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Appel aux autorités pour assurer la continuité de l’accès aux services de la santé sexuelle

Temps de lecture : 7 min
Appel aux autorités pour assurer la continuité de l’accès aux services de la santé sexuelle


L'attention de toutes les communautés est focalisée à juste titre sur la lutte contre l’épidémie Covid-19 qui met à l’épreuve tous les systèmes de santé et en révèle cruellement les failles. Dans notre pays, l'approche utilisée jusqu'ici, mobilise les moyens du ministère de la santé pour le diagnostic des cas positifs et la prise en charge des malades du Covid-19 souvent aux dépens de la continuité des soins essentiels qui doivent être assurés en toutes circonstances. Plusieurs dangers guettent la santé des femmes tels que l’augmentation de la violence conjugale, ainsi que l’augmentation du nombre de décès maternels et de la morbidité, conséquences de la non-disponibilité de suivi de la grossesse, et l’identification des grossesses à risque, ainsi que le recours aux avortements à risque pour les femmes qui ne désirent pas mener à terme leur grossesse.

 

Alors qu’il y a aujourd’hui plus de 210 000 naissances par an, presque un million ou plus de visites prénatales, et environ 50% des femmes utilisent la planification familiale et ont besoin de se réapprovisionner régulièrement, la situation actuelle est particulièrement alarmante. Elle survient dans un contexte marqué par un fléchissement de la performance du programme national de santé reproductive associé à :

 

l  Des taux de d’utilisation de la contraception en régression par rapport à l’année 2011-2012 (MICS 6), et une augmentation des besoins non satisfaits en contraception. 

l  Des témoignages de refus d’avortement ont été rapportés dans les structures publiques et privées. 

l  La non-disponibilité de contraceptifs sûrs et performants tels que le dispositif intra utérin durant plus de deux ans (2016 à 2019) et les ruptures de stock des pilules oestro-progestatives, de la pilule du lendemain et des produits d’avortement médicamenteux ont été documentés. 

 

 

Trois semaines après le début de l’épidémie en Tunisie, nous avons noté l’abandon du soutien aux structures de première ligne y compris les consultations de santé maternelle et néonatale et les services de contraception et d’avortement, aggravé par la fermeture de certains centres de l’Office National de la Famille et la Population (ONFP). Le manque de matériel de protection du personnel dans les structures de prestation de gynécologie et d’obstétrique dans le secteur public (le matériel allant en priorité aux structures dédiées aux soins pour le Covid-19), l’absence d’information adéquate sur le virus et sur les procédures de protection, la non généralisation de la diffusion des directives et  des conduites à tenir (qui n’ont pas touché tout le personnel de première ligne), ont abouti au refus de services aux femmes qui se présentent aux consultations.

 

Le couvre-feu et le confinement généralisé, ainsi que la crainte des contaminations créent des difficultés supplémentaires aux femmes pour accéder aux services, en particulier pour les accouchements et les autres urgences de santé reproductive et le risque de voir augmenter les accouchements à domicile avec les complications qui  peuvent en résulter, est réel.

 

L’OMS ainsi que plusieurs pays ont initié des études pour mieux comprendre l’effet du virus sur la grossesse, et la santé du nouveau-né.  Toutefois, à ce jour les données probantes manquent.  L’absence d’évidence des lignes directives cliniques émises jusqu’ici, favorise l’interventionnisme tels que le recours à la césarienne (dont le taux, en l’absence de raisons médicales, ne fait qu’augmenter en Tunisie). Ces directives sont à réviser afin de se conformer à celles de l’OMS qui recommande de ne pas recourir à la césarienne même chez les femmes infectées par le Covid-19, sauf en cas d’indication médicale. Il en est de même pour l’avortement du premier trimestre : les recommandations actuelles étant de favoriser l’avortement chirurgical sous anesthésie générale alors qu’en Europe les recommandations récentes encouragent le recours à l’avortement médicamenteux à domicile et si le recours à l’avortement chirurgical est privilégié (surtout pour les avortements au-delà de 16 semaines d'aménorrhée), de le réaliser avec une anesthésie locale, le plus souvent possible.  L’avortement médicamenteux devrait être promu comme méthode préférée car pratiqué depuis deux décennies en Tunisie, et d’autant plus qu’il permet aux femmes d’éviter de se déplacer et de rester chez elles pour respecter le confinement et facilite le respect de la distanciation sociale et protège à la fois l’utilisatrice et le personnel de santé. Une grande disponibilité et les mesures pour les prises à domicile doivent être généralisées dans les centres de prestations.

 

 

L'OMS considère, à juste titre, que les services de santé reproductive, y compris les services de santé maternelle et reproductive sont des services essentiels qui doivent bénéficier d'une haute priorité dans la continuité des soins qui doit être assurée durant cette période.

 

Les organisations signataires appellent les autorités publiques à :

 

-  Renforcer le leadership et les structures de l’ONFP ;

-  Ouvrir, et maintenir ouverts tous les centres de l’ONFP et les centres de santé de base ayant des activités de santé reproductive, et assurer en urgence la disponibilité des équipements de protection individuels et à former les personnels de ces centres à la référence des cas suspects ; 

-  Mettre en place le triage pour la référence des cas suspects de Covid-19 aux structures dédiées selon le parcours du patient Covid+ établi par l'INEAS ;

-  Faciliter, pendant la période du couvre feu et du confinement généralisé la mise en place d'un système rapide de transport vers les maternités, pour les urgences de santé reproductive (accouchements et autres) ;

-  Assurer la continuité des services dans les structures de prise en charge des femmes victimes de violence et les renforcer ;

-  Assurer la disponibilité dans les pharmacies des structures publiques et privées des contraceptifs y compris la contraception d’urgence, de la mise a disponibilité de l’avortement médicamenteux dans les unités/ cliniques de gynécologie privée ;

-  Actualiser les recommandations de l'INEAS ; et 

-  Lancer un programme d’études et de recherche sur le Covid-19 et la santé reproductive.

 

Les organisations signataires appellent également les membres de la société civile à soutenir et faciliter le droit et l’accès à la santé sexuelle et reproductive en tant qu’élément essentiel des droits humains et de la défense du droit à la santé.

 

 

Première liste des signataires

Groupe Tawhida Ben Cheikh

Association Tunisienne des Femmes Démocrates ATFD

Association Tunisienne de la Santé de la Reproduction ATSR

ATSR Tataouine

Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement AFTURD

Association Citoyenneté et libertés

Association Perspectives El Amel Ettounsi 

Association Tunisienne de Défense du Droit à la Santé, ATDDS

Association Tunisienne pour les Droits et les Libertés

Association Tunisienne de Défense des Droits de l'Enfant ATDDE

Association HANEN, pour la promotion de l’allaitement maternel

Association Psychologues du Monde –Tunisie

Association Maghrébine de Sécurité Sanitaire des Aliments

Société de Médecine Familiale de Sousse SMFS

ATL MST SIDA Tunis

Association Tunisienne de Prévention Positive ATP+

Association de Développement et de Protection de l'Environnement ADPE

Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat civique

BEITY

Médecins du Monde Belgique-Tunisie

Association Citoyenneté, Développement, Culture et Migrations des deux rives CDCMIR

Damj

EuroMed Droits

FANNI RAGHMAN ANNI

Free Sight Association

Fédération Générale de Santé

La Ligue des Electrices Tunisiennes LET

Aswat Nissa

Association Tunisienne des Libertés Individuelles ADLI

Association pour la Promotion du Droit à la Différence

Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, LTDH

Mawjoudin pour l’égalité 

Shams

l'ART RUE

ABC Cinema

Danner Tunisie

Tunisie Pôle Mondial de la Bonne Santé et du Bien Être de Tous TPM BEST

Société Tunisienne de Maladies respiratoires et d'allergologie STMRA

Syndicat National des Médecins, Médecins dentistes et Pharmaciens Hospitalo-universitaires

UNFPA, Tunisie

OXFAM, Tunisie

 

Dr Abdelwahed El Abassi

Dr Abdemajid Ben Hamida

Dr Ahlem Belhadj

Dr Ali Mtiraoui

Dr Amira Yaacoubi

Mme Atf Guerissi

Dr Bechir Boussalmi

Dr Dorra Bousnina

Dr Fadhila Saada

Dr Faiçal Ben Salah

Mr Fethi Ben Messaoud

Dr Fethi Mansouri

Dr Habiba Ben Romdhane

Mr Hafedh Chekir

Dr Hedi Achouri

Dr Hedia Belhadj

Dr Héla Chelli

Dr Héla Gana

Mr Kacem Afaya

Dr Masour Njah

Dr Mohamed Hsairi

Dr Mohamed Salah Ben Ammar

Dr Moncef BelHaj Yahia

Dr Selma Hajri

Dr Sihem Essaafi

Dr Sonia Khalfallah

Dr Zahra Marrakchi

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Commentaires (2)

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k.Hamida 7806
| 08-04-2020 20:50
le mekki recevait l'appel de tous ces signataires, il va recommencer à pleurer , pleurer et pleurer, et cette fois -ci pour de bon.
il va tous vous accuser de traitres de la nation, de saborder ses efforts à lutter contre le covid-19 et puis il reprendra à pleurer.
Messieurs et mesdames les signataires de cet appel, vous n'êtes pas un peu naïfs de demander à un khwenji des trucs qu'il ignore , santé sexuelle, "el kheneral" ne peut rien faire pour vous.. et arrêtez svp de le narguer, il est très fatigué

vgfdre
| 08-04-2020 20:41
N'ayez pas peur de l'augmentation du taux de natalité en Tunisie Dieu le méséricordieux va leur procurer de quoi vivre et manger aux nouveaux nés durant toute leur vie. Tout nouveau né sera considéré par Dieu et il lui procurera dans sa vie tout ce dont il a besoin. C'est le discours qu'on entend des islamistes. Ainsi ils vont détruire ce qu'a fait fait Bourguiba dans le planning familial durant 60 ans. En 1954, la population de la Tunisie était de 3 millions et celle du Maroc 14 millions. Grace au planning familial la population de la Tunisie n'a pas beaucoup augmenté. On est en 2012, 11,5 millions alors que celle du Maroc est devenu 40 millions. Vive les hommes d'Etat qui ont gouverné la Tunisie pendant la période de Bourguiba et de Ben Ali. Ces 10 annéew de pouvoir des islamistes vont être une catastrophe pour le taux de natalité en Tunisie.

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