. Complétement coup des réalités, Tahya Tounes a vivoté pendant quelques mois en opérant des choix discutables et incohérents. Aujourd’hui, le parti est dans une situation « très difficile » de l’aveu même du président de son bloc parlementaire, Mustapha Ben Ahmed. Les espoirs semblent placés dans le congrès extraordinaire prévu pour mars 2022, mais les déceptions, aussi, sont permises.

 

Marouen Achouri

18/01/2022 | 11:26
4 min
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Commentaires
MH
Ne jamais oublier
a posté le 19-01-2022 à 08:46
Chahed est le premier responsable de la chute de la monnaie tunisienne et de la situation économique catastrophique du pays.
Léon
Titre révélateur
a posté le 19-01-2022 à 08:37
Joli titre si vous oubliez qu'il parle d'un parti politique.
Titre qui, intrinsèquement, veut dire "où est le patriotisme, où est le drapeau?".
Triste constatation, mais aussi, triste présage.
Pays trahi par les chiens, ou plutôt dirais-je, par les siens.
De tahia Tounis, Qalb tounis, Nida tounis, etc.., il ne reste plus que ch3ar Tounis.

Léon, min joundi Tounis al Awfiya,
Résistant.

Verset 112 de la sourate des abeilles
(un présage que je vous cite depuis 2011)
Raad
Partis politiques
a posté le 19-01-2022 à 00:18
Cette multiplication de partis politiques qui ne servent à rien, et qui ne serviront jamais sauf pour une rivalité dégaut.
De Tahya Tounes à Afek Tounes, et tous ces minis partis dit démocratique de gauche ou du centre gauche finiront un jour dans une décharge.
La seule et unique solution c'est de fondre un parti fort, quitte à créer une primaire ou une election participative pour constituer une direction digne d'un grand parti valable pour remporter une election et avoir une majorité pour diriger le pays.
Dans un pays comme la Tunisie, nous comptons plus de 100 partis politiques allez comprendre quelques choses.
Pour ce faire aussi, il faudrait absolument limité le nombre de partis par un texte de loi ne dépassant pas le nombre de dix par rapport à la population.
Prenant l'exemple des '?tats Unis ou même d'Israël.
Nous avons vue les coalitions de majorités ce que celà a donné, et la valse des députés d'un parti à l'autre.
Ce que nous voulons c'est d'une démocratie à la tunisienne et non d'une démocratie copier collée.
Alors à vis marques pré.....
Ntc
Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué..
a posté le 18-01-2022 à 22:07
Ta7hya Tounés sera de retour et plus fort que jamais, car c'est le seul parti qui a beaucoup de lucidité et de bon sens dans ses analyses.
Abel Chater
Où est Nida Tounes, où est le parti Afek Tounes de Yassine Ibrahim et où est la grand 'gueule Mohsen Marzouk de Machrouu Tounes!!!
a posté le 18-01-2022 à 21:59
Tous ceux de mauvaises consciences, qui craignent de voir leurs dossiers s'ouvrir par la justice de Kaïs Saïed, se sont retirés dans leurs grottes, pour nous ressortir par la suite, comme si de rien n'était. Leur fonds de commerce le parti d'Ennahdha, ne leur est plus utile.
Allah yomhil wèlè yohmil.
Merlin
La fin d'une horde d'arrivistes et de vendus
a posté le 18-01-2022 à 19:06
Ceux qui ont suivi la création de Tahya Tounes savent pertinemment qu'il n'est composé que par des arrivistes et des vendus fous du pouvoir. Du moins au niveau des premier et deuxième rangs. Ils ont été opportuniste jusqu'au choix du nom du parti.
Comme le dit si bien notre proverbe Tunisien: "Il sont toujours avec celui qui est debout". En 2019 après avoir fais tous les coups bas pour vider les partis de leur famille démocrate, ils ont fait un pacte avec Nahdha et Chahed était prêt à vendre son âme au diable pour que Nahdha le désigne comme son candidat.
La fin de cette horde d'opportuniste ne peut être que la disparition. et j'espère du fond du coeur qu'ils fassent en sorte qu'on les oublie et qu'il ne remette plus les pieds sur le scène politique. Mais c'est un rêve impossible, puisqu'il y a déjà un bon nombre d'entre eux qui sont déjà sauté du navire pour rejoindre d'autres vitrine politique, voire revenir à leurs anciens partis qu'ils ont quitté après les avoir saigné à blanc.
Soussi
Nous lesTunisiens
a posté le 18-01-2022 à 17:23
Il ont pris leur part du butin et ils ont disparu
ourwa
tahya tounes est un avatar de nidâa tounes
a posté le 18-01-2022 à 16:06
Tahya tounes n'est rien d'autre qu'un avatar de feu nidâa tounes, lequel est mort et enterré. Quand BCE a constaté la déliquescence de nidâa tounes, qu'il avait créé, il a pondu son nouveau machin appelé " tahya tounes", mais avec la même pâte, pourrie et infecte : ex RCD, ex ministres corrompus ayant officié au sein de la troïka, comme ilyès fakhfakh etc . On connait la suite...jusqu'aux élections de 2019. Les accords " secrets" conclus entre BCE et ghannouchi à Paris en 2013, lesquels accords ont été révélés, mais partiellment, continuent de faire des petits, des virus néfastes, dont tahya tounes et à sa tête y. Chahed; il est illusoire de prétendre construire une véritable démocratie et un état de Droit avec des partis et des personnalités mafieux. L'héritage de BCE est aussi néfaste que celui de marzouki...
VRAI
Ces RCDistes veulent même nous interdire de dire « Tahya Tounes ».
a posté le 18-01-2022 à 15:16
Ce parti appelé "Tahya Tounes" est de toute façon une insolence et une plaisanterie à l'encontre de la population en réservant le mot "Tahya Tounes" à ce parti fictif : La disparition de ce "parti" me convient parfaitement !

Allah Lè yar7imilhoum Wèldin !
ourwa
@ VRAI
a posté le à 20:44
Il y a bien deux choses qu'il faudrait comprendre, après constat et ce durant dix ans :
1- La constitution de 2014 est une constitution pourrie, islamo-fasciste,verrouillée sur les idéaux néfastes et totalitaires de nahdha.
2- Tous les autres partis politiques qui ont participé au pouvoir de 2011 au 25/07/2021, mais aussi les autres, dont surtout feu le "front populaire" et ses héritiers, électoralement dégagés, ou méprisés à juste titre ( n'est-ce pas rahoui !), ne méritent aucune confiance, aucun respect.
KS a compris cela et essaie de le faire comprendre implicitement à ce peuple de gueux , incapable de réfléchir et de raisonner. Un seul regret à afficher: KS n'a pas opté pour la dissolution de l'ARP et nous savons tous pourquoi...Cela dit, après les élections générales de 2022-2023, sur les bases de quelle constitution auraient eu lieu cette nouvelle constitution? en fonction de quelle loi électorale ? Mystère...
KS est en deça de toute confiance. Il sera dégagé par la porte de service.
Slim Fakhfakh
comment
a posté le 18-01-2022 à 13:03
En Tunisie on a plus de 220 partis qui se divisent comme suit :
- 2 ou 3 partis structurés qui ont des principes clairs et ont des militants : généralemnt les partis islamistes et le PDL
-20 partis structurés autour d'une personnes ou 2 personnes qui a des principes et l'argent avec une poignée de soit disant miltants ( comme : parti d'ettayar , echaab, el massar et tous autres partis panarabe et nationaliste de gauches , efak .....)
- 200 partis qui sont contiitués d'une personne , sa femme et le chien du voisin ( comme le parti d'elmejd , courant populaire., lutte patriotique, culture et travail, populaire unioniste, des pioniers ,dignité et démocratie , 17 decembre................) dont on n'ententd jamais parler même durant les éléctions, d'ailleurs ils ne participent à aucune activité politique . on se demande pourquoi ils existent
- 20 partis de mercenaire d'arrivistes , opportuniste sans principes et valeurs qui se créent pour le éléctions puis disparaissent comme Tahya Tounes , kalb tounes , Nidaa tounes. 3Ich tounsi....

Voilà pourquoi ce pays est dans la merde
Grillé
Grillé
a posté le 18-01-2022 à 12:03
Il pourra même le leur sucer,s'il le veut,ce dégénéré Trois fois nul,seul responsable de la faillite de l'économie tunisienne est grillé,à jamais.
Jetable
TT Parti jetable
a posté le 18-01-2022 à 11:55
Béllèhi âlèch tahkiou?
Youssef Chahed,Sélim Azzebi et Cie ,qui sont-ils? étaient-ils connus pour leur passé militant avant d'être embauchés par BCE?
Le président défunt BCE croyait (il s'était rendu compte plus tard combien il s'était lourdement trompé) qu'être apparenté ou de "bonne famille",avec quelques diplômes en main,suffisait pour leur donner de nouveaux galons et les faire rentrer dans le monde politique en leur mettant le pied à l'étrier (Au moins avec Habib Essid ,le DT n'avait pas atteint les profondeurs connues avec Chahed seul responsable,à mes yeux, de la faillite de l'économie tunisienne);
C'étaient les premiers à le trahir en faisant ce putsch à l'assemblée,jouant le jeu d'Ennahdha ,qui se retrouve soudain en pôle-position avec ses 69 députés avec un NT réduite de moitié;
Rached Ghanouchi l'avait compris et mis à part le vieux patriarche,il savait qu'il avait affaire à des coquilles vides ,sans aucune substance politique;
RG pensait qu'il pouvait procéder de la même manière avec KS,en l'absence d'une Cour constitutionelle,c'est là qu'il s'est lourdement trompé....
Alya
Reponse a jetable
a posté le à 18:23
Je déteste dénigrer les morts mais je pense que BCE a volontairement choisi des jeunes beldias , sans passe de militants, pour pouvoir les manipuler a sa guise et assurer l avenir de son fils. Sa surprise a été grande quand il s est aperçu que les jeunes beldias étaient d une autre trempe. Je pense que ce parti renaîtra sous d autres bases. Je fais confiance a Sonia bencheikh

Tunisino
Il est dans l'opportunisme
a posté le 18-01-2022 à 11:43
Il attend la fin de la bataille sanglante entre le traitre Ghannouchi et l'incompétent Saied pour embrasser le vainqueur!