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Présidentielle 2019 : ces hommes de l’ombre

Présidentielle 2019 : ces hommes de l’ombre


Les candidats à la présidentielle sont constamment sous les feux des projecteurs à l’approche des échéances électorales. Toutefois, ce sont les équipes entourant ces candidats qui jouent un rôle énormément crucial dans la conception d’une campagne électorale qui pourrait déterminer, en grande partie, le destin de ces candidats par rapport à leur éventuelle accession à la magistrature suprême.


Trois semaines nous séparent de la date du scrutin présidentiel anticipé. Cette date étant fixée au 15 septembre 2019, les préparatifs pour la campagne électorale vont bon train. Les trente candidats retenus par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), jusqu’à nouvel ordre, ont déjà défini une stratégie politique à laquelle contribuent essentiellement les différentes équipes de leurs campagnes électorales.

 

A quelques jours du démarrage de la campagne électorale qui durera du 2 au 13 septembre 2019, la plupart des candidats à la présidentielle ont déjà désigné les membres de leurs équipes, avec à leur tête, les directeurs de campagne. Un rôle qui demeure, bien qu’il soit peu médiatisé voire occulté, primordial pour mener une campagne réussie et efficace.

 

Concrètement, un directeur de campagne est chargé de la définition de sa stratégie et du programme électoral, mission conjointe avec le candidat. Tenant comptes des caractéristiques et spécificités de l’environnement politique, Il planifie et organise également la démarche à suivre ainsi que les actions à entreprendre. Le secret étant de mettre en place une campagne alléchante qui s’éloigne du style classique, généralement rigide et figée, de la communication politique.

Ainsi, un directeur de campagne ressemble à un chef d’orchestre et c’est à lui qu’incombe la direction des personnes travaillant pour le candidat ainsi que l’établissement des liens avec les facteurs actifs dans son écosystème à l’instar des journalistes et des instituts de sondage.

Qu’il s’agisse des porte-paroles officiellement chargés de diffuser les idées du candidat, des conseillers, des communicateurs pour faire connaître le candidat ou d’attachés de presse en contact direct avec les médias, le directeur de campagne est appelé à assurer la coordination interne entre tous ces éléments, en plus de la coordination externe.

Une mission difficile et risquée qui exige, systématiquement, un choix réfléchi, correct et pondéré du directeur de campagne et un concept qui a révolutionné l’art de la politique partout dans le monde.

 

De William Casey, directeur de campagne du quarantième président des Etats-Unis, Ronald Reagan lors de l’élection présidentielle l’ayant opposé au président sortant Jimmy Carter en 1980, jusqu’à Kellyanne Conway, directrice de campagne de Donald Trump en 2016, la direction des campagnes électorales s’est éclose graduellement.

 

Innovée particulièrement par James Carville, directeur de la campagne de Bill Clinton contre George Bush père en 1992, David Plouffe et Jim Messina, directeurs de campagne de Barack Obama respectivement en 2008 et 2012 contre les sénateurs républicains John McCain et Mitt Romney, ont pu également réussir à instaurer une campagne qui sort des sentiers battus.

 

Si cette pratique est ancrée aux Etats-Unis, le même cas ne se reproduit malheureusement pas en Tunisie. Concept inhabituel dans une démocratie naissante, l’intérêt porté à cette fonction de directeur de campagne est récent en dépit de la grande importance dont elle est dotée.

 

Les noms de quelques directeurs de campagne ont déjà été dévoilés officiellement. Des noms qui varient entre politiciens, ex-membres du gouvernement, communicateurs et marketeurs politiques. Cependant, le reste des candidats à la présidentielle n’ont toujours pas révélé les leurs malgré l’approche du lancement de la campagne électorale.

 

Les duos candidat-directeur de campagne sont : Abdelkrim Zbidi-Faouzi Abderrahmane (ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnel et ancien dirigeant de Afek Tounes), Youssef Chahed-Slim Azzabi (ancien directeur du cabinet présidentiel et secrétaire général de Tahya Tounes), Hammadi Jebali-Anouar Gharbi, Mohamed Abbou-Arbi Jelassi, Hamma Hammami-Ayoub Jaouadi, Nabil Karoui-Ghazi Karoui, Abir Moussi-Karim Krifa, Mehdi Jomâa-Mohamed Ali Toumi (porte-parole d’Al Badil Ettounsi), Mohsen Marzouk-Samir Bechouel (secrétaire d’Etat auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce local et partisan de Machrouû Tounes), Moncef Marzouki-Imed Daïmi (député et secrétaire général de Harak), Mongi Rahoui-Nizar Terzi, Saïd Aïdi-Samar Sammoud, Elyes Fakhfakh-Afef Daoud, Slim Riahi-Taïeb Bessadok (son avocat et tête de liste d’Al watan aljadid sur Gabès), Omar Mansour-Mounira Mansour et Mohamed Hechmi Hamdi-Issam Bargougui.

 

Pour le candidat d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou et la candidate du parti Al Amal, Selma Elloumi Rekik, le choix de leurs directeurs de campagne reste jusqu’à présent inconnu, alors que Kaïs Saïed avait attribué cette mission à des volontaires adhérant à son projet.

 

Idéalement, tous les directeurs de campagne susnommés doivent avoir certaines qualités les rendant éligibles à occuper ce prestigieux poste. Outre leur intégrité et honnêteté avec leur entourage notamment les candidats. Ils doivent impérativement avoir le sens du relationnel, maîtriser parfaitement la stratégie de la campagne et s’occuper des moindres détails. Ils sont, par ailleurs, exhortés à jouir d’une autorité efficiente lui permettant de s’immiscer dans la vie du candidat pour préserver son bien-être en allégeant les pressions psychologiques et physiques qui pourraient peser sur lui. Des qualités que les directeurs de campagne de nos candidats à la magistrature suprême doivent en faire preuve.

 

En revanche, même si la Tunisie ne s’est pas encore familiarisée totalement avec la culture de la direction de campagne, il n’est pas présomptueux de relever certaines lacunes inhérentes essentiellement au timing de la nomination de l’équipe de la campagne.

 

Alors que dans les pays développés, l’établissement de la stratégie de la campagne électorale s’effectue même quelques années avant le démarrage de la campagne et évolue graduellement en fonction des variables du paysage politique et de la conjoncture socio-économique, l’exemple de la Tunisie, encore loin de ces références, demeure largement amendable et perfectible.

 

Boutheïna Laâtar

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Commentaires (2)

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Fadda
| 24-08-2019 14:59
Au secours mister POUTIN

veritas
| 24-08-2019 10:05
Mme laatar vous devez avoir honte de faire la propagande des anglo-saxons qui ont instauré l'anarchie dans plusieurs pays dont la Tunisie sous couvert de démocratie ,les sponsors numéro 1 des criminels islamistes ne souhaite en aucun cas voir naître une quelconque démocratie en Tunisie ni ailleurs ou même un état laïque car ils ont compris que l'islam est une arme redoutable qui ne permet à aucun pays musulmans d'avancer et de joindre les pays de haut rangs.
Arrêter de comparer l'incomparable et de jouer leur sale jeux .
Pour que la Tunisie puisse se relever et devenir un état nation digne de ce nom la Tunisie doit instaurer un état laïque ou la religion n'a plus son mot a dire .

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