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Libertés individuelles, la riposte intégriste s’organise !

Libertés individuelles, la riposte intégriste s’organise !

 

Le 12 juin 2018 le rapport de la commission des libertés individuelles et de l'égalité a été publié et présenté au président de la République, Béji Caïd Essebsi, initiateur du projet. Comme prévu, ce rapport a vite fait de mettre en rogne les extrémistes religieux. Dans des déclarations plus « subtiles » les unes que les autres, certains « défenseurs des bonnes mœurs » ont fustigé, dans un langage très « fin » ce qu’ils ont qualifié pour certains de catastrophe !

 

« Ce rapport est une catastrophe et menace les fondements même de la vie en société ! Où sont les imams, où sont les milliers de personnes qui inondent les mosquées, où sont les conservateurs ! Même pour ceux qui boivent de l’alcool et se droguent, la religion reste une ligne rouge à ne pas franchir en Tunisie. Ce rapport préconise, partant de la définition de la douleur, de punir la circoncision et quant à ceux qui postent une vidéo ou une chanson à polémique, ils sont menacés de prison, d’une amende de 10 mille dinars et d’être privés de la fonction publique comme leur droit électoral. Ces gens ont pris de l’argent pour parler de sujets qui n’ont rien à avoir avec la vraie problématique des Tunisiens, qu’est la croissance. Avons-nous fait une révolution pour qu’une conasse malade vienne inciter aux bisous dans les ruelles. Ce rapport vient inciter à la débauche et critiquer les bonnes mœurs, Bochra Belhadj Hmida est connue pour réfléchir avec son dessous de ceinture, même les animaux respectent mieux leurs codes que nous ! », a lancé Halima Maalej, la tristement célèbre ancienne égérie des Ligues de protection de la révolution.

 

Celle qui avait un jour déclaré que notre confrère, le journaliste Sofiène Chourabi, « parce qu’il ne jeûne pas pendant le Ramadan » avait eu ce qu’il méritait en disparaissant en Libye, ose aujourd’hui donner des leçons d’éthique et critiquer un rapport qui défend les libertés individuelles les plus élémentaires.

Halima Maalej a appelé à la mobilisation pour lutter contre un rapport « qui prêche l’immoralité » se retenant probablement cette fois de dire le réel fond de sa pensée.

Une réserve qui n’a posé aucun problème au controversé Adel Almi, à qui il ne manque que le cheval et l’épée. Lui, connu pour arpenter les rues à la chasse de ces « dépravés » de non-jeûneurs, a carrément appelé à tuer les membres de la commission des libertés. Dans un post relayé, et ostentatoirement assumé, sur les réseaux sociaux, il a appelé à lapider sur la place publique Bochra Belhadj Hmida et ses collègues, en toute impunité…

 

Le « parti » Ettahrir a souligné, pour sa part, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, que des propositions telles que l'abolition de la dot dans le mariage, la liberté de choisir son nom de famille ou l'égalité dans l'héritage, sont une atteinte délibérée à la parole divine. Il a estimé que l’œuvre de la commission des libertés fait partie d'une série de diktats occidentaux, tels que la levée des réserves sur l’accord de la CEDAW en 2011 pour reconnaître l'homosexualité et l'adultère sous le prétexte d’une loi nommée loi de lutte contre les violences faites aux femmes ! « Nous affirmons que ce crime qu'ils veulent imposer est catégoriquement rejeté par les gens, contraire à leur foi et que toute transgression de sa croyance ne sera jamais acceptée par le peuple de ce pays musulman », a poursuivi le parti. « Nous allons fermement nous opposer aux propositions de cette commission et lutter contre ces lois pour les remplacer par celles issues de la doctrine de la oumma dans le cadre du califat préconisée par le prophète », a ajouté Ettahrir.

 

La coordination nationale de la défense du Coran, de la constitution, du développement et de la justice a tenu, de son côté, une conférence de presse dédiée à l’analyse du rapport sous le thème « l’initiative de la zizanie, une agression portée à l’identité et une menace à la paix sociale ». L’ancien ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khadmi a déclaré lors de cette conférence, que si le rapport de la commission des libertés est un appel légitime à la réflexion, ses recommandations, qui sont essentiellement axées sur des questions faisant référence à l’identité et à l’aspect religieux tranchées dans la constitution, et son timing sont inopportuns au vu du contexte où les préoccupations et les priorités des tunisiens sont autres que celles évoquées par la commission. « Ce rapport a également outrepassé toutes les spécialités scientifiques, dont celles liées à la chariâa, alors qu’il aborde des questions liées à la religion et celles liées à la sociologie, au  droit civil et au droit constitutionnel », a-t-il précisé.

Dans un langage plus posé, Noureddine Khadmi a estimé qu’aucun membre de la commission des libertés n’a d’expertise légitime et reconnue pour aborder des questions issues du coran, dont l’égalité dans l’héritage, sujettes à interprétation avec des connaissances pointues en théologie.

« Je défie pacifiquement et avec tout le respect que je leur doit, ces personnes dont les spécialités n’ont rien à avoir avec celles requises pour les sujets qu’ils ont traité. Je pointe aussi l’exclusion de l’institution de la Zitouna même si on a prétendu le contraire. Il est vrai que certains membres de la Zitouna ont été consultés mais leurs déclarations restent personnelles et n’engagent pas officiellement l’institution qui analyse en ce moment même ce rapport pour annoncer sa position sur le sujet », a-t-il poursuivi.

L’ancien ministre a appelé le mufti de la République à exprimer sa propre position quant au rapport de la commission des libertés, soulignant l’absence de toute réaction officielle à ce sujet et l’aspect non-participatif de cette initiative à tendance idéologique et élitiste et donc pas démocratique. « Ce rapport est clivant entre ce qui est légitime et ce qui ne l’est pas et risque de diviser ainsi les institutions de l’Etat et la société. Il comporte aussi des erreurs scientifiques manifestes dans la mesure où les experts, dans de nombreux domaines reliés à l’analyse et à l’explication des textes sacrés, n’ont pas été consultés », a-t-il indiqué.

 

Le rapport de la commission des libertés, jugé révolutionnaire par les défenseurs des Droits de l’Homme et tous ceux à qui il tient à cœur de respecter l’intégrité de tout individu va diviser, cela ne fait aucun doute. Comme tout sujet se rapportant à la liberté, il fera face à la résistance des dogmes religieux comme cela a été le cas partout dans le monde. Il n’en est pas moins que ce rapport est un pas important vers la consécration d’un Etat de droit, où chaque individu est respecté et peut évoluer dans un environnement où il ne se sent, d’aucune manière, opprimé par des lois obsolètes et injustement justifiées par la religion.

La liberté des uns contre le conservatisme des autres, voilà un défi auquel, encore aujourd’hui sont confrontés les pays démocratiques. La Tunisie s’inscrit dans cette lignée et ce n’est déjà pas mal, quoi qu’en disent les esprit étriqués…

 

Myriam Ben Zineb 

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Commentaires (26)

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AH
| 23-06-2018 11:45
Suite à mon premier commentaire, je viens de consulter sur un autre site la nouvelle suivante

"Aberrant: une seule bouteille d'oxygène au service de pneumologie à l'hôpital de l'Ariana"

ce qui m'amène à ajouter que le Tunisien grâce a déjà le plein de libertés, notamment celle de ne pas trouver de médicaments ni d'oxygène dans les hopitaux, et qu'il ne lui manque plus que les libertés mentionnées dans la loi en question.

AH
| 23-06-2018 11:35
sans supporter les extrémistes, je pense que le cours des évènements illustre bien l'adage "Diviser pour mieux régner".

C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet de loi de libertés blablabla.

Ne pouvant rien apporter de solutions aux problèmes du pays pour des raisons de manque de vision, de vision erronée ou borgne, de privilège d'intérêts partisans etc, les politiciens derrière ce projet de loi essayent de cacher la forêt de misère et de difficultés qui inonde le pays en occupant et en divisant les citoyens. Plusieurs médias soutiennent cette campagne voulant cacher le soleil avec le tamis.

Que veux t-on au juste, nous propulser en tant que musulmans à la post-modernité alors que nous vivons dans un pays sous développé qui n'a récolté du développement que les 9ouchours et la dépendance à l'étranger.

Que récoltera t-on de cette loi si jamais elle est approuvée et promulguée? Une parfaite entente entre les frères et soeurs sur le partage de l'héritage, des citoyens qui comprennent leur religion, ses valeurs et qui sont fiers de leurs héritage islamique, des jeunes qui ont de l'espoir , qui aspirent à trouver du travail, des femmes et des hommes qui travaillent dans la dignité .

J'en doute.

J'aurais vraiment discuté davantage de cette loi, si les gouvernements successifs ont quelque chose de palpable et d'efficace pour combattre la pauvreté, pour engager de vraies réformes en commençant par la justice, pour relancer l'économie, pour améliorer l'éducation et la santé publiques, pour la transparence et la bonne gouvernance et pour lutter contre la corruption. C'est là la priorité.

En cette période d'instabilité politique et d'inflation galopante ( du jamais vu ), on nous occupe par la loi des libertés ( sic !) et par la coupe du monde ( du jamais vu ).
Bonne chance à l'équipe nationale face à la Belgique.

De quelle libertés, nous parlent -ils ?, la liberté de vivre misérablement, la liberté de dépendre de l'étranger, la liberté d'endettement,

Qu'ils/elles sachent que le Tunisien reste intelligent et qu'ils n'auront pas notre liberté de penser.

HatemC
| 23-06-2018 10:49
Parce que cet accoutrement est notre culture et notre identité tunisienne HC

HatemC
| 22-06-2018 21:19
C'est quoi un muz modéré .. celui qui fait juste 2 prières et demi au lieu de 5... demain je vais à la mosquée .. pas la première je serai encore bourré mais à la seconde ... HC

1/3i
| 22-06-2018 20:13
On voit où se situe le mal dans la religion.. quand elle est érigée en loi !

il a quelques jours, j'ai pris l'avion. Au Free shop, à la sortie de Tunisie on m'a demandé mon passeport.

c'est la première fois, puisque normalement on ne demande que la carte d'embarquement. Ce n'est qu'à l'arrivée qu'on nous demande le passeport.

Devant ma question, au caissier, qui était de savoir si c'était pour vérifier que je n'étais pas Tunisien, et que donc j'étais autorisé à acheter de l'alcool pendant le ramadan, il m'a répondu que c'était la procédure depuis toujours.

Premier mensonge. Je voyage suffisamment souvent pour savoir comment ça se passe.

ensuite, je lui ai demandé, avant de présenter mon passeport si ma religion, si j'en ai une, est inscrite sur mon passeport. Puisque je peux être juif Tunisien, et que les juifs ne sont pas asservi par le ramadan.

La réponse a été immédiate : vous êtes dans un pays musulman, donc TOUS les tunisiens doivent respecter le ramadan.

Je lui ai demandé, si les pays occidentaux, qui pour certains sont chrétiens, (pas de majuscule, c'est un adjectif) obligeait tous leurs ressortissants à manger du porc ?

Aïe, le trouble s'installe.

Je l'ai terminé avec à coup de : Môssieur, vous ne respectez pas la constitution Tunisienne, qui d'après beaucoup est la meilleure du monde. Et excusez du peu : elle ne sert que comme papier toilette dans les lieux d'aisance."

donc messieurs, laissez les gens vivre, ne vous oocupez de leur vie. Du moment qu'elle ne nuit pas à vos liberté, !

HAtemC
| 22-06-2018 17:37
Les Iraniennes en 79 elles se sont voilées en masse pour plaire à Khomeiny le gourou islamiste ... aujourd'hui une génération plus tard les femmes regrettent et en veulent à leur mère ...elles se battent aujourd'hui pour s'émanciper de cette merde qui leur couvre les cheveux ...

L'islam ne se résume évidemment pas à une manière de s'habiller ...
On peut même dire qu'il n'y pas de tenue vestimentaire véritablement « islamique »... Yé B'gar ...

Les charlatans profanes du WAHHABISME et les frères musulmans se sont détournés du coran pour APPLIQUER la CHARIA qui est une écriture humaine et un fourre tout ...

Le terme voile, dans le sens qu'on lui donne aujourd'hui, ne fait pas partie du vocabulaire coranique.
Le statut de la femme n'a jamais posé problème ...

Il est devenu problématique après la deuxième moitié du 20 ème siècle ... POURQUOI l'explication vient des chaines satellitaires qui ont fleuris au milieu du 20ème siècle .... tel que les chaine Ikra venu d'Arabie Saoudite et j'en passe ... les faibles d'esprit ont succombés aux discours des religieux intégristes fondamentalistes ... ces femmes ont piétiné leur acquis chèrement gagnés ...

La décence, la pudeur, la retenue, la dignité de la femme est du côté de la voilée ...

Ce qui laissait à leurs adversaires tout le champ sémantique opposé, c'est-à-dire l'indignité, l'indécence, l'impudeur, la provocation ...

La valorisation de la pudeur de la femme devient pour les intégriste l'argument le plus attractif du mouvement de réislamisation des femmes ... et ces merdes tombent le piège et vont condamner leur fille à vivre en tant que MINEURE à VIE ... le discours est vite compris par les simple d'esprit et ils sont nombreux en Tunisie ... Regarder comme le voile à gagner du terrain surtout dans le Sud du pays et les régions du centre et Nord Ouest ... 100% sont voilées et même leur gamine ... HC

Mansour Lahyani
| 22-06-2018 15:58
Il ne manque à ces belles jeunes filles, vraiment belles, que l'inscription de leur marraine probable, une certaine RABAA, qui occupera la première place, qui lui est règlementairement dévolue... C'est un plaisir de se savoir et sentir si bien entouré, voire coincé : après Rabba, Halima Maalej, cornaquée par Khademi, tout ça sous l'oeil goguenard du gourou suprême, qui doit se délecter à ingurgiter son petit lait!

Rationnel
| 22-06-2018 15:39
Dans l'hiérarchie d'argumentation il y a plusieurs niveaux. Mariam a choisit l'un des niveaux les plus bas. Au lieu de défendre le mérite des propositions elle associe le camp opposé avec des personnalités discréditées et haies par le grand public comme Maalej ou Khademi. La question n'est pas si la décriminalisation de l'homosexualité est bonne ou pas? mais si la population et le pays sont prêts pour ces changements? Est le meilleur moment pour se concentrer sur ses reformes, le bateau coule et les commandants de bord n'arrivent pas a se maître d'accord sur la direction. Comme en Europe ou aux USA les progressistes peuvent forcer des lois progressistes mais la réaction de la population risque d'être sévère et on peut se retrouver dans une situation plus fasciste et régressive. Merkel a essaye d'imposer une politique d'immigration très accueillante provoquant une réaction populiste fasciste et l'émergence de parti comme l'AfD, des pays comme l'Italie, la Hongrie et l'Autriche se sont retrouves avec des gouvernements fascistes. Aux USA la réaction est plus dramatique, Trump a démantelé toutes les réalisation d'Obama et a retire les USA des accords sur le climat, de l'UNESCO et de l'organisation des droits l'homme et a introduit des camps de concentration pour les immigres venant des pays de l'Amérique centrale.

Chaque chose en son temps, l'unique priorité pour le moment doit être le sauvetage du pays d'un désastre financier et un naufrage économique, toutes autres propositions n'est que distraction.

Ameur k
| 22-06-2018 13:09
C est historique ...il faut que ce rapport passe et soit adopte....sinon c est la cata et pour longtemps
Les jeunes de ennahdha essentiellement doivent mettre les viellos conservateurs a leur place
Bravo poue la gde Bochra et tte l equipe . MR le president doit faire l impossible pour faire passer ce rapport ..c est historique

Imad
| 22-06-2018 09:14
Une Dame autour de laquelle des doutes persistes sur sa credibilites a choisi sa priorite autre que celles des veritables preoccupations de notre societe et notre pays......pour detourner notre attention des problemes qui nous inqietent pour l avenir de notre pays et celui de nos enfants...

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