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Inquiétudes à la Haica suite à l’arrestation de Sami El Fehri

Temps de lecture : 3 min
Inquiétudes à la Haica suite à l’arrestation de Sami El Fehri

 

Jeudi 7 novembre 2019, Sami El Fehri devait comparaitre, ainsi que son avocat et l'administrateur de la chaîne El Hiwar Ettounsi, devant le conseil de la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica). Sa mise en garde à vue, mardi dernier par le parquet, a fait que cette comparution soit reportée à une date ultérieure.

 

Sami El Fehri devait répondre sur les raisons de la suppression du spot TV annonçant un documentaire sur les éventuelles malversations financières du parti islamiste Ennahdha. La Haica voulait savoir si Sami El Fehri a subi des pressions politiques ou autres pour qu’il supprime ce spot. S’il n’y a pas eu de pressions, Sami El Fehri aurait donc utilisé sa télévision pour faire du marchandage avec Ennahdha. Dans le premier cas, l’autorité supérieure allait lui apporter tout son soutien et son pouvoir légal pour préserver le droit d’expression et la liberté de la presse en faisant de telle sorte qu’El Hiwar Ettounsi diffuse le documentaire en question. Dans le second cas, s’il est avéré, la Haica allait sanctionner la chaîne, vu que ce type de marchandages est strictement interdit et contraire à la déontologie de la profession.

 

Hichem Snoussi, membre de la Haica, a exprimé à Business News son inquiétude par rapport à ce dossier vu qu’il n’écarte pas la possibilité qu’il y ait bel et bien eu pression et manipulation politique qui a conduit à l’arrestation de Sami El Fehri. Il fait remarquer que c’est à la justice de déterminer s’il y a eu ou non des malversations et du blanchiment d’argent à El Hiwar Ettounsi, mais la chaîne reste malgré tout une chaîne légale ayant sa licence. Ce qui n’est pas le cas d’autres médias  comme Nessma, Zitouna TV ou la radio du Saint Coran qui n’ont pas de licence de la Haica, la seule autorité de l’Etat qui en délivre, et qui continuent à émettre malgré tout. « Comment ces chaînes fonctionnent, comment paient-elles leur abonnement satellite, comment importent-elles le matériel, qui exige parfois des autorisations douanières lesquelles ne peuvent être délivrées qu’aux chaînes légales… Il y a bel et bien eu des infractions à la loi et on peut même considérer qu’il y a du blanchiment d’argent. Le ministère des Finances est au courant et enregistre du manque à gagner. Pourquoi le contentieux de l’Etat, au nom du ministère des Finances, a-t-il saisi la justice dans le cas de Sami El Fehri et pas dans les autres cas pourtant signalés par l’autorité de tutelle ? », s’est interrogé Hichem Snoussi.

 

Bon aussi à rappeler, Ennahdha a émis un communiqué dans lequel elle avertit Sami El Fehri que, s'il diffuse le documentaire, pourrait subir des conséquences judiciaires. Un appel clair et public à la censure exécuté en un temps record sans même que le documentaire soit diffusé.

 

Un avocat, qui n’est pas spécialement connu pour sa sympathie pour Sami El Fehri et sa chaîne, relève pour sa part « que le parquet n’a pas à arrêter les gens et à faire des descentes à leur domicile, même si cela est légal. Ce n’est pas sa vocation, c’est le rôle d’un juge d’instruction de faire cela, or pour le moment c’est le parquet qui est en train de le faire. Et le parquet est hiérarchiquement dépendant du ministre. Tout cela jette le doute sur cette affaire, même si l’on ne peut pas encore parler du fond ! », relève-t-il.

 

Après l’emprisonnement de Nabil Karoui en pleine campagne électorale et, maintenant, Sami El Fehri, les inquiétudes se multiplient sur le sort réservé aux journalistes et aux médias. El Hiwar Ettounsi qui, rappelons-le, s’est positionnée contre le pouvoir actuel, que ce soit le parti Ennahdha (1er aux dernières législatives), le chef du gouvernement Youssef Chahed ou encore le président de la République Kaïs Saïed, figure en ligne de mire.

 

Plusieurs sympathisants de Kaïs Saïed, ainsi que des membres de son premier cercle, mènent depuis quelques semaines de véritables campagnes de lynchage contre la chaîne El Hiwar Ettounsi, son directeur Sami El Fehri et ses animateurs. La chaîne n’est pas l’unique à subir ce type de campagnes de lynchage, plusieurs médias et journalistes ayant un positionnement éditorial indépendant et critique à l’encontre du pouvoir actuel, le subissent également. Business News en fait partie.

 

N.B.

 

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Commentaires (16)

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'?'?'?'?
| 09-11-2019 10:10
qui n'est pas le cas d'autres médias comme Nessma, Zitouna TV ou la radio du Saint Coran qui n'ont pas de licence de la Haica
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biz
| 08-11-2019 10:27
A quant l arrestation de bouchleka laarayedh jbeli et les autres qui se sont enrichis sur les dos du peuple ?

MH
| 08-11-2019 08:52
Vous le présentez comme victime, alors qu'en réalité ne l'est pas du tout. Il s'est mis dans un bourbier en menaçant ennahdha. Pourquoi il retire le spot maintenant? Pas parce qu'il a peur mais parce qu'il a tord. C'est lui qui fait du chantage contrairement à ce qu' on laisse entendre, qu' il le subit. Il a tout simplement anticipé son arrestation.

Hamma
| 08-11-2019 04:27
L'utilisation de l'appareil judiciaire,infiltré par une mafia...,dans cette affaire montre une déchéance et une descente aux enfers pour les citoyens.Les criminels et les responsables du terrorisme n'ont jamais été trouvés ou poursuivis.Où est la justice ici ?Je ne suis pas ni un admirateur ni un fan de S.El fehri, mais il y a dans ce cas deux poids et deux mesures.Le pays doit avoir une politique saine(Sans corruption ni privilège) et une justice indépendante pour sauver la république de cette crise et du danger qui s'annonce irrémédiablement...


BORHAN
| 07-11-2019 21:59
La haica, ce moteur panne, démarre souvent très en retard.
Le problème, c'est le tâtonnement qui caractérise cette " autorité " non officielle !
Concernant le cas Elfehri, la haica aurait dû réagir et agir très rapidement, au plus tard le lendemain du retrait du spot en question.
D'autres parts, la chaîne elhiwwar, vu la politique audiovisuel qu'elle véhicule , est complètement hors la loi puisque la majorité de sa programmation incite ouvertement à la désintégration de la famille, ce socle, cette cellule de base de la société.
Alors, pour moi, cette autorité sans pouvoir réelle, a surtout du pain sur la planche et de potentiels chats à fouetter car le temps presse à différents égards.
En un mot, la haica n'assume pas son rôle.

BRAVO
| 07-11-2019 18:42
Ce que se passe sur ce qu'on appelle "ElHiwar Ettounsi" n'est absolument pas tolérable ni en France, ni en Allemagne, ni même aux états unis! Est-ce que quelqu'un peut nous citer une seule émission télévisée à l'étranger où TROIS à QUATRE chroniqueurs hurlants à 70 db, scandaleux, agressifs et lâchés sur leur invité, plus que 30 mn?
Et pour ne rien dire des émissions plagiat, importées et copiées, qui sont absolument étrangères à la culture tunisienne.

Je me laisse volontier instruire!

Carthage Libre
| 07-11-2019 15:40
Lui et son comparse Khriji ainsi que le "Grand Protecteur" saied. Un trio infernal pour notre pays. RIEN de bon n'en sortira. Plus d'investisseurs, car ils ont peur à présent (comme au temps de Ben Ali).

La descente aux enfers pour la population tunisienne, en commençant par les médias non-islamistes est en vue.

gh
| 07-11-2019 14:24
cette justice pro ennahda montre un excès de zèle lorsqu'il s'agit de Fehri ou de Karoui mais elle est totalement impuissante lorsqu'il s'agit de bouchlaka ou Ali laaraidh ou les assassinats politiques. ceci démontre bien qu' ennhda, comme ben Ali auparavant , utilise l'appareil judiciaire pour régler ses comptes avec ses adversaires..!

Alex
| 07-11-2019 13:56
Un voleur doit rendre ce qu'il a volé et basta et arrêtez de défendre l'indéfendable. Qui peut nier le fait que Sami FEHRI à profité pleinement de son association avec les clans TRABELSI? ne nous faites pas croire qu'il est innocent et qu'il est blanc comme neige. Qu'il rende l'argent volé plus les intérêts et qu'il rentre chez lui.L'intérêt étant de récupérer l'argent spolié et non l'emprisonnement. Dans quelle époque vivons-nous? nous défendons les voleurs et nous salissons les gens honnêtes. Shame on you..

DIDON
| 07-11-2019 13:44
Assez de cette justice partisane à deux balles ! C est quoi cet etat c est quoi ce minister

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