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Chroniques

Lutte contre le terrorisme : Le leurre de l’unité nationale

Temps de lecture : 3 min
Par Sofiene Ben Hamida

Le dernier acte terroriste semble choquer les esprits des Tunisiens qui ont essayé un peu partout dans le pays, parfois dans la désorganisation et la précipitation, de crier leur colère et leur refus de la violence. A Tunis, Medenine, Tataouine, Béja ou ailleurs, la société civile a tenté de s’organiser pour descendre dans la rue. Une rue un peu sclérosée, gagnée par un mélange de colère et de fatalité.

En fait, le paradoxe du phénomène terroriste réside dans le fait d’accepter sa présence tout en refusant de s’y habituer et tout en continuant à le dénoncer. En effet, depuis le premier acte terroriste et dès l’installation des groupes salafistes armés dans notre pays, on savait que nous avions devant nous de longues années de violence. La lutte contre le terrorisme n’est pas une affaire simple et nécessite une décision politique ferme, un consensus national réel et beaucoup de moyens. Or ces conditions nécessaires nous font cruellement défaut ce qui explique que jusqu’à présent nous essuyons des revers répétés face à ces hordes de sanguinaires qui, comme nous l’avons pu le constater chez quelques uns de leurs représentants, sont loin d’être des gens exceptionnels ou dotés d’une grande intelligence. Mais ces hordes continuent malheureusement de profiter du soutien de personnes infiltrées dans les rouages de l’état et des services sécuritaires. Mohamed Ghanouchi qui a relâché puérilement les assassins et les terroristes de Soliman, Farhat Rajhi et son mauvais génie, Sihem Ben Sedrine, les gouvernements successifs de la troïka, Rached Ghannouchi et plusieurs des dirigeants de son parti Ennahdha, Ali Laârayedh, Moncef Marzouki et d’autres encore, ne doivent pas être fiers de ce qu’ils ont fait de notre pays. Par leurs décisions désastreuses, leur laxisme et leur soutien tacite ou pratique, ils ont encouragé les groupes extrémistes et participé à faire le lit de la violence et du terrorisme.

Aujourd’hui, on parle de consensus et d’union nationale contre le terrorisme. De la bouche de nos politiques, ces slogans sonnent faux tellement ils nous ont habitué à la langue de bois, au double discours et aux manœuvres politiciennes. Les comportements sur le terrain ne font que renforcer cette crise de confiance. Peut-on en effet parler d’union nationale et de consensus quand le parti Ennahdha appelle à une manifestation à partir de la mosquée El Fath? Peut-il y avoir un consensus avec un parti qui ne rechigne pas à utiliser les mosquées à l’instant même où il affirme son soutien à la neutralité des lieux de culte? Est-il possible de croire à un consensus national quelconque quand des militants islamistes s’en prennent à un dirigeant d’un autre parti, Kamal Morjane en l’occurrence, sous prétexte qu’il est l’une des figures de l’ancien régime? Ont-ils oublié que les dirigeants de leur parti ne s’embarrassent pas de négocier et de s’afficher avec lui?

En vérité, les partis politiques ne sont pas actuellement dans une logique consensuelle. Ils sont dans une logique électorale et dans une compétition qui ne dit pas son nom. Il n’est pas surprenant dans ce cas que les derniers attentats, au lieu d’être une occasion pour raffermir l’alliance nationale, ont été une occasion pour chacun des partis politiques pour peaufiner sa stratégie. Al Joumhouri qui ne dispose plus d’assise populaire s’est exercé au holdup sur les rassemblements de la société civile. Ennahdha  réactive ses relais dans les mosquées et Nidaa épuise son filon nommé Béji Caïd Essebsi.

En face, le gouvernement semble patauger, manquer de détermination et de moyens pour être efficace dans sa lutte contre le terrorisme. Au vu de ce qui s’est passé la semaine dernière, la situation sécuritaire est loin d’être stabilisée ce qui risque de poser des problèmes d’un genre nouveau à l’approche des échéances électorales. Mais ça, c’est un autre problème.
     
  

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Commentaires

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Patriote
| 04-08-2014 20:19
@Tounsia2
Vous êtes en effet une belle plume, agréable à lire et à relire.

Aly
| 21-07-2014 23:43
Les terroristes de la branche tunisienne des FM , ennakba ne croient même pas a l'Etat-nation tunisien et utilisent la démocratie par pure stratégie politique comme jadis Hitler dc on peut pas s'unir avec eux .

tounsia2
| 21-07-2014 11:59

Lorsque Feu C Belaid a été assassiné, le peuple Tunisien est sorti spontanément dans toutes les villes en se dirigeant tout droit vers les locaux du parti Ennahdha dont ils ont saccagé une bon nombre d'entre eux pour témoigner du refus du terrorisme et de ses commanditaires ; Lorsque Lotfi Nagdh a été lynché à mort par les milices LPR, sous les ordres du parti Ennahdha, c'était la ville de Tataouine qui a refusé les condoléances de la Troika qui ont été interdits d'assister à l'enterrement ; Même chose avec la famille de Socrarte Cherni qui ont accusé ouvertement Ennahdha; La veuve de M Brahmi qui a tenait son mari dans ses bras lorsqu'il rendait l'âme, a dit au même instant où son mari fermait définitivement les y o e u x, que c'est Ennahdha qui a tué mon mari.
A chaque assassnat et à chaque acte terroriste, le peuple Tunisien désigne Ennahdha en tant que responsable, et maintenant, personne n'en doute, et pour preuve, nous ne connaissons pas jusqu'à ce jour les commanditaires de ces assassinats, ce qui prouve bien qu'il y a une véritable volonté politique pour occulter la vérité ; Qui d'autre a intérêt à ne pas faire la lumière sur ces assassinats, à part ceux qui sont impliqués, qui en portent la responsabilité et qui continuent à étouffer la vérité parce qu'ils ont encore le pouvoir. Mais le peuple a compris et a fini par donner une adresse au terrorisme et sait que le parti Ennahdha est derrière tous les actes terroristes, mais cela ne pourra plus durer, car comme le dit Abraham Lincoln, On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.
Nous avons vraiment cru qu'on pouvait construire une démocratie qui soit représentative de tous les courants politiques et qui tienne compte de nos différences et de nos convictions, mais le parti Ennahda a brisé le rêve et a montré qu'il n'a pas évolué dans ses pratiques et ses convictions depuis les années 80 et 90 où le parti islamiste mère a mené une série d'attentats contre le peuple Tunisien ; Aujourd'hui, que reste-il de ce rêve brisé, sinon, la détermination de continuer le combat jusqu'à mettre hors d'état de nuire ce parti sanguinaire ; Nous avons aussi le devoir de résister mais surtout, d'honorer la mémoire de nos Martyrs afin qu'ils ne soient pas réduits à un souvenir inoubliable dans notre mémoire collective.

salahtataouine
| 21-07-2014 11:08
Pourquoi cette offensive contre des ex etats souvrains ??
Il faut encore une fois revenir vers cette nouvelle guerre de gaz ..apres la longue guerre du petrole et le role donné à l etat sioniste depuis sa creation
Pour etre rapide le moyen orient et le maghreb sont le "gisement futur" mais aussi un lieu de transit ( gazoduc et autres )
L algerie avec ses reserves en sous sol mais aussi son exeedent qui depasse les 200 milliards cette anneé ..ca fait saliver plus d un ..
L algerie veut par exemple investir plus de 100 milliards de dollar par sa societé sonatrac vers 2018 !!
Sonatrac fait un excedent annuel de plusieurs milliard et elle va "ramasser" d ici 2018 pour investir en masse dans les nouveaux "sites" c est à dire plus de 40 milliards mais aussi une dizaine dans le "transport par gazoduc "
Les besoins de l algerie en gaz tournent autour de 30 à 45 milliards de metre cube d ici 2020 et ce besoin sera "pris" dans sa production de gaz de ....schiste...grrrrrrrr
L algerie "dort" sur la troisieme reserve mondial en ce genre de gaz , on parle de plus de 700 trillions de m3 ( ou une autre mesure je crois , on parle de ""pied cube )

Ca fait saliver plus d un ...et la confrerie est un outil pour pouvoir gerer tout cà et de là ..le terrorisme est une guerre pour mettre la main de cette richesse à venir ...du coup ce terrorisme ne fera qu s accentuer pour mettre la main sur l algerie et la tunisie est une fenetre de tir ....
Alors , avec ses amateurs dans la classe politique qui n ont rien capté ..ils peuvent toujours aller aux receptions des ambassades alors que la bataille est ailleur ..bande des ............comme le dit si bien @JW

jilani
| 21-07-2014 08:47
Omar Shabou a dit qu'on ne peut commencer la lutte contre le terrorisme qu'une fois Ennakba sort complètement du pouvoir. Il a parfaitement raison. Le terrorisme est dirigé par cette secte dont les buts restent les même : mettre un régime théocratique et archaïque en Tunisie. Tout ce qu'elle fait dans le dialogue national est pour gagner du temps et asseoir son hégémonie. Le gvt est complice de cette secte.

salahtataouine
| 21-07-2014 07:22
L avion qui nous a ramené le fugitif qui etait en exil doré 5 etoiles à londres chez ses emplyeurs mi6 ..nous a "rentré" ce jour là dans la pratique du terrorisme d etat apres avoir infiltré les appareils de l etat ..
Il est vrai que l "etat terroriste de la confrerie" n a pas mis sa main sur l ensemble de l appareil de l eta mais il a pu avancer et ses tantacules sont partout de l armée à la police en passant par la justice et les administrations locales ...
Une partie de l etat resiste , une partie de la societé civile le fait aussi ..mais l argent et une grande partie des medias ont rampé et ont signé un "cheque" ( cheikh) en blanc pour les marchands de la religion pour "sauver" des privileges
La classe dite "democratique" croit pouvoir agir pour faire "continuer" un semblant d etat "democratique" ..alors que la machine a broyer de la confrerie va s occuper d eux bientot
La "menace" contre samir va dans ce sens ..et c est une pratique des freres ....faire courir des rumeurs , des menaces pour faire taire ou faire peur ..comme ils le faiasaient avec "les attentats" ou des "actions terroristes avortées" pour faire peur à la population ..
L etat sioniste fait des attentats ou des crimes avec " un faux drapeau" la confrerie aussi , ils ont appris cette methode et ils la pratiquent si bien que les cartes sont brouillées et de plus c est eux qui font l enquete et la contre enquete , la poursuite et meme le jugement !!!
Il est temps d appeler un chat un chat et dire que le loup est dans la bergerie ...et si nous voulons "sauvegarder" nos moutons ...la seule possibilteé est d en finir avec le loup et non de faire "penetrer" d autres encore plus affamés !!

OSONS CITOYENS

l'idiot du bled
| 21-07-2014 01:22
L'heure est A l'unité nationale
Leurre EST l'unité nationale

Abdel
| 20-07-2014 22:09
Il faut le souligner plusieurs fois , le repeter a longueur de journee , le repeter autant que l' on peut , le crier sur les toits les plus hauts que tant que ' LES MINISTERES DE L'INTERIEUR et DE LA JUSTICES NE SERONT PAS NETTOYE'S PROFONDEMENT ' il y aura toujours des ' ECHECS ' LAMENTABLES ET DES PAUVRES MARTYRS dans la lutte contre le terrorisme . Meme si tout le monde avance dans cette lutte la main dans la main ce n'est pas encore suffisant ! Pourquoi ? Parceque dans chacune des mains les doigts ne seront jamais de meme ' longueur ' . ( de meme volonte' ) .

Abdel
| 20-07-2014 21:51
Certains leaders appellent a l' unite' des tunisiens seulement pour ' noyer et diluer ' la responsabilite de certains partis dans la propagation du terrorisme . Manoevre deloyale Et antipatriotique . Un piege !

kameleon78
| 20-07-2014 21:11
Très bien vu Si Sofiène, que rajouter d'autre, juste un point vous ne parlez pas de l'appareil sécuritaire qui est piloté par Ben Jeddou la tour de contrôle de Nahda et le rapporteur général de Ghannouchi. Dans ce pays le gouvernement n'est pas indépendant ainsi que la justice, voir l'affaire Sahbi Jouini.

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