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Chroniques
Les seuls à ne pas comprendre qu'ils doivent partir
Par Karim Guellaty
27/06/2020 | 14:00
8 min
Les seuls à ne pas comprendre qu'ils doivent partir

Cette semaine encore ne fut pas de tout repos dans le monde. Après un confinement quasi-mondial de presque deux mois, certains ont décidé de rattraper le temps perdu. Malgré les quasi dix millions de personnes atteintes par le Covid19, et les quelques 490.771 qui en sont tragiquement mortes. 

 

Aux États-Unis qui se préparent à leur scrutin présidentiel le 3 novembre prochain, n’en ont pas encore fini avec le Coronavirus. Le Texas, la Floride et la Californie sont désormais particulièrement touchés avec un bilan pour ce seul vendredi de 40.000 nouveaux cas. A tel point que le Texas, premier État à avoir repris une activité normale dès le 1er mai, doit faire machine arrière et décréter la fermeture de ses bars. En Floride, depuis le déconfinement, ce sont désormais les jeunes qui sont majoritairement touchés, avec une moyenne d'âge qui a glissé de 65 ans il y a deux mois, à 33 ans actuellement. L’indicateur particulièrement suivi aux USA est le taux de positivité, c’est-à-dire le pourcentage de contaminés par rapport au nombre de tests pratiqués. Les scientifiques estiment que lorsque ce taux dépasse les 10%, des mesures doivent être prises. Le Texas est à 11,76%. #lavaguecontinue

 

Même si le Docteur Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses du gouvernement, alerte sur le fait qu’il s’agit là d’un problème grave, le président Trump qui a toujours une solution à tout, et qui ne comprend pas qu'il doit maintenant partir, propose, pour réduire les chiffres des personnes testées positives, ... de moins tester. Sa proposition que les experts médicaux ont beaucoup de difficultés à justifier, trouve en revanche tout son sens auprès des experts politiques, qui applaudissent des deux mains ce principe lorsqu’on le transpose à l’art de la communication qui veut que pour éviter de dire trop d’inepties, on parle moins. Le politique s’en porterait certes mieux, mais au détriment de tout ce que ces propos nous apportent parfois comme divertissements, puisque bon nombre ont cessé d’en pleurer pour prendre le parti d’en rire, seul salut pour résister à la dimension tragique de ces écarts.  #dedeuxmots

 

Pour enfoncer le clou d’une Maison Blanche qui n’a de scientifique que son système d’alarme, le vice-président, Mike Pence, s’est félicité vendredi dernier d’avoir réussi à ralentir la contagion, d’avoir aplati la courbe. Courbe qui est passée de 20.000 cas par jour, il y a deux semaines, à 40.000 cas par jour hier vendredi. Le même jour donc où lui constate un aplanissement de la courbe. #excelpourlesnuls

 

En même temps, le virus semble être maitrisé en Europe, même si quelques clusters démarrent ici et là. L’Union Européenne rendra officielle lundi la liste des 14 pays hors UE dont les ressortissants pourront se rendre théoriquement en Europe. On sait déjà qu’il s’agit de l’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, du Japon, du Rwanda, de la Thaïlande, de L’Uruguay, de la Nouvelle Zélande, de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de la Géorgie, du Monténégro et de la Serbie. La Chine pourrait rejoindre cette liste si elle accepte, de son côté, la réciprocité pour l’ouverture de ses frontières aux Européens. #vagueversleurope

 

Cette liste n’est que théorique dans la mesure où même si les 27 pays de l’UE ont accepté le principe de ne pas acceuillir des ressortissants de pays ne figurant pas sur la liste, chacun se réserve le droit de ne pas appliquer toute la liste.  L’UE transparente, elle, sur les critères de sa liste, a dit avoir retenu la situation épidémiologique de chaque pays, l’incidence de nouvelles contaminations, la capacité de tester et les règles de prévention appliquées.  Les nouvelles contaminations en moyenne en Europe sont de 16 pour 100.000 habitants, ce qui semble être donc la limite du seuil acceptable pour être sur la liste des heureux élus qui pourront aller se balader en Europe. #tourisme

 

En Tunisie aussi il y a une liste. Celle qui définit la possibilité, ou pas, de chacun à entrer sur le territoire tunisien et le cas échéant les conditions de cette entrée. Tout a été écrit sur cette liste, et sur ces conditions. Un grand mystère demeure sur les critères retenus pour l’établissement de cette liste, dont on a quelques difficultés à retracer la démarche scientifique qui a permis son établissement.  D’après nos recherches, nous pouvons d’une part, affirmer avec certitude que la vice-présidence américaine est totalement étrangère à l’élaboration de cette liste, trop concentrée a chercher à aplatir une courbe qui repart à la hausse, et d’autre part, avancer que cette liste tunisienne de classification Covid repose probablement sur le nombre de cas actifs par pays. #simpliste

 

Cette nouvelle présidence du gouvernement a décidé de ne pas faire dans la transparence pour l’établissement de ses listes, à l’instar de ses attributions de marchés publics. Il reste aux touristes et aux TRE à espérer que leur salut estival en Tunisie vienne, à défaut d’une mobilisation du député Yassine Ayari, d’une liste un peu plus élaborée. #poidsetmesure

 

En Tunisie encore, le président Kaïs Saïd s’est rendu cette semaine pour une visite de travail et d’amitié à Paris. Et il faut rendre à Kaïs ce qui appartient à Saïd. Gêné par une diplomatie à la traine, handicapé par un service de communication inefficient, malmené par des partisans d’Ennahda à la peine, préoccupé par un chef du gouvernement qui est le seul à ne pas comprendre qu’il doit partir, on peut considérer malgré tout ça qu’il a réussi son voyage. Pas de faute dans le discours, pas d’erreur dans les propos, une attitude de chef d’État qui a su convaincre s’il le fallait, ses partenaires français. Aidé par sa cheffe de cabinet, Nadia Akkacha, qui était sur tous les feux, les sujets évoqués étaient maitrisés. L’essentiel a été fait. Reste au président à rendre plus audible sa communication pour donner tout son sens à ses positions, à rendre plus efficiente sa diplomatie pour redonner aux affaires étrangères l’aura qu’elle a su avoir jusque-là. #todolist 

 

En Ecosse, et toujours vendredi dernier, un fou furieux a décidé de mener une attaque au couteau, blessant à Glasgow six personnes, avant d’être abattu par la Police. La BBC avait annoncé initialement trois morts, avant de se raviser. Les risques de l’information continue. Les enquêteurs britanniques ont déclaré que l’attaque n’était pas considérée comme une attaque terroriste. Déclaration surprenante qui nous amène à nous questionner sur ce qu’est devenue une attaque terroriste. Faut-il se référer au Larousse et considérer que « le terrorisme est un ensemble d’actes de violence commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays d’un système » ? Ou est-ce que le terrorisme passe désormais par la condition nécessaire d’un mobile islamiste ? Le terroriste n’a ni religion, ni ethnie et quelle que soit sa revendication, son geste n’en sera ni aggravé ni amoindri, celui de semer tragiquement la mort et la terreur. Il peut être fou, il peut être déséquilibré, cela n’exclut pas qu’il soit terroriste, folie et déséquilibre en étant les stigmates. #malnommerleschoses

 

En Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou s’apprête à annoncer les mesures spécifiques qu’il va prendre pour mettre en musique le plan de Donald Trump pour le Proche-Orient. Ce plan exposé en janvier 2020 par la Maison Blanche prévoit l’annexion par Israël des colonies juives, de la vallée du Jourdain en Cisjordanie et la création d’un État palestinien. Peu avaient réagi à l’époque. Le gouvernement israélien, là où il aurait du comprendre qu'il devait partir, souhaite désormais aller vite en raison de l’incertitude du scrutin américain, et de l’opposition affichée par Joe Biden à ces annexion. 

 

L’administration Trump quant-à-elle, est désormais gênée par cette éventuelle annonce, dans un contexte Covid complexe dans la sous-région et un Iran qui devient de plus en plus difficile à canaliser. Elle tente de retarder, sinon de faire ajourner, la déclaration israélienne attendue pour le 1er juillet. 

 

L’Union européenne et la France s’activent également pour convaincre Israël de renoncer à ce nouveau projet d’annexion coloniale.

 

La Jordanie parle d’un conflit majeur pour laquelle elle « doit considérer toutes les options ». Toutes les options pour la Jordanie, c’est la révocation d’un accord de paix signé avec Israël en 1994. La réalité c’est que la seule préoccupation jordanienne réside dans le flux de Palestiniens qu’elle serait contrainte d’accueillir en cas d’annexion de la vallée du Jourdain. Sa position pourrait donc se radoucir si Tel Aviv apportait la garantie que les populations palestiniennes qui y résident ne soient pas « poussées » vers la Jordanie. Notons que la moitié de la population jordanienne est palestinienne. Et notons que l’aide américaine à la Jordanie est d’un milliard de dollars par an. 

 

Les Émirats-Arabes Unis ont publié une tribune dans la presse israélienne par la voix de leur ambassadeur aux États-Unis dans laquelle ils précisent qu’une telle annexion « renversera à coup sûr et immédiatement les aspirations israéliennes à tisser des liens plus forts avec les pays arabes ». Le ministre des Affaires étrangères est venu, quelques jours plus tard, modérer, le propos en précisant : « Puis-je avoir un désaccord avec Israël tout en construisant des ponts dans d’autres domaines de la relation ? Oui c’est possible ». 

 

L’Arabie Saoudite s’est abstenue de toute déclaration et dit en off à tous ceux qui veulent l’entendre, qu’elle reproche aux Palestiniens de ne pas avoir fait de contre-proposition au plan de Trump.

 

L’Égypte se dit préoccupée. Mais sans plus. 

 

Le fait est que les pays arabes ont les yeux rivés sur l’Iran et les Frères musulmans, le destin de la Cisjordanie est pour eux sinon inexistant, en tout cas secondaire.

 

La solution est à deux états, soit. La question à trancher reste de savoir lesquels. #insoluble

 

C’est la fin de ce trip, c’est la fin de la semaine. Vous pouvez éteindre vos smartphones.

Par Karim Guellaty
27/06/2020 | 14:00
8 min
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Commentaires
Gg
Terrorisme nécessairement islamiste?
a posté le 29-06-2020 à 08:04
Les opinions publiques répondent à votre question : "tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans"!
Allez, disons 80%. Ces 10 dernières années, c'est comme ça!
Alya
Comme d hab excellent
a posté le 27-06-2020 à 20:15
Je crois que Trump pourra dire qu il a vaincu l epidemke quand il y aura moins de monde pour mourrir