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Le Hezbollah terrorise la politique étrangère de la Tunisie

Temps de lecture : 6 min
Le Hezbollah terrorise la politique étrangère de la Tunisie

La Tunisie considère le Hezbollah comme une organisation terroriste. Ou du moins, son ministre de l’Intérieur le considère ainsi. Le ministre des Affaires étrangères, de son côté, a dit qu’il ne s’agit pas d’une décision engageante. Retour sur un cafouillage impopulaire et symptomatique d’un pouvoir étourdi.

 

Réuni à Tunis, le conseil des ministres arabes de l’Intérieur émet un communiqué dans lequel il classe le Hezbollah libanais comme organisation terroriste. L’Irak refuse la décision et son ministre quitte la salle.  Le Liban émet des réserves, car qui dit classement en organisation terroriste dit obligation de la combattre. Les Algériens, via leur ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, expriment leur refus de s’ingérer dans les affaires d’un pays frère. La Tunisie, quant à elle, a accepté cette décision et condière donc, officiellement, le Hezbollah comme une organisation terroriste. Il est à noter que la réunion du conseil s’est tenue en Tunisie sous le haut patronage du président de la République, Béji Caïd Essebsi. Etait-il au courant du contenu du communiqué final ? N’a-t-il pas pressenti les répercussions d’une telle déclaration ? Assume-t-il le fait de s’aligner de la sorte sur la position des pays du Golfe ?

 

"Il semble évident que la Tunisie a fait le choix du pragmatisme politique contre celui de l’honneur et des principes", a estimé un bon nombre de personnalités politiques tunisiennes à l'issue de la décision prise par le conseil des ministres arabes de l'Intérieur. En effet, les pays du Golfe sont plus susceptibles d’aider financièrement la Tunisie que les pays ou factions « chiites ». "Par conséquent, depuis quelques mois, la Tunisie s’aligne systématiquement sur les positions diplomatiques des monarchies du Golfe et particulièrement sur celles de l’Arabie Saoudite", estiment-ils. On se rappellera du fait que la Tunisie avait intégré une fantomatique coalition arabe contre le terrorisme ou encore de la condamnation unilatérale d’attentat dans la même monarchie. Entre le choix du cœur et des principes et celui de l’argent et des aides, la Tunisie semble avoir clairement fait son choix.

 

La décision de classer le Hezbollah comme une organisation terroriste a déclenché un flot tendu de réactions hostiles venant de plusieurs organisations de la société civile et de plusieurs partis politiques. L’UGTT, l’Ordre national des avocats, le Front populaire, Ettakatol…pour ne citer que ceux là, ont rendu publics des communiqués virulents contre cette décision. La centrale syndicale n’a pas hésité à déclarer que cette décision est une « soumission au chantage sioniste ». Elle appelle le gouvernement à revenir sur cette décision qui « ne sert ni les intérêts de l’Etat, ni ceux de la nation arabe ». Même Faouzi Ben Abderrahman et Samir Dilou, respectivement leaders d'Ennahdha et d'Afek Tounes, pourtant membres de la coalition au pouvoir, y sont allés de leurs mots concernant cette décision. Dans un post Facebook publié le 3 mars 2016, M. Ben Abderrahman qualifie la classification du Hezbollah en tant qu’organisation terroriste de « décision catastrophique ». Ensuite, il se demande : « Y a-t-il un leadership politique dans ce pays ? A-t-on décidé de nous joindre à l’alliance saoudienne dans la guerre sunnite-chiite ? Où sont les bases de notre politique étrangère ? ».

 

Toutefois, cette décision n’a pas déplu à tout le monde. Radwan Masmoudi, président du CSID, ONG islamiste financées par les Américains, qualifie le Hezbollah libanais de mouvement terroriste depuis qu’il a participé « au meurtre de Syriens par milliers, voire par dizaines de milliers… ». Béchir Ben Hassen, ancien imam de Msaken et proche de l'ancien président "révolutionnaire" Moncef Marzouki, salue la décision de classer le Hezbollah en tant qu’organisation terroriste. Il va plus loin en demandant au gouvernement tunisien de fermer et de poursuivre les responsables des pages de réseaux sociaux qui soutiennent le Hezbollah. Cette décision plait aussi à Hechmi Hamdi, chef du courant Al Mahabba, qui avait longtemps glosé sur l’imminence du danger chiite en Tunisie.

 

Devant le flot de réactions suscitées par cette décision, le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui a été dépêché, le 3 mars 2016, sur le plateau de Myriam Belkadhi pour éteindre l’incendie. Ce ne sera pas la première fois que le ministre est envoyé au casse-pipe pour expliquer des décisions controversées.

 

Ainsi, il a déclaré que la classification du Hezbollah libanais en tant qu’organisation terroriste vient d’une simple déclaration collective et qu’elle n’a aucun caractère exécutoire. Le ministre ajoute que considérer le Hezbollah comme organisation terroriste n’est pas la position de la Tunisie et que si une position devait être prise, elle le serait par le président de la République en concertation avec le chef du gouvernement et qu’elle serait annoncée à travers un communiqué ou par le ministre concerné.

 Khemaies Jhinaoui poursuit en pointant une « exagération dans les positions en Tunisie concernant cette affaire […] alors que le conseil des ministres arabes de l’Intérieur est administration et un conseil technique donc leurs réunions sont habituellement consacrées à des sujets techniques ». Le chef de la diplomatie tunisienne a également déclaré que si la Tunisie s’était abstenue ou avait exprimé des réserves, « 20 Etats au moins auraient quitté la Tunisie fâchés ».  

 

Le ministère des Affaires étrangères a rendu public un communiqué le 4 mars 2016 reprenant pratiquement les mots du ministre la veille. Ainsi, selon le ministère, il n’y a pas eu de classification du Hezbollah en tant qu’organisation terroriste en rappelant que le communiqué du conseil des ministres arabes de l’Intérieur n’a pas de caractère obligatoire. Le ministère affirme que la position tunisienne entre dans le cadre de la position collective du conseil à la fin de ses travaux et que la Tunisie reste fidèle à l’un des fondements de sa diplomatie, la non-ingérence dans les affaires internes d’autres pays.

 

« L’adhésion de la Tunisie à cette position collective ne cache pas le rôle important que le Hezbollah a joué dans la libération d’une partie des terres libanaises occupées et ses positions favorables au soutien à la cause palestinienne » ajoute le communiqué. Enfin, la Tunisie insiste sur la nécessité que ce « mouvement » évite tout ce qui pourrait menacer la stabilité des pays de la région et leur sécurité intérieur.

 

Malgré toutes les justifications du ministre des Affaires étrangères, il est indéniable qu’il y a eu cafouillage dans cette affaire. En effet, le discret ministre tunisien de l’Intérieur a pris, au nom de la Tunisie, une position politique engageant la diplomatie tunisienne au niveau international. En plus, il s’agit d’une position qui vient en plein milieu d’un début de conflit entre l’Arabie Saoudite  et l’Iran et ses alliés, dont le Hezbollah libanais. C’est cet alignement diplomatique sur les positions des monarchies du Golfe qui est principalement critiqué par les observateurs, d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une première.

 

Par ailleurs, un petit regard sur l’Histoire s’impose. En 2008, le Hezbollah libanais avait permis de récupérer les dépouilles de combattants tunisiens lors d’un échange avec Israël. Certains évoquent ce fait en disant que la Tunisie a trahi le Hezbollah en consentant à le qualifier d’organisation terroriste. 

 

Marouen Achouri

 

 

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Commentaires (17)

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Ponctuelle
| 07-03-2016 11:24
Plus haut, je lis que les tunisien face au choix hezbollah vs seoud ont bien réagi.
Peut-être, mais qui impose aux arabes ce chantage: condamnez les, comme nous, et il n'y aura pas de représailles ? Les saoudiens.
Et le danger il existe, c'est que demain Israël ne fasse plus la guerre au Liban, mais à un état qui soutient le terrorisme, même les arabes l'affirment !
On est trop con, et le monde arabe mérite tout ce qui lui arrive.
On est 300 millions d'arabes, un million s'est fait tué en 2003. Sans doute 500 000 depuis la création de l'hydre isis. Sans compter les millions de migrant également les millions de réfugiés.
On pense aux guerres, mais le monde arabe est saigné demographiquement même en temps de paix.
Donc quand on me parle des méchants arabes... Moi qui considère le monde arabe comme une unique nation, depuis la fin de la seconde guerre mondiale n'a pas eu une seule année de paix.
A cause des petromonarchies, à cause des islamistes à cause des usa... Tous ce bordel n'étant que la conséquences de la présence coloniale israélienne au sein du monde arabe. Un bordel salvateur au profit d'Israël.

Tunisienne
| 06-03-2016 21:08
votre analyse est poignante de réalisme.
Merci pour votre lucidité et votre bienveillance envers la Tunisie et les tunisien(ne)s!
Salutations

aljazzair
| 06-03-2016 18:50
Le Hezbollah (HZB) est une composante essentielle de la fabrique politique et sécuritaire libanaise, de facto.
.
Dénoncer le HZB c'est porter atteinte a l'un des fondements de la société libanaise actuelle, reconnu comme tel par les accords de Taef qui ont mis fin a la guerre civile dans ce pays.
.
Ensuite le HZB n'est pas en Syrie pour défendre les chiites, c'est faux, Poutine aussi s'y trouve et pourtant il n'est pas chiite.
Le HZB, l'Iran, la Russie sont en Syrie pour defendre la SOUVERAINETÉ SYRIENNE qui est attaquée par des charognards néo colonialistes, qu'ils soient turcs, saoudiens, français, britanniques ou americains. La rhétorique Sunnite / Chiite est une vaste fumisterie.
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Pour finir, il se dit en Tunisie que le soutien inconditionnel a l'Arabie Saoudite est un soutien symbolique pour obtenir de l'argent.
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Mais vu d'Alger, votre gouvernement n'a pas l'air d'être très fort en arithmétique budgétaire!
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En tant qu'algérien je voudrais faire gentiment remarquer aux gouvernants de Tunisie que le plus important soutien de la Tunisie, économiquement, financièrement, touristiquement, militairement, c'est l'Algérie.
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Pas les Saouds ou les occidentaux.
Si demain la Tunisie est menacée d'invasion par les milices extrémistes libyennes, c'est l'Algérie votre véritable bouclier, pas l'Arabie Saoudite!
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Or vous étés en train de prendre des positions qui ne passent pas inaperçues en Algérie .
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Lorsque votre diplomatie soutient les croisades religieuses saoudiennes contre la souveraineté des états, se prosterne devant l'OTAN, lorsque votre ministère de la défense propose de faire voter a l'ARP une loi pour autoriser des soldats étrangers a se déployer en Tunisie.....
Tout ceci suscite beaucoup d'interrogations légitime en Algérie, sur la fiabilité de l'état profond de Tunisie, et sur la lucidité de votre gouvernement.
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Heureusement la prise de position unanime des organes de la société civile tunisienne (UGTT, etc..) montre que le peuple de Tunisie est beaucoup plus fiable et lucide que ses gouvernants!
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Meilleurs voeux a la Tunisie et vivement un sursaut souverain de ce pays qui nous est si proche!

Angel
| 05-03-2016 20:22
Depuis une semaine, tant bien que mal, le cesser le feu est maintenu en Syrie et les secours peuvent parvenir à la population et ne plus être détournés par les terroristes. Même l'ONU l'a reconnu et les dates commencent à se fixer pour une trêve voire une paix en Syrie.

Depuis la population Syrienne commence à sortir dans les rues ET EN PROFITE POUR APPORTER SON SOUTIEN A BACHAR EL ASSAD.
Alors tous ceux qui écrivent ici que le Hezbollah aurait du s'allier au peuple syrien contre Bachar El Assad ont tout faux ... et verront que l'avenir est du côté de la Syrie et donc du Hezbollah!

Que n'avons nous un dirigeant tunisien de la trempe de Bachar ou de Nasrallah!

drmohamedsellam
| 05-03-2016 17:44
Laissons ces balivernes de côté et soyons sérieux :préférez-vous vos concitoyens qui sont par milliers dans les pays du golfe ou ce machiavélique de Nasrallah ?Préférez-vous votre patrie dans ces circonstances critiques,votre patrie qui a besoin d'être soutenue,secourue ou cette organisation de meurtriers de tout acabit ? dites, répondez en votre âme et conscience' si vous avez un iota d'amour pour votre patrie.. !

Tunisienne
| 05-03-2016 13:30
Les uns, parce qu'ils pensent être très futés en caressant les donateurs de miettes (ainsi que les "wahabbo-fascinés") dans le sens du poils. Les autres parce qu'ils sont partie-prenante du plan américano-sioniste...
Le mélange des deux "logiques" est, bien évidemment, plus qu'explosif!

CONQUERANT
| 05-03-2016 10:48
Par-delà le cas anecdotique du « HIZBOULLAH » et son improbable essence, les tribulations de la politique étrangère Tunisienne auront révélé au grand jour deux enseignements majeurs :

Le premier enseignement qui vient à l'esprit est que nous ne sommes plus maîtres de nos décisions. L'asservissement aux intérêts transnationaux, se chuchotait, se subodorait même. Il est désormais acté.
Certains « amis » -exploitant notre faiblesse momentanée ou notre dénuement financier- croient bien faire en nous dictant des pactes léonins, quand, ce ne sont pas de purs caprices. A nous de les faire nôtres par la suite pour mériter leur magnanimité.
Or, ces gens-là ne donnent rien. Ils achètent. Les exemples ne manquent pas au plan régional et international (Rappelez-vous la tentative ratée de privatiser une portion d'une plage publique dans le sud de la France l'été dernier afin d'en faire un domaine royal réservé. Un ascenseur sur la plage. Rien que ça'ILFLOUS KI TOUKTHOR'THABAL).
Pour eux tout est affaire d'argent. Tout est négociable ; a fortiori quand le frère « ACHAKIK » -dans le besoin- a un genou par terre.
Sous prétexte d'avoir récupéré quelques Zincs pour son armée de l'air (Des avions F5 oxydés et hors d'usage et dont la remise en état nous coûtera des sous) BCE pense pouvoir faire des concessions majeures qui touchent à la souveraineté nationale.
C'est la situation dramatique de la Tunisie actuelle.
Nous pensions avoir mis un terme à l'alignement systématique de la politique étrangère Tunisienne sur les Golfistes en confiant notre destinée à un Compagnon du Président Bourguiba, un Grand non aligné. Erreur sur toute la ligne.
Ce dernier ne fait pas mieux que son prédécesseur velléitaire et malléable à souhait.

Le deuxième enseignement que nous devons tirer est l'existence bel et bien d'une opinion publique en Tunisie qui a su réagir à temps pour faire infléchir la décision gouvernementale.
Et, ce ne sont pas les arguties juridiques faisant valoir que la réunion des ministres arabes de l'intérieur n'a adopté qu'un acte déclaratif (BAYAN) dénué de tout effet juridique immédiat qui nous convaincront.
Le ministre de l'intérieur en apposant sa signature au bas de l'accord adopté ou en y acquiesçant ne l'a pas fait de son propre chef. Il a obéi à une consigne. Sans quoi il aurait été sacrifié sur l'autel des intérêts supérieurs de la nation mal compris.
A qui fera-t-on croire une telle ineptie?
Par ailleurs, tous les juristes savent que la théorie de l'apparence en droit est une fiction juridique qui cache souvent l'existence de contre-lettres, scellant un accord entre les parties, que l'on s'interdit de révéler aux tiers.
Cet acte, fût-il, déclaratif, rien ne dit qu'il ne révèle pas par contraste un accord dûment signé.
Si le gouvernement a reculé c'est à cause et grâce à la vigilance des organisations non étatiques qui ont vu dans la déclaration des ministres arabes de l'intérieur un danger mortel de plus pour la souveraineté du pays.

Il faut s'en féliciter.

De cet épisode peu glorieux pour notre diplomatie on peut très bien admettre que l'ordonnancement des choses nous assigne à un certain pragmatisme. C'est un signe de maturité politique indéniable. Cependant, cela ne saurait se faire au détriment de nos intérêts ou nous valoir résignation et renoncement à notre IDENTITÉ TUNISIENNE. Celle que le père fondateur a forgée et qui ne passera pas par pertes et profits.

Ça n'est pas négociable ça !

3ABROUD
| 05-03-2016 08:12
Tout ce qui vient de l'Orient n'est pas toujours innocent ! Les vents d'Est ne sont pas stérilisés. Nous sommes très vulnérables à cause de nos émotions débordantes qu'il faut maîtriser. Notre pays est à la démesure de l'enjeu géopolitique, au Moyen-Orient.

Tt
| 04-03-2016 22:37
Revennez sur cette position vite,le peuple tunisiens la rejettent en bloc

EL OUAFY
| 04-03-2016 22:10
Hiz bou Allah est un milice confectionné par les deux pays pour faire pression sur le Liban d'après les investigations des spécialistes à la matière ils ont conclu que ce parti n'a pas de relation avec le Dieux cet entités c'est pour tromper les autres car sa mission n'a pas de relation avec le religieux sa relation elle politique est il est au service de la Syrie car les hauts responsables n'ont pas de confiance envers leur peuple mais le retour du manivelle est éminent et sa soutenance est devenue impossible car la Syrie vivant dans un climat qui n'est pas en mesure de défendre soit même et Hazbou Allah devenu orphelin L'Iran a changé de direction à 180 décret et les récents reformes lui permettre de retrouver la bonne direction et ce depuis la chute de shah grâce à un politicien de talle Akbar Hachemi Rafsandjan pourvu d'une politique pragmatique qui garantira une meilleure avenir au nombre important des jeunes qui vivaient otages d'une politique d'isolement depuis longtemps .

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