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Chroniques
La détérioration du patrimoine n’est pas uniquement un crime, c’est un viol de la mémoire
21/10/2018 | 15:59
3 min

 

Par Sofiene Ben Hamida

 

Les aqueducs romains ont résisté à toutes les intempéries durant vingt siècles mais ils ont succombé la semaine dernièrement face à la bêtise humaine.

 

Le 17 octobre dernier, des habitants d’une cité populaire à Mhamdia, dans la banlieue sud de Tunis, envahis par les flots causés par les pluies torrentielles de la semaine passée, n’ont pas trouvé mieux que d’utiliser des engins de chantier pour détruire un pan des aqueducs romains passant à proximité de leurs habitations.

Ce qui est dramatique, ce n’est pas tant le degré d’ignorance des habitants de ce quartier populaire, affolés, apeurés et soucieux avant tout de sauver leurs maigres biens, même s’il faut remarquer que ce ne sont pas les aqueducs qui sont venus investir leur quartier mais que ce sont eux qui sont venus s’adosser à ces vestiges avec des habitations anarchiques et en l’absence de tout plan d’aménagement. Ce qui est désolant dans tout cela, c’est l’égarement, l’inconscience et l’incompétence des autorités locales qui ont soutenu cet acte barbare et cautionné la détérioration d’un vestige archéologique d’une telle importance.

 

En effet, dans deux communiqués successifs, le bureau local d’Ennahdha affirme les faits et confirme que cette barbarie a été décidée par les autorités après de longues réunions. Que les islamistes se comportent ainsi n’est pas une surprise. Ils n’ont montré que du mépris pour tout ce qui ne se rapporte pas à leurs « salaf ».

Par contre, les autres responsables locaux, commis de l’Etat de leurs fonctions, se sont comportés comme de vulgaires criminels puis sont rentrés chez eux sachant qu’ils ne seront pas inquiétés par un Etat illusoire. Aux dernières nouvelles, seul le ministère des Affaires culturelles a déposé une plainte dont l’issue ne sera pas connue avant longtemps. Le ministère de l’Intérieur ou celui des Collectivités locales et de l’Environnement n’ont pas jugé utile, eux, de bouger le petit doigt pour un acte qu’ils considèrent peut-être comme trop anodin.

 

Delenda est Carthago, avait martelé le sénateur romain Caton l’Ancien au début du deuxième siècle. Ceux qui se sont attaqués à l’aqueduc à Mhamdia la semaine dernière, ne sont pas sortis, sans le savoir, ça serait trop leur demander, de cette logique.

Au même moment, presque, à l’autre bout de la ville, à la cité les pins à la Marsa, banlieue huppée du nord de la capitale, les vestiges de la civilisation de la grande Carthage, qui ont résisté aux prémonitions de Caton l’Ancien et survécu à l’horreur des hordes successives de barbares qui ont investi son sol, sont mis à mal aujourd’hui par la cupidité des hommes.

La mairie de la Marsa, composée pour l’essentiel de jeunes cadres indépendants fraichement élus, avait décidé de mettre sous scellé une habitation anarchique à usage commercial dans un quartier résidentiel. Cette décision prise depuis le mois de mars dernier n’a pu être exécutée suite à l’intervention du gouverneur de Tunis qui s’y oppose et qui a même intenté un procès contre la mairie auprès du tribunal administratif. Pourquoi un gouverneur prend-t-il à partie une autorité locale qui essaie de faire respecter la loi ? Là est toute la question.

 

Mais au-delà de cette querelle entre cols blancs, introduits et aisés qui connaitra son épilogue avec la décision du tribunal administratif, resté l’une des dernières institutions crédibles du pays, ce que tous essaient de taire, c’est que cette région investie aujourd’hui par un quartier résidentiel s’appelle en fait la Maalgua, qui est l’arrière-pays de la cité de Carthage. C’est une zone archéologique inscrite par l’UNESCO comme patrimoine de l’humanité. Il est vrai que l’Etat tunisien, dans sa politique clientéliste, avait accordé, durant des décennies,  des permis de bâtir permettant la colonisation d’une grande partie du site. Mais n’est-il pas temps, après la révolution, d’arrêter l’hémorragie ?

 

Le comportement du gouverneur de Tunis ne diffère guère de celui de son homologue de Ben Arous. Tous deux acceptent, dans les faits, la détérioration du patrimoine qui est plus qu’un simple crime. C’est un viol de la mémoire.   

21/10/2018 | 15:59
3 min
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Commentaires (13)

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HatemC
| 23-10-2018 11:35
Ils craignent Allah dans le sens où ils assassinent en son nom pour défendre l'islam... S'ils aimaient Allah ils ne commettraient pas ces crimes en son nom... HC

takilas
| 23-10-2018 11:11
C'est contradictoire et paradoxal.

takilas
| 23-10-2018 10:43
Ils détestent la prestigieuse ville deTunis ces nahdha khwanias, et pourtant ils veulent y habiter par complexe d'infériorité.
C'est pour cela qu'ils sabotent, détruisent et construisent anarchiquement par haine et envie, dans les terres agricoles (les plus fertiles au monde) environnantes à Tunis, et ce dans la seule intention de la massacrer et de la détruire selon les ordres et les dires de leurs chefs mafierux de la secte de nahdha.
D'ailleurs c'est pour cela qu'ils ont une des leurs comme maire, qui n'a comme seuledevise de leur construire plus et plus d'immeubles partout rt ce pour migrèrent aller y habiter anarchiquement, et ce en tous les lieux et emplacements de cette pauvre ville massacrée. Une vengeance sur le destiné divin indescriptible ; alors qu'ils viennent à peine de bénéficier de la nationalité tunisienne grâce à Bourguiba.

HatemC
| 22-10-2018 21:35
Un commentateur a écris une vérité et à juste titre .... ces gens, islamistes, craignent Dieu mais ne l'aiment pas ... HC

HatemC
| 22-10-2018 21:13
Ils ne sont pas des descendants des Carthaginois, c'est une insulte, cette racaille descende des beni hilel qui ont envahi la Tunisie et continuent l'?uvre destructrice de leur ancêtre les barbares zarabes ... les Beni Hilel à leur tête le criminel okba ibn nafaa ont déjà à leur époque détruit des sites historiques Carthaginois et Romains pour construire les mosquées et leur gourbis ....

Le Colisée d'El Jem ils l'ont détruit au 2/3 ces dégénérés et la population descendante des zarabes continuent à récupérer les pierres pour les constructions anarchiques ....

Les descendants des Carthaginois sont respectueux de leur ancêtres et de leur lègue ... pas ces imbéciles barbus et voilées ... HC

Hanni2
| 22-10-2018 15:47
...Hier c'était les mausolés de nos ancêtres de manière intentionnelle, maintenant c'est les aqueducs par ignorance et complaisance, et demain Dieu sait quoi..comme le dit Hatem, ces gens ne survivent qu'en détruisant...jusqu'au jour ou il n'y aura plus rien à détruire...

Hannibal

mansour
| 21-10-2018 21:11
un jour avant la destruction Yamina Zoghlami députée d'Ennahdha était à Mhamdia dans une opération de récupération politique de la détresse des sinistrés et silence radio du chef du gouvernement Youssef Chahed et du bloc coalition nationale

Trançonneuse
| 21-10-2018 19:40
Ces sauvages se disent descendants des Carthaginois... quelle insulte pour l'histoute!

HatemC
| 21-10-2018 19:35
Ce qui me donne de l'espoir, reste les Algériens qui dans leur majorité parlent le Tamazigh, c'est un bon signe, idem pour le Maroc qui garde la langue de leur ancêtre à près de 40% de la population ... la langue amazigh est devenu OFFICIELLE en Algérie et au Maroc et enseignée dans les écoles, alors que la langue arabe était la seule langue officielle dans ces pays dans leur Constitution ... En Tunisie malheureusement à été un des architectes de l'extinction de la langue amazigh ... en imposant l'arabe et M'zali l'arabe a détruit le système éducatif en arabisant à tout ... 5 décennies plus tard nous avons en Tunisie des analphabètes bilingues ne sachant ni parler arabe ni français ...
Il faudrait institutionnaliser notre langue usuelle comme l'ont fait les Turcs ... faire de notre DERJE une langue officielle à côté de la langue berbère et l'arabe ne devient qu'une langue étrangère a apprendre tout comme l'Anglais, l'Allemand, l'Espagnol ... notre derjé est la plus parlé partout et comprise par tout le peuple Tunisien ... Je ne comprends pas pourquoi cette langue parlé par tout un peuple n'est pas enseigné dans nos écoles ... HC

Jilani
| 21-10-2018 19:09
Ces islamistes cruels et assassins n'ont aucun respect pour le patrimoine ni pour les êtres humains. Pour eux l'histoire du pays commence à partir de l'invasion de okba Ibn nafaa. Tout ce qui précède est barré et inutile. Les kabyles algériens se battent depuis longtemps pour leur origines maghrébines de plus de 3 000 ans. Il est temps de faire dégager ces incultes et corrompus.