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Chroniques
Entreprises publiques : l’enjeu systémique
Par Houcine Ben Achour
13/01/2023 | 10:00
3 min
Entreprises publiques : l’enjeu systémique

 

 

A la lecture du dernier rapport sur la situation des entreprises publiques - rapport dont le ministère des Finances a obligation de publication en vertu de la loi organique du budget de 2019 –, on comprend mieux les raisons qui ont amené le Fonds monétaire international (FMI) à exiger préalablement à tout accord de crédit à la Tunisie la mise en place d’une réforme radicale de la gouvernance des entreprises publiques du pays passant par une révision profonde de la tutelle de l’État dans la gestion de ses entreprises. Une tutelle dont ont tellement abusé les gouvernements successifs depuis 2011. En effet, si aujourd’hui la situation économique et financière de nos entreprises publiques est aussi désastreuse, elle est révélatrice de l’échec de l’État-gestionnaire durant cette dernière décennie. Un échec qui risque progressivement de mettre en faillite l’État-actionnaire, avec les dangereuses conséquences que cela représente.

 

Les gouvernements de ces dernières années ont géré les entreprises publiques en fonction de leurs désidératas budgétaires, sans vision, ni stratégie. A telle enseigne d’ailleurs que sur les 111 entreprises publiques cibles du rapport, une vingtaine n’a pu être étudiée car elles n’avaient pas encore établi de bilan comptable, ni définitif, ni provisoire, ni présenté le moindre document d’orientation. Inimaginable. Quoiqu’il en soit, plus de 80 entreprises publiques ont fait l’objet d’une présentation des plus significatifs indicateurs comptables individuels, puis consolidés. On a exclu de l’échantillon les entreprises du secteur bancaire et financier et les caisses sociales qui ont fait l’objet chacun d’un traitement spécifique.

 

En 2020, les 81 entreprises publiques de l’échantillon affichaient ensemble des pertes d’exploitation de près d’un milliard de dinars et un résultat net déficitaire de près de 2,5 milliards de dinars. Curieusement, dans le même temps, le solde des créances et dettes des entreprises publiques vis-à-vis de l’État enregistrait un excédent en leur faveur d’environ 1,9 milliard de dinars. En 2021, ce solde diminuera à 1,6 milliard de dinars. Et ce n’est pas là l’unique constat. Toujours en 2021, la contribution d’un large pan d’entreprises publiques  au budget de l’État (acquits fiscale, douanière et autres) a atteint près de 6,3 milliards de dinars. alors qu’en termes de transferts (compensations, subventions, …), en revanche, elles n’ont bénéficié que de 6 milliards de dinars. Ce manque à gagner de 300 MD n’est rien par rapport à celui affiché une année auparavant qui dépassait le milliard et demi de dinars.  L’écart était encore plus profond en 2020 dans la mesure où le solde des contributions versus transferts affichait un manque à gagner pour les entreprises publiques de près 1,5 milliard de dinars.  Apparemment, ce ne sont pas les entreprises publiques qui constituent une charge pour l’État, mais bien l’inverse. Cette situation risque de s’inverser à mesure que la charge d’endettement de certaines grosses entreprises publiques sera plus lourde à supporter sinon à honorer, engageant de fait la garantie de l’État. Le cas s’est produit en 2021 quand une entreprise publique n’a pu honorer un engagement extérieur amenant l’État à emprunter à la va-vite pour satisfaire cette obligation. C’est d’ailleurs cette perspective qui est à craindre le plus.

 

La trésorerie de plusieurs entreprises publiques mastodontes du pays s’est particulièrement fragilisée. Non seulement le volume de leur dépôts auprès des banques a reculé, mais leurs découverts bancaires ont explosé, alourdissant davantage leurs charges financières d’emprunt qui ne pourraient être supportées que par un endettement…garanti par l’État.

C’est en définitive cette spirale qu’il s’agit d’éviter absolument. C’est en soldant définitivement ses comptes avec les entreprises publiques que l’État éloignera un tant soit peu le plus grand risque, systémique, celui de sa faillite financière et de l’effondrement économique du pays. Et de ce point de vue, cet enjeu économique et financier est trop important et ne peut tolérer ni surenchère, ni clientélisme politiques.

 

Par Houcine Ben Achour
13/01/2023 | 10:00
3 min
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Commentaires
Rationnel
Les entreprises publiques sont elles reformables?
a posté le 14-01-2023 à 15:49
La majorité des entreprises ne sont ni nécessaires ni réformables, on devrait les abandonner et se concentrer sur une douzaine de sociétés nécessaires.
Une dizaine sont des monopoles naturels ou sont nécessaires mais le reste va disparaître puisque leur champs d'activité va disparaître ou leurs services ne sont plus nécessaires.
Ces sociétés étaient crées dans une époque ou le pays n'avait ni radio, ni television, ni moyen de transports. Le ministère des finances devrait couper les subventions a toutes les sociétés qui agissent dans des secteurs non vitaux ou concurrentiels et les secteurs ou des alternatives existent (comme le ciment, l'audio-visuel, l'acier, le transport en dehors du ferroviaire..) et se concentrer sur une douzaine de sociétés nécessaires.
Certaines sociétés se reforment déjà améliorent leur rendement et la qualité de leur services comme les banques. Ce sont des sociétés a retenir.
La STEG, l'ONAS, la SONEDE, SNCFT, Office des aéroports sont des monopoles naturels et peuvent être reformes.
Les 10 premières sociétés ont 80% de la dette, du produit d'exploitation,...La STEG et la STIR 40% du total.



Sassi
Epurer avant tout
a posté le 14-01-2023 à 15:36
Toute privatisation eventuelle, signifiera une restruction a fond. Aucune restruction ne pourra se faire sans la neutralisation des milices maffieuses de
l uggt, qui jusqu ici a empeche toute reforme et a contribue au deficit gigantesque et desastreux des entreprises publiques. Pour eradiquer la gerance indirecte des milices de
l ugtt, toute restruction doit epurer
l incompetence, la corruption, le nepotisme,
la malgerance etc etc, et cela tout en tenant compte des droits des employes.
l avenir des entreprises publiques ,seul les politiciens ont le droit de decider, et auquels les electeurs peuvent demander des comptes et punir eventuellement. A
l ugtt les electeurs ne peuvent demander des comptes et punir. Voila pourquoi l ugtt doit se taire sur l avenir des entreprises publiques et ne pas saborder et saboter leur avenir en s arrogant un droit de regard qu aucun electeur ne l a mandate de faire..
DHEJ
ou encore...
a posté le 14-01-2023 à 14:54
La résistance systémique des entreprises publiques!


Une affaire des ingénieurs systèmes comme la BHAMALOGUE BOUDA!
'Gardons un minimum d'honnêteté!
Une différence de 1,2 milliards de dinars en 12 mois et très difficile à avaler....
a posté le 13-01-2023 à 21:11
vous écrivez: "Ce manque à gagner [en 2021] de 300 MD n'est rien par rapport à celui affiché une année auparavant qui dépassait le milliard et demi de dinars. L'écart était encore plus profond en 2020 dans la mesure où le solde des contributions versus transferts affichait un manque à gagner pour les entreprises publiques de près 1,5 milliard de dinars. Apparemment, ce ne sont pas les entreprises publiques qui constituent une charge pour l'?tat, mais bien l'inverse."
--->
vous avez bien dit "Apparemment" dans le sens de probablement. Je m'explique:
Les recettes fiscales, douanières et autres appartiennent à l'Etat. Elles constituent une ressource nécessaire au développement durable de l'?tat et ainsi ce n'est pas juste de dire que "la contribution d'un large pan d'entreprises publiques au budget de l'?tat (acquits fiscale, douanière et autres) a atteint près de 6,3 milliards de dinars. alors qu'en termes de transferts (compensations, subventions, '?'), en revanche, elles n'ont bénéficié que de 6 milliards de dinars"
--->
moi je dirais plutôt que nos entreprises publiques ont absorbé les recettes fiscales, douanières et autres de l'Etat.

@Mr. Ben Achour: Je vous donne raison --> il y 'a quelque chose qui ne colle pas (qui cloche) par contre vos données ne sont pas suffisantes afin de tirer une conclusion intelligente. Est-ce qu'il y avait eu une affaire de corruption de l'ordre de 1,2 Milliards de dinars (1,5-0,3=1,2)? --> il nous faut le suivi des dépenses et des recettes de nos entreprises publiques. Certes une différence de 100 ou 200 Millions pourrait passer inaperçue, par contre une différence de 1,2 milliards de dinars en 12 mois et très difficile à avaler....

Bonne soiré
Thoura
Deficit
a posté le 13-01-2023 à 13:32
Du temps de Ben Ali les entreprises publiques n'ont pas le droit d'être déficitaire à hauteur de + 70 milliards.. Et en fin d'année ils seront renfloué par les bénéfices de la CPGafsa. Voilà la bonne gouvernance........
Gg
Le plus grave...
a posté le 13-01-2023 à 12:09
...est que cet expert parle dans le vent.