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Chroniques
Justice vaincra !
Par Marouen Achouri
14/07/2021 | 16:59
5 min
Justice vaincra !

 

Paix aux âmes de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi et de tous les martyrs qui ont donné leurs vies pour une Tunisie meilleure. Dans une atmosphère grisâtre et étouffante, la lueur est venue de la décision du conseil de l’ordre judiciaire de suspendre Béchir Akremi et de déférer son affaire devant le ministère public.

 

La justice suivra son cours, tôt ou tard, et il est temps que le cas Béchir Akremi soit examiné avec soin. Cette victoire est le résultat des efforts et de l’abnégation du comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Ennahdha et ses caciques ont tout tenté pour faire taire ce comité. Il a été accusé d’être politisé, de perturber le travail de la justice, d’appartenir à une extrême gauche qui souhaite éradiquer les islamistes et bien d’autres choses. Mais au final, leur travail de fourmi, pour rassembler les données et en faire une lecture claire pour l’opinion publique tunisienne a fini par payer.

L’ancien juge d’instruction du bureau n°13 qui avait en charge l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd finira par payer le prix de ses méfaits. Celui que le comité qualifie de « terroriste infiltré dans la justice tunisienne » devra répondre de ses actes de dissimulation de PV d’affaires terroristes, de la non-saisie de la voiture qui a servi au meurtre de Chokri Belaïd, de son insistance pour consulter les écoutes effectuées par la brigade anti-terroriste de la Garde nationale de l’Aouina ou du fait de leur avoir demandé de réduire le nombre d’arrestations. Tout cela provient du rapport de l’inspection du ministère de la Justice, qui a longtemps regardé les agissements de ce juge sans bouger. La protection politique fournie par Ennahdha n’a pas résisté face à des faits flagrants de mauvaise foi et de manipulation. Béchir Akremi a tenté de noyer l’affaire du martyr Chokri Belaïd entre autres, il a déployé des trésors d’ingéniosité pour disperser les preuves et les indices, et il en a été récompensé par des promotions. A chaque fois qu’un ministre de la Justice s’intéressait au cas de Béchir Akremi, Ennahdha trouvait le moyen d’opérer un remaniement et de virer le ministre, comme ce fût le cas avec Mohamed Boussetta. Grâce aux efforts de Imen Gzara, Ridha Raddaoui, Abdennasser Laâouini et d’autres, cette mascarade a pris fin et Béchir Akremi devra aller défendre son cas devant le parquet.

 

Comme la justice finira toujours par vaincre, le parti Ennahdha devra également rendre des comptes sur la protection fournie à Béchir Akremi. Les réunions du Conseil supérieur de la magistrature ou celles du conseil de l’ordre judiciaire ont été le théâtre d’interventions et de pressions qui visaient, toutes, à protéger le poulain d’Ennahdha. La relation entre Akremi et Ennahdha est une illustration flagrante de l’ingérence de la politique dans la justice. Mais ce n’est qu’une illustration parmi beaucoup d’autres.

Le nom de Taïeb Rached, président de la cour de cassation, revient souvent lorsqu’on évoque celui de Béchir Akremi. Une guerre entre les deux magistrats a fait rage et a participé à faire éclater le scandale. Le conflit entre les deux juges daterait de quelques années. Des divergences auraient éclaté entre Taïeb Rached et Béchir Akremi au sujet des dossiers de l’assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi et l’affaire de l’homme d’affaires Chafik Jarraya. Taïeb Rached était alors procureur général près la Cour d’appel de Tunis et Béchir Akremi, procureur de la République près du Tribunal de première instance de Tunis. Les accusations dont fait l’objet le plus haut magistrat du pays ne sont pas anodines, non plus. Lui aussi bénéficie d’un certain soutien politique, même si, avec le temps, ce soutien est devenu de plus en plus faible. On n’est pas toujours au pouvoir, et la gifle des élections de 2019 a été difficile à encaisser. Donc la protection politique d’hier ne tient plus aujourd’hui. Il finira, lui aussi, par répondre de ses actes et il finira par comparaitre devant une juridiction compétente. Taïeb Rached est accusé d’enrichissement illicite et de malversation.

Plusieurs voix de puristes se sont désolées du fait que ces d’affaires soient débattues et analysées sur la place publique. Beaucoup, parfois de bonne foi, se sont inquiétés de voir des révélations judiciaires capitales se faire dans le cadre de conférences de presse ou des documents confidentiels publiés et partagés sur les réseaux sociaux. Mais, aux grands maux les grands moyens, surtout du point de vue du comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Que faire quand le juge est complice, quand il utilise tous les moyens possibles, y compris illégaux, pour ne pas prendre en compte les éléments apportés par la défense? Quand il détruit méthodiquement l’affaire en la scindant en plusieurs dossiers par exemple ? La seule solution est de prendre à témoin l’opinion publique. Il faut absolument lire les extraits publiés par le comité de défense pour se rendre compte de la profondeur du mal et de la perfidie de ses auteurs.

 

C’est une utopie de croire qu’il peut y avoir une transition démocratique ou un développement économique sain sans une justice impartiale et indépendante. Au-delà des cas flagrants de Béchir Akremi ou de Taïeb Rached, il existe des scandales de moindre envergure mais tout aussi graves dans la magistrature tunisienne. Toutefois, il existe aussi des hommes et des femmes de bonne foi, dotés d’un courage impressionnant et d’une détermination sans failles, qui finiront par avoir la main sur la justice.  

 

Par Marouen Achouri
14/07/2021 | 16:59
5 min
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Commentaires
Soussi
Argent
a posté le 17-07-2021 à 20:51
L argent vaincra
Ya Si Marouen
En Tunisie
La raison du plus Fort qui marche
Mais la dictature a mis la main sur tout dans le pays
Vous avez dit la justice vaincra
Mais avant il faut que les journalistes font leur travail sans jouer la politique
Houcine
Incroyable, mais vrai !
a posté le 16-07-2021 à 04:58
Justice politisée, ou soumise, ou à la botte d'un parti, Ennahdha ?
Justice injuste, où le plaignant fait figure d'accusé. Où avec quelques billets on achète une décision ?
Pays gangrèné par les corruptions....
C'est le labeur sans relâche des "résistants" qui aura permis de tout juste inquiéter les Akremi et ses fans.
C'est toujours du côté de ceux qui résistent que peut venir la lumière.
Souvent, ils sont seuls, mis à l'index, menacés comme une certaine Abir et même vilipendés par nos belles âmes capables de se ranger dans le camp de l'Ordre.
Akremi est l'agent de ceux qui font régner l'Ordre et trouvent des relais dans des réseaux inattendus, des médias.
Akremi ne risque pas grand chose, il ne dormira pas en prison, ne perdra pas son job, ou alors il en aura un plus rémunérateur si besoin.
C'est à force de leur avoir cèdé que les islamistes sont devenus irrésistibles.
Beaucoup leur ont servi de caution, ont soutenu leurs coups et atteintes aux institutions nous parlant de démocratie.
Beaucoup ont rejoint le camp des inféodés, des petites mains comme je les nomme, ou ont simplement décidé de servir.
Parce qu'ils y avaient intérêt, ils espéraient engranger des biens et avantages. Il n'en auront pas manqué, les voyous islamistes, de larbins et de serviteurs de l'ancien régime vite convertis en conseillers, fonctionnaires de hauts rangs, ministres.
Le pays est à l'encan, vendu aux enturbannés ou au nouveau sultan d'Istanbul... pendant que des errants sans vertu, hier encore rangés dans la catégorie des verbeux et apprentis sorciers, quêtant soutien dans les rues de Nice ou Londres en échange d'une littérature de fantasques promesses sous forme de tracts, sont devenus milliardaires.
Ils ont volé, détourné, pillé et distribué sans compter.
Ou seulement la part qu'ils devaient abandonner une fois leurs caisses remplies.
Vous aurez un mal de chien, monsieur, pour nous convaincre d'avoir été du côté de la justice. Pas toujours, ni perspicace pour flairer l'embrouille ou l'entour loupe.
Ou encore, pas assez juste pour imaginer la part du Juste d'autrui.
Ennahdha et ses suivants ont corrompu les âmes, pas uniquement les dossiers, les juges.
Ils ne partiront pas, ne céder ont pas sans vous faire payer le prix des lâchetés.
Et, ce prix sera cher.
Comme ils disent: ils ont des dossiers.
maya
Dieu est grand
a posté le 14-07-2021 à 21:15
Rabbi m3akkom, raddaoui, gzara et laouini, vous êtes notre seul espoir pour nous éclairer sur le véritable visage d'Ennakba, quoique nous savons tous cette vérité si choquante et bien difficile à accepter. Comment peuvent-ils être aussi ignobles et haineux envers leur pays et leurs compatriotes? Que chokri belaidet brahmi reposent en paix, et toute ma compassion pour leurs veuves et leurs enfants
A4
Excès d'optimisme ?
a posté le 14-07-2021 à 18:36
JUGES SANS JUGEOTE
Ecrit par A4 - Tunis, le 27 Septembre 2019

C'est mon grand maître qui me l'a dit
Il me l'a même écrit de ses mains
"Il n'y a ni peuple ni pays
Quand les juges ne sont que des crétins"

Il me l'a dit sans mâcher ses mots
L'a répété avec insistance
"Juges corrompus sont source de maux
Source d'échecs et de décadence"

Voyez jeunesse comme il a raison
Regardez bien ces juges peu fiers
Qui traînent de saison en saison
Pour étouffer les sales affaires

Ils traînent, cachant la vérité
Protégeant criminels et malfrats
Instaurant haine et impunité
Répandant peste et choléra

Regardez cette bande d'ingrats
Sensés sauver veuves et orphelins
Mais les voilà du côté des rats
Du côté des laids et des vilains

Ils sont sensés appliquer la loi
Avec courage et sans calcul
Les voilà avec les hors-la-loi
Sans dignité, sans aucun scrupule

Mon grand maître c'est bien sûr Khaldoun
Il nous le rappelle avec panache
Vous l'avez tous compris, sauf ces clowns
Ces sales juges crapuleux et lâches
Kol
Min fomek il rabi
a posté le 14-07-2021 à 17:32
L'espoir fait vivre et j'espère que la justice finira effectivement par vaincre un jour (mais pas dans longtemps pls!)
DHEJ
La justice vaincra oui...
a posté le 14-07-2021 à 16:48
Mais pas en Tunisie où l'appareil qui produit cette justice est défectueux...
Philobog
Premier pad
a posté le 14-07-2021 à 16:13
C est un premier pas mais le comité ne doit absolument rien lâcher et suivre de très près la procédure intentée contre le protégé des khwenjis.
Ceux ci ne renoncent jamais et feront tout pour le beau frère de Bhiri