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Chroniques
Que Ennahdha ou le Front populaire soient mis en prison !
03/10/2018 | 17:59
3 min

Par Marouen Achouri

 

Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi ont été tués en 2013. Inutile de rappeler le contexte dans lequel ces meurtres ont été perpétrés, ni de revenir sur le séisme politique qui s’en est suivi. Ce qu’il est par contre utile de souligner, c’est que l’élucidation de ces meurtres est devenue un fond de commerce politique utilisé par les uns et par les autres.

 

L'actuel président de la République, Béji Caïd Essebsi, a fait la promesse, à la veuve de Chokri Belaïd, de mettre la main sur les auteurs et les commanditaires de ces meurtres. Il avait également utilisé cette affaire durant sa campagne. Ennahdha, quant à elle, a toujours cherché à ramener cette affaire judiciaire dans le giron politique et de décrédibiliser l’accusation en prétendant qu’il s’agit d’un conflit politique entre le parti islamiste et le Front populaire. Evidemment, ce dernier est accusé de capitaliser sur le sang de ses martyrs pour obtenir une notoriété politique qu’il ne parviendrait pas à avoir par ses programmes ou ses propositions.

 

Toutefois, hier, le Front populaire, par la voix de l’avocat Ridha Radaoui, a rendu publics des documents d’une extrême gravité dans cette affaire. La présentation légèrement brouillonne de l’ensemble de ces faits n’enlève rien à leur gravité. Précision importante : l’ensemble des documents présentés provient de la justice tunisienne, c’est-à-dire que ce sont des documents que la justice possède déjà. Ce constat renforce l’opinion selon laquelle la justice tunisienne traite cette affaire, pourtant grave, avec une certaine légèreté. Il s’agit donc de documents qui prouvent, d’après le Front populaire, le lien qu’entretiendrait un certain Mustapha Khedher avec Ennahdha et d’autres affaires encore plus louches. Indépendamment du détail de ces révélations, il est temps pour que le dossier Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi soit définitivement clos, au moins au niveau judiciaire. Il est devenu insupportable de voir ce qui avait été vécu comme une catastrophe nationale devenir un argument politique qu’on ressort au gré des alliances du moment.

Le Front populaire a toujours accusé directement Ennahdha d’être responsable des meurtres de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi. Ennahdha s’en est toujours défendue en accusant le Front de vouloir salir le mouvement islamiste et de ne pas apporter de preuves de ce qu’il avance. Il y en a marre. L’un des deux doit être mis en prison en application de la justice tunisienne. Si le Front accuse Ennahdha pour marquer des points et réaliser un gain politique, cette pratique doit cesser immédiatement. Si Ennahdha est réellement impliquée dans les meurtres des deux leaders de gauche, alors le mouvement doit être dissous et ses responsables mis en prison. Mais ce ping-pong incessant entre les deux partis politiques sur le meurtre de deux personnes devient insupportable.

 

La solution pour en finir avec l’aspect politique de cette affaire est encore une fois d’aller devant la justice. Il serait temps qu’Ennahdha porte plainte officiellement contre le Front populaire pour diffamation et pour accusations mensongères et fausses allégations. D’ailleurs, Hamma Hammami, porte-parole du Front, a invité publiquement Ennahdha à porter plainte à ce sujet. Puisque tous les deux ne ratent pas une occasion pour parler de la confiance qu’ils ont en la justice tunisienne, alors il faudrait passer à l’action et lui faire réellement confiance. Deux options sont possibles : ou bien le Front populaire est reconnu coupable de fausses accusations, et à ce moment là aucun de leurs dirigeants ne pourra plus utiliser l’argument du meurtre des deux leaders de gauche, ou la justice confirme la véracité des accusations et à ce moment là, les juges de l’affaire principale seront dans l’obligation d’apporter des réponses claires et sans équivoques à l’opinion publique.

Cela fait 5 as que les meurtres de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi trainent en justice sans que celle-ci n’apporte un éclaircissement définitif. Nous avons tendance à regarder tout cela de loin aujourd’hui, mais il faut qu’on se replace dans le contexte de l’époque pour mesurer l’impact que ces assassinats ont pu avoir sur les Tunisiens. Le plus grand crime que l’on pourrait commettre envers cette nation et envers l’Histoire, serait de laisser cette plaie ouverte.   

03/10/2018 | 17:59
3 min
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Commentaires (13)

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takilas
| 07-10-2018 04:57
Soit la justice tunisienne , sans les partisans de nahdha, prenne en main cette affaire et prend des jugements juste et équitable, et ce comme lebstipule la loi, car le peuple tunisien ne peut avaler niavaliser d'es crimes commis par nahdha et que cette nahdha puisse fuir la justice parce qu'il s'agit d'un soi-disant parti (qui ne l'est plus théoriquement d'ailleurs depuis les événements deBab Siuika et de Slimene) politique qui a participé à des élections après 2011, quoique cette participation estn pleine de questionnements quant à l'aspect juridique de ce présumé parti venu en fait suite à une douteuse et anormale composition d'un groupe à Londres sous la couverture de présumés réfugiés politiques venus comme parbechantemen en Tunisie , pleins d'argent, au cours de l'année 2011 dans le cadre du printemps arabe qui jusqu'à ce jour ce présumé printemps s'est avéré fallacieux et plein d'ingérences et d'implications étrangères surtout des assassinats inexpliqués des jeunes par des snipers et ce essentiellement à Thala et à Kasserine, soit des assassinats qui ont obligé un groupe de juges à manifester le 13 janvier 2011 à manifester en paix devant le ministère de l'intérieur d'où le départ de Ben Ali et toute la confusion qui s'en est suivie les jours d'après dont la veue de Londres dudit groupe nahdha avec sa nouvelle composition de concitoyens d'une Zoé bien déterminée du sud-est tunisien et dont des liensbde parentés existent entr'eux.
Donc devquelparti parle-t-on? Etdevquelle démocratie qui s'est basée depuis lors jusqu'à ce jour suer la violence, les actes de violence, les assassinats et les innombrles délits commis par ce parti fantoche?
Et même après avoir su toutesv ces manigances on continue de parler de reconciiation être consensus, on va où avec toutes ces aberrations et ces irrégularités que tôt ou tard l'histoire tunisienne n'admettra jamais. Et puis est-ce que le peuple tunisien est obligé de mettre sur le coeur et d'imposer ce groupe d'autant plus que ses propagandes électorales étaient basées sur la corruption et par des blanchiments d'argent.
Est-ce un comportement dun pays structuré et respecté ?

Deapthroat
| 04-10-2018 12:29
dissoudre Ennahdha!! Non mais vous vous rendez compte Est ce que la justice tunisienne est assez forte et indépendante pour ça En est elle capable......la plupart d'entre nous connaisse la réponse

DHEJ
| 04-10-2018 11:33
CODE DE PROC'?DURE PENALE (1)

DISPOSITIONS PR'?LIMINAIRES DE L'ACTION PUBLIQUE ET DEL'ACTION CIVILE

Article premier

Toute infraction donne ouverture à une action publique ayant pour but l'application des peines et, si un dommage a été causé, à une action civile en réparation de ce dommage.


Mais ce n'est pas un BAISER!

Toto
| 04-10-2018 08:33
Bonne continuation

Toto
| 04-10-2018 07:28
Même si mon commentaire ne vous plait pas, il faut quand même le publier !
Arrêtez avec cette censure à la noix qui vous dessert plus qu'autre chose !
Arrêtez avec cet égo inutile qui exaspère les tunisiens...


B.N : Vote commentaire a été oublié , bonne lecture.

Maxula
| 03-10-2018 22:25
"Le front populaire et ennahdha mètreront tout le monde en prison"...et vous avec, parce que vous massacrez la langue française...en maltraitant non seulement "la logique"' mais en plus, la conjugaison du verbe "mettre" !
Maxula.

averroes
| 03-10-2018 21:50
une des caractéristique des islamistes est le manque de maîtrise de la langue française.
@james joe, la conjugaison française a beaucoup de secret pour toi.
les chocs multiples au front,dans l'objectif de rendre visible une prétendue piété, ont des conséquences néfastes et irréversibles au cerveau.

Abidi
| 03-10-2018 21:27
Bonsoir sauf votre respect Mr il semble que vous ayez mal interprété les manigances des partis politiques Tunisiens le front populaire et ennahdha mètreront tout le monde en prison sauf leur adhérent respectif depuis la pseudo révolution on vit sur ce rythme qui fait diversion orchestré par nos politiques qui se chamaillent dans les plateaux télévisés et sortent pour dîner et veiller ensemble donc comme vous l'avez dit si ces documents proviennent de la justice c'est que tout les haut responsables ont connaissance du sujet et ils continueront à nous mener en bateau à leurs guise et vive la démocratie

Maxula
| 03-10-2018 21:08
Meurtres, par-ci...meurtres par-là...
Il n'est question dans le laïus que de "meurtres" alors qu'il s'agit bel et bien d'assassinats !
Il faut attendre l'avant dernière phrase pour voir ces "meurtres" qualifiés comme il se doit, d'abjects, vils et lâches ASSASSINATS. Pas moins !
Un ASSASSINAT est certes un meurtre...mais commis avec préméditation (ou guet-apens)...ce qui lui confère une dimension encore plus lâche qu'un simple meurtre...
De là à considérer que le rédacteur visait plus à faire l'amalgame entre le plaignant et le coupable en puissance, que d'avoir le souci de démêler le vrai du faux...il n'y a qu'un pas...!
LMSI
Maxula.

abouali
| 03-10-2018 19:54
La plaie restera malheureusement indéfiniment ouverte si la situation politique n'évolue pas. La secte a infiltré tous les rouages de l'Etat afin de couvrir ses basses oeuvres et empêcher que les crimes commis à son instigation ne soient dévoilés et jugés. Car comment expliquer que des documents déjà aux mains de la justice n'aient pas fait l'objet d'investigations plus poussées, et que d'autres restent encore mystérieusement inaccessibles ? C'est pour ces raisons que la secte a peaufiné une stratégie de soi-disant "tawafek" pour ne pas être éloignée des sphères du pouvoir et se tenir informée en permanence sur tout ce qui touche ses intérêts, et réagir au quart de tour quand il y a péril en la demeure. Ajoutez à cela l'art de la dissimulation et du secret qui constitue l'un des dogmes de la confrérie, et vous comprendrez pourquoi la vérité ne risque pas d'être révélée un jour !
Pour conserver cette position dominante, garantie d'impunité, elle est condamnée à progresser de plusieurs crans et détenir toutes les clés. Ainsi, sa victoire aux prochaines élections devient-elle une question de survie, car l'accession aux commandes d'une formation moins accommodante, moins complice que Nidâa, signerait son arrêt de mort, comme ce fut le cas en Egypte. Attendons nous donc a une guerre acharnée où tous les coups bas seront utilisés à cette fin.
Enfin, que dire de la communication officielle totalement défaillante et à minima dans deux affaires a l'impact considérable sur l'opinion publique ?