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Chroniques
Que cherche à cacher le ministère des Affaires étrangères ?
04/07/2011 | 1
min
Que cherche à cacher le ministère des Affaires étrangères ?
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Par Nizar BAHLOUL


L’affaire de l’ancien ambassadeur de Tunisie à Abou Dhabi Ahmed Ben Mustapha revient sur le tapis.
Des articles de presse font état que l’affaire de cet ancien ambassadeur aurait été montée de toutes pièces par Abdelwaheb Abdallah parce qu’il n’aurait pas reçu convenablement Jalila Trabelsi la belle sœur de Ben Ali. Après avoir été condamné en première instance à six ans de prison, Ahmed Ben Mustapha a été relaxé après le 14 janvier.
Dans l’impossibilité de confronter leurs sources, puisque Abdelwaheb Abdallah et Jalila Trabelsi sont en prison, nos confrères ont publié leurs informations telles qu’elles leur ont été présentées par l’ancien ambassadeur.
De notre côté, nous avons cherché à en savoir davantage, avant toute publication relative à cette affaire, et avons envoyé un courrier officiel au ministre tunisien des Affaires étrangères (avec une copie au Premier ministère) et ce depuis le 31 mai dernier. Soit plus d’un mois après. Sans réponse jusqu’à présent.

L’affaire, relatée en son époque par Business News, Attariq El Jadid et Assabah, entre autres, a été déclenchée suite à la plainte pour détournements de salaires d’un certain nombre de salariés de l’ambassade et ce par leur ambassadeur et son épouse. Le ministère des Affaires étrangères a dépêché un enquêteur et une plainte en bonne et due forme a été déposée devant la justice. Après des procédures qui ont duré quelques années, la justice a condamné l’ambassadeur avant de l’innocenter ensuite.
Cette relaxe aurait dû inciter le ministère des Affaires étrangères à réagir et il n’avait qu’une seule alternative à notre sens :
- Soit il considère Ahmed Ben Mustapha comme coupable et aurait dû, dans ce cas, faire appel du jugement.
- Soit il considère Ahmed Ben Mustapha comme innocent et aurait dû, dans ce cas, exiger des comptes de tout son personnel, dont le propre neveu de M. Ben Mustapha, qui a injustement accusé l’ambassadeur. Et il s’agit là de plusieurs personnes.
Dans un cas comme dans l’autre, il est inconcevable que le ministère des Affaires étrangères garde dans son équipe une personne ou des personnes sur qui ont pesé ou pèsent encore des charges aussi graves.
Rappelons que lorsque nous avons relaté cette affaire, nous nous sommes basés sur des PV de justice en bonne et due forme et qu’en aucun cas, nous n’avons diffamé quiconque puisque notre travail s’est limité à la transcription de PV. De même, il est utile de le souligner, nous n’avons reçu aucun ordre de quelque partie que ce soit pour relater cette affaire. Il était de notre devoir de la relater, car sous d’autres cieux, elle aurait fait la une du journal de 20 heures.

On rappelle que cet ancien ambassadeur, nommé par Ben Ali, chantait les louanges de l’ancien président avant le 14 janvier et qu’il n’a jamais été question (dans les PV) d’accusations contre Jalila Trabelsi ou Abdelwahab Abdallah lors des différentes étapes du procès.

Dans notre courrier sans réponse au ministère des Affaires étrangères, nous avons posé les questions suivantes : vu qu’il y a eu acquittement de l’ancien ambassadeur, peut-on dire que les témoignages des fonctionnaires et contractuels de l’ambassade sont faux, après avoir dit, attesté et juré qu’une partie de leurs salaires a été détournée par l’ambassadeur ?
- Si ces témoignages sont faux, quelle suite a donnée le ministère des Affaires étrangères à cette affaire ? Ces salariés ont-ils été interrogés de nouveau à propos de leurs « faux » témoignages ?
- L’inspecteur envoyé par vos services pour contrôler les finances de notre ambassade à Abou Dhabi a conclu à ces détournements. De même que les juges d’instruction par la suite.
Après l’acquittement d’Ahmed Ben Mustapha, cet inspecteur a-t-il été interrogé de nouveau ?
- Par contre si vous estimez que les témoignages sont authentiques, quelle suite avez-vous donnée à l’affaire ?
- Pouvez-vous, dans la mesure du possible, nous aider à entrer en contact avec ces personnes afin de recueillir leurs témoignages ?
- Selon les propos d’Ahmed Ben Mustapha, il y a à peine quelques jours, il semblerait que le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères lui aurait promis de le nommer en tant que directeur du Centre de la Ligue arabe à Tunis. Une annonce inédite dans les annales de la diplomatie tunisienne, voire au niveau international. (…) Où est la part de vérité dans tout ceci ? (…)

Nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs informés de la suite que donnera le ministère à nos questions, à moins qu’il ne cherche à maintenir le silence, auquel cas il faudrait s’interroger pourquoi.
C’est le rôle de la presse de chercher la vérité là où elle se trouve. Sans nuire à personne, mais dans l’intérêt de la nouvelle Tunisie.
04/07/2011 | 1
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