
Par Hamadi Redissi
Naoufel Saïed vient de publier sur sa page Facebook en anglais le texte le plus hardi et le plus consistant depuis 2019. Il rompt avec une littérature de seconde main concoctée par de prétendus doctrinaires du « pouvoir d’en bas » et bla-bla-bla. Le texte se fixe pour objectif d’expliquer les raisons pour lesquelles le président Saïed a une « offre » « salutaire » pour la Tunisie. Un texte qui parie sur l’avenir donc. Mais à partir d’une relecture post eventum de la décennie écoulée.
L’auteur place sa réflexion dans le cadre gramscien de « la crise organique » c’est-à-dire une crise structurelle qui ébranle l’ordre social, plus précisément les rapports de domination : parce qu’elle a perdu l’hégémonie (le consentement sans violence), la classe dirigeante se replie sur la force brute pour se maintenir. En contrepartie, les classes populaires ne sont pas encore en mesure de prendre le pouvoir. Il aurait pu citer Gramsci dans le texte ; « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître, et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres » (encore faut-il les identifier !). Ceci pour dire que l’entrée en matière est un peu confuse, mais elle lui permet de disqualifier les acteurs post-14 janvier, non outillés pour « répondre aux tâches historiques du moment » (non précisées), pour emprunter un vocabulaire quasi-marxiste, proto-gramscien : les élites de l’ancien régime (ayant perdu l’hégémonie) sont dispersées, les autres (mais lesquelles ?) sont absorbées par les présidentielles ; quant à la « gauche » (les guillemets sont de l’auteur) elle est incapable de mobiliser les masses. Ne chicanons pas. Il y a du vrai dans ce diagnostic approximatif. Mais l’essentiel est ailleurs.
Consensus ou dissensus
L’essentiel est dans cette « impasse » dans laquelle s’est fourvoyé le fameux « tawafuq » (consensus). Entre qui et qui ? Entre les islamistes et lisez bien Nidaa Tounes de 2012 à 2019 ! (enjambant ainsi la troïka, au pouvoir de 2012 à 2014) ! Ce raccourci relève-t-il de la mauvaise foi ou est-ce une lecture des événements qui échappe à notre élémentaire entendement ? Non formulé, le but est clair : discréditer d’un seul tenant une décennie de transition. Certes l’auteur reconnaît que le « pacte d’entente » (entre islamistes et nidaïstes) a permis de « pacifier » le pays mais il n’a pas su, dit-il, transcender les intérêts en présence pour fonder « un nouvel ordre » et il a « neutralisé » tout désir de changement. Il y a là une double méprise qu’il est utile de clarifier.
La première sur le consensus. Il en existe divers types dont deux sont applicables au cas d’espèce : le consensus sur les valeurs partagées, laissant la compétition ouverte sur la modalité de leur mise en œuvre (toutes les démocraties fonctionnent ainsi) et le consensus politique sous la forme d’arrangements négociés sur la base utilitaire de coûts-bénéfices. Le paradoxe tunisien est qu’un consensus politique (fondé sur les avantages respectifs) a accouché d’un consensus national sur les valeurs, oui « un nouvel ordre » ! La constitution de 2014 (fruit d’un accord avant le dit « pacte d’entente ») en est l’illustration (qu’on se rappelle l’étreinte entre gauchistes et islamistes le jour du vote final, un certain 26 janvier 2014). Le philosophe américain John Rawls appelle cela l’« Overlapping consensus » (le consensus par recoupement) permettant à des personnes à partir de visions du monde différentes de se mettre d’accord par « recoupement » (croisement), chacun de son côté et pour son propre compte, sur des valeurs qui les transcendent. Ceci n’étant pas en contradiction avec cela, on peut à raison déplorer l’alliance politique entre islamistes et modernistes pour gouverner ensemble (de 2012 à 2021). Et de ce pacte tant décrié aujourd’hui parlons-en ! Qui s’y est opposé à l’époque ? Peu de monde. Je me permets de rappeler avoir rédigé une pétition protestant contre la formation en janvier 2015 par Béji Caïd Essebsi d’un gouvernement islamo-compatible parue dans Le Maghreb, n’ayant recueilli que trois signatures. Ce pacte a été pourtant célébré comme une « exception » tunisienne, valant à la Tunisie un prix Nobel. Aujourd’hui tous crachent dans la soupe.
La deuxième méprise est sur le rapport au politique : en déplorant que le consensus ait figé « l’envie de changement » et créé « des espaces de bêtises » (!) (la traduction anglaise rend mieux l’original visiblement écrit en langue arabe : « spaces of nonsense» : espaces de non-sens ou d’incompréhension) entre élites et peuple, l’auteur s’inscrit (à l’instar du président lui-même) dans une vision conflictuelle du politique : la politique est l’espace du dissensus fondé sur la distinction entre amis et ennemis. De Protagoras à Hobbes relu par Carl Schmitt, faire de la politique c’est battre l’adversaire, anéantir l’ennemi. Tout le contraire de la politique comme l’art de chercher l’entente, le dialogue entre semblables, de l’amitié civile (la Politlkon philia) de Platon au « dialogue intersubjectif » entre sujets rationnels selon Habermas. By the way, l’approche conflictuelle défendue y compris par les populistes est en contradiction avec le but ultime recherché par l’auteur : la stabilité du pays ! Comment stabiliser la guerre de tous contre tous ?
Démocratie procédurale, démocratie sociale
L’auteur a raison de critiquer une transition qui a réduit la démocratie à une compétition électorale. Cette approche procédurale dite également minimaliste est développée par Schumpeter. Qu’elle ait abouti à la reconstitution des réseaux clientélistes de l’ancien régime relève de la polémique. C’est le prix de la démocratie représentative et électorale, dirons-nous à ceux qui veulent une démocratie chimiquement pure, une illusion d’apprentis sorciers. La démarche substantielle met l’accent sur les valeurs (les libertés et les droits humains). Mais la citoyenneté n’est pas que « sociale » et « les formes institutionnelles » de la démocratie ne sont pas que des « moyens ». C’est l’impensé de ce texte : la démocratie vaut moins par ses valeurs que par ses réalisations sociales. Certes, tout un chacun convient que la transition a échoué à construire une démocratie prospère et juste.
Mais réduire la démocratie à un moyen en vue d’une fin, autre que celle de la liberté des hommes et des femmes de vivre, penser et agir librement c’est la prendre pour un bien fongible, la rendre équivalente à tout autre régime, y compris la tyrannie. Et que dire des libertés de nouveau niées, de l’Etat de droit malmené, des droits humains bafoués, des militants et politiciens injustement emprisonnés ? Pas un mot. L’auteur en a pourtant parlé durant la campagne électorale (dont il a été le directeur), promettant une trêve ou une réconciliation ou quelque chose dans le genre. C’est l’impensé de ce texte qui fait l’impasse sur les libertés et qui se dérobe à la question démocratique, en en faisant une question sociale (comme les islamistes ont essayé durant la décennie d’en faire une question religieuse) : être libre c’est jouir du bien-être. Et celui-ci peut bien être réalisé par celui-là, un régime autoritaire. Ce n’est pas dit de façon aussi abrupte. On le devine.
A partir de ce point focal (un bilan de la décennie adossé à des intuitions théoriques), l’auteur pense avoir suffisamment plaidé pour la construction d’un nouveau « récit national » alternatif au récit démocratique concocté par les élites post-14. Rien que nous ne sachions déjà ! C’est vrai que Saïed « a conquis un espace de signification politique intelligible et fiable ». Sauf que la voie est étroite entre la prédation (le défaut rédhibitoire de l’ancien régime) et la démocratie consensuelle, ce « mal célèbre tawafouqat », contre lequel Naoufel Saïed fulmine de manière véhémente. Peu de chance donc qu’on garantisse la stabilité lors même qu’on demeure prisonnier d’une logique mortifère, ce que Hegel appelle le combat à la mort et à la vie (mais sans la reconnaissance de l’égalité entre citoyens qui anesthésie l’effet guerrier), et ce que Hobbes nomme la guerre de tous contre tous (mais sans domestiquer la part obscure du Léviathan par le pacte civil fondé sur la liberté).
Hamadi Redissi


Les frères Saied tombent trop bas et paniquent jusqu'à la flatterie du grand frère par le petit frère sur Facebook. Un Message écrit en anglais à l'intention de certains pays du nord: voilà ce que j'appelle "diplomatie" via Facebook:))
Pourquoi KS ne va pas par lui-même vers ceux qu'il voudrait persuader à l'international qu'il "reste une garantie indiscutable de stabilité pour le pays." plutôt que de laisser son petit frère envoyer des messages sur Facebook dans le vide à l'intention de certains pays du nord?
Pour commencer le texte de Si Naoufel Saied publié sur sa page facebook ne s'adresse ni à toi Si hamadi Redissi ni au réseau dont tu fais partie.
Te connaissant à la fac de droit au campus en 1972, à ce que j'en sache tu n'avais pas été un militant politique ni contre Bourguiba ni contre Ben Ali qui eux étaient de vrais dictateurs ,en 2011 pour ne pas dire plus tu a été suffisamment proche du réseau d'influence qui a détourné le courant révolutionnaire .
Ensuite j'ai du respect pour toi comme universitaire titulaire d'un doctorat en sciences politiques.Par contre tes compétences se sont focalisées sur l'islam ,tes écris édités par l'harmattan et seuil,sujet intéressant évidemment les occidentaux pour nous diviser. j'espère que tu as été suffisamment gratifié.Ta plume aurait du être mise à mon avis à disposition des préoccupations sociales de tes compatriotes c'était sûrement plus risqué et moins lucratif.
Naoufel saied comme toute la famille sont connus pour leur extrême modestie , leur profond respect du peuple et leur valeur certaine est le patriotisme indiscutable et sans faille .
Si hamadi une étude scientifique de ta part sur l'ascension et la popularité de Kais Saied serait la bienvenue
Je considère du cocktail de "Mr. Je-Sais-tout" Hegel qui dit: " Ce qui est rationnel est réel; et ce qui est réel est rationnel" dans les Principes de la philosophie du droit en 1820.
Question @Jamel: vous ne trouvez pas en tant que Mathématicien que votre texte ci-dessous est en contradiction avec cette citation de Hegel?
@Jamel: je préfère votre texte pragmatique qui part des faits socio-économiques, -politiques et culturels de la Tunisie que ces cocktails de savoir qui ne servent qu'à se faire prendre pour "Mr. Je-Sais-tout"
Bonne soirée
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ce qui ne change rien à la signification de la citation, mais donne un sens à mon commentaire...
je change la structure de la citation: " a) Ce qui est rationnel est réel; b) et ce qui est réel est rationnel"
Le point a) est évident --> en effet tout ce qui est dans le monde est objet de sciences et donc de savoir rationnel, c'est à dire tout est intelligible.Dire que le réel est rationnel, c'est tout simplement se libérer des pensées magiques et affirmer la pensée scientifique
Le point b) est un peu plus abstrait "ce qui est rationnel est réel" --> c'est à dire que seule la raison peut différencier ce qui fait vraiment sens au sein du réel. Si nous n'avons pas la capacité d'interpréter le monde rationnellement, cela serait un peu comme si le monde n'aurait pas de sens.
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Je fais le lien avec mon commentaire ci-dessous: --> afin que la raison puisse différencier entre ce qui fait vraiment sens au sein du réel ou non, elle a besoin de l'entendement afin de trier et ordonner les données de notre monde réel --> l'entendement rend notre expérience du monde réel scientifiquement connaissable, --> ce que j'ai fait d'ailleurs dans mes commentaires ci-dessous, concernant l'optimisation de notre loi électorale
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Il faut absolument différencier entre raison et entendement...
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Hegel parle ici de la raison universelle et non pas de la raison individuelle (à la KS), en effet la raison individuelle qui ne se laisse pas confirmer par la raison universelle dans le temps est insignifiante (Hegel parle de la raison universelle dans l'histoire). --> Si quelqu'un arrive par sa raison individuelle à la conclusion que la terre est une pizza sans aucune vie en dessous, il ne pourrait pas s'attendre que sa raison individuelle serait acceptée par la raison universelle. C'était pareil avec notre loi électorale, elle a été écrite par une personne en solo et imposée à 13 millions de Tunisiens'?'
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La raison (l'esprit) universelle est la seule puissance qui agit sur le monde et lui donne son essence. C'est ce passage de la raison universelle dans le monde physique (et donc de l'esprit dans la matière) qui donne un sens au monde et le rend effectif / réel. --> c'est la raison universelle qui fait le monde, le droit, les constitutions et les institutions qui garantissent les libertés, etc.
Fazit: Les Tunisiens se délibèrent des contraintes du despotisme et et de la dictature et il ne peut y avoir de retour en arrière, une fois que ce savoir de la liberté est acquit en tant qu'idée et devenu ainsi conscient.
Par contre, on ne croit plus au progrès infini de la raison ou que L'histoire a encore un sens. Le monde va vers une autre direction qui est celle de sa duplication par les techniques et l'intelligence artificielle sans avoir pour autant de destination, c'est à dire d'un point d'arrivée à la Hegel. La réalisation de l'esprit décrite par Hegel fait très peu de sens à l'heure de la réalisation de l'intelligence artificielle capable de penser à notre place et de dominer le monde --> nous devons sans doute nous préparer à des temps où l'esprit sera définitivement remplacé.
Bonne soirée
PS Je suis mathématicien et non pas philosophe. En effet, en Allemagne il faut prendre deux matières obligatoires optionnelles et une matière principale pour le doctorat de troisième cycle. Ma matière principale est les mathématiques. Mes matières obligatoires optionnelles sont l'économie et la philosophie (j'ai préparé entre autres Hegel)
Le politique est conflictuel, se propose en rapport de forces et s'exprime en alliances d'amis-ennemis puisque structuré sur ce mode.
Secundo, balayer à sa manière les références allant de l'idéalisme au conservatisme jusqu'aux Gauches dans leur variante Gramscienne sont convoquées pour porter le fer contre un texte et son auteur, frère du Président, ce qui veut dire contre la politique et la vision de Saied.
Dont acte.
Et pour faire bref, situer notre critique, l'auteur de cette saillie, dans le camp de ces fameux démocrates ouverts et libéraux tant qu'ils ont la main.
Il suffit que leur pouvoir fasse l'objet de contestation, ils se raidissent, bombent le torse, sortent leur police, l'armée si besoin, refont les élections, et leurs idéologues organiques pour polir les événements et nous expliquer que le camp d'en face est factieux.
Au plan international, ces précautions ne sont plus de mise, il s'agit de lutter contre la barbarie, le totem démocratie étant la référence obligée et la norme, afin de sanctionner, interdire, spolier à raison et au nom de la démocratie.
Assassiner et détruire, aussi, si besoin.
Encore Carl Schmitt qui tient le bon bout. Qui leur dit leur fait.
Les conflits en cours, et toute l'histoire de la fameuse modernité nous offrent maints exemples, et une permanence des usages.
Oui à la démocratie, sociale d'abord.
L'humain est un corps.
Pas un pur esprit.
Spinoza dirait, un corps-esprit.
La dichotomie est d'essence bourgeoise diraient d'autres.
The author uses numerous academic and philosophical references that arguably make the text more complex than necessary. Let's analyze this choice:
References used include:
Gramsci (Italian Marxist philosopher)
John Rawls (American political philosopher)
Protagoras (Ancient Greek philosopher)
Hobbes and Carl Schmitt (Political theorists)
Platon (Ancient Greek philosopher)
Habermas (German philosopher)
Schumpeter (Economist)
Hegel (German philosopher)
In my opinion, these references actually detract from rather than strengthen the author's argument for several reasons:
Accessibility: The dense philosophical references make the text less accessible to general readers who might be interested in Tunisian politics but aren't familiar with political theory.
Clarity: The core argument - a critique of Naoufel Saïed's vision and concerns about sacrificing democratic principles - could be made more clearly without the philosophical name-dropping.
Local Context: While these philosophical frameworks can be useful, the author might have been more effective focusing on specific Tunisian contexts and examples rather than abstract Western political theory.
Flow: The constant references interrupt the flow of the argument, forcing readers to jump between practical political analysis and theoretical frameworks.
The author seems to be writing for an academic audience, perhaps to establish intellectual credibility. However, given that this appears to be an analysis of a Facebook post about current Tunisian politics, a more straightforward approach might have been more effective in reaching and convincing a broader audience.
The main points could have been made without the philosophical scaffolding - namely that Saïed's vision risks undermining democratic institutions in favor of a more authoritarian approach focused solely on social welfare. Sometimes, academic references can obscure rather than illuminate an argument.
Quand les tunisiens comprendront que la force d'une information réside en grande partie dans la/les source(s) de celle-ci et non dans l'information elle-même et ce qu'elle véhicule d'intrinsèque et qui pourrait être dénoué de toute véracité et donc crédibilité si l'origine est suspecte voire absente et infondée ; à ce moment-là, chers compatriotes, on pourra affirmer fièrement que le peuple tunisien est un peuple adroit et cultivé, lequel on pourra difficilement duper.
J'ai adoré cet article. Merci à l'auteur !
En écrivant sa loi électorale, Mr. Kais Said est parti de certaines idées lesquelles se trouvent au-delà de l'expérience sociopolitique, -économique et culturelle de la Tunisie de la dernière décennie, il est parti de certaines idées fondées d'une façon spéculative, c'est à dire d'une façon abstraite sans partir de l'expérience concrète de la Tunisie de la dernière décennie.
La raison pure (théorique) de KS livrée à elle-même a produit une loi électorale dans l'absolu sans aucune vérification si elle pourrait correspondre à quoi que ce soi dans le monde réel tunisien (même au prix de l'amender à quelques jours avant le vote.)
Comme la loi électorale de KS est théoriquement cohérente, elle passait pour applicable dans le monde sociopolitique / -culturel réel de la Tunisie (sur le terrain), alors que la récente élection présidentielle a prouvé le contraire.
Tant que l'on continuera à résoudre nos problèmes sociopolitiques, -économiques et culturels de la Tunisie seulement par la raison pure (sans aucun fondement empirique / expérimental) loin de tout pragmatisme et de la réalité socioculturelle de la Tunisie, cela nous éloignerait des bonnes/vraies solutions pour un futur meilleur de notre Tunisie.
--> L'enjeu est de fonder nos décisions socio-économiques, -politiques et culturelles sur une base sûr, et d'arrêter de penser dans le vide et à l'extérieur de toute expérience possible.
- L'écriture de notre constitution et de notre loi électorale d'après 2021 (après le putsch) devrait passer par l'expérience que nous avons vécue durant la dernière décennie dans l'espace (en Tunisie) et dans le temps (2011-2022) et non pas seulement par les sphères de la raison pure de KS et de son frère (sans aucun fondement empirique / expérimental).
En partant de l'expérience socio-économique, -politique et culturelle de la Tunisie de la dernière décennie, il faudrait aussi savoir donner une forme écrite et logique à cette expérience par l'utilisation de l'entendement --> trier et ordonner les données de notre expérience socio-économique, -politique et culturelle de la Tunisie de la dernière décennie par l'utilisation de notre entendement --> l'entendement rend notre expérience de la dernière décennie scientifiquement connaissable, par opposition à la connaissance intuitive. --> voir mes propositions d'optimisation de la loi électorale d'après le putsch ci-dessous.
--> L'expérience socio-économique, -politique et culturelle de la Tunisie de la dernière décennie et l'entendement devraient être la base de l'écriture de notre constitution et de notre loi électorale d'après 2021 (après le putsch).
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Afin d'être efficace, la raison (l'intelligence) nécessite les connaissances de l'entendement qui sont immédiatement appliqués à l'expérience , ce que Mr. Kais Saied n'a pas fait. --> KS a ignoré toute l'expérience socio-politique / -économique et -culturel de la Tunisie de la dernière décennie afin d'inventer une loi électorale inutilisable en Tunisie. Il est temps qu'il comprenne et accepte ce fait qui est prouvé par la récente élection présidentielle qui était une grande catastrophe socio-politique.
Je ne me présente pas comme un révolutionnaire à l'image de KS, mais comme un témoin qui a vécu la Tunisie d'après 2011 de très prêt. Je suis respectueux des lois et des devoirs civiques, je respecte la loi et je paie les impôts. Par contre personne ne pourrait me priver de ma liberté d'expression pour une Tunisie meilleure
Ci-dessous, je donne des propositions d'optimisation la la loi électorale d'après le putsch, en se basant sur les connaissances de l'entendement à partir de l'expérience socio-économique, politique et culturelle de la Tunisie entre 2011-2022
- Je n'ai aucune ambition politique, par contre j'ai l'intelligence logico-mathématique que beaucoup d'autres n'ont pas, ceci afin de participer par mes idées à la construction d'une Tunisie meilleure.
la suit de mon commentaire est ci-dessous
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien Résident à l'étranger
--> les Tunisiens par leur culture et éducation refusent de signer à la légère à quelqu'un qui frappe à leur porte pour quoi que ce soit.
--> Les 10000 parrainages sont une mission impossible qu'aucun candidat n'a pu passer sain et sauf à l'exception de Mr. Kais Said par sa position du Président de la République.
-->
-- l'actuelle loi électorale aurait dû partir du contexte et de la mentalité du Tunisien. Franchement, moi-même je refuse de signer un formulaire de parrainage. En effet, je suis extrêmement avare avec ma signature (c'est mon éducation).
- Certes Mr. Kais Saied a pu facilement collecter le double des parrainages exigés, il aurait pu avoir des millions de parrainages par sa position de Président de la République. En effet, qui oserait ne pas signer un parrainage à l'homme le plus puissant de la Tunisie qui dispose encore d'un pourvoir absolu?
- Liberté pour Madame Sonya Dahmani, en effet elle n'a fait de mal à personne et elle n'a insulté personne. Elle a cru par naïveté en la liberté d'expression et elle est victime d'une faute de justice...
- Liberté pour Mr. Zammel. En effet il est victime d'une loi électorale qu'il faudrait optimiser --> En absence de Cour Suprême en Tunisie, on déforme injustement la loi électorale (amendement) à quelques jours du vote de l'élection présidentielle --> après quoi un emprisonnement de 35 ans de Mr. Zammel pour un pourcentage de quelques poussières des parrainages apparemment non justifiés sur 10000 --> Il y a une contradiction qui fait trop de mal à mon intelligence: je vois un mauvais fonctionnement de notre justice.
--> Qu'est ce qui est plus grave: la déformation de la loi à quelques jours du vote ou quelques poussières de parrainages apparemment non justifiés sur 10000 --> Certes, la déformation de la loi à quelques jours du vote est extrêmement impardonnable...
--> Je donne un exemple d'un pays qui respecte ses lois: il y avait en Allemagne un projet afin de classifier le parti politique allemand AFD en tant que parti-politique antidémocratique. --> ce projet a été reporté à cause de l'élection législative anticipée dans 4 mois. En effet, l'institution fédérale pour la protection de la Constitution (Bundesverfassungsschutz) ne permet pas de pareilles modifications à 4 mois de l'élection législative. Alors qu'en Tunisie, on viole notre loi électorale à quelques jours de l'élection présidentielle...
- Liberté pour Madame Siwar Bargaoui, membre de la campagne présidentielle de Ayachi Zammel qui a été condamnée à 12 ans de prison --> du n'importe quoi et de la folie.
- etc., etc., etc.
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien Résident à l'étranger
C'est dans l'intensité, la régularité et le renouvellement du débat socio-politique / -économique que se forge le gouvernement du peuple. La bonne santé de notre jeune démocratie tunisienne se mesure à ses contre-pouvoirs. Voilà pourquoi l'indépendance des médias, de la justice, l'activité syndicale et la qualité du débat parlementaire concernent tous les Tunisiens.
Je m'explique:
A) Si j'étais à la place de Mr. Kais Saied, je n'aurais pas opté pour un régime Présidentiel, j'aurais gardé un régime parlementaire tout en améliorant notre loi électorale d'avant le 25 juillet 2021 (d'avant le putsch). En effet, il ne manquait à notre loi électorale d'avant le 25 juillet 2021 que quelques retouches, que je résume comme suit:
-a1) redonner aux partis-politiques le poids politique qu'ils avaient avant l'élection législative de 2022:
' a1.1) tout en gardant les emprisonnements sévères pour les partis-politiques qui achètent les voix des électeurs
' a1.2) tout en interdisant le passage des députés d'un parti-politique à un autre (non au tourisme parlementaire). Exemple: certains députés de Nidaa Tounes que l'on a votés à l'élection législative de 2014 et 2019 sont passés à la concurrence Ennahdha afin de lui garantir la majorité absolue'?'
' a1.3) pas besoin de parrainages à l'élection législative, il faut redonner aux partis-politiques le poids politique qu'ils avaient avant l'élection législative de 2022
- a2) les parti-politiques qui ont des sièges à notre parlement devraient avoir le droit de proposer un candidat à l'élection présidentielle qui devrait être membre de leur parti politique sans cette histoire de parrainage.
- a3) Le Président de la République sortant ne devrait pas collecter des parrainages à l'élection présidentielle puisqu'il pourrait en avoir des millions par sa position à la tête de l'Etat tunisien.
- a4) Les parrainages à l'élection présidentielle sont réservés aux indépendants sans appartenance à un parti-politique et aux partis-politiques sans sièges au parlement. --> le filtre des candidats possibles à l'élection présidentielle se fait déjà lors de l'élection législative.
-a5) Le vote des Tunisiens résidents à l'étranger, à l'exemple de l'élection législative de 2019:
' a5.1 ) sur un million de Tunisiens résidents en France seulement 50000 ont voté et bien sûr les partis politiques Ennahdha et Etttyar avaient des candidats alors que 95% de la totalité de nos partis politiques n'étaient pas présentes. --> en tout 10 sièges étaient réservés pour la France
' a5.2) En Italie seulement 5800 votants et bien sûr Ennahdha et Etttyar avaient des candidats alors que 97% de la totalité de nos partis politiques n'étaient pas présentes. --> en tout 3 sièges étaient réservés pour l'Italie --
' a5.3) Dans les pays arabes le nombre des votants étaient de 6800, et bien sûr Ennahdha et Etttyar avaient des candidats alors que 98% de la totalité de nos partis politiques n'étaient pas présentes.
' a5.4) Au continent d'Amérique du nord le nombre des votants étaient de 4000 et bien sûr Ennahdha et Atttyar avaient des candidats alors que 99% de la totalité de nos partis politiques n'étaient pas présentes.
' a5.5) En Allemagne le nombre des votants étaient de 4000 sur 100000 Tunisiens et bien sûr Ennahdha et Atttyar avaient des candidats alors que 96% de la totalité de nos partis politiques n'étaient pas présentes.
Fazit des points a5.1 à a5.5:
-->
- Ennahdha a gagné autour de 17 sièges et Ettayar autour de 12 sièges grâce aux Tunisiens résidents à l'étranger avec un taux de participation inférieur en moyenne à 5% . Pourquoi? Réponse: parce que les partis politiques Ennahdha et Ettayar étaient les seuls à avoir les moyens et les privilèges (sans entrer dans les détails) afin d'avoir des candidats partout sur notre planète terre là où l'on trouve des Tunisiens.
- La même analyse est aussi valide pour l'élection législative de 2014. --> En 2014 le député représentant des Tunisiens résidents en Allemagne a gagné son siège avec 207 voix:)), alors que le nombre de Tunisiens résidents en Allemagne est de 100000.
- Nos élections législatives de 2019 et 2014 n'étaient pas fairs (justes) envers les Tunisiens, envers la Tunisie mais aussi envers 97% des partis politiques qui avaient très peu de financement et pas de privilèges comme ceux d'Ennahdha et Ettayar (sans entrer dans les détails) afin de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales en Tunisie et à l'étranger. Puis le taux de participation des Tunisiens résidents à l'étranger était trop faible et non représentatif.
-->
Je propose d'avoir au maximum 3 ou 4 représentants pour tous les Tunisiens résidents à l'étranger'?'
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien Résident à l'étranger
Peut etre que ce Postulat est totalement FAUX , comme vous citez Platon je vous invite a lire la Republique et ce que Socrate pense de votre postulat .
Maintenant que nous sommes mis d accord sur le fait que la democratie n est pas la solution mais le probleme , revenons sur cette phrase que vous avez ecris :
"la démocratie vaut moins par ses valeurs que par ses réalisations sociales. Certes, tout un chacun convient que la transition a échoué à construire une démocratie prospère et juste"
Quels sont les valeurs communes des Tunisiens et/ou des politiques tunisiens ?
Les valeurs permettraient peut etre de choisir le meilleur systeme politique , non ?
Vous avez ecrit : " Mais réduire la démocratie à un moyen en vue d'une fin, autre que celle de la liberté des hommes et des femmes de vivre, penser et agir librement c'est la prendre pour un bien fongible, la rendre équivalente à tout autre régime, y compris la tyrannie."
Votre analyse est totalement fausse si on suit les pensée de Platon socrates , les grecs inventeurs de la democratie qui ont montré que le democratie mene a la Tyrannie .
Machiavel dans "le prince" confirme ce point de vue par de multiple exemple confirmant les exemples de Platon . Et je ne parle meme pas de l arrivé d Hitler , Mussolini et bien d autre qui ont ete élue démocratiquement comme KS d ailleurs et d autre dirigeant africain ou autre a travers l histoire et les siecles .
Le reste de votre analyse sur Hobbe confirme mes dires, a savoir qu il est sans doute necessaire de faire couler le sang pour purger les faibles , les minoritaires dont fait parti KS au vue de la participation ridicule du peuple . La raison du plus fort est la meilleur , citation qui correspond a votre siecle de reference des pseudo Lumiere.
La convergence des luttes , le tout sauf KS est la prochaine etape helas d un peuple qui va faire le jeu de la destruction de l Etat parcequ il est dos au mur . Oui dos au mur car le peuple a averti KS a travers le non plebiscite de ce president a l election ( au vue du taux de participation ) , au vue des greves , au vue de la revolte sourd qui gronde dans les cafés dans la rue . KS a partagé la misere la ou son peuple voulait + de richesse car c est sans doute là ou est la reel valeur du tunisien , c est un consumeriste idolatrant le paraitre , son statut social n est lié a sa probité mais au nombre d objets qu ils possedent . KS s en est pris a son reve d acceder a l ideal capitaliste liberal qui est en adequation avec l islam, a savoir le droit a commercer , le droit a s enrichir si je travaille + que mon voisin ou les tocards qui fume se drogue et boivent dans les zitounes .
Vous avez ecrit : "la stabilité du pays ! Comment stabiliser la guerre de tous contre tous ?"
Interessante pensée que de faire de la stabilité les fondations d un etat alors que l histoire a montré a travers le monde qu il faut des periodes de guerre civiles pour obtenir des hommes temperés honnete desinteressé ou plutot interessé que par le bien commun et l interet general, ceci pour eviter une nouvelle guerre civil et permettre au plus fort de gagner definitivement sur les ruines des perdants .
Ibn khaldoun avait deja expliqué que ce sont les revoltes de la provinces qui remettent au pas les dirigeant de la capital , helas KS va le comprendre a ses depends la question est de savoir quel dirigeant la turquie ou la Cia vont mettre en place avec ses mercenaires
Le communisme est tout le contraire des principes et valeurs de l islam qui se rapproche au plus du liberalisme de SMITH ( et non pas au capitalisme ) .
Cette haine qu ils ont , et qu ils ont propagé au point de vouloir detruire la majorité des tunisiens se retournera contre eux car la majorité est enervé si on ecoute les cafés et ce n est pas ses gardes du corps qui feront quoi que ce soit quand 1000 voir 100 000 personnes seront a carthage

