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IDE : le potentiel est là, mais…
Par Houcine Ben Achour
13/06/2024 | 17:45
3 min
IDE : le potentiel est là, mais…

Il fut un temps où la tenue du « Forum de l’investissement en Tunisie » représentait un rendez-vous phare de l’actualité économique du pays, mettant en relation les institutions d’appui à l’investissement et les opérateurs étrangers tentés par la destination. La réussite de la rencontre se jaugeait plus tard, sur le terrain des IDE (Investissements directs étrangers).

C’est dans la foulée des premières éditions, il y a une vingtaine d’années, que les IDE de création connurent une envolée remarquable. L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) l’a d’ailleurs incidemment dans sa récente publication sur « Les investissements directs étrangers en Tunisie entre attractivité et fidélisation » à travers un graphique sur l’évolution entre 2003 et 2022 du nombre des nouveaux investissements étrangers (greenfields), autrement dit des entreprises jeunes pousses.

On y remarque en effet que la Tunisie a enregistré un réel essor des IDE de création vers la fin des années 2000, puis la tendance s’est inversée à partir de 2012, avant de connaître un léger frémissement à la fin de la décennie 2010. Les années 2020,2021 et 2022 recensent les plus faibles nombres d’IDE de création de ces vingt dernières années.


Alors qu’il constituait un élément non négligeable d’aide à la décision pour les investisseurs étrangers, le Forum ne semble plus jouer son rôle aujourd’hui. La 21e édition de cette rencontre marquera-t-elle un tournant ? Un premier élément de réponse sera apporté par l’ampleur de la participation à l’événement qui, en mai dernier, a fait l’objet d’un road show promotionnel à travers plusieurs grandes villes européennes (Munich, Madrid, Bruxelles, Paris, Lyon et Rome).

Au premier jour de la manifestation, la participation est notable. Les organisateurs avancent le nombre d’un millier de participants. Le second élément portera sur l’interaction des participants avec les thèmes qui sont proposés à la discussion et aux débats. Des thèmes judicieusement choisis car ils concernent des secteurs économiques d’avenir, aux potentiels d’activités considérables tels que l’industrie des composants automobiles et aéronautiques avec le développement des véhicules électriques et hybrides et l’essor sans précédent du transport aérien ou bien l’industrie pharmaceutique ou encore les projets d’énergie renouvelables.

Un troisième élément de réponse aura trait aux rencontres BtoB qui se dérouleraient au troisième jour du Forum. Cela étant, il s’agit de savoir ce que les autorités du pays ont à proposer pour rendre la destination tunisienne plus attractive que la concurrence dans ces domaines. Or, à ce niveau, les nouveautés se font rares alors que les procédures se font de plus en plus lourdes.

En matière d’énergie renouvelable, les délais de réalisation des projets que ce soit par le biais des concessions ou à travers les autorisations peuvent prendre des années. Entre les appels d’offres et l’entrée en production, ils peuvent prendre quelques années.

Il est d’ailleurs de moins en moins sûr que le pays puisse atteindre l’objectif d’un taux de pénétration de 35% des énergies renouvelables dans la production d’électricité d’ici 2030.


C’est une autre problématique qu’affronte l’industrie pharmaceutique, celle des procédures dans la chaîne d’approvisionnement des matières premières. Il en est de même de l’industrie des composants. La composante politique n’est pas en reste dans l’attractivité du site Tunisie.

L’instabilité politique qui règne dans le pays n’est pas pour améliorer les choses. La destination a vu passer une dizaine de chefs de gouvernement depuis 2011, deux échecs majeurs dans la mise en œuvre de réformes économiques soutenues par le FMI, un état des finances publiques très fragiles et un rating très spéculatif de la part des principales agences internationales de notation.

Le gouvernement d’Ahmed Hachani aura bien du pain sur la planche pour convaincre les investisseurs et surtout de nouveaux investisseurs quant à la résilience de l’économie tunisienne et à l’amélioration de son climat d’affaires.

Par Houcine Ben Achour
13/06/2024 | 17:45
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Commentaires
le financier
avec 750 000 fonctionnaires
a posté le 14-06-2024 à 08:48
avec 750 000 fonctionnaires , chacun a quasi son mot a dire , son papier a signer .
le monde est dans la simplification et le delete des strat administrative , nous en tunisie avec une population de la taille d un quartier du caire ou de pekin , voir le maire de New york , il nous faut 40 macaques et guenons pour autoriser un projet simple d usine photovoltaique dans le desert ( sans voisin a embeter et que du sable a recouvrir )

Staline avait sans doute raison de purger son pays avant d en faire un pays industriel et nucleaire
juan
tout était simple avant la colonisation ...
a posté le à 13:28
la France, votre malheur. franalpahbétisme à tous les étages ...
moutons suiveurs de la france.