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Ridha Chkoundali : la politique sociale du pays est en opposition avec sa politique monétaire
27/03/2024 | 15:06
3 min
Ridha Chkoundali : la politique sociale du pays est en opposition avec sa politique monétaire

 

Le professeur en économie, Ridha Chkoundali a indiqué que les mesures économiques devaient être prises dans le cadre d’une vision commune afin d’avoir l’effet escompté. En l’absence de cette approche, l’impact de ces mesures sera négatif.

Invité à « Eco Mag » de Rim Saaidia sur Express Fm, Ridha Chkoundali a affirmé qu’en Tunisie la politique sociale était en opposition avec la politique monétaire. Il a expliqué que d’un côté, la Banque centrale de Tunisie appliquait une politique monétaire basée sur l’augmentation des taux d’intérêt afin de diminuer les prêts et donc diminuer la consommation des produits importés, et d’un autre côté, le ministère des Affaires sociales facilitait l’obtention de prêts et l’acquisition de voiture.

« Théoriquement, le gouvernement tunisien doit présenter une vision économique, des objectifs mesurables et promulguer par la suite des lois permettant cela… Nous sommes face à des mesures éparpillées… Ces mesures n’auront pas d’effets… La promulgation d’un code des changes doit faciliter les opérations financières au niveau de l’investissement. S’il n’y a pas d’amélioration au niveau des procédures liées à l’investissement, le code de changes n’aura pas d’impact », a-t-il ajouté.

Ridha Chkoundali a considéré que le chef du gouvernement, Ahmed Hachani doit présenter une vision expliquant les priorités en matière de secteurs ou de zones de développement. Il a pointé du doigt une absence d’indicateurs et d’objectifs économiques. D’après lui, l’approche est erronée voire inversée. La Tunisie s’est dotée d’une loi d’investissement pour s’interroger par la suite sur l’objectif de la promulgation de ce texte.

 


 

Revenant sur le remboursement d’un montant égal à 1,5 milliard de dinars, Ridha Chkoundali a assuré que cette somme n’a pas été communiquée dans le document soumis au vote de l’Assemblée des représentants du peuple dans le cadre de l’adoption du budget de l’année 2024. Le professeur en économie a indiqué que le remboursement de ces crédits impactera négativement, en l’absence de revenus, la situation économique du pays. Il y aura des effets inflationnistes et une perturbation de la capacité de l’État à approvisionner le marché national en produits de base.

Ridha Chkoundali a rappelé que la Tunisie avait envisagé une croissance économique de 1,8% en 2023. Finalement, le taux était seulement de 0,4%. Ce faible taux équivaut à de faibles revenus de l’État, soit une hausse des emprunts afin de financer le budget. « La Tunisie n’aura pas seulement besoin de seize milliards de dinars sous forme d’emprunts extérieurs. On aura besoin de beaucoup plus…  Qu’a fait le gouvernement en 2023 ? On a estimé la croissance à 1,8 %, mais sans même atteindre le quart de ce taux », a-t-il critiqué.

Concernant la modification par Moddy’s de la perspective de la Tunisie de négative à stable, Ridha Chkoundali a précisé que l’agence a confirmé la notation Caa2. La Tunisie fait encore partie des pays à un degré élevé d’incertitude au niveau des sources de financement. Les perspectives sont stables, car la pression subie est la même. L’état d’incertitude et de flou est le même. L’attitude du gouvernement, d’après lui, répond aux attentes des institutions financières et non à celles du peuple. 

 

S.G

27/03/2024 | 15:06
3 min
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Commentaires
Echangeur
Assez de codes des changes...
a posté le 27-03-2024 à 15:56
Il faut changer, une bonne fois pour toutes !