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Qu’arrivera-t-il si le gouvernement Jamli ne passe pas ?

Temps de lecture : 4 min
Qu’arrivera-t-il si le gouvernement Jamli ne passe pas ?

 

C’est la question sur toutes les lèvres ce matin du vendredi 10 janvier 2020, jour du vote de confiance du gouvernement de Habib Jamli : ce gouvernement passera-t-il ou pas ?

Chacun y va de sa calculette pour compter le nombre d’élus de chaque coalition qui devrait voter la confiance. Ou pas. Les 109 requis d’un côté comme de l’autre sont difficiles à trouver, il y a trop d’incertitudes. Il y a surtout un grand manque de conviction. Quel que soit le vote, très rares  parmi les 217 députés qui sont sincèrement convaincus que le gouvernement de Habib Jamli est le meilleur qui soit. De l’autre côté, très rares aussi sont les députés qui sont sincèrement convaincus que l’alternative est meilleure.

A toutes ces incertitudes, à toutes ces rumeurs de députés « achetés » à la dernière minute, à toutes les manœuvres (pas trop silencieuses) qu’opèrent certains lobbyistes pour préparer le chef du gouvernement qui succèdera à Habib Jamli, l’instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) est entrée sur la scène pour semer encore plus de trouble. Une liste d’au moins cinq ministres du gouvernement Jamli devrait être distribuée sur les 217 députés ce matin. Cinq ministres poursuivis dans des affaires dites de corruption, d’après l’instance. Théoriquement, constitutionnellement, juridiquement, ils sont innocents et on ne sait même pas si ce sont des affaires sérieuses ou montées de toutes pièces. Politiquement cependant, ces cinq ministres sont condamnés par Chawki Tabib et ils ne seront que cinq ex-futurs ministres. Peut-il en être autrement, le président de l’Inlucc pouvait-il  agir autrement dans un pays qui a grand besoin d’une moralisation de sa vie publique ?

 

Que se passera-t-il alors cet après-midi ? Quelle est l’alternative ?

Une nouvelle fois, on sort l’article 89 de la Constitution, le seul qui tranche la question de ce qui arrivera si le gouvernement de Habib Jamli n’obtient pas la confiance de 109 députés.

 « Si le gouvernement n’est pas formé au terme du délai fixé (le 15 janvier 2020 NDLR), ou si la confiance de l’assemblée des représentants du peuple n’est pas obtenue, le président de la République engage dans un délai de dix jours des consultations avec les partis, les coalitions et les groupes parlementaires, en vue de charger la personnalité la mieux à même d’y parvenir de former un gouvernement dans un délai maximum d’un mois.

Si dans les quatre mois suivant la première désignation (15 mars 2020 NDLR), les membres de l’ARP n’ont pas accordé la confiance au gouvernement, le président de la République peut dissoudre l’ARP et convoquer de nouvelles élections législatives dans un délai de 45 jours au plus tôt et de 90 au plus tard. »

 

Cette solution devrait faire peur à beaucoup de députés parmi ceux qui ne vont pas donner leur confiance cet après-midi à Habib Jamli. Car rien ne garantit que la personnalité qui sera nommée par le président Kaïs Saïed (après concertations avec tout le monde) sera meilleure que Habib Jamli. Encore moins son gouvernement. Rien ne garantit, non plus, que le président de la République n’usera pas de ses prérogatives de dissolution du parlement. Pour ces députés, jouer à la roulette russe est moins risqué que d’aller à de nouvelles élections avec tout ce qu’elles supposent de frais, de mobilisation, de temps et d’énergie.

« Un gouvernement Saïed sera meilleur ? On a vu son entourage ! Pas un seul CV rassurant, prévient Ahlem Hachicha Chaker du mouvement Machrouû.

Un gouvernement Ennahdha est redevable à l'assemblée et aux électeurs. Là, avec le gouvernement du président, c'est carte blanche à un type à l'ambition dévorante, qui a prouvé son incompétence et sa mauvaise foi, y compris envers ceux qui l'ont élu.

Ennahdha aura toujours un truc à négocier. Saïed ne négocie rien, il ne demande rien. Il veut. Et là on lui donne ! Ces partis d'accord aujourd'hui s'entretueront demain pour se placer au gouvernement ».

En résumé, si le gouvernement passe, il va être faible, très faible et aura difficilement une marge de manœuvre et des soutiens à l’ARP pour faire passer ses lois. Il sera amputé, de prime abord, de quelques ministres. Subir un remaniement avant même d’avoir commencé est juste une première qui ne peut que fragiliser Habib Jamli.

Si le gouvernement ne passe pas, c’est la situation politique qui sera fragile et le pays encore plus faible.

Dans un cas, comme dans l’autre, nous sommes face à deux mauvais choix qui vont tous les deux affaiblir davantage la Tunisie. Ce qu’on appelle le prix de la démocratie. 

 

R.B.H

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Commentaires (8)

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MH
| 10-01-2020 12:06
Les gens pensent à tord que dans le cas d'échec d'Nahdha on passe au GVT du président et l'auteur de cet article induit en erreur l'opinion public dans ce sens. Non, ça n'a jamais été comme ça dans les démocraties parlementaires. Le président choisit un autre personnalité pour former un GVT d'une autre formation politique du parlement. Par exemple ça peut être un représentant du courant démocratique (Abbou) car c'est la composante majoritaire du deuxième bloc parlementaire avec 42 sièges (par comparaison Nahdha 51 sièges). S'il parvient à former un GVT qui aura l'aval de l'ARP, c'est gagner. Sinon, on dissout le parlement et on recommence les élections.

dilo
| 10-01-2020 11:57
qu'une armée sous-terraines et secrète gracieusement payée par les nahdhaouis, dont le rôle est de récolter des dossiers en espionnant pleins de tunisiens et politiciens pour négocier des positions, ralliements, le silence, le faux témoignage, le mensonge, les dossiers personnels et intimes, des transactions ou marchés nationaux ou internationaux, du trafic en tout genre....tout ça les nahdhaouis sont très fort depuis très longtemps. Au moment même les autres s'amusent .....tandis qu'ils sont espionnés pour être manipulés ensuite. Voilà, le pays restera au grès des malfaiteurs tant que les autres se cachent ou ont peur et surtout restent divisés à cause de leur égo ou les dossiers secrets que détiennent les nahdhaouis pour les faire plier. C'est aussi simple que ça. Tout le reste c'est du cinéma mensonger.

hec
| 10-01-2020 11:43
Et les tarifs augmentent pour essayer de défroquer les opportunistes affamés, sans lubrifiant. Ainsi grace à l'argent en noir d'ennahdha, ce gouvernement pourrai avoir des chances de passer et alors nous faire perdre encore et encore du temps et de l'argent qui ira chez les opportunistes. .....

mourou
| 10-01-2020 11:24
Passer en force malgré le désavouement très large des citoyens. Des incapables qui ne connaissent que l'agressivité pour passer outre, alors qu'ils sont de plus en plus mal aimés même dans leur propre camp. Inchallah yestarjlou lokhrin mara fi hyethom wou todher nahdha à sa juste valeur, qui n'est pas tant que ce qu'elle veut faire croire. Ainsi la culture du souk anarchique prendra fin.

lol
| 10-01-2020 11:14
KS est populiste? qui ne l'est pas parmi les candidats à la présidentielle!
Faut pas faire la fine bouche quand on a une occasion d'éviter 5ans de domination nahda/karama.
Il ne faut surtout pas que les islamistes le mettent dans leur poche

DHEJ
| 10-01-2020 10:52
Il a été bien scandé "YOSKOT ANNIDHAM"!

Ben c'est un voeux qui a été exaucé!

Fares
| 10-01-2020 09:59
Où on fera la distinction entre les vrais patriotes et les traîtres que l'on peut acheter par une liasse de billets comme une vulgaire femme qui vend son corps au premier passant.

Patriote
| 10-01-2020 09:59
'?pargnez nous votre analyse concernant la légitimation du passage en force du gouvernement Nahdhaoui....KS est élu par 72% et il est beaucoup plus légitime que Nahdha à 22% seulement...L'art de la magouille et de la négociation (bi3 w chré ) que vous avez fait avec BCE et YC vous a mis les islamistes dans la gueules à chaque fois...Vous n'arriverez jamais et jamais à faire les affaires avec eux !...ils sont forts très forts dans les mensonges et la malhonnêteté et vous serez toujours doublé et écrasé ! ( et bien mérité )

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