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L’émigration clandestine, la pression se fait sentir pour la Tunisie

Temps de lecture : 3 min
L’émigration clandestine, la pression se fait sentir pour la Tunisie


L’émigration clandestine, fléau n’ayant jamais disparu en Tunisie, mais qui prolifère de jour en jour. Les chiffres records enregistrés ces derniers temps, outre les pressions internationales font que ce sujet est à la Une de l’actualité et se positionne au-devant de la scène régionale.  

 

Le mythe de l’Europe, d’une vie meilleure et d’un avenir radieux. Tels sont les maîtres mots qui poussent des milliers de jeunes, et de moins jeunes à prendre le large, payer des sommes rocambolesques aux passeurs et à se jeter dans les embarcations de la mort.

Sans perspectives, rongés par le chômage et ses répercussions, plusieurs jeunes tunisiens voient en l’émigration clandestine leur unique chance d’avoir une vie descente et un avenir meilleur. Pourtant, la réalité est tout autre. Avec la dégradation de la situation économique et sociale en Tunisie et la concentration des efforts sécuritaires dans la lutte contre le terrorisme et la protection des frontières, l’émigration clandestine a pu proliférer davantage. Ce ne sont pas les chiffres enregistrés qui diront le contraire ou encore les multiples tentatives d’émigration déjouées par les autorités tunisiennes. Dans ce contexte, le chargé de communication auprès du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, Romdhane Ben Amor a affirmé que 4077 migrants clandestins tunisiens ont rejoint les côtes italiennes seulement en juillet 2020. « Jamais le FTDES n’avait enregistré ces chiffres depuis 2011 » a-t-il ajouté, sur les ondes de Mosaïque FM.

 

D’ailleurs, la ministre italienne de l’Intérieur, principal pays touché par les flux migratoires, Luciana Lamorgese, a rencontré le président de la République Kaïs Saïed pour lui exprimer l’inquiétude de l'Italie face à ce constat.

Cette visite sera suivie par celle de Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères. Une visite annoncée dans une interview accordée au journal « Corriere Della Sera », où le responsable italien aura à conclure avec les autorités tunisiennes un nouvel accord en ce qui concerne l’émigration illégale à partir de la Tunisie. « Nous ferons tout ce qu’il faut pour qu’un nouvel accord avec la Tunisie mette fin à cet afflux », a ajouté le ministre italien.

 

Les actions de l’Italie qui se sont accélérées ont été rapidement appuyées par l’Union européenne. Le Commissaire européen au voisinage et à l’élargissement de l’Union européenne, Oliver Varhelyi, a posté un tweet affirmant qu’il s’était entretenu avec le ministre italien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Luigi di Maio concernant la gestion de la question de la migration avec les pays voisins du Sud dont la Tunisie, soulignant que l’Union européenne allait soutenir l’Italie et s’inspirer de ce pays dans la mise en place d’une liste de pays tiers sûrs. « Les flux illégaux doivent cesser et nous comptons sur la coopération des autorités tunisiennes, y compris pour les retours », déclare-t-il.

 

Tous ces évènements ont poussé le président de la République, Kaïs Saïed à réagir. Et c’est à travers une visite d’inspection effectuée au port commercial de Sfax que le chef d'Etat décide de prendre connaissance des conditions de travail des unités de la Garde Nationale et du district maritime du Centre en particulier.

Il rencontre des représentants de la Garde Maritime et des unités d’intervention avant de s’enquérir de l’état des différentes installations disponibles au niveau dudit port. Lors de cette visite, il a mis l’accent sur l’importance de la coopération de la communauté internationale pour parvenir à de nouvelles solutions permettant de remédier à la situation et résoudre la problématique de l’émigration clandestine. Le chef de l’Etat estime qu’il est nécessaire d’offrir des conditions favorables aux migrants afin de les dissuader de quitter leurs pays d’origine.

 

En tout état de cause, la situation de la Tunisie n’est pas des plus favorables à ce niveau. La prochaine visite du ministre des Affaires étrangères italien en Tunisie risque de ne pas être de tout repos. C’est dire que la Tunisie risque d’être blacklistée, et subir des pressions monstres par la communauté internationale. Une situation qui n’est, désormais, pas confortable pour notre pays qui sombre dans une crise politique et économique profonde. Cela dit, c’est bien cette crise qui, finalement, contribue en premier lieu, à la prolifération de ce fléau et alimente le rêve d’une jeunesse désespérée en quête d’une vie meilleure.

 

 

Sarra HLAOUI

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Commentaires (8)

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djamel
| 10-08-2020 21:43
retroussez vos manches et aller travailler bande de feneant au lieu de remplir les mosquees a rien foutre

Hech
| 05-08-2020 15:31
Désolé, mais je pense que vous vous trompez. Dans 10 ans, le gourou ou ses héritiers spirituels seront majoritaires à l'ARP et je vous laisse imaginer la suite.

Crow85
| 05-08-2020 15:31
Le pays n'a aucun moyen d'employer ces jeunes...il devrait abolir le délit de passage illicite des frontières. El 7ar9a est actuellement le seul remède contre le chômage

Hbib
| 05-08-2020 15:18
Ils devraient se rendre chez ceux qu'ils appellent, leurs frères, plutôt que de se rendre chez ceux qu'ils appellent communément les koffars ! Sauf s'ils ont une méchante idée derrière la tête ?

veritas
| 05-08-2020 09:44
Les khwanjias vous brandissent à longueur de journée leur révolution faites par procuration par El jazira du Qatar et le Mi5 et le Mi6 pour les beaux yeux de la secte du gourou ...les résultats sont sans appel un pays aux abois ,en faillite non déclaré ,l'anarchie et chaos sont les maîtres mots de cette belle révolution empoisonnée....continuez de fantasmer sur des slogans trompeurs et destructeurs ...le pire est encore à venir et ça sera pire que le scénario libanais soyez certain.

DHEJ
| 04-08-2020 22:14
Différentiel énergétique, merci FMI et Youssef CHAHED !

amt
| 04-08-2020 21:30
Prenez le pouvoir par la force si vous gouvernants sont incapables et régler vos problèmes intérieurs au lieu de fuir...L' Europe est saturée et les musulmans ne dont pas adaptés pour vivre en Occident.

Gg
| 04-08-2020 21:02
Une vie meilleure?!
Vu l'état du pays, dirigé par des nuls de chez nul depuis 9 ans sauf durant de très courtes parenthèses, pourri de l'intérieur par les crétins fanatiques, l'économie en état de léthargie profonde -3 mois de congés par an pour la minorité active, une conjoncture plus que catastrophique, le terrorisme islamique à l'affût... j'admire K. Saied d'avoir le courage de prendre les rênes dans ces conditions.
Mais bon, le pire n'est jamais certain. Il faudra quand même une dizaine d'années pour retrouver une économie saine et voir des fruits.
J'espère me tromper...

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