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Unité de montage du Peugeot Pick Up en Tunisie : Promesse tenue !

Temps de lecture : 6 min
Unité de montage du Peugeot Pick Up en Tunisie : Promesse tenue !

 

Il y a moins d’un an, la presse internationale était réunie à Hammamet pour essayer le nouveau Pick Up Peugeot qui signait son grand retour . A cette occasion, Abderrahim Zouari, vice-président de Stafim Peugeot, avait indiqué que l’inauguration de l’usine de montage tunisienne aura lieu à la date du 25 juillet 2018. Aujourd’hui, c’est chose faite. Reportage.

 

«C’était un rêve, c’était une idée, aujourd’hui c’est une réalité», a déclaré M. Zouari ce matin à l’inauguration du site en présence du chef du gouvernement, de deux ministres, d’un secrétaire d’Etat et des chefs du patronat et du syndicat. Et d’ajouter : «Pour une fête nationale, il faut un produit national et on l’a habillé avec le drapeau national. Maintenant, il s’agit de l’exporter et il faut que le gouvernement nous aide».

 

 

«Le choix de cette date est une merveilleuse idée et annonciateur d’une grande réussite», a estimé, pour sa part, Jean Christophe Quémard, directeur de la région Moyen-Orient et Afrique au sein du Groupe PSA.

 

 

Conscient de l’importance de ce genre de projets pour l’économie nationale et sa relance, Youssef Chahed était présent. «Nous saluons ce type de projets, et s’il est une chose dont il est la preuve c’est la reprise économique et la confiance retrouvée des investisseurs étrangers. Nous pouvons en faire plus à condition de garantir une stabilité sécuritaire et politique. Les indicateurs sont au vert et l’avenir sera meilleur si nous gardons foi en nous et en nos compétences», a-t-il souligné.

 

Un avis partagé par Samir Majoul, patron des patrons qui s’est dit «très heureux d’être là». Pour lui, «ça prouve que l’investissement privé continue avec les partenaires internationaux. Ça prouve aussi que la Tunisie est sur la voie de la relance. Ce qui est important pour nous, c’est de continuer sur cette lancée, de faire en sorte que notre site soit de plus en plus compétitif et attractif par les pratiques et par les lois. Il faudrait aussi qu’on soit compétitif en matière de logistique. En matière sociale, il y a d’excellentes relations en Tunisie entre les partenaires sociaux UGTT et Utica, ce qui conforte les investisseurs». En outre, il estime que : «La Tunisie doit réfléchir pour confirmer sa position en tant que hub pour l’Afrique, les accords d’intégration du Comesa est une excellente initiative, mais il faut aussi encourager nos industriels à l’investissement à l’étranger. Aujourd’hui, nos concessionnaires automobiles peuvent se développer en Afrique et y ouvrir des concessions et être aussi une plateforme de distribution de la production tunisienne. Il y a aussi tout un secteur de composantes, qui honore l’économie nationale, qui a fait ses preuves un peu partout dans le monde et qui doit être justement développé et encouragé pour maintenir sa performances et peut-être l’améliorer».

 

 

Annoncé lors de la conférence internationale de l’investissement «Tunisia 2020», Stafim Industrie en est la concrétisation. «Nous nous sommes engagés devant le président de la République lors du sommet 2020 à la réalisation de ce projet industriel. Nous avons fait une promesse et œuvré à la concrétiser. Vous avez devant vous aujourd’hui un produit national, un produit tunisien et son taux d’intégration avoisinera les 43%. (…) plusieurs composants automobiles dans cette usine sont produits par l’industrie nationale», a affirmé Abderrahim Zouari. Et d’ajouter d’un air malicieux à Nourredine Taboubi : «Dans cette usine nous intégrons un bloc social : la cantine, le vestiaire et la douche pour que la productivité soit au rendez-vous».

 

 

Ce projet est aussi un coup de pouce du constructeur français à l’économie nationale après avoir senti la déception des Tunisiens suite à l’installation de l’usine PSA au Maroc, comme l’explique M. Quémard. «M. Zouari nous a challengé et d’une idée nous sommes arrivés en moins de 2 ans à ce site d’assemblage», précise-t-il. Mieux, le responsable PSA annonce un nouveau produit pour cette unité.

«Nous ne sommes pas là pour une opération one-shot. Nous réfléchissons à regarder plus loin et nous travaillons sur le prochain produit qui sera assemblé dans cette usine. Nous allons continuer à développer la base fournisseur et la Tunisie», a-t-il soutenu. Et de souligner : «Notre idée est de faire de ce site tunisien le point de départ de l’exportation de ce véhicule produit ici et à vocation de le rester». Il a rappelé les engagements du groupe PSA en Tunisie, il y a 3 ans, pour l’achat de 100 millions d’euros de composants supplémentaires. «Chose faite, l’année dernière nous avons importé pour 300 millions d’euros qui passeront à 350 millions d’euros cette année si tout va bien et d’ailleurs tout va bien», a-t-il précisé.

 

 

Stafim Industrie est une unité de montage du Peugeot Pick Up en SKD (montage complet du véhicule). L’investissement global est de l’ordre de 32 millions de dinars. Il devra générer à terme 400 emplois directs et indirects. L’usine s’étend sur 2 hectares dont 5.600 m2 c ouverts. Elle a été classée référente en montage SKD par PSA. Elle possède une capacité de production annuelle de 7000 unités qui peut doubler avec un taux d’intégration locale avoisinant les 43%, grâce à un partenariat avec une vingtaine de fournisseurs industriels locaux. Parmi eux, Carthage trailer, implanté à Zaghouan et qui fait les bennes et CEFER à Sfax qui est chargé du traitement cataphorèse benne.

 

 

Le vice-président de Stafim Peugeot ne cache pas ses ambitions : atteindre 13.000 unités produites et dont une grande partie sera destinée à l’export, notamment vers l’Afrique.

En effet, selon les accords entre les deux partenaires, la Stafim se charge de la commercialisation du produit en Tunisie, et PSA de sa commercialisation hors Tunisie. Mais avant cela, il faudrait dépasser le taux d’intégration de 40%. Une histoire de paperasserie, note M. Zouari, puisque le produit a effectivement dépassé les 43% de taux d’intégration et pourrait atteindre les 50% si les sièges étaient comptabilisés.

«Malgré les difficultés, on avance. Nos difficultés nationales se répercutent chez nous. On essaye de lutter contre ça», a-t-il martelé et d’ajouter : «Il faut croire en notre pays et son développement».

 

 

Pour Jean Christophe Quémard, il faudra surtout assurer la qualité et la capacité. Interrogé par Business News sur le fait que la Tunisie soit un terrain favorable pour le développement de cette unité, il a été direct : «Il y a un terrain favorable, mais il y a de gros challenge. Il ne faut pas se raconter des histoires : la stabilité du pays est une question, l’environnement social est une question, les infrastructures sont une question, la bureaucratie est une question, ce n’est pas si simple. Le terrain favorable s’est un tissu industriel qui existe et le personnel bien formé, mais il y a de réels challenges. Notre partenaire est là pour résoudre ces difficultés».

 

Le secteur automobile a toujours été stratégique pour la Tunisie. Il s’agit d’un secteur porteur qui capte les investissements, qui emploie une main d’œuvre qualifié et qui exporte énormément. Stafim Industrie en est une nouvelle concrétisation, la prochaine étape sera l’export.

 

Imen NOUIRA

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Commentaires (10)

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Rationnel
| 26-07-2018 16:05
Le Maroc est devenu en un cours laps de temps une destination favorite des investisseurs auto, le Mexique est la destination favorite des constructeurs auto l'échelle internationale, c'est aussi la destination moins chère. Les constructeurs allemands favorisent les destinations ou il n'y a pas une culture industrielle quand ils investissent aux états unis, leur première destination est la Caroline du Sud ou BMW construit plus que la moitie de ses SUV et voitures. Mercedes s'est établie en Alabama, de même pour les japonais ils préfèrent les régions ou il n'y a pas de culture industrielle, les régions ou il y a une culture industrielle les travailleurs rejoignent les syndicats, dans les régions ou il n'y a pas une culture industrielle les travailleurs votent contre les syndicats. L'UGTT est peut être l'un des premiers obstacles contre l'investissement industriel, les investisseurs préfèrent ne pas se soumettre aux exigences surtout les intransigeants comme l'UGTT. Les travailleurs syndiques sont mieux payes que ceux qui ne sont pas syndiques. L'industrie au 21eme demande une grande flexibilité et un changement permanent.
Une culture industrielle n'est pas si importante quand la majorité des taches dans une usine auto sont robotises. Les taches qui ne sont pas robotises ne demandent pas une grande expertise mais nécessite beaucoup de coordination main-yeux (hand eye coordination) comme la finition de l'interieur (interior finishing), il est difficile de programmer les robots pour ces taches ou il y a une grande variation mais avec l'intelligence artificielle les robots vont pouvoir s'autoprogrammer. Tesla essaye de robotiser ces dernières taches. L'usine Peugeot en Tunisie est une usine de finishing, le montage de kits et l'installation de l'intérieur de la voiture. Ce type d'usine est un astuce pour contourner les tarifs douaniers, en Algérie ceci a provoque le mécontentements de acheteurs et l'enrichissement d'une pigne de profiteurs proche du système. Il y'a un mème un boycott contre l'achat de ce type de voitures en Algérie, un groupe Facebook de plus de 1,5 millions d'adhérents et une campagne "Kaliha Tassda", laisse la rouiller.

Il est trop tard pour se lancer dans la construction des voitures a combustion, les voitures électriques sont le futur et leur conception et construction sont beaucoup plus simples. Tesla une société qui a peine 15 ans est le leader incontesté dans le domaine, BYD une société chinoise qui s'est lance dans le domaine il y a peine 10 ans est le plus grand constructeurs mondial. BYD construit 4 usines au Maroc: l'une pour les batteries, une 2eme pour les voitures électriques, une troisième pour les bus et camions électriques et la dernière pour fabriquer des trains électriques. Le marche auto va stagner et les voitures électriques vont accaparer une partie du marche, au Norvège les voitures électriques ont presque la moitie du Marche, la Suède suit le même chemin que la Norvège, d'ici 2025 les voitures électriques auront 50% ou plus du marche dans plusieurs pays donc plusieurs usines de voitures a combustion vont fermer. La course pour la construction des voitures électriques commence et la Tunisie n'a pas un grand retard dans ce domaine mais pour la construction des voitures a combustion est une industrie plus que centenaire, il est plus difficile de se faire un nom.

On a plusieurs entrepreneurs et ingénieurs qui sont aussi compétents qu'Elon Musk et qui peuvent lancer des sociétés comme Tesla, l'exemple des voitures Wallys prouve que c'est possible malheureusement les autorités et les banques veulent toujours traiter avec les rentiers favoris.

Gg
| 26-07-2018 15:04
Le lien que vous citez montre une chose: on ne crée pas une industrie automobile ex-nihilo dans un pays qui n'a aucune culture industrielle.
Prenez le cas de Dacia. La marque est historique, il y avait en Roumanie une vraie culture industrielle. Renault a donc construit ses usines en terrain connu, avec un encadrement Renault pendant des années, il a fallu 7 ans pour que Dacia travaille avec Renault d'égal à égal. Et tout cela dans une belle stabilité politique.
Faut comprendre les constructeurs, aujourd'hui la concurrence est telle que les clients ne pardonnent plus les délais non tenus et la qualité approximative.

Gg
| 26-07-2018 14:41
Vous avez peut être raison, mais qui prendrait le risque d'investir 1 milliard de D dans un pays où les grèves, la ramadan, la séance unique et les caprices administratifs coulent les entreprises? Je pense aux phosphates et à Petrofac, bien sûr.
C'est Pourquoi je pense que cette usine est un ballon d'essai. Si la productivité et qualité sont au rendez vous, ce sera la preuve qu'on peut faire plus.
Si ça ne marche pas, ce ne sera pas dramatique pour PSA.

Rationnel
| 26-07-2018 14:11
En examinant les photos on ne peut pas parler vraiment d'une usine de voitures. L'investissement de 32 millions de dinars est très modeste, pour la construction d'une voiture de A a Z on a besoin d'un investissement dans les milliards de dinars. Le risque de cette usine c'est que comme en Algérie les pick-up produits par cette usine seront plus chers que ceux importés. L'usine va permettre a Stafim et Peugeot d'éviter de payer les frais de douanes donc çà sera une perte pour le gouvernement pour un investissement et un nombre d'emplois modestes.

Une analyse plus détaillée sur l'expérience de l'Algérie avec le montage des voitures en Kit: https://www.capital.fr/entreprises-marches/voitures-made-in-algerie-le-gouvernement-dresse-un-bilan-catastrophique-1239174

Gg
| 26-07-2018 11:35
C'est quoi la faille?

byrsa
| 26-07-2018 08:25
Vraiment bravo à Zouari et toute l'équipe qui a concrétisé ce magnifique projet !!
le taux d'intégration est incroyablement élevé et permet vraiment de dire qu'il s'agit bien d'une voiture tunisienne, ce qui fait 3 marques en tunisie fabriquées : isuzu, wallys et maintenant peugeot.
C'est exactement de ça dont on a besoin pour redonner de l'espoir à notre jeunesse diplomée.
Félicitations et meilleurs voeux de réussite

Léon
| 25-07-2018 22:56
Pour faire aboutir une idée, il faut d'abord y croire. Et ne peut y croire que la personne qui l'a eue.
Il y a une faille énorme dans les fondations de cet édifice. Une faille essentielle, qui ne peut émaner que de personnes qui n'ont pas foi en ce projet.
Cela ne m'étonne pas du côté tunisien, mais venant du côté français, j'en suis sur le cul.
Quand je vois cela, je me demande si je ne suis pas plus Peugeot que les directeurs de Peugeot. Dommage!
Rendez-vous dans un an, quand vous viendrez demander pourquoi cette voiture ne se vend pas.

Léon, Min joundi Tounis Al Awfiya;
Résistant.

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.

Ali Baba au Rhum
| 25-07-2018 22:02
des chaines de montage automobiles sans transfert de technologie, il y en a déjà eu, dans notre pays et ailleurs, et on en a vu le résultat; aujourd'hui c'est le même processus qui est réactivé avec le même partenaire dont l'usine du Maroc constitue le pivot principal dans sa stratégie de pénétration du marché africain ( production annuelle de 90000 véhicules) .Dans ces conditions on peut bien sûr exulter pour ces 400 emplois créés dans cette usine de Mdhila destinée à produire 1200 véhicules par an, mais l'exploitation politique qui en est faite n'est elle pas simplement déplacée?

HatemC
| 25-07-2018 21:55
C'est un Peugeot
Il n'a rien d'un véhicule Tunisien ... il est simplement montée en Tunisie ... tout comme en son temps la STIA faisait ... on a fait du sur place depuis 56 ans .. La Tunisie n'a pas avancé d'un pouce ...
Les Espagnols ont réussi a fabriqué leur propre modèle sous l'appellation SEAT ...
Ce Pick Up porte la marque du Lion et non de l'Aigle ...
Circulez y a rien à voir ...
Le site du Maroc est beaucoup lus important que celui de la Tunisie ... il produit 90 000 véhicules par an ... celui d'Oran en Algérie 25 000 unités ... celui de la Tunisie ne fabriquera que ... 1 200 ... HC

Barg-ellil
| 25-07-2018 21:17
Dans quelques mois un chat noir annonciateur de malheur nommé Tabtoub va surement mettre son nez dedans et faire tout foirer , et cette usine de montage va comme beaucoup d'autres partir au Maroc .
Alors si les personnels de cette usine souhaitent préserver leurs emplois il faudrait mieux qu'ils
adhèrent à un autre syndicat qui s'occupe que de leur droit et de rien d'autre

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